À Claude II Belin, le 6 octobre 1640

Note [7]

Mentor de Guy Patin, Jean ii Riolan (Paris 19 février 1577 [selon les biographes] ou 1580 [selon Guy Patin]-ibid. 19 février 1657) était fils de Jean i (v. note [9], lettre 22) et d’Anne Piètre (v. note [43], lettre 413, et la Généalogie des Piètre). En 1604, il avait été simultanément reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris, et professeur royal d’anatomie et de botanique (en succession de son oncle, Simon ii Piètre). Il avait alors contribué à la création du Jardin des plantes de Paris : Requête au roi [Louis xiii] pour l’établissement d’un jardin des plantes (Paris, 1618, in‑8o). En 1631, il était devenu premier médecin de la reine mère déchue, Marie de Médicis, dont il avait partagé la captivité et qu’il avait suivie volontairement dans l’exil. Depuis novembre 1638, elle était alors à Londres, auprès de sa fille Henriette, épouse de Charles ier, roi d’Angleterre, et y demeura jusqu’en septembre 1641. À l’automne 1640, écrivait ici Guy Patin, Riolan l’avait quittée pour venir se faire lui-même soigner à Paris (v. aussi note [10], lettre latine 5) ; mais en deux ans passsés à Londres, il avait eu tout le temps de faire l’intime connaissance de William Harvey et de ses découvertes anatomiques, publiées en 1628 (v. note [12], lettre 177).

Riolan donna des soins à la reine jusqu’à sa mort (à Cologne, le 3 juillet 1642) ; il revint définitivement à Paris après la mort de Richelieu (4 décembre suivant), où il recommença ses cours au Collège de France, mais sans jamais plus reprendre de service auprès des grands de la cour. En 1654, une ophtalmie gênante le força à quitter sa chaire, qu’il céda en survivance à Guy Patin.

L’anatomie (qui embrassait alors non seulement la structure du corps, mais aussi son fonctionnement) fut l’activité scientifique la plus notable de Riolan : disséquant lui-même, contrairement à la coutume de son temps qui laissait la besogne à des chirurgiens prosecteurs, il a décrit pour la première fois, d’une manière exacte, l’épiploon et le mésentère (avec l’arcade artérielle toujours dite de Riolan), les appendices adipeux du côlon, la valvule de la veine azygos ou les canaux séminifères du testicule. Toutefois, immuablement accroché aux conceptions des Anciens (v. note [25], lettre 150), il se signala par son opposition farouche aux découvertes sur les circulations du sang et de la lymphe, dont il attaqua les auteurs (William Harvey, Thomas Bartholin, Jean Pecquet) avec acharnement.

Les ouvrages anatomiques les plus connus de Jean ii Riolan sont :

Guy Patin les a abondamment cités dans ses lettres et en a mentionné quelques autres. Riolan avait épousé Élisabeth Simon en 1607. Des deux fils du couple qui atteignirent l’âge adulte (v. note [34], lettre 207), aucun ne devint médecin ; cela explique comment Patin devint le fils spirituel de son patron. Jean ii Riolan occupe donc une place éminente dans ses lettres. Il en est une clé essentielle, car il occupait le centre du cercle médical de Patin (v. la Généalogie des Piètre) ; celui de la dévotion aux Piètre et des préjugés contre les circulations, contre les médicaments chimiques, contre la Faculté de Montpellier, ou contre les médecins de la cour.

Comme nombre de ses contemporains, Riolan était affecté de lithiase urinaire et eut à subir deux tailles vésicales (cystotomies ou lithotomies, v. note [11], lettre 33) en octobre 1640 et octobre 1641 (v. note [10], lettre 62).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Claude II Belin, le 6 octobre 1640, note 7.
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(Consulté le 27.11.2020)

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