Le Musée Virtuel de l’Art Dentaire s’agrandit

Voilà bientôt huit ans que le Musée Virtuel de l’Art Dentaire a été créé sur le site de la Bibliothèque interuniversitaire de santé, grâce à la collaboration de douze associations et institutions.

Après avoir exposé en détail l’histoire des instruments pour extraire, nettoyer et conserver les dents, le MVAD présente ce mois-ci trois nouvelles salles virtuelles.

Première salle : les meubles

Conçus pour ranger les instruments à partir de la deuxième partie du XIXe siècle, les meubles accueillent aussi la pharmacie et tous les accessoires apparus au fur et à mesure de l’enrichissement des techniques de prothèse et des matériaux utilisés.

Aux côtés de meubles dits « aseptiques » seront proposés jusque dans les années 1920 des meubles sacrifiant des qualités ergonomiques au profit d’un aspect esthétique rassurant pour un patient qui pouvait se croire chez lui…

Meuble en noyer et dessus marbre, fin XIXe s. (Musée AP-HP)
Meuble en noyer et dessus marbre, fin XIXe s. (Musée AP-HP)

Deuxième salle : les lavabos

Tant que les cabinets ne disposaient pas d’eau courante, le lavabo, souvent assorti à un meuble, avait à sa partie supérieure une réserve d’eau et l’eau usée de la cuvette se vidait dans un autre réservoir en dessous.

Lavabo fermé et ouvert, en noyer et céramique (Musée AP-HP)
Lavabo fermé et ouvert, en noyer et céramique (Musée AP-HP)

Troisième salle : les crachoirs

Apparus officiellement dès le début du XIXe siècle, les crachoirs permettaient aussi au patient de se rincer la bouche, geste réconfortant, banni depuis quelques années.

Là encore, sans eau courante, l’inventivité est sans borne. Mais certains des plus basiques de la première moitié du XIXe s. étaient fort jolis.

Crachoir en porcelaine, décoration florale (Coll. V. Burello, Turin)
Crachoir en porcelaine, décoration florale (Coll. V. Burello, Turin)

A suivre!

Merci à Jacques Gana pour son aide amicale.

Micheline Ruel-Kellermann
Membre du Musée Virtuel de l’Art Dentaire

Un nouvelle « salle » du MVAD : les miroirs buccaux

« Miroir, mon beau miroir »

Une nouvelle salle vient de s’ouvrir dans le Musée virtuel de l’art dentaire (MVAD), hébergé par la BIU Santé. Elle concerne cette fois-ci les miroirs buccaux, comme nous l’explique Micheline Ruel-Kellermann :

«Les dents ont été admirées et surtout examinées sur toutes leurs faces grâce à d’ingénieux praticiens, les Ruspini d’abord pour leur usage personnel vers 1800, puis en 1828 J.-C. F. Maury pour «pour apercevoir avec facilité les caries situées à la face interne des dents».

Bien avant l’apparition des miroirs fonctionnels et stérilisables, beaucoup sont d’abord de vrais bijoux ornés de pierreries, tout comme les faces à main qui permettent au patient de satisfaire son souci esthétique. Certains issus de collections privées sont absolument magnifiques. Belle découverte.»

Retrouvez la salle du MAVD dédiée aux miroirs buccaux et lampes buccales

Un projet mené par la BIU Santé dans le cadre de ses missions nationales CollEx.

 

[Expo] Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (XVIIe-XXe s.)

La Bibliothèque interuniversitaire de Santé et le Musée d’Histoire de la médecine organisent une exposition consacrée aux plantes et à la pharmacopée japonaises dans le cadre de Japonismes 2018, qui marque la célébration du 160e anniversaire des relations diplomatiques franco-japonaises et le 150e anniversaire de l’ère Meiji (1868). Intitulée «Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (« XVIIe-XXe siècle)», l’exposition est installée au Musée d’Histoire de la médecine, 12 rue de l’École-de-Médecine, Paris 6e, du lundi 22 octobre 2018 au mercredi 9 janvier 2019. Une sélection d’objets et documents, exceptionnellement rassemblés dans ce très beau musée, illustrent l’influence réciproque de ces deux régions du monde concernant les questions de santé et de thérapeutique, à partir de l’ère Edo et plus encore à partir l’ère Meiji en 1868.

Pr Flückiger (au milieu) et Shimoyama (à droite). Collection Georgin

Organisée selon un récit en trois temps, l’exposition présente la pharmacopée japonaise ainsi qu’une sélection de plantes qui la composent. Elle s’intéresse ensuite à la figure de Junichirô Shimoyama (1853-1912), considéré comme le fondateur de la pharmacie moderne japonaise. Elle aborde enfin deux approches thérapeutiques typiquement japonaises : le moxa et la médecine Kampo, intégrée aujourd’hui au système de santé japonais.

Collection du Pr Shibata, 1957. Source : Musée François Tillequin – Collections de matière médicale

 

Les objets et documents exposés proviennent des collections patrimoniales de la Bibliothèque interuniversitaire de Santé, du Musée d’Histoire de la médecine, du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, des collections de matière médicale du Musée François Tillequin ainsi que de  collections privées.

Le Musée d’Histoire de la médecine est ouvert tous les jours de 14h à 17h30 sauf les jeudi, dimanche et jours fériés. Le musée sera fermé du 22 décembre 2018 inclus au 3 janvier 2019 inclus.

Pour aller plus loin

BLUM, Catherine ; BONTE, Frédéric. « Exposition Se soigner au Japon : plantes et pharmacopée (xviie-xxe siècle) ». Dans Histoire des sciences médicales, 2018, 52 (4), pp. 499-500.

BLUM, Catherine ; BONTE, Frédéric. « Regards sur la pharmacopée du Japon, xviie-xxe siècle ». Dans e-sfhm, n° 1, 2019, pp. 4-23.

Liste des œuvres exposées

[ANDO, Keisyu ?]. Zentai Shinron (= Western Medicine), 1857.
Collection Frédéric Bonté

BLANQUIER, Raoul (1869-?). Des magnoliacées et de leurs produits. [S.l.] : [s.n.], 1893.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle pharmacie) : Prix Ménier 1893

BLUME, Carl Ludwig. Collection des Orchidées les plus remarquables de l’Archipel Indien et du Japon. Amsterdam, C. G. Sulpke, 1858-1859.
Disponible dans la bibliothèque numérique de l’Université Goethe (Francfort-sur-le-Main)
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 27

BOYLE, James. A treatise on moxa, as applicable more particularly to stiff joints; illustrated by cases and plates, with some general observations on spinal diseases. Londres, Callow and Wilson, 1825.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : 35597

Échantillon d’agar-agar, modèle réduit de pilon et mortier.
Musée François Tillequin – Collections de matière médicale, Paris

Échantillons de matière médicale provenant du Japon : Cnidium officinale, Coix lachryma jobi, Coptis japonica ; Ophiogon japonicus, Scutellaria baicalensis
Musée François Tillequin – Collections de matière médicale, Paris

Ecole supérieure de pharmacie de Paris. Collection des matières médicales [carte postale] A. Breger frères (rue Thénard, Paris), 1904 (circa).
Dossier 316 pièce 16.
Disponible dans la Banque d’images et de portraits de la BIU Santé

HAGENDORN, Ehrenfrid. Tractatus physico-medicus de catechu, sive terra japonica, in vulgus sic dicta, ad normam Academiae naturae-curiosorum. Iéna, J.Bielkii ,1679.
Disponible dans la Bayerische Staatsbibliothek Digital
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 19440

INABA, Fuminori. Fukusho Kiran, 1800 circa.
Collection Frédéric Bonté

KAEMPFER, Engelbert. Histoire naturelle, civile, et ecclésiastique de l’empire du Japon. La Haye, P. Gosse & J. Neaulme, 1729.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 517-1 et 2

Marcon, L. I. Dissertation sur l’action du moxa. Thèse de la Faculté de médecine de Paris. Paris, Didot, 1826.
BIU Santé (Pôle médecine) : 35597
Disponible dans Medic@

Pharmacopoea Japonica. Tokyo, Insetsu Kyoku, 1886. Note : édition latine Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
BIU Santé (Pôle pharmacie) : P 50099-1

Poupée Tsoë-Bosi, XVIIIe siècle.
Musée d’histoire de la médecine, Paris : Inv. 90.170.1

Publicités, sac et sachets de médicaments japonais, fin xixe-première moitié du XXe siècle
LABORATOIRES MOTOSADA INUBUSHI. Keishintan, Katsujugan [Publicité]. Awa, [s.d].
LABORATOIRE TAKATA-SEYIAKU. Reizinto [Publicité pour un médicament destiné aux femmes].
Collection Frédéric Bonté

SARLANDIERE, Jean-Baptiste. Mémoires sur l’électro-puncture, considérée comme moyen nouveau de traiter efficacement la goutte, les rhumatismes et les affections nerveuses, et sur l’emploi du moxa japonais en France, suivis d’un traité de l’acupuncture et du moxa… par le chevalier Sarlandière,… Paris, chez l’auteur…, et chez Melle Delaunay…, 1825.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : 90958, t.416, n° 5

SHIBATA, Shōji ; OHTSUKA, Shōji ; SAITO, Hiroshi. Recent advances in ginseng studies : proceedings of the international Ginseng seminar, held in Sanjo Kaikan, University of Tokyo, April 1, 1989. Tokyo, Hirokawa publishing, 1990.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 117559

SHIMOYAMA, Junichirô. Pharmaceutical botany lecture. Tokyo, Meiji Medical Lecture Society, [1895].
Collection Frédéric Bonté

SHIMOYAMA, Junichirô. Pharmacognosie. 16e édition revue et augmentée par Yasuhiko Asahina et Naoichi Fujiwara, 1924.
Collection Frédéric Bonté

The Pharmacopoeia of Japan. Tokyo, Pharmaceutical Society of Japan, 1907.
Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, Paris
BIU Santé (Pôle pharmacie) : P 50099-3

THUNBERG, Carl Peter. Flora Japonica sistens plantas insularum Japonicarum secundum systema sexuale emendatum redactas ad XX classes, ordines, genera et species cum differentiis specificis, synonymis paucis, descriptionibus concinnis et XXXIX iconibus adjectis. Leipzig, I. G. Mülleriano, 1784.
Disponible sur Biodiverstiy Heritage Library
BIU Santé (Pôle pharmacie) : RES 11809

THUNBERG, Carl Peter. Voyages de C. P. Thunberg, au Japon par le cap de Bonne-Espérance, les isles de la Sonde… Paris, Benoît Dandré, 1796.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 5244-1 et 2

TITSINGH, Isaac. Beschreiving an het naalde steeken en moxa branden. XIXe siècle.
Disponible dans Medic@
BIU Santé (Pôle médecine) : Ms. 45

TSUDSIOKA, S. MURAI, J. Catalogue of the collection of Japanese and Chinese drugs. Tokyo, 1883.
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 119939

YONAN. Botanique japonaise : livres Kwa-wi. Paris, F. Savy, 1873
BIU Santé (Pôle pharmacie) : 13020

 

Visite de la SHP à Baugé-en-Anjou

Plusieurs membres de la Société d’histoire de la pharmacie ont récemment participé à l’inauguration d’une nouvelle salle de l’hôtel-Dieu de Baugé-en-Anjou, à l’invitation de Jacques Gravé, président de l’association Sauvegarde du patrimoine pharmaceutique. Y sont présentées les boiseries d’une ancienne pharmacie familiale du Puy-en-Velay.

Photo Sauvegarde du patrimoine pharmaceutique

Cette officine située rue Pannessac au Puy-au-Velay a été tenue par François Chambonnet jusqu’à sa retraite en 2010. Les boiseries remarquables qu’elle abritait avaient été achetées par son grand-père, Antonin Merle, en 1900. L’association Sauvegarde du patrimoine pharmaceutique s’en est porté acquéreuse en 2011, le nouveau propriétaire des lieux ne souhaitant pas les conserver sur place. Ainsi ont-elles pu être mises en valeur, après restauration, par la mairie de Baugé-en-Anjou dans l’hôtel-Dieu de la ville. Les pots d’origine, dispersés aux enchères, ont été remplacés par des objets provenant de l’association et d’un collectionneur privé.

L’hôtel-Dieu de Baugé-en-Anjou recèle déjà une apothicairerie du XVIIe s. classée monument historique. Comportant plus de 600 objets rares, dont 150 silènes (boîtes d’apothicaire cylindriques ou rectangulaires en bois peint servant à la conservation de drogues), elle a fonctionné jusque dans les années 1960, et est désormais ouverte à la visite.

En savoir plus

Retrouvez les détails de cette inauguration dans le dernier numéro de la Revue d’histoire de la pharmacie (LXVI, n°399, pp. 368-370), consultable au pôle Pharmacie de la BIU Santé.

Baugé-en-Anjou, nouveau foyer pour le patrimoine pharmaceutique par Julie Chaizemartin dans le Quotidien du pharmacien (abonnés, consultable  à la BIU Santé)

Le site de la Société d’histoire de la pharmacie

Le site de l’association Sauvegarde du patrimoine pharmaceutique

Licornes magiques de la BIU Santé

Des licornes…

Le musée de Cluny vient de rouvrir à Paris après plusieurs mois de travaux. « La dame à la licorne » en est l’une des attractions principales depuis 1882. Et c’est justement cet animal fantastique qui a été choisi comme thème de la nouvelle exposition temporaire du musée.

Elle ambitionne de démontrer que la licorne est source d’engouement depuis la fin du Moyen-Âge, jusqu’à nos jours. Sera aussi évoquée la source majeure d’inspiration pour les artistes qu’est depuis longtemps la tenture de la Dame à la licorne.

Deux documents ont été prêtés par la BIU Santé :

  • Josse BADE, Stultifere naves, [Paris] : Thielmann Kerver, pour E. [J. et G.] de Marnef, [1500]. Cote 6311 au pôle Médecine. Non pas que cet ouvrage traite spécialement de licornes (il est plutôt connu pour sa nef des fous), mais la marque d’imprimeur représente le fabuleux animal. Vous retrouverez dans notre banque d’images quelques clichés noir et blanc de cet exemplaire.
  • L’Ortus sanitatissoit le Jardin de santé, première édition d’un incunable imprimé en 1491 et illustré de gravures sur bois colorées. Cet ouvrage décrit différents éléments du monde naturel (les plantes, les animaux terrestres, les oiseaux, les poissons, les pierres et… les urines) et propose pour certains de ces éléments une ou plusieurs applications thérapeutiques (cote RES 5915 au pôle Pharmacie).

La licorne est une petite beste mais elle a grant force en son corps […] Elle ne craint point le fer […] et habite es haultes montaignes.

Les deux ouvrages seront exposés de manière alternée au cours de l’exposition.

… encore plus de licornes !

D’autres portraits de licornes figurent dans notre banque d’images et de portraits (plus de 230 000 clichés libres de droits).

Retrouvez également le discours de la licorne d’Ambroise Paré dans Medic@, notre bibliothèque numérique (plus de 4.5 millions de pages en ligne). Et si Medic@ ne vous suffit pas, retrouvez les licornes de Gallica, elles méritent elles aussi le détour !

L’occasion de consulter à nouveau nos expositions virtuelles, celle sur Ambroise Paré (avec une belle gravure de licorne) et celle sur les Monstres de la Renaissance à l’âge classique.

En savoir plus

L’exposition présentée sur le site Web du musée de Cluny

« Magiques Licornes » au musée de Cluny: Les licornes n’ont pas attendu le 21e siècle pour être tendance, article du Huffington Post

Et comme il aurait été dommage de parler licornes sans arc-en-ciel, nous ne résistons pas au plaisir coupable de vous offrir ce magnifique GIF animé – qui n’est malheureusement pas issu de nos collections !

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Debut: 07/14/2018
Fin: 02/25/2019
28 rue Du Sommerard, 75005 Paris
Paris, Île-de-France
75005
FR

Prochaine séance de la SHP le 20/06

La prochaine séance de la Société d’histoire de la pharmacie (entrée libre) se tiendra le mercredi 20 juin 2018, à 16h30, sous la présidence du Professeur Olivier Lafont.

Elle aura lieu dans la salle des Actes, ou la salle Parmentier, de la Faculté de Pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris).

Ordre du jour

1) Accueil par le président.
2) Informations du secrétaire général.

3) Communications :

Source : Medic@

M. Henri ARONIS : Pharmacie et/ou philatélie thématique (15 min).

Mme Michèle NICOLAS et Mme Afife MAT : Le musée d’histoire de la pharmacie turque à Istanbul (15 min).

M. Claude MONNERET : Histoire d’un collyre officinal, le collyre bleu Laiter (15 min).

M. Olivier LAFONT : Variations autour de quelques décors de faïences pharmaceutiques (20 min).

 

Date : Mercredi 20 juin, à 16h30.

Lieu : salle des Actes ou salle Parmentier de la Faculté de Pharmacie (4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris).

Entrée libre.

Source : Medic@

Si vous souhaitez assister à cette séance, vous pouvez contacter la Société d’histoire de la pharmacie avant le 12 juin 2018.

 

Salle des Actes (4, avenue de l’Observatoire)

Retrouvez la convocation pour la séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie du 20 juin 2018.

 

Calendrier des prochaines séances :
– samedi 29 septembre 2018 (Nancy)
– mercredi 21 novembre 2018 (séance commune avec le Groupe d’histoire de la chimie)
– samedi 15 décembre 2018 (assemblée générale)

Séance de la Société d'Histoire de la Pharmacie
Debut: 06/20/2018 04:30 pm
4, avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Musée Virtuel de l’Art Dentaire : une exposition qui a du mordant

Le Musée Virtuel de l’Art Dentaire (MVAD), dont la BIU Santé est partenaire, voit le jour en 2013, après la vente de l’Hôtel de Miramion qui abritait les collections de l’ancien musée Pierre Fauchard. Ces collections, issues de nombreux dons, sont désormais stockées à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre où elles ne sont plus visibles.

Scène dentaire extérieure. Le patient est assis sur un banc entouré de ceux qui attendent leur tour. L’arracheur de dents. Hans Weiditz (1495-1537). École allemande, gravure, 1531, tirée d’une série intitulée « Frost spiegel » de Pétrarque (Pennsylvania Academy of Fine Arts)

C’est ainsi que Guy Robert, président de l’Union des Chirurgiens-Dentistes Retraités (UCDR), eut l’idée, en collaboration avec les membres de la Société Française d’Histoire de l’Art Dentaire (SFHAD), de créer un musée virtuel afin de proposer un accès visuel à ce riche patrimoine.

Lime rectangulaire, tout métal, manche doré, travaillé, XVIIe s.

Illustré par des photos en haute définition, ce musée retrace l’histoire des instruments utilisés par les dentistes, du XVe siècle jusqu’au milieu du XXe siècle. Les expositions se présentent de façon chronologique, selon l’ordre d’apparition des instruments dans les ouvrages.

 

Ouverture d’une nouvelle salle

Cinq instruments, provenant d’un coffret, manches en ivoire, XVIIIe s.

Une nouvelle salle d’exposition virtuelle vient d’ouvrir : elle est consacrée à la petite instrumentation pour l’excision des caries. Vous y trouverez de nombreuses photos et illustrations, ainsi que des commentaires issus d’ouvrages, sur l’utilisation  des différents instruments.

Venez découvrir la passionnante histoire des scies, limes, sondes, ou autres grattoirs en cliquant ici.

En savoir plus sur l’association

L’Association du Musée Virtuel de l’Art Dentaire (MVAD) regroupe l’Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD), l’Académie nationale de chirurgie dentaire (ANCD), la Société française d’histoire de l’art dentaire (SFHAD), l’Association Dentaire Française (ADF), la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) et l’Union des chirurgiens-dentistes retraités (UCDR).

Avec d’autres donateurs, ces institutions soutiennent financièrement l’association. Cette dernière fonctionne également en partenariat avec la BIU Santé , l’Association de sauvegarde du patrimoine de l’art dentaire (ASPAD), le musée de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et le Musée dentaire de Lyon (MDL).

En savoir plus

Interview de Guy Robert, président de l’association du Musée Virtuel de l’Art Dentaire ;

La page Facebook du musée ;

– Pour des renseignements plus précis, écrivez à : mvad2014@gmail.com

Fabien LAFAGE

Nouvelle expo virtuelle : le musée de l’hôpital Saint-Louis

Connaissez-vous le musée de l’hôpital Saint-Louis à Paris ? Ses collections, classées monument historique depuis 1992, prennent place dans un bâtiment qui vient tout juste d’être rénové.

«À côté de quelque 600 moulages de pièces opératoires de chirurgie viscérale et osseuse, plus de 4000 moulages en cire, réalisés entre 1865 et 1958, reproduisent des maladies de la peau et les formes multiples de la syphilis, alors préoccupation permanente des dermatologues.»

Des collections en ligne

Jusqu’à présent, les photos de ces moulages étaient déjà consultables sur le site de la BIU Santé (plus de 4000 clichés).

La verrière du plafond du musée vient d’être remise à neuf, grâce au soutien de partenaires publics (Assistance publique, DRAC Île-de-France) et privés (industrie pharmaceutique impliquée dans la dermatologie). Les conditions de conservation sont désormais bien meilleures pour ces objets précieux et fragiles.

C’est aussi l’occasion choisie par la BIU Santé pour proposer une nouvelle exposition virtuelle, retraçant l’histoire du musée, au travers de nombreuses illustrations. On y découvre les collections mais aussi les fonds d’aquarelles, jamais mis en ligne jusqu’à alors :

Les textes et les choix d’images sont l’œuvre de Gérard Tilles, médecin membre de la Société française d’histoire de la dermatologie. Réalisation technique et infographie par Jacques Gana.

En savoir plus

L’exposition virtuelle sur le musée de l’hôpital Saint-Louis

Le site de la Société Française d’Histoire de la Dermatologie propose une visite virtuelle du Musée des moulages

1 Avenue Claude Vellefaux
France, Île-de-France
75010
FR
Phone: 01 42 49 99 15

Journées du patrimoine 2017 : les poisons, arme du crime et remède

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la Faculté de pharmacie de Paris vous ouvre ses portes le samedi 16 septembre prochain. Au programme et au choix : visite de la salle des Actes et de la Galerie des pots, visite du Jardin botanique et visite du Musée François Tillequin, où sont conservées les collections de matière médicale de la Faculté. Au cours de cette visite vous seront présentées les collections patrimoniales du Musée et de la Bibliothèque du Pôle pharmacie de la BIU Santé consacrées au thème des poisons.

 

Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison.

Paracelse (1493-1541), médecin et philosophe suisse. Sieben defensiones. Bâle : Samuel Apiarius, 1574.

Si le Dictionnaire usuel des sciences médicales annonce d’emblée en 1885 qu’« une définition précise de ce mot est impossible », c’est bien que l’étymologie même du mot poison renvoie à des notions apparemment antagonistes. En effet, le terme poison a un sens proche de celui de potion. Ils partagent tous deux la même origine latine, à savoir potio, qui signifie breuvage. À l’origine, sa définition est d’ailleurs similaire à celle du médicament : « elle convient à toutes les substances médicamenteuses ; venenum s’est d’ailleurs entendu, chez les Latins, du simple médicament, et, quand il a pris le nom de poison, il s’est presque toujours appliqué aux drogues dangereuses. » Le terme venenum est lui-même un équivalent latin du mot grec pharmakon, qui peut désigner à la fois le poison, drogue malfaisante, et le médicament, drogue bienfaisante. Progressivement, à partir du XIVe siècle, un glissement sémantique s’opère et c’est la première définition qui s’impose.

Charas, Moyse. Nouvelles experiences sur la vipere. Paris, l’Auteur et Olivier de Varennes, 1669

Alors que dans l’imaginaire collectif, le poison rejoint peu à peu le cabinet de l’empoisonneur, du criminel ou de la sorcière, les textes scientifiques peinent à aborder le sujet frontalement. Mettre par écrit les principes actifs et les effets sur le corps humain des substances toxiques, qu’elles soient d’origine végétale, minérale ou animale, n’est-ce pas se risquer sur le territoire de l’empoisonneur ? N’est-ce pas donner des idées aux êtres mal intentionnés ? Au contraire, selon certains scientifiques, dont le médecin et poète français Jacques Grévin, il convient de connaître les effets de ces substances toxiques pour déceler les remèdes et antidotes qui préserveront la santé du patient, « matières autant nécessaires en ce temps que les malices des hommes sont augmentées » (dédicace à la reine Élizabeth Ire d’Angleterre pour son Livre des venins, 1568). Les traités sur les poisons fleurissent dès le XIIIe siècle, tandis que les tentatives d’encadrer et réglementer la distribution des substances toxiques se succèdent au fil des époques. L’officine de l’apothicaire puis du pharmacien est un lieu sous haute surveillance : la délivrance de drogues sans ordonnance est proscrite, les substances dangereuses doivent être mises sous clef et le nom des personnes autorisées à se procurer ces substances doit être consigné dans un registre.

À travers une sélection de livres et objets datant du XVe au XXe siècle issus des collections du Musée et de la Bibliothèque, la visite vous permettra de mieux comprendre l’évolution du discours scientifique sur le poison, ainsi que sa place dans la société et dans le monde médical. En complément, une présentation d’ouvrages récents, empruntables à la bibliothèque de pharmacie, proposera une approche contemporaine du sujet.

Plus d’infos pratiques ici.

Catherine Blum

Debut: 09/16/2017 10:00 am
Fin: 09/16/2017
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006

La bibliothèque de la Société anatomique de Paris

La Société française de pathologie et l’université Pierre-et-Marie-Curie ont déposé à la BIU Santé les ouvrages qui composaient l’ancienne bibliothèque de la Société anatomique de Paris.

Cet ensemble de livres était conservé au Musée Dupuytren, dans les locaux qu’il occupait depuis 1967, au fond du cloître du 15, rue de l’École-de-Médecine.

Ces livres ont été les derniers objets à quitter les lieux lors de la fermeture du musée, en octobre 2016. Bref déménagement, puisque leur destination était au 12, de l’autre côté de la même rue. Les 270 cotes (SAP 1 à SAP 270), correspondant à des ouvrages publiés de 1565 à 1889, peuvent désormais être consultés à la BIU Santé et sont quasiment tous déjà signalés dans son catalogue. Dans les prochains mois, certains d’entre eux seront en outre numérisés dans la bibliothèque numérique Medic@ (nous tâcherons d’en présenter quelques-uns ici).

Ils rejoignent à la bibliothèque les archives de l’ancienne Société anatomique de Paris, qui y ont été déposées en 2013 et dont l’inventaire et le traitement devraient s’achever dans le courant de 2017. Ces archives peuvent d’ores et déjà être consultées au besoin. La Société française de pathologie et l’actuelle Société anatomique de Paris ont également participé financièrement à l’acquisition du 2e registre des séances de la société, ainsi qu’à la restauration de plusieurs autres volumes. Qu’elles en soient ici remerciées.

La Société anatomique a eu une histoire longue et assez tourmentée [1] . La collection dont il est ici question n’a semble-t-il été constituée que durant la première période de sa seconde vie, je veux dire après sa résurrection en 1826, et sous la très longue présidence de Jean Cruveilhier : les ouvrages publiés après son retrait en 1873 sont des exceptions dans ce petit ensemble.

C’est après la mort de Bichat, en 1802, que des étudiants de médecine brillants, élèves de l’École pratique de médecine, souhaitèrent se réunir pour poursuivre son œuvre tôt interrompue. Poursuivre l’œuvre de Bichat, c’était, selon les termes du compte rendu de la séance inaugurale du 12 Frimaire an XII (= 4 décembre 1803), s’occuper de « l’anatomie de l’homme sain et [de] celle de l’homme malade, [ainsi que de] la physiologie dans l’état de santé et dans celui de maladie » : vaste programme, à accomplir grâce à la nouvelle méthode anatomo-clinique. Des séances hebdomadaires réuniraient les membres de la Société. Des procès verbaux en seraient établis systématiquement.

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