À Claude II Belin, le 23 mai 1643

Note [3]

Michel Le Masle (1587-25 février 1662, v. note [7], lettre 728), abbé-prieur des Roches (abbaye cistercienne du diocèse d’Auxerre), chanoine de Notre-Dame de Paris, avait été secrétaire et intendant du cardinal Richelieu. Sa donation à la Faculté était destinée à reconstruire le « théâtre anatomique » de la Faculté qui tombait en ruines (v. note [10], lettre 8). Elle fut attaquée en justice et réduite à 20 000 livres. L’amphithéâtre que cette somme permit de construire plus tard – car son édification dut être ajournée – fut démoli en 1742 et remplacé par celui qui porte le nom de Jacques-Bénigne Winslow (v. note [44], annexe sur le ms BIU Santé no 2007). Situé à l’angle de la rue de la Bûcherie et de la rue des Rats (actuelle rue de l’Hôtel-Colbert), où on peut encore le contempler de nos jours.

Jean Bérault (v. note [22], lettre 146) était l’auteur du Remerciement à Messire Michel Le Masle, conseiller du roi en ses conseils d’État et privé, chantre et chanoine de l’Église de Paris, abbé des Roches, prieur de Notre-Dame-des-Champs, Mondidier, Brezoles et Longpont. Au nom de la Faculté de médecine de Paris, par l’un de ses docteurs. Pour le rétablissement de leurs Écoles (sans lieu ni nom, 1643, in‑4o ; v. note [14] des Décrets et assemblées de 1650‑1651 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris, pour deux extraits de cet ouvrage). Il en existe une version latine : Illustris virtutis et sanctitatis viro DD. Michaeli Le Masle… cantori et canonico Ecclesiæ Parisiensis, nomine Saluberrimæ Facultatis medicorum Parisiensium gratiarum actio, pro instauratione Scholarum (Paris, sans nom, 1643, in‑8o). Guillaume Du Val dédia à Michel Le Masle, en reconnaissance de son don à la Faculté, la seconde édition de son Historia monogramma (v. note [10], lettre 73).

Hazon a (pages 74‑75) :

« 1643, M. Lancelot de Frades, {a} docteur de cette Faculté, était zélé pour la Compagnie, et chercha de l’obliger. Il était parent et cousin, par sa mère, de M. Michel le Masle, conseiller d’État, notaire apostolique, chanoine et grand chantre de l’église de Paris, abbé des Roches, Notre-Dame-des-Champs, Long-Pont et autres lieux. Cet abbé était fort riche et favori de M. le cardinal de Richelieu. M. de Frades insinua à l’illustre abbé qu’il lui serait infiniment honorable d’être, pour ainsi dire, l’instituteur d’une faculté de médecine, ou du moins de la restaurer, s’il faisait bâtir de nouvelles écoles, monument glorieux pour lui et sa postérité. M. l’abbé des Roches, ami des savants, entra dans ses vues ; il fit à la Faculté une donation de trente mille livres, qui fut mise en dépôt, uniquement destinée pour la construction de nouvelles écoles. La Faculté fit une députation nombreuse et solennelle pour remercier le généreux abbé. […]

1662, mourut l’illustre bienfaiteur : sa bonne volonté pour la Faculté s’était conservée écrite sur son testament, et il avait fait l’Hôtel-Dieu son légataire universel. Les administrateurs entrèrent en composition avec notre Compagnie ; ils lui accordèrent vingt mille livres. » {b}


  1. V. note [3], lettre 569

  2. Cette perfidie de l’abbé, qui priva la Faculté de 10 000 livres, s’explique par les déboires qu’il avait eus avec elle en 1652, sous le décanat de Guy Patin (v. note [65] des Décrets et assemblées de 1652 dans ses Commentaires de la Faculté).

Tallemant des Réaux n’a guère flatté l’abbé des Roches dans deux historiettes où il a parlé de lui.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Guy Patin à Claude II Belin, le 23 mai 1643, note 3.
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(Consulté le 28.02.2021)

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