L. 428.  >
À Charles Spon,
le 30 novembre 1655

Codes couleur
Citer cette lettre
Imprimer cette lettre
Imprimer cette lettre avec ses notes

 

Monsieur, [a][1]

Depuis le mardi 16e de novembre que je vous envoyai ma dernière de quatre grandes pages avec une autre pour M. Devenet, nous apprenons ici que les Hollandais ont fait alliance avec l’électeur de Brandebourg, [2] le duc de Brunswick [3] et quelques autres princes, [1] contre le roi de Suède [4] en faveur du roi de Pologne ; [5] mais néanmoins, quoi qu’il en soit, il y a ici des lettres de Vienne [6] et de Breslau, [7] lesquelles portent que Cracovie [8] s’est rendue au roi de Suède, faute de poudre, et qu’aujourd’hui l’on ne dit plus le roi de Pologne, mais seulement le prince Casimir, ou le roi jésuite. [2][9][10] La paix d’Angleterre a été ici ratifiée au Conseil du roi et la ratification envoyée à Londres. On parle aussi du roi de Danemark [11] qui veut entrer en guerre contre le roi de Suède. [3] Il y a ici grosse et puissante division en Sorbonne [12] entre les jansénistes [13] et les molinistes. Ces derniers sont ceux qui sont pour les jésuites, [14] les autres sont contre ces bons pères et les autres moines, [15] quorum gens est ingens, et numerus innumerus ; [4] si bien que voilà les scribes et les pharisiens acharnés les uns contre les autres, [16] mais quoi qu’ils fassent, le Messie ne viendra point sitôt pour les accorder. Dieu a le dos tourné aux affaires et aux conseils des hommes, Nec bene pro meritis capitur, nec tangitur ira : [5] les péchés des hommes ont mérité d’être traités de lui comme Lucrèce [17] a dit du dieu des épicuriens.

La querelle de M. d’Hocquincourt [18] continue, il est enfermé dans sa place de Péronne [19] et ne veut point se rendre ; mais je ne vois personne qui puisse dire ce que deviendra cette affaire, hormis que je le tiens en danger d’y être arrêté prisonnier ou d’y être poignardé, comme un rebelle au commandement du roi.

Ce 19e de novembre. Le roi [20] est toujours à Compiègne, [21] mais le Mazarin [22] est aujourd’hui arrivé à Paris. L’on dit qu’il y vient pour régler des différends qui sont entre Messieurs du Clergé touchant le curé de Saint-Séverin, [23][24] qui a la commission de grand vicaire du cardinal de Retz, [6][25] et les trois évêques suffragants de l’archevêché de Paris qui ne veulent point assister aux assemblées du Clergé [26] s’ils n’ont ordre de leur archevêque. Même, ils ont fait opposition, en vertu de laquelle les receveurs du Clergé ne pourront rien recevoir ni prendre sur tout le clergé de l’archevêché de Paris, ce qui diminuerait fort la somme que l’on prétend de lever à ce coup sur tout le Clergé de France. Il y a pareillement querelle entre les maîtres des requêtes et les conseillers du Parlement : ces premiers s’opposent à ce que personne n’ait aucune commission d’être intendant dans les provinces qui ne soit de leur corps ; ce qui est arrivé à cause de l’intendance d’Orléans [27] que l’on a ôtée à M. Bénard de Rezay, [7][28] maître des requêtes, et que le premier président, M. de Bellièvre, [29] a fait donner à M. Servin, [30] conseiller de la Cour, fils de feu M. Servin, avocat général. [8][31]

Il y a environ 15 jours que fut ici taillé [32] de la pierre un ancien conseiller de la Cour nommé M. Grasseteau, [33] conseiller et doyen des Requêtes du Palais ; il en est heureusement guéri, âgé de 72 ans. Adeo feliciter hic apud nos procedit negotium της κυστοτομιας, [9] un de mes voisins en a guéri depuis peu aussi heureusement, âgé de 69 ans, combien que ce fût pour la troisième fois qu’il fut taillé. L’adresse de nos tailleurs est si grande que les malades n’ont plus tantôt la grande horreur qu’ils avaient autrefois de cette opération, laquelle a autrefois été fort cruelle, non duntaxat propter imperitiam artificum, sed etiam propter organorum quibus utebantur ruditatem et inefficaciam[10]

Ce 20e de novembre. Le Mazarin est ici arrivé ce matin et a laissé le roi à Compiègne, l’on dit qu’il est venu pour voir la reine [34] et lui rendre compte de l’état des affaires présentes, et pour interroger lui-même Mme de Chatillon [35] que l’on a ici tout exprès amenée en cachette et logée dans une maison des galeries du Louvre. [36] Incertum illud posterum[11]

M. de Sorbière [37] vient de sortir de céans, qui m’a récité un excellent sonnet en l’honneur de feu M. Gassendi [38] et m’a dit aussi qu’il s’en allait travailler à faire la vie de ce digne personnage. [12] Un quart d’heure après qu’il en est sorti, M. Du Prat [39] est venu qui vous baise les mains. On imprime en Hollande chez Blaeu [40] l’histoire de feu M. Grotius, [41] de Bello Belgico[13] qui sera un grand et beau livre.

Le roi est ici arrivé le 23e de novembre pour voir la reine et s’en est retourné voir le cardinal à Compiègne le 25e ; on dit qu’ils reviendront bientôt tous deux à Paris pour y passer le reste de l’hiver. [14]

J’ai ici depuis peu traité un jeune homme lyonnais nommé M. de Can, lequel a le bien de vous connaître. Il m’a promis qu’il vous ira visiter à Lyon et qu’il vous demandera de mes nouvelles, je lui ai dit que je vous en écrivais quelquefois de bonnes. Il < y > demeurait l’an passé et était associé avec M. Hubet [42] qui vous rendit quelque argent que vous aviez donné pour moi.

Ce 25e de novembre. Je viens de consulter avec M. Riolan [43][44] qui se plaint du grand froid qui est ici très grand depuis cinq jours. Il dit que le roi a ordonné que Mme de Châtillon, prisonnière, sera menée à l’abbaye de Fontevrault [45] où elle sera gardée exactement.

On dit ici que le prince de Condé [46] fait sa paix avec le roi, et même on en dit autant de M. d’Hocquincourt, moyennant la somme de 700 000 livres que l’on lui donne ; mais tout cela est fort incertain, ce ne sont que des bruits de ville, de gens curieux qui veulent faire les politiques, c’est l’invention de la Gazette qui est cause de tant de mensonges. [15][47]

Ce 27e de novembre. Je viens de recevoir par la voie du coche de Metz [48] le Matthiæ Martinii Lexicum etymologicum [49] de la dernière édition, lequel est fort gros, et crois qu’il n’y a guère moins qu’une rame de papier ; si bien qu’on ne le peut relier qu’en deux tomes, voire même, comme ceux de Francfort [50] semblent avoir eu dessein, en trois. J’avoue que c’est un livre plein de belle et bonne doctrine, mais il y a aussi un grand défaut car il est très plein de plusieurs fautes operarum typographicarum[16][51] qui est fort incommode. Je m’étonne de la négligence de ces bonnes gens-là, je pensais que ce péché n’appartînt qu’aux libraires de Paris qui, cæca lucri cupidine ducti[17] négligent tout leur fait pour épargner ; mais il n’y a point de remède, habeas ut nactus[18][52] N’en dites rien s’il vous plaît à M. Ravaud [53] car c’est mon dessein de me défaire de celui-ci et de garder pour moi celui qu’il a envie de me donner à la place de celui que je lui fournis, pensant qu’il l’imprimerait, il y a cinq ans passés, voire même près de six. [54]

On dit ici que M. d’Hocquincourt a fait son accord et que le roi doit aujourd’hui coucher dans Péronne ; que les troupes du duc de Lorraine [55] ont pris notre parti et que l’on s’en va les faire passer au travers de la France (c’est pour y faire leur quartier d’hiver), sous ombre de les envoyer en Italie y fortifier le reste de notre armée, avec dessein d’y faire une rude guerre l’été prochain. On dit que le pape [56] est fort en colère contre nous de ce que nous avons fait la paix avec Cromwell ; [57] et non sans raison, car cette paix nouvelle semble fort répugner au dessein qu’il a de procurer une paix générale entre les deux couronnes[19]

Ce dimanche 28e de novembre. Monsieur, mon cher ami, je viens de recevoir votre dernière datée du 23e de ce présent mois, je vous en rends grâces. Je suis bien aise d’apprendre de vos nouvelles, mais je trouve, par l’énumération que vous me faites des miennes, qu’il y en a une que vous n’avez pas reçue : ne serait-ce pas celle que j’ai adressée à M. Guillemin pour vous être rendue ? Par quelque voie que ce soit, je vous avertis qu’elle est du 19e d’octobre, utinam ad te perveniat[20]

Je vous remercie de vos beaux vers sur la mort de M. Gassendi, [21] comme aussi des vers sur le saint Charles Borromée. [58] J’attends des nouvelles du paquet de M. Devenet, [59] j’en ferai demain des enquêtes ; je ne connais point ce marchand qu’il m’a indiqué. J’apprends que la cinquième partie de l’Histoire ecclésiastique de Hottingerus [60] est achevée, mais j’espère qu’elle viendra avec le temps à notre connaissance. On m’a dit que M. Sauvageon [61] fait réimprimer à Lyon la Pharmacopée de Bauderon. [62] Je pense que l’on y réimprime aussi de nouveau celle de Schroderus [63] sur l’édition d’Allemagne. [22] Je ne pense pas que l’on imprime si tôt les œuvres de M. Gassendi, [64] j’apprends que cela n’est pas prêt ; on dit ici dix volumes, mais qu’il y faut travailler. M. Sauvageon est trop vieux pour y travailler tout de bon ; il est si cassé, comme vous dites, qu’il m’a dit lui-même qu’il ne veut plus rien entreprendre de sérieux, mais seulement pour s’entretenir. Il n’est plus capable de travailler exactement à quelque chose que ce soit : le dernier livre qu’il a ici corrigé pour M. Bouvard, [65] est si plein de fautes que ce même M. Bouvard m’a dit depuis trois jours qu’il lui prend envie de le faire tout réimprimer avant que d’en donner à ses amis ; et de fait, il y en a très bien. [23] M. Sauvageon n’y voit plus rien, mais devinez ce qu’il fera à Lyon : il s’y lairra mourir de faim, de froid et de maladie, car il est homme à tout cela.

Vous obligerez le public si vous empêchez l’impression de ces livres de notre métier qui ne peuvent servir qu’à faire des charlatans, [66] dont le nombre n’est déjà que trop grand, par la faute des petites universités et des livres de chimie. [67]

Je ne sais qui est ce M. Chomel, [68] médecin d’Annonay, auteur de ce nouveau livre ; mais étant tel que vous me le mandez, c’est chose certaine que vous obligerez fort le public si vous ôtez à l’imprimeur [69] l’envie et le dessein de l’imprimer. [24] La plupart de ces livres nouveaux vix habent aliquid boni præter gratiam novitatis[25] c’est le leurre qui attrape premièrement les libraires, et puis après les jeunes gens qui prétendent de trouver là-dedans la pie au nid et quelque chose de meilleur que la pierre philosophale, [70] plutôt que dans les livres des anciens où, faute d’y mettre le nez, ils demeurent ignorants toute leur vie ; nec tam scribere videntur novitii illi authores in gratiam ægrorum, quam in lucrum pharmacopolorum[26] Et à tout cela, je ne puis dire autre chose que de m’écrier avec Martial [71] en disant : O mores, o tempora ! in quibus nullus occurrit qui curet rem publicam[27]

Pour votre médecin de Lyon nommé Picoté, [72] nil quidem de illo audivi[28] Ces charges de médecin par quartier de chez M. le duc d’Anjou [73] sont des appeaux pour attraper de jeunes gens avec un titre spécieux de belles qualités : on leur promet qu’ils pourront faire la médecine à Paris, qu’ils auront de bons gages ou s’ils demeurent aux champs, qu’ils ne paieront point de tailles ; [74] et tout cela très faux car quelque chose qu’ils fassent, nous ne les reconnaîtrons jamais, et ne feront ici que se morfondre. On en avait voulu faire chez le duc d’Orléans [75] qui n’ont point réussi, elles sont demeurées à vendre faute de marchand qui les voulût lever. Pour les gages, on ne les paie point là, ni même chez le roi : depuis dix ans, les médecins par quartier n’ont rien touché, ou très peu. Encore faut-il pour cela du crédit extraordinaire : le premier médecin [76] même est mal payé de ses appointements, licet ipse deos propius contingat ; [29][77] et je sais de bonne part qu’il voudrait n’y être jamais entré, d’autant qu’il a beaucoup trop financé pour le bien de sa famille afin d’être élevé jusqu’au faîte, et c’est grand hasard si jamais il y réussit, comme tout est fortuit à la cour où, pour un qui fait fortune, il y en a dix mille qui se morfondent et tandem longum pænitent[30] Des huit médecins par quartier de chez le roi, il n’y en a pas un qui ne voulût avoir vendu sa charge et retenir l’argent qu’il y a mis ; sed quis tam fatuus [31] d’acheter bien chèrement une charge sans revenu et dont on ne touche point de gages ? Si le roi est à Narbonne [78] ou en Flandres, [79] il faut aller faire là son quartier, coucher sur de la paille et peut-être mourir dans une grange, comme fit M. Akakia [80][81] l’an 1630 en Savoie, [82] âgé de 42 ans, qui laissa dix enfants vivants, combien qu’il fût beau-frère du vieux Seguin [83] qui était premier médecin de la reine, et qu’il fût médecin du surintendant et du garde des sceaux de ce temps-là. Dicam verbo[32] la cour est une belle putain qui a bien donné dans les yeux à bien du monde ; mais après, pour toute récompense, elle ne leur a donné que la vérole [84] qui leur a été une maladie incurable. Voilà une longue digression pour laquelle je vous demande pardon, je ne veux que conclure tout ce fâcheux discours par un beau distique qui est, ce me semble, dans les Emblèmes d’Alciat [85] et que j’ai appris de feu mon père [86] il y a près de 40 ans :

Vana palatinos quos educat aula clientes,
Dicitur auratis nectere compedibus
[33]

La cour est le pays des anthropophages, aussi bien que la Scythie Septentrionale des anciens [34][87] et l’Amérique [88] des modernes. S’en garde qui pourra ; pour moi, je suis fort guéri de toute la vanité et de l’ambition de ce pays-là.

Votre Picoté ne fera donc rien qui vaille de ce côté-là, mais puisqu’il est tel que vous me le dépeignez, je le veux bien accoupler avec votre Meyssonnier [89] qui est un autre étourdi qui viendra ici dépenser de l’argent fort mal à propos. Notre Saint-Germain [90] fera le troisième fou et pour bien atteler le carrosse, notre Faculté vous fournira maître Claude Tardy [91] qui est peut-être lui tout seul aussi fou que les trois autres ensemble. [35]

Et à propos de MM. Huguetan [92] et Ravaud qui savaient bien la mort de M. Jost, [93] vous ne me mandez rien de leurs livres : le Sennertus [94] et le Theatrum vitæ humanæ [95] sont-ils achevés, à quel prix sont-ils ? Que font-ils maintenant, travaillent-ils sur la continuation du Baronius faite par Rinaldus, [96] père de l’Oratoire ? [36][97]

Vous m’épouvantez par le narré que vous me faites du pauvre M. Duhan, [98] je le trouve bien malade, mais je suis bien aise qu’il soit entre vos mains. Le plus souverain et premier remède de ces fluxions sur la poitrine, avec la toux, est la saignée [99] réitérée et l’abstinence du vin, mais plutôt très bien de la tisane. [100] Je souhaite fort qu’il ait l’honneur et le bien d’en guérir par vos mains et d’en sortir heureusement car autrement, je crains que le poumon ne se gâte et ne contrahat aliquam diaphthoram in propria substantia : his enim gradibus citissime itur in requiem sempiternam[37]

M. Allain [101] diminue toutes les semaines, et en avons encore un autre des nôtres fort malade qui est M. Cousin, [102] âgé d’environ 40 ans. Je vous remercie du bon accueil que vous avez fait à ces deux jeunes Allemands, MM. Horn et Neuman. [103][104] Dieu les veuille bien conduire, je les ai trouvés fort honnêtes et fort sages. [38]

Ce 29e de novembre. Il y avait ici une grosse querelle (laquelle pourtant n’est pas cessée) entre les docteurs de Sorbonne qui tiennent le parti de M. Arnauld [105] (vulgo dicti iansenistæ[39] et les autres docteurs qui tiennent le parti de Rome, des loyolites et des moines. C’est que M. Arnauld, docteur de Sorbonne, a fait un livre in‑4o sur une question qui s’est présentée. [40] Tous ces molinistes, [106] enragés contre ce livre auquel ils ne peuvent répondre, ont fait nommer en Sorbonne six docteurs pour examiner ce livre, qui tous sont ses ennemis. Il s’y est opposé et en a fait ses plaintes avec 65 docteurs qui sont de son avis, il a demandé qu’on lui donnât d’autres examinateurs, etc. M. Talon, [107] qui est le jeune avocat général, a fait merveille en ses conclusions sur les plaintes de M. Arnauld : tout Paris et tout l’auditoire étaient de l’avis des conclusions ; mais Messieurs de la Grand’Chambre ont été d’un avis tout contraire et ont confirmé ces six docteurs que M. Arnauld récusait. J’en suis tout en colère. On verra maintenant ce que feront ou diront ces six censeurs contre ce beau livre. Les juges ont eu tant de peine à s’accorder qu’ils ont été une heure et demie entière à dire leur avis et à faire leur arrêt, duquel tous les gens de bien sont fort malcontents. Il y avait encore un autre incident touchant les moines qui viennent aux assemblées de la Faculté en trop grand nombre, vu que par les anciens règlements il ne devait y en avoir que deux de chaque maison, cordeliers[108] jacobins[109] augustins et carmes[41][110][111] Cela préjudicie aux droits du roi et donne courage au pape d’entreprendre en France car ces frères mouches et frères frapparts sont ses esclaves, qu’il tient tous par le ventre et qui ont tous fait vœu d’obéir aveuglément à leur général. Néanmoins, Messieurs les juges n’ont rien prononcé là-dessus, ils ont seulement ordonné que dans un mois les moines viendront répondre aux conclusions du procureur général ; [112] qui est une moquerie de les faire revenir pour une affaire qui a déjà été jugée plusieurs fois.

Le roi est encore à Compiègne, on dit qu’il va aujourd’hui coucher dans Péronne et que l’accord est fait avec M. d’Hocquincourt. La reine est ici avec M. le duc d’Anjou. Messieurs du Clergé y sont aussi, mais ils ne font rien, ils attendent des règlements de la cour, et le Mazarin en attend de Rome.

On me vient de dire à l’oreille que tout ce qu’a fait M. d’Hocquincourt pour Péronne n’était qu’une feinte et une ruse du cardinal Mazarin avec laquelle ils espéraient d’attraper le prince de Condé ; [113] cela pourrait bien être, ce sont les plus fins qui gouvernent le monde. Tollitur e medio sapientia, vi geritur res[42][114]  Si non e vero, e ben trovato [43] par les partisans du prince. Faites-moi la faveur de me conserver en vos bonnes grâces et de m’aimer toujours comme celui qui sera toute sa vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce mardi 30e de novembre 1655.

On dit que les Espagnols ont assiégé Condé, [115] et néanmoins j’en doute. [44]


Écrire à l'éditeur
Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
Une réalisation
de la BIU Santé
×
     [1] [2]   Appel de note
    [a] [b]   Sources de la lettre
    [1] [2]   Entrée d'index
    Gouverneur   Entrée de glossaire

× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 30 novembre 1655

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0428

(Consulté le 19.08.2019)