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Consultations et mémorandums (ms BIU Santé  2007) : 15  >

[Ms BIU Santé no 2007, fo 246 bis ro | LAT | IMG]

Gonorrhée (blennorragie ou chaude-pisse) compliquée
[consultation non datée] [a][1][2]

Ce très illustre malade, âgé de 32 ans, de naturel sanguin et bilieux, [3][4] s’est donné tant de bon temps depuis sa jeunesse qu’il a ruiné la bonne disposition de son ταξις en abusant de Vénus et de Bacchus. [1][5][6] Voilà pourquoi il a souffert de divers symptômes : migraine et ophtalmie, [7][8] par l’afflux continuel d’exhalaisons attaquant le cerveau, gonorrhées et petits chancres génitaux, [2][9] par accouplement impur et fréquent. S’y étant comme habitué et les ayant fait soigner, il n’a pas manqué de récidiver. Voici, il y a 14 ou 15 mois, qu’il a de nouveau contracté une gonorrhée purulente, en conséquence de son plaisir obscène ; peut-être soignée trop vite, elle s’est accompagnée d’une double ulcération du pénis ; [3] s’agissant d’une preuve de malignité interne et incontestable, et aussi des prodromes d’une vérole imminente, il a poussé les médecins à employer les remèdes spécifiques, [10] comme ils les appellent. J’ignore dans quel ordre ou suivant quelle méthode, mais ils ont apaisé les symptômes à l’aide de purgatifs de qualité inférieure, [11] de sudorifiques quotidiens, [12] d’étuvements secs, [13] ou autres moyens de ce genre, et ils ont procuré une rémission palliative. [4][14] De fait, pendant deux mois, si je ne m’abuse, le patient s’est mieux porté ; mais à présent, ce poison vénérien, qui demeure caché dans les conduits intérieurs des viscères, a déployé ses forces, et il s’est derechef insinué partout dans le corps pour y déverser sa semence. La fièvre a assailli le malade, mais l’élan fougueux de l’humeur la rend erratique ; [15] des tortures et des douleurs implacables lui déchirent les méninges, [5] déjà imprégnées par la qualité vénéneuse ; des pustules souillent la tête ; une surdité des deux oreilles est apparue, [16] et le malade a ressenti des symptômes divers et si pressants qu’il a de nouveau sollicité les médecins. Épouvantés par une si grande accumulation de symptômes, ils s’activent en tous sens et entreprennent d’évincer le mal par divers artifices. Par-dessus tout, les voilà qui provoquent une très abondante salivation par l’onction mercurielle, [17][18] ils s’y précipitent comme vers une ancre très sûre, mais ils mènent le patient à sa perte, pour ne pas dire à sa ruine absolue. Bien que les pustules éruptives se soient asséchées [19] et que les ulcères aient cicatrisé, [6] le tonus des organes est à ce point abattu que jusqu’alors la maladie a refusé de guérir. En effet, le pouls est faible, étant donné la défaillance notable des esprits vitaux, la faculté naturelle est ébranlée, tant par les remèdes susdits que par l’emploi du bain d’eau tiède [20] au moment de la cure mercurielle. Le malade dépérit, il a sombré dans une cachexie qui échauffe tout, et une fièvre, née de l’intempérie de ces fonctions, revient chaque jour. [21] Nous allons en examiner brièvement la nature.

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Sur le soir, un accès s’empare peu à peu du patient ; seules les extrémités se refroidissent, sans qu’il soit saisi d’aucun frisson, ni même d’un tressaillement ; ensuite, la chaleur s’accroît insensiblement et cet embrasement, qui n’est pas impétueux, mais émoussé et doux, ne se manifeste d’abord qu’en lui tâtant le corps ; elle est comme l’exhalaison émise par une flambée de bois vert ; après, on le perçoit néanmoins un peu plus vivement, mordant et piquant, ce qui permet d’y reconnaître l’effet de la pituite prédominante, [22] mais aussi de la portion de bile qui s’y mélange. Dans la vigueur de l’accès, tous les symptômes sont au plus haut : la surdité apparaît, la difficulté à respirer devient oppressante, le malade est étonnamment tourmenté, des douleurs prodigieuses lui frappent les épaules et affectent les insertions de presque tous les muscles, comme les bras, les cuisses, et aussi les périostes ; [7] le malade est si misérablement tourmenté qu’il ordonne qu’on lui applique des linges très chauds et qu’on lui frictionne les membres, pour adoucir ainsi sa torture. Enfin, c’est-à-dire dans la seconde moitié de la nuit, le sommeil survient doucement, mettant fin au paroxysme et amenant l’apyrexie. [23] Tout cela engendre une tension légère des deux hypocondres, [24] et plus importante encore du mésentère [25] et de l’estomac, une faim qui s’approche de la boulimie, [8][26] une inconstance de l’évacuation des intestins, une crudité des urines, [9][27][28][29][30] et autres tels symptômes qu’une longue et très opiniâtre maladie traîne très ordinairement derrière elle. Or, on a essayé de nombreux remèdes pour terrasser cette affection : on a prescrit une saine règle de vie, [31] avec viandes de bon suc, faciles à digérer, répondant par leur modération à la chaleur native, données à l’heure qui convient, à distance de l’accès ; on a prescrit des tisanes [32] qui diminuent les sécrétions, des apozèmes [33] qui apprêtent les humeurs ; on a pratiqué la saignée aux veines du bras et du pied ; [34] on a administré des purgatifs adaptés à la nature de l’humeur peccante et à la résistance du malade, [35] des fomentations, [36] des tablettes (ce qui est mal), [37] du vin d’absinthe, [38] et autres tels médicaments qui favorisent la robustesse des parties. Le malade n’a jamais appliqué toutes ces prescriptions, point par point et sans se plaindre ; il en est même arrivé à être si chagrin qu’il néglige l’hygiène de vie et refuse nos remèdes. Il est voué à remettre son salut entre vos mains, très docte Monsieur, vous à qui, peut-être, il obéira mieux et dont il recevra les conseils de meilleure grâce. Si cela arrive, nous espérons un heureux dénouement de son mal, et nous ne doutons point que vous serez pour lui un grand Apollon. [10][39][40]

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a.

Manuscrit autographe, peu corrigé, de Guy Patin (sauf pour le titre, Consultatio [Consultation], qui a été ajouté lors de la collation du manuscrit) ; Pimpaud, Document 15, pages 59‑62.

Compliqué « se dit des maladies, des affaires, des crimes qui sont mêlés ou joints les uns avec les autres » (Furetière) ; ce qui est, comme on va voir, le cas de cette gonorrhée, vulgairement appelée chaude-pisse (v. note [14], lettre 514). V. note [11] du Traité de la Conservation de santé, chapitre viii, pour la gonorrhée indolente ou spermatorrhée.

1.

Taxis a en grec le sens de bon ordonnancement, heureuses dispositions ; ici celles du corps et de l’esprit, par un équilibre (tempérament) humoral tenu pour favorable (prédominance des humeurs chaudes, sang et bile, sur les humeurs froides, atrabile et pituite).

Vénus, déesse de l’amour (v. notule {a}, note [2], lettre latine 365), et Bacchus, dieu du vin (v. note [23], lettre 260), étaient les deux dieux tutélaires des débauchés.

2.

V. note [1] de la Consultation 14 pour les chancres génitaux, ordinairement témoins de syphilis. Ils ne s’observent pas dans la gonorrhée (chaude-pisse) simple, dont les migraines ne sont pas non plus des expressions typiques. En revanche, une ophtalmie (conjonctivite, uvéite) peut faire partie des manifestations secondaires de la gonorrhée (syndrome oculo-urétro-synovial de Fiessinger-Leroy-Reiter, v. infra note [10]).

Pour interpréter cette consultation, il convient de savoir qu’indépendamment de la gonococcie, ce syndrome peut survenir au cours de maladies rhumatismales de nature inflammatoire (spondylarthropathie ou spondylarthrite ankylosante) ou microbienne (dont certaines ont une transmission sexuelle), dans le cadre des arthrites dites réactionnelles.

3.

Le chancre syphilitique est solitaire, mais des ulcérations du gland peuvent survenir dans le syndrome oculo-urétro-synovial (v. supra note [2]).

4.

Palliatif : « qui ne fait qu’adoucir, ou guérir le mal en apparence. Les remèdes palliatifs ne font que flatter le mal, il faut aller à la source, à la cause, pour le guérir » (Furetière).

Employé juste avant, le mot stuphis (ablatif pluriel de stupha) n’appartient pas au latin classique ; Laurent Joubert (v. note [8], lettre 137) en a expliqué le sens dans ses Annotations sur toute la Chirurgie de M. Guy de Chauliac [v. note [57], lettre 104]. Avec l’interprétation des langues dudit Guy (c’est-à-dire l’explication de ses termes plus obscurs), divisée en quatre classes, chacune étant rangée selon l’ordre de l’alphabet (Rouen, David du petit Val, 1632, in‑8o, page 387) :

« Stupha disent les Barbares, ce que le vulgaire nomme étuve. C’est en grec hypocauste, si on l’échauffe par-dessous, ainsi que le porte le nom ; autrement, on la peut appeler d’un nom plus général de thermes, qui signifie tout lieu fort chaud, à suer. D’étuve, on dit étuver (et les Barbares stuphare) qui est prendre la vapeur de quelque liqueur échauffée. {a} Telle étuve peut être nommée vaporarium, jaçoit que {b} ce mot fût dit anciennement du fourneau par lequel l’hypocauste s’échauffait. »


  1. En dérivait aussi l’étuvement, « action par laquelle on étuve. L’étuvement est fort bon pour guérir les meurtrissures et les plaies » (Furetière).

  2. Encore que.

5.

L’adjectif membranus n’existe pas en latin classique, mais le substantif neutre membranum désignant les membranes et les méninges (membranes du cerveau), j’ai traduit dolores membranas par « douleurs des méninges » (céphalées).

6.

Ces atteintes de la peau, pustules (v. note [2], lettre 490) et ulcères (qui peuvent aussi toucher les muqueuses, sous forme d’aphtes), font une fois de plus penser au syndrome oculo-urétro-synovial.

7.

Fièvre et douleurs de l’appareil locomoteur (périoste, articulations, muscles, tendons) sont aussi des symptômes caractéristiques du syndrome oculo-urétro-synovial.

8.

Boulimie : « maladie qui cause un appétit désordonné. Ce mot vient du grec bous et limos, qui signifie bœuf et faim, comme si on voulait dire qu’un homme a une faim capable de manger un bœuf » (Furetière).

9.

La crudité est l’état de ce qui est incomplètement digéré. Pour les urines, c’est une notion aujourd’hui difficile à comprendre : pour Jean Fernel, l’urine était une émanation du sang filtré par les reins, elle reflétait l’état des humeurs du corps ; sa crudité était une cause de son aspect trouble, ou « confus » (chapitre xv, Que signifient l’urine claire et l’urine trouble, livre troisième de la Pathologie, Paris, 1655, v. note [1], lettre 36). L’anomalie qui ressemble le plus à la situation qu’analysait Guy Patin peut être celle que Fernel décrivait à la page 192 :

« L’urine qui est trouble, sans ces accidents, {a} marque une abondance et écoulement d’humeurs grossières contenues dans les urines, que la chaleur naturelle a de la peine à cuire ; d’où viennent des maladies longues et opiniâtres, et des douleurs de tête ; sur quoi Hippocrate a prononcé : “ Ceux qui font l’urine trouble comme celle des juments ont ou auront mal à la tête ; et si cela continue, il y a danger de léthargie. ” » {b}


  1. Sans maladie des reins ou de la vessie.

  2. Aphorisme no 70, 4e section, Littré Hip, volume 4, page 527, et Prénotions coaques, 7e section, no 571, ibid. volume 5, page 717.

10.

V. note [8], lettre 997, pour Apollon, dieu de la médecine et père d’Esculape (v. note [5], lettre 551).

Mes notes [2], [3], [6] et [7], supra, suggèrent que ce malheureux homme, que ses médecins accusaient de tous les vices et accablaient de pénibles remèdes, aurait pu aujourd’hui, à mon humble avis, recevoir un diagnostic de syndrome oculo-urétro-synovial, dit de Fiessinger-Leroy-Reiter, autonome ou provoqué par une gonococcie ou toute autre infection. Ce mal n’a été caractérisé qu’en 1916, de part et d’autre de la ligne de front, par les Français Noël Fiessinger et Edgar Leroy, et par l’Allemand Hans Reiter.

Si ma supposition était juste, on ne pourrait qu’admirer la précision que le médecin anonyme, demandeur de la consultation, avait apportée à rédiger l’observation de son patient. L’aide qu’il demandait aux doctes parisiens me paraît prouver sa perplexité ; mais ils ne lui répondirent qu’en ressassant de vieux dogmes, hérités des préjugés qui s’attachaient aux maux vénériens.

Guy Patin a certainement participé à cette consultation car son contenu est en tout point conforme à ses pratiques médicales ; mais sa conjugaison des verbes à la première personne du pluriel suggère qu’au moins un de ses collègues s’était joint à lui pour l’établir.

s.

Ms BIU Santé 2007, fo 246 bis ro.

Consultatio.

Illustrissimus æger annos natus 32. temperamento naturali
sanguineus, et biliosus, à teneris annis adeo indulsit genio,
ut Veneris et Bacchi abusu naturalis œconomiæ
ταξιν destruxerit, ideóq. varia passus est symptomata,
ut hemicraniam, ophthalmiam à continuo appulsu
vaporum cerebrum impetentium, gonorrhœas pudendique
ulcuscula ab impuro et frequenti concubitu ; quib. quasi
his assuetis, curatis, in sequentia delabi non desijt. Hic
siquidem à 14. aut xv. mensibus virulentam gonorrhœam
obscœnæ libidinis consectariam contraxit, quæ citiùs forsan
curata, duplici penis ulcere stipata est, quod cùm esset
internæ et indubitatæ malignitatis argumentum, necnon luis
imminentis prodromos, Medicos ad specificorum ut dicunt
remediorum usum impulit, qui sequentib. catharticis,
quotidianis sudorificis, stuphis siccis, alijsq. hujuscemodi,
nescio quo ordine quáve methodo, symptomata mitigarunt,
curámq. palliativam intulerunt : nam per duos ni fallor
menses meliùs se habuit æger, sed in instanti venereum
illud venenum in interiorib. viscerum cuniculis latitans, vires
suas exeruit, rursúsq. per universum corpus irrepsit, et ex-
pandit seminarium : invasit ægrum febris, sed erratica,
propter ferocientis humoris impetum ; implacabiles cruciatus et
dolores membranas, venenata qualitate jam perfusas,
lancinant : pustulæ caput defœdant : accessit utriusque
auris surditas, variaq. persensit æger symptomata adeo
urgentia, ut rursus ad Medicos confugerit, qui tanta symp-
ptomatum caterva perterriti, multa præstanda moliun-
tur, diversisq. machinis morbum evincere conantur,
hydrargyri potissimùm litu copiosissimam salivationem
excitant, et ad illud tanquam ad tutissimam anchoram
concurrunt, sed in ægri perniciem, ne dicam omnimodam
ruinam tendunt : licet enim erumpentes pustulæ exsiccatæ
fuerint, ulcera sanata, partium tonus ita perversus est, ut
denegata fuerit huc usque sanitas ægrotanti : debilissimum
enim est cerebrum pituitâ scatens : pulsus debilis ab insigni
spirituum jactura, labefactata facultas naturalis tum
prædictis remedijs, tum balnei aquæ tepentis usu tempore
hydrargyroseos ; macrescit æger et in cachexiam propensus,
quæ omnia fovet et auget febris quotidie recurrens ab
illarum partium δυσκρασια orta, cujus naturam paucis
recensebimus.

t.

Ms BIU Santé 2007, fo 246 bis vo.

Circa vespertinas horas corripit ægrum sensim paroxysmus,
extrema dumtaxat refrigerans, nullo rigore concutiens,
ne horrore quidem, deinde calor paulatim intenditur,
hicq. accensus non acer, sed hebes et halituosus tangenti
primùm occurrit, quasi ex succensis viridib. lignis vapor
sublatus, postea verò aliquantum mordax et acer percipi-
tur, in eóq. prædominantis pituitæ, sed etiam permistæ
bilis portionis effectus conspicere licet : in vigore .a. exacer-
bationis plura summa sunt omnia, surditas oboritur, spirandi
difficultate premitur, angitur mirum in modum æger,
dolorésque immanes scapulas feriunt, totúmq. ferè
musculosum genus, ut brachia, crura et periostia affi-
ciunt : ita ut miserrimè divexatus calidissima lintea
admoveri et membra fricari jubeat, dolorémq. hac ratione
leniat ; et tandem post mediam scilicet noctem so
somnus obrepit, paroxysmo finem imponens, ægrúmque
in απυρεξιαν deducens : Quæ .a. huic adnascuntur sunt
hypochondrij utriusq. levis tensio, major mesenterij et
ventriculi, fames ad boulimian accedens, alvi in excer-
nendis inconstantia, urinarum cruditas, aliáq. ejusmodi
quæ morbus diuturnus et contumacissimus facillimè secum
trahit. Multa autem ad hujus affectus profligationem
tentata fuere remedia, præscripta certa vivendi lex,
ex cibis boni succi, facilis coctionis, nativo calori
proportione respondentibus, extra paroxysmum hora
convenienti datis ; ptisanæ succos attenuantes, apozemata
humores præparantia, venæ sectio ex brachio et pede
celebrata, cathartica, naturæ humoris peccantis et viribus
ægrotantis commoda, fotus, tabellæ % Malè. vinum absinthites,
aliáq. similia partium robori conducentia, quæ omnia numquam
ordine et patienter admisit æger, adeo siquidem mo-
rosus evasit, ut et vivendi modum negligat, et nostra
recuset remedia. Ideóq. ad te, vir perdocte, salutem
recuperaturus, cui forsan meliùs obtemperabit, lubentiq.
animo tua excipiet consilia ; quæ si contingant, felicem
hujus affectus eventum speramus, téq. illi magnum
fore Apollinem non dubitamus.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits. Consultations et mémorandums (ms BIU Santé 2007) : 15

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(Consulté le 25/06/2024)

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