La collection de la BIU Santé, ressource pour l’environnement sous l’angle de la santé humaine

Les 16 et 17 novembre 2021, le Comité pour l’histoire de l’Inserm organise, avec le Pr Robert Barouki, en partenariat avec Université de Paris, Sorbonne Université et l’UMR Sirice, un colloque international sur le thème des recherches relatives aux liens entre santé et environnement, du XIXe au XXIe siècle.

La BIU Santé propose à cette occasion une modeste exposition au Musée d’histoire de la santé le 16 novembre. Ce billet de blog permet d’en faire partager le contenu à un plus large public.

La collection de la bibliothèque documente des domaines essentiels pour les questions de santé et d’environnement depuis leur origine. On y trouvera par exemple : toxicologie, hygiène publique, police sanitaire, médecine du travail, pharmacovigilance…

Avec près de 20 000 titres, la collection de périodiques est exceptionnelle, en particulier pour le 19e  et le début du 20e siècles. Les Annales d’hygiène publique et de médecine légale (1829-1922) ou la Revue d’hygiène et de police sanitaire (1879-1921) sont des sources inépuisables  sur toutes les formes d’insalubrité et sur les moyens envisagés pour y remédier. Ainsi sur les effrayantes intoxications par le plomb, elles offrent des dizaines d’articles. On pourrait exploiter davantage la forêt des publications mineures, comme celles des comités d’hygiène et de salubrité locaux.

Toutes les thèses de Paris sont présentes, ainsi que les thèses de province du XIXe siècle et des dix années courantes. Ce corpus de 300 000 documents donne au long cours un aperçu sur les sujets qui ont intéressé le corps médical. Par exemple, des dizaines de thèses ont été soutenues sur l’amiante depuis les années 1950. Mais on en trouve aussi de bien moins attendues, comme ces thèses sur les empoisonnements par les gâteaux à la crème, témoignages parmi d’autres de l’emprise de l’hygiène publique.

Depuis 2000, la BIU Santé construit une bibliothèque numérique patrimoniale, Medica. On y trouve notamment les grandes revues d’hygiène publique, certaines des principales revues généralistes en médecine, et tous les dictionnaires de médecine et de pharmacie. Medica, c’est aussi une banque de 270 000 images et portraits, et une base biographique de 65 000 fiches.

Ressources et informations en ligne:

Santé et environnement : quelques documents de la BIU Santé

Grandes alertes d’hier et d’aujourd’hui

Le fabuleux développement de l’industrie ont produit des cris de triomphe qui semblaient justifiés, comme celui de P. H. Muller, l’inventeur du D D.T.

Dans les années 1960 et suivantes, l’ampleur des modifications que subit la terre conduit des scientifiques à alerter l’opinion sur les limites planétaires, ainsi que sur les effets délétères de certains progrès apparents.

En septembre dernier, après bien d’autres, 200 revues médicales publient simultanément un appel solennel concernant la protection de la santé à l’aire du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.

Atwoli, Lukoye et al. “Call for Emergency Action to Limit Global Temperature Increases, Restore Biodiversity, and Protect Health.” The New England journal of medicine vol. 385,12 (2021): 1134-1137. A lire ici en libre accès: doi:10.1056/NEJMe2113200 [D.R.]
MULLER, Paul Hermann. Histoire du D.D.T.: conférence faite au Palais de la Découverte le 22 janvier 1947. Paris  : Université de Paris, 1948 [D.R.]
Le D.D.T. ou l’insecticide idéal, selon son inventeur P. H. Muller (1899-1965), prix Nobel de physiologie ou médecine en 1948 « pour sa découverte de la haute efficacité du D.D.T. comme poison de contact contre plusieurs arthropodes ». [D.R.]
Halte à la croissance  ?  :  enquête sur le Club de Rome. et Rapport sur les limites de la croissance ; par Donella H. Meadows, Dennis L. Meadows, Jørgens Randers et William W. Behrens III. Paris : Fayard, 1972 [coll. part.] [D.R.]
CARSON, Rachel Louise. Printemps silencieux. Paris  : Plon, 1963. Le livre de Carson contribua à l’interdiction du D.D.T. aux Etats-Unis en 1972. Il a joué un grand rôle dans l’émergence du mouvement écologiste. [D.R.]

Le mouvement d’hygiène publique et de police sanitaire : grandes revues françaises du XIXe siècle

Le courant hygiéniste du XIXe siècle, dont on connaît les considérables conséquences sociales, a eu une grande production éditoriale. Ses revues et ses nombreuses publications en tout genre sont des sources d’information historiques foisonnantes.

Les deux grandes revues dont le premier volume est présenté ici sont numérisées intégralement dans la bibliothèque numérique Medica (BIU Santé).

A lire sur Medica en libre accès:  Annales d’hygiène publique et de médecine légale. Paris  : Gabon puis Baillière, 1829-1922
A lire sur Medica en libre accès:  Revue d’hygiène et de police sanitaire. Paris  : G. Masson, 1879-1921

L’hygiène publique : des miasmes parisiens aux dangers des gâteaux à la crème

PARENT-DUCHÂTELET, Alexandre-Jean-Baptiste. Recherches et considérations sur l’enlèvement et l’emploi des chevaux morts, et la nécessité d’établir à Paris un clos central d’écarrissage tant pour les avantages de la salubrité publique que pour ceux de l’industrie manufacturière de cette ville… Paris, France : Bachelier, 1827
L’hygiène publique face à l’insalubrité au début du 19e siècle : représentation d’un établissement d’équarrissage de la voirie de Montfaucon, à Paris (près des Buttes-Chaumont) en 1827. Au premier plan, près de rats et d’une carcasse que sa mère découpe, un enfant emmailloté est posé dans la cage thoracique d’un cheval.
PARENT-DUCHÂTELET, Alexandre-Jean-Baptiste et PAVET DE COURTEILLE, Charles. Recherches et considérations sur la rivière de Bièvre, ou des Gobelins; et sur les moyens d’améliorer son cours, relativement à la salubrité publique et à l’industrie manufacturière de la ville de Paris… Paris  : Crevot, 1822
Détail du plan de la rivière Bièvre. Il montre les multiples sources d’infection qui se déversent dans ce cours d’eau parisien, qui fut progressivement recouvert durant les dernières décennies du XIXe siècle.
Légende du plan de la Bièvre.
BAIZE, Charles. Etude clinique sur les empoisonnements par les gâteaux à la crème. Paris. Thèse de médecine, 1906, n° 282

Vous voilà mis en garde.

La question de l’eau : eau à boire, eaux usées

L’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées ont été et demeureront à l’avenir un sujet de préoccupation majeur. Ces images documentent les immenses travaux réalisés dans le Paris de la fin du XIXe siècle.

« Pose des syphons [sic] métalliques destinés à donner passage à l’égout collecteur, en amont du pont de l’Alma (1868) »
« L’égout collecteur. »
« Paris souterrain. Les égouts. Service de l’assainissement. Collecteur du Boulevard Sébastopol et angle de la rue de Rivoli. »
« Fontaine Wallace dont le modèle fut exécuté par Charles le Bourg (1872) »

Les maladies professionnelles : Ramazzini

Bernardino Ramazzini (1633-1714) publie le premier traité consacré aux maladies des artisans en 1700. Il y étudie les maladies spécifiques de plus de soixante professions. L’ouvrage, traduit notamment en français par Fourcroy et transformé par Fourcroy, est encore réécrit par P. Patissier en 1822. Y sont rassemblées des observations sur l’effet des substances manipulées dans le cadre des professions, comme sur celui de l’environnement sur la santé des travailleurs.

RAMAZZINI, Bernardino et CAPPONI, Antonio. De morbis artificum diatriba Bernardini Ramazzi. Mutinae, Italie : typis Antonii Capponi, impressoris episcopalis, 1700
RAMAZZINI, Bernardino, FOURCROY, Antoine-François. Essai sur les maladies des artisans traduit du latin de Ramazzini, avec des notes et des additions, par M. de Fourcroy, maître-es-arts en l’Université de Paris, et étudiant en médecine. A Paris, chez Moutard, 1777
Début de la table des matières de l’édition de Fourcroy

La crise de l’amiante

Les dangers de l’amiante sont évoqués dès le début du XXe siècle.

Jusqu’en 1996, qui cherchait des informations en langue française sur les effets de l’amiante avait toutes les chances de tomber sur les documents de propagandes des industriels, défendant un « usage contrôlé de l’amiante »

En 1996, sur la base d’une expertise indépendante de l’Inserm, la France décidait finalement d’interdire l’amiante, dont les effets néanmoins perdurent.

Diagnostic et traitement des flocages à base d’amiante: guide méthodologique. Paris : INRS, 1990.  – Effets sur la santé des principaux types d’exposition à l’amiante: rapport établi à la demande de la Direction des relations du travail et de la Direction générale de la santé. Paris : INSERM, impr. 1997. –  Le programme national de surveillance du mésothéliome (PNSM): présentation générale et bilan des premières années de fonctionnement (1998-2004). Saint-Maurice : Institut de veille sanitaire, département santé travail, 2006. [D.R.]
[Remerciements à Fabien Moll-François pour le choix des documents et le texte de cette section .]

*

Toutes les images ont été réalisées par la BIU Santé sur des documents lui appartenant, sauf Halte à la croissance! (coll. part.)  Elles sont placées sous Licence ouverte sauf mention contraire.

 

Exposition « La découverte de la Quinine » à la Faculté de pharmacie de Paris du 4 au 9 octobre 2021

La BIU Santé Pharmacie participe aux célébrations du bicentenaire de la découverte de la quinine organisées par la Faculté de pharmacie de Paris. A l’occasion de la Fête de la science, une exposition retraçant l’histoire de ce célèbre remède contre le paludisme se tient du lundi 4 au samedi 9 octobre 2021 sur le site de la faculté.

De l’identification des propriétés fébrifuges de l’arbre à quinquina par les Jésuites au XVIIe siècle à la production industrielle de quinine au XIXe siècle, en passant par l’isolement de la quinine en 1820 par les pharmaciens et professeurs de l’École de pharmacie Joseph Pelletier (1788-1842) et Joseph-Bienaimé Caventou (1795-1877), l’exposition réunit une sélection de documents provenant des collections patrimoniales de la BIU Santé et d’objets conservés par le Musée François Tillequin – Collections de matière médicale. Cinq courts-métrages d’animation réalisés par des élèves de l’école Estienne retracent l’épopée de la quinine en images. Affiches publicitaires, échantillons d’écorce de quinquina en provenance du Pérou et autres récits d’expéditions scientifiques jalonnent le parcours installé dans les Salons du Doyen de la Faculté de pharmacie de Paris (entrée libre). L’exposition accompagne une journée de conférences prévue le jeudi 7 octobre prochain (programme et inscription en ligne).

Initialement prévues en 2020, les célébrations autour du bicentenaire de la quinine ont été reportées au mois d’octobre 2021 en raison de la crise sanitaire. La présentation du pass sanitaire est obligatoire.

Retrouvez les informations pratiques ici.

Debut: 04/10/2021
Fin: 09/10/2021
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

 

Journées européennes du patrimoine 2019 : la thériaque

Nous vous donnons rendez-vous le samedi 21 septembre prochain entre 10h et 17h à la Faculté de pharmacie de Paris à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2019 !

Nous nous intéressons cette année à la thériaque, remède élaboré au 1er siècle par Andromaque, médecin de Néron. Il doit son nom à l’un de ses principaux ingrédients, la chair de vipère, Thêriakos signifiant en grec « ce qui concerne les bêtes venimeuses ». Composé de plus de 70 ingrédients, dont l’opium et la chair de vipère, il est à l’origine utilisé pour lutter contre les venins et les poisons, puis pour soigner toutes sortes de maux, jusqu’au XVIIIe siècle : épilepsie, difficultés respiratoires, maux d’estomac, hémorragies, goutte, paralysie, fièvre, mélancolie… La thériaque fait officiellement partie de la pharmacopée française jusqu’en 1884. « Après avoir tenu une si grande et si longue place dans la pharmacie et la thérapeutique, elle quitte le domaine de l’histoire pour être reléguée dans la légende » conclut l’édition de cette même pharmacopée en 1908. Le parcours thématique est illustré par les collections du Musée François Tillequin – Collection de matière médicale et par les ouvrages anciens issus des collections patrimoniales de la BIU Santé pôle Pharmacie. Continuer la lecture de « Journées européennes du patrimoine 2019 : la thériaque »

Présentation d’ouvrages sur Helena Rubinstein

Affiche de l’exposition. Source image : [Réclame Clinique de beauté Helena Rubinstein] in « La parfumerie moderne », vol. 23-24, 1930.
Dans le cadre de l’exposition «Helena Rubinstein : l’aventure de la beauté» qui se déroule jusqu’au 25 août 2019 au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, le pôle Pharmacie de la BIU santé vous propose une présentation d’ouvrages sur cette impératrice de la beauté.

La sélection d’ouvrages proposée est consultable du jeudi 11 avril au mardi 11 juin 2019. Alors n’hésitez pas à feuilleter, et même emprunter les documents les plus récents sur cette femme d’exception. À cette occasion, nous exposons également des documents issus de nos collections patrimoniales sur le thème de la beauté au début du XXème siècle.

Continuer la lecture de « Présentation d’ouvrages sur Helena Rubinstein »

Mater / No Mater, exposition

Les locaux de la BIU Santé ont hébergé le temps d’une journée certains objets du musée d’Histoire de la médecine, sortis de leurs vitrines par l’artiste Marie-Hélène Le Ny. Cette dernière s’est installée à la bibliothèque pour réaliser des photogrammes, à partir d’objets du musée en lien avec la maternité. Les œuvres ainsi obtenues sont désormais présentées dans l’exposition Mater / No Mater, à La Ferté-sous-Jouarre.

Marie-Hélène Le Ny était déjà intervenue à l’université Paris Descartes dans le cadre de son exposition Infinités Plurielles, galerie de portraits de femmes scientifiques.

Marie-Hélène Le Ny nous en dit plus sur cette nouvelle manifestation : «Que les femmes soient mères ou non, la maternité apparaît comme la clé de voûte d’une organisation sociale basée sur la différences des sexes. La représentation de la maternité reste marginale pendant des siècles où les femmes n’ont pas leur place en tant qu’artistes, ni en tant que scientifiques ou médecins d’ailleurs. Le discours académique sur le corps des femmes est construit par les hommes et s’enracine souvent dans une vision très misogyne. Aujourd’hui la publicité et la vulgarisation médicale proposent des approches de la (non)maternité le plus souvent édulcorées et consensuelles, loin des ressentis des femmes et des multiples situations rencontrées, qui vont de l’effroi à l’extase. Delfine Ferré et Marie-Hélène Le Ny ont choisi d’explorer ce sujet au travers de propositions visuelles – dessins, installations, photographies, textes…- pour composer un récit polyphonique et polysémique que chacun.e est invité.e à découvrir et s’approprier.

Pour Delfine Ferré le dessin, la dentelle et les installations tiennent une place très importante dans ses œuvres réalisées dans des feuilles de polyéthylène ciselées au cutter.
Dans cette exposition, des séries élaborées durant 10 ans questionnent les
ressentis féminins à partir de la maternité et interrogent la place des
femmes dans notre société. Dessins, dentelles, collages et objets entrent en
résonance avec les recherches de Marie-Hélène Le Ny dont la photographie est l’outil de prédilection – souvent associée en polyptyques, à des textes ou des voix et parfois à des objets. Marie-Hélène Le Ny interroge le sort et
l’image des femmes dans le monde contemporain depuis une dizaine d’année – en particulier avec les séries On ne naît pas femme, on le devient… et Infinités Plurielles qui donne la parole à 145 scientifiques. Elle a commencé en 2012 un travail sur la non maternité – choisie ou subie – et les différentes façons qu’ont les femmes de la vivre aujourd’hui. Les questions liées à la mémoire et à la transmission sont au cœur de la plupart de ses recherches.

Titre de la série : Obstetricio

Ayant exposé en 2015 quelques portraits d’Infinités Plurielles au musée de l’histoire de la médecine, c’est tout naturellement qu’elle s’est intéressée à ses collections d’objets obstétricaux dans son projet [no] mater. Elle est venue y réaliser des photogrammes et a également travaillé à partir de gravures médicales anciennes. »

En savoir plus

Le site de Marie-Hélène Le Ny

Dossier de presse de l’exposition

Debut: 03/08/2019
Fin: 04/21/2019
Centre d'art de La Ferté-sous-Jouarre, 28, boulevard Turenne
La Ferté-sous-Jouarre, Île-de-France
77260
FR

Nouvel an chinois au pôle Pharmacie

Pour célébrer le Nouvel an chinois, le pôle pharmacie de la BIU Santé vous propose, du lundi 4 février au lundi 8 avril, une sélection d’ouvrages relatifs à la Chine.

Les ouvrages les plus récents sont consultables et empruntables aux horaires d’ouverture de la bibliothèque. Les documents issus de nos collections patrimoniales accompagnent cette présentation.

Dans la vitrine, vous trouverez un herbier de plantes médicinales chinoises paru en 1781, consultable dans Medic@ et dont les planches sont visibles dans la Banque d’images et de portraits ; Les oiseaux de la Chine, un ouvrage contenant de très belles planches dessinées et coloriées au pinceau ainsi que le « De Monstris » chinois et les bestiaires occidentaux, un article de Fernand de Mély publié dans la Revue archéologique en 1897.

Publicité « Bleu de Chine ». Dans La parfumerie française, 1927

La sélection d’ouvrages contemporains couvre différents domaines : botanique, cosmétologie, pharmacopée, médecine…Nous en profitons par ailleurs pour mettre en avant les thèses d’exercice réalisées par les étudiants de la Faculté.

Dufour, Philippe Sylvestre. Traitez nouveaux & curieux du café, du thé et du chocolate, Lyon, 1685

Typhanie Martin

Nouvel an chinois au pôle pharmacie
Debut: 02/04/2019
Fin: 04/08/2019
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006

 

 

 

Exposition « Images de médecine gréco-romaine… »

Source : Faculté de médecine Sorbonne Université

Du 28 janvier au 1er mars 2019, la faculté de médecine de Sorbonne Université accueille une exposition temporaire intitulée : « Images de médecine gréco-romaine : des clichés contre vos clichés ». Cette exposition s’inscrit dans la volonté de renouveler l’histoire des pratiques médicales par une multiplication des collaborations entre médecins et historiens de la médecine.

Cet événement est complété par une visite commentée de l’exposition par Muriel Labonnelie, spécialiste de la médecine gréco-romaine, visite qui se tiendra le vendredi 15 février de 12 h à 13h30. Un atelier consacré aux cachets à collyres aura également lieu, avec pour conclusion la projection d’un documentaire portant sur l’ophtalmologie romaine. Continuer la lecture de « Exposition « Images de médecine gréco-romaine… » »

Visites guidées de l’exposition « Etienne-François Geoffroy et la table des affinités »

« Table des affinités ». Histoire de l’Académie Royale des Sciences, 1718, p. 212. Source : BIU Santé

En 1718, il y a tout juste 300 ans, le chimiste Étienne-François Geoffroy (1672-1731) publiait sa fameuse «Table des différents rapports observés en chimie entre différentes substances», mieux connue sous le nom de «Table des affinités», qui constituait une première tentative de rationalisation de la chimie expérimentale. Chaque colonne est surmontée par le symbole d’une substance et les autres substances sont classées par affinité décroissante pour la première.

Pour commémorer cette importante étape de l’histoire des sciences, la Société d’Histoire de la Pharmacie a organisé avec le concours de la BIU Santé une exposition autour d’Étienne-François Geoffroy et de la famille d’apothicaires parisiens dont il représente un maillon.

Portrait par Nicolas de Largillière, Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine. Source : Banque d’images et de portraits

Une affiche accueille ainsi le visiteur et détaille sa généalogie, illustrée par des portraits, tandis qu’une vitrine présente des ouvrages publiés par des membres de cette famille. Un portrait gravé d’Étienne-François d’après Nicolas de Largillière permet de se familiariser avec le personnage. Une vitrine regroupe ensuite les œuvres de partisans de la théorie corpusculaire et une autre présente les traités de chimie dus à des apothicaires parisiens qui ont servi à son initiation. Les ouvrages principaux d’Étienne-François dans le domaine de la matière médicale ou dans celui de la chimie sont ensuite exposés, y compris un exemplaire de l’Histoire de l’Académie Royale des Sciences ou fut publiée la table, sont ensuite exposés.

Synthèse de Claude-Joseph Geoffroy illustrée par Sébastien Leclerc, 1703. Source : Medic@

Une série de livres traitant de la carrière ou de l’œuvre de Geoffroy sont ensuite réunis. Plusieurs ouvrages permettent d’admirer le superbe ex-libris de la famille Geoffroy. Enfin, la dernière vitrine propose des ouvrages ultérieurs reproduisant ou commentant la Table des affinités. Elle renferme également un exemplaire de la synthèse (sorte de programme de l’examen d’accession à la maîtrise d’apothicaire) de Claude-Joseph, le frère cadet d’Étienne-François, illustrée par Sébastien Leclerc.

Deux visites guidées gratuites sont organisées le jeudi 13 décembre à 16h et le mardi 18 décembre à 17h30. Elles seront animées par le professeur Olivier Lafont, commissaire de l’exposition. Pour vous inscrire, vous pouvez écrire à l’adresse suivante : blog@biusante.parisdescartes.fr. Merci de préciser si vous êtes accompagné(e)s et sur quelle(s) visite(s) proposée(s) vous êtes disponible. Inscription gratuite dans la limite des places disponibles.

Étienne-François Geoffroy et les Affinités
Debut: 10/01/2018
Fin: 12/21/2018
Duree:
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

[Expo] Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (XVIIe-XXe s.)

La Bibliothèque interuniversitaire de Santé et le Musée d’Histoire de la médecine organisent une exposition consacrée aux plantes et à la pharmacopée japonaises dans le cadre de Japonismes 2018, qui marque la célébration du 160e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises et le 150e anniversaire de l’ère Meiji (1868). Intitulée «Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (« XVIIe-XXe siècle)», l’exposition est installée au Musée d’Histoire de la médecine, 12 rue de l’École-de-Médecine, Paris 6e, du lundi 22 octobre 2018 au mercredi 9 janvier 2019. Une sélection d’objets et documents, exceptionnellement rassemblés dans ce très beau musée, illustrent l’influence réciproque de ces deux régions du monde concernant les questions de santé et de thérapeutique, à partir de l’ère Edo et plus encore à partir l’ère Meiji en 1868.

Pr Flückiger (au milieu) et Shimoyama (à droite). Collection Georgin

Organisée selon un récit en trois temps, l’exposition présente la pharmacopée japonaise ainsi qu’une sélection de plantes qui la composent. Elle s’intéresse ensuite à la figure de Junichirô Shimoyama (1853-1912), considéré comme le fondateur de la pharmacie moderne japonaise. Elle aborde enfin deux approches thérapeutiques typiquement japonaises : le moxa et la médecine Kampo, intégrée aujourd’hui au système de santé japonais.

Collection du Pr Shibata, 1957. Source : Musée François Tillequin – Collections de matière médicale

 

Les objets et documents exposés proviennent des collections patrimoniales de la Bibliothèque interuniversitaire de Santé, du Musée d’Histoire de la médecine, du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, des collections de matière médicale du Musée François Tillequin ainsi que de  collections privées.

Le Musée d’Histoire de la médecine est ouvert tous les jours de 14h à 17h30 sauf les jeudi, dimanche et jours fériés. Le musée sera fermé du 22 décembre 2018 inclus au 3 janvier 2019 inclus.

Pour aller plus loin

BLUM, Catherine ; BONTE, Frédéric. « Exposition Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (xviie-xxe siècle) ». Dans Histoire des sciences médicales, 2018, 52 (4), pp. 499-500.

BLUM, Catherine ; BONTE, Frédéric. « Regards sur la pharmacopée du Japon, xviie-xxe siècle ». Dans e-sfhm, n° 1, 2019, pp. 4-23.

Liste des œuvres exposées

[ANDO, Keisyu ?]. Zentai Shinron (= Western Medicine), 1857.
Collection Frédéric Bonté

BLANQUIER, Raoul (1869-?). Des magnoliacées et de leurs produits. [S.l.] : [s.n.], 1893.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle pharmacie) : Prix Ménier 1893

BLUME, Carl Ludwig. Collection des Orchidées les plus remarquables de l’Archipel Indien et du Japon. Amsterdam, C. G. Sulpke, 1858-1859.
Disponible dans la bibliothèque numérique de l’Université Goethe (Francfort-sur-le-Main)
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 27

BOYLE, James. A treatise on moxa, as applicable more particularly to stiff joints; illustrated by cases and plates, with some general observations on spinal diseases. Londres, Callow and Wilson, 1825.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : 35597

Échantillon d’agar-agar, modèle réduit de pilon et mortier.
Musée François Tillequin – Collections de matière médicale, Paris

Échantillons de matière médicale provenant du Japon : Cnidium officinale, Coix lachryma jobi, Coptis japonica ; Ophiogon japonicus, Scutellaria baicalensis
Musée François Tillequin – Collections de matière médicale, Paris

Ecole supérieure de pharmacie de Paris. Collection des matières médicales [carte postale] A. Breger frères (rue Thénard, Paris), 1904 (circa).
Dossier 316 pièce 16.
Disponible dans la Banque d’images et de portraits de la BIU Santé

HAGENDORN, Ehrenfrid. Tractatus physico-medicus de catechu, sive terra japonica, in vulgus sic dicta, ad normam Academiae naturae-curiosorum. Iéna, J.Bielkii ,1679.
Disponible dans la Bayerische Staatsbibliothek Digital
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 19440

INABA, Fuminori. Fukusho Kiran, 1800 circa.
Collection Frédéric Bonté

KAEMPFER, Engelbert. Histoire naturelle, civile, et ecclésiastique de l’empire du Japon. La Haye, P. Gosse & J. Neaulme, 1729.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 517-1 et 2

Marcon, L. I. Dissertation sur l’action du moxa. Thèse de la Faculté de médecine de Paris. Paris, Didot, 1826.
BIU Santé (Pôle médecine) : 35597
Disponible dans Medic@

Pharmacopoea Japonica. Tokyo, Insetsu Kyoku, 1886. Note : édition latine Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
BIU Santé (Pôle pharmacie) : P 50099-1

Poupée Tsoë-Bosi, XVIIIe siècle.
Musée d’histoire de la médecine, Paris : Inv. 90.170.1

Publicités, sac et sachets de médicaments japonais, fin xixe-première moitié du XXe siècle
LABORATOIRES MOTOSADA INUBUSHI. Keishintan, Katsujugan [Publicité]. Awa, [s.d].
LABORATOIRE TAKATA-SEYIAKU. Reizinto [Publicité pour un médicament destiné aux femmes].
Collection Frédéric Bonté

SARLANDIERE, Jean-Baptiste. Mémoires sur l’électro-puncture, considérée comme moyen nouveau de traiter efficacement la goutte, les rhumatismes et les affections nerveuses, et sur l’emploi du moxa japonais en France, suivis d’un traité de l’acupuncture et du moxa… par le chevalier Sarlandière,… Paris, chez l’auteur…, et chez Melle Delaunay…, 1825.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : 90958, t.416, n° 5

SHIBATA, Shōji ; OHTSUKA, Shōji ; SAITO, Hiroshi. Recent advances in ginseng studies : proceedings of the international Ginseng seminar, held in Sanjo Kaikan, University of Tokyo, April 1, 1989. Tokyo, Hirokawa publishing, 1990.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 117559

SHIMOYAMA, Junichirô. Pharmaceutical botany lecture. Tokyo, Meiji Medical Lecture Society, [1895].
Collection Frédéric Bonté

SHIMOYAMA, Junichirô. Pharmacognosie. 16e édition revue et augmentée par Yasuhiko Asahina et Naoichi Fujiwara, 1924.
Collection Frédéric Bonté

The Pharmacopoeia of Japan. Tokyo, Pharmaceutical Society of Japan, 1907.
Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Paris
BIU Santé (Pôle pharmacie) : P 50099-3

THUNBERG, Carl Peter. Flora Japonica sistens plantas insularum Japonicarum secundum systema sexuale emendatum redactas ad XX classes, ordines, genera et species cum differentiis specificis, synonymis paucis, descriptionibus concinnis et XXXIX iconibus adjectis. Leipzig, I. G. Mülleriano, 1784.
Disponible sur Biodiverstiy Heritage Library
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 11809

THUNBERG, Carl Peter. Voyages de C. P. Thunberg, au Japon par le cap de Bonne-Espérance, les isles de la Sonde… Paris, Benoît Dandré, 1796.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 5244-1 et 2

TITSINGH, Isaac. Beschreiving an het naalde steeken en moxa branden. XIXe siècle.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : Ms. 45

TSUDSIOKA, S. MURAI, J. Catalogue of the collection of Japanese and Chinese drugs. Tokyo, 1883.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 119939

YONAN. Botanique japonaise : livres Kwa-wi. Paris, F. Savy, 1873
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 13020

 

Licornes magiques de la BIU Santé

Des licornes…

Le musée de Cluny vient de rouvrir à Paris après plusieurs mois de travaux. « La dame à la licorne » en est l’une des attractions principales depuis 1882. Et c’est justement cet animal fantastique qui a été choisi comme thème de la nouvelle exposition temporaire du musée.

Elle ambitionne de démontrer que la licorne est source d’engouement depuis la fin du Moyen-Âge, jusqu’à nos jours. Sera aussi évoquée la source majeure d’inspiration pour les artistes qu’est depuis longtemps la tenture de la Dame à la licorne.

Deux documents ont été prêtés par la BIU Santé :

  • Josse BADE, Stultifere naves, [Paris] : Thielmann Kerver, pour E. [J. et G.] de Marnef, [1500]. Cote 6311 au pôle Médecine. Non pas que cet ouvrage traite spécialement de licornes (il est plutôt connu pour sa nef des fous), mais la marque d’imprimeur représente le fabuleux animal. Vous retrouverez dans notre banque d’images quelques clichés noir et blanc de cet exemplaire.
  • L’Ortus sanitatissoit le Jardin de santé, première édition d’un incunable imprimé en 1491 et illustré de gravures sur bois colorées. Cet ouvrage décrit différents éléments du monde naturel (les plantes, les animaux terrestres, les oiseaux, les poissons, les pierres et… les urines) et propose pour certains de ces éléments une ou plusieurs applications thérapeutiques (cote RES 5915 au pôle Pharmacie).

La licorne est une petite beste mais elle a grant force en son corps […] Elle ne craint point le fer […] et habite es haultes montaignes.

Les deux ouvrages seront exposés de manière alternée au cours de l’exposition.

… encore plus de licornes !

D’autres portraits de licornes figurent dans notre banque d’images et de portraits (plus de 230 000 clichés libres de droits).

Retrouvez également le discours de la licorne d’Ambroise Paré dans Medic@, notre bibliothèque numérique (plus de 4.5 millions de pages en ligne). Et si Medic@ ne vous suffit pas, retrouvez les licornes de Gallica, elles méritent elles aussi le détour !

L’occasion de consulter à nouveau nos expositions virtuelles, celle sur Ambroise Paré (avec une belle gravure de licorne) et celle sur les Monstres de la Renaissance à l’âge classique.

En savoir plus

L’exposition présentée sur le site Web du musée de Cluny

« Magiques Licornes » au musée de Cluny: Les licornes n’ont pas attendu le 21e siècle pour être tendance, article du Huffington Post

Et comme il aurait été dommage de parler licornes sans arc-en-ciel, nous ne résistons pas au plaisir coupable de vous offrir ce magnifique GIF animé – qui n’est malheureusement pas issu de nos collections !

via GIPHY

Debut: 07/14/2018
Fin: 02/25/2019
28 rue Du Sommerard, 75005 Paris
Paris, Île-de-France
75005
FR