Medica a 20 ans : naissance et croissance d’une bibliothèque numérique au début du XXIe siècle 3/3

 Voici le troisième et dernier billet d’une série de 3 sur l’histoire de Medica – rédigé par Lou Delaveau, conservatrice-stagiaire Enssib, à l’occasion des 20 ans de la bibliothèque numérique Medica. Retrouvez le premier billet ici  et le second là 

III. Vers une Galaxie Medica

Medic@ dans le paysage des bibliothèques numériques

Les différents états de la politique documentaire de Medic@ soulignent que la bibliothèque numérique est « complémentaire des autres produits élaborés par le Service d’histoire de la santé (base bio-bibliographique des médecins, pharmaciens et autres professionnels de santé, expositions virtuelles, renseignements à distance…) » [1]. Un même thème pourra ainsi être décliné via les divers outils mis en place par la bibliothèque. À titre d’exemple, un corpus sur Etienne-Jules Marey, réalisé en collaboration avec le Collège de France et l’Académie nationale de Médecine, est versé dans Medica en 2006 et accompagne la mise en ligne d’une exposition virtuelle[2]. C’est ce type de projet « à forte valeur ajoutée » qui est privilégié par l’équipe pour définir le positionnement de Medic@ dans un contexte de concurrence croissante et d’essor de géants numériques – on pense notamment au développement de Google print, puis Google Book, à partir de 2004. Quelle place pour Medic@, que certains interviewés décrivent comme une « PME », voire une « épicerie fine » ? Une note de service, qui témoigne du lancement d’une importante campagne de numérisation par la Wellcome Library, invite à réfléchir à la place qu’occupent les ressources de la BIUM dans le panorama des bibliothèques numériques, et s’inquiète même de l’avenir des collections papier dans les bibliothèques en général[3]. D’autres archives attestent d’un souhait d’initier une coopération nationale pour la numérisation du patrimoine médical imprimé[4].

Dans ces circonstances, l’articulation des différents services développés par la BIUM ne peut qu’être un atout. Un outil tient une place toute particulière dans ce réseau documentaire : il s’agit de la Banque d’images et de portraits , dont nous avons déjà parlé. Sous la responsabilité d’Estelle Lambert, la Banque d’images s’est en effet progressivement étoffée grâce aux illustrations signalées lors de l’indexation des pages numérisées pour alimenter Medica : elle comporte aujourd’hui 264 000 images. La base biographique est une autre ressource essentielle du Service d’histoire de la santé qui permet notamment de relier les différents contenus grâce à des notices d’autorités. De la sorte, Medica prend la forme d’un réseau interconnecté de bases : elle déborde même des contours de la BIU Santé puisqu’outre les numérisations de ses fonds et d’exemplaires d’institutions partenaires, elle agrège aussi plus de 100 000 notices d’autres bibliothèques, via le protocole OAI-PMH.

Les années 2010 : plusieurs changements marquants.

L’accueil de Medica au 7/11/2011 et au 3/03/2016 , avec respectivement une mention du pôle Pharmacie et le logo de la nouvelle BIU Santé (Internet Archive Wayback Machine).

En 2011, la BIUM change de nom, fusionne avec la BIUP (Bibliothèque interuniversitaire de Pharmacie) et devient la BIU Santé. C’est tout un nouveau champ disciplinaire qui s’ouvre alors pour Medic@, dont témoignent des réalisations telles que la reconstitution virtuelle de la bibliothèque du Collège de Pharmacie. Puisque le pôle Pharmacie ne dispose pas d’un scanner équivalent à celui du pôle Médecine, des concertations fréquentes sont organisées entre les deux équipes, quoique – de l’aveu de Catherine Blum, conservatrice arrivée à la BIU Santé Pharmacie en 2016 – l’éloignement des deux sites ne facilite pas le transport et la numérisation des formats les plus volumineux ! Les liens noués par la BIU Pharmacie avec différents organismes spécialisés dans le domaine des sciences pharmaceutiques et de la cosmétologie renforcent aussi le caractère incontournable de la BIU Santé dans le paysage de la recherche en histoire des sciences.

Deux exemples curieux de documents conservés au pôle Pharmacie : Au Chat des Alpes. Froid humidité : ennemis de santé : 1940-1941, Voiron, Isère : Au Chat des Alpes, 1940. BIU Santé Pharmacie 69321.
Pharmacie Chaumel. Le Baume Oco : Souvenir de l’expo 1889. [Paris] : [s.n.], 1889.BIU Santé Pharmacie RES 69389.

                        

 

Cette place prépondérante est confortée par une stratégie d’ouverture des données : en 2013, la BIU Santé adopte la “Licence Ouverte” pour ses documents du domaine public et encourage ses partenaires à faire de même. Les images des collections, tirées de Medic@ ou de la Banque d’images et de portraits, circulent donc activement sur le Net. Ce succès inspire à la BIU Santé un partenariat avec l’association Wikimédia France pour verser dans la médiathèque Wikimédia Commons les clichés en haute définition de certains corpus tout en menant un travail d’alignement et de référencement des métadonnées associées. Après une première phase menée à bien en 2017, un deuxième chapitre s’ouvre en 2020. Cette politique de collaboration passe également par un travail conjoint avec des bibliothèques-sœurs de par le monde : en 2017, Medica intègre le consortium Medical Heritage Library sous l’action de Solenne Coutagne. La Medical Heritage Library   qui fête également un anniversaire en 2020 – ses dix ans ! –  offre, ainsi que le rappellent Véronique Boudon-Millot et Jean-François Vincent dans un article récent[5], de nouvelles fonctionnalités aux lecteurs consultant les collections de la BIU Santé par cette porte d’entrée : notamment un OCR performant et une interface de visualisation plus ergonomique sur Internet Archive.  Un dernier changement marque enfin cette décennie :  le nom même de Medica s’offre une nouvelle jeunesse et se voit amputé de son vilain « @ » !

L’accueil de Medica au 17/11/2020, avec le logo d’Université de Paris. On note la disparition du @ de Medica.

Le tournant 2020 : et au-delà ?

Le développement d’une solution « sur mesure » pour Medica dans les années 2000, qui avait l’avantage de permettre une grande réactivité et souplesse, a certes quelques inconvénients. L’équipe souhaiterait implémenter aujourd’hui un affichage mosaïque, la possibilité de faire pivoter et défiler les pages, l’affichage latéral de la table des matières… Autant de petits détails susceptibles de rendre la consultation plus confortable  mais qui se heurtent aux caprices d’un système ayant parfois mal vieilli et peu documenté, ainsi qu’au manque de temps et de main d’œuvre… Le langage Lasso original, désuet, a cependant pu être traduit en PHP par Olivier Ghuzel, ingénieur d’études et informaticien rattaché au Service d’histoire de la santé. Un projet est en cours pour reprendre l’archivage pérenne au CINES des données de la bibliothèque numérique, dont le poids désormais écrasant a dépassé les capacités de l’application qui lui était originellement dédiée, et est désormais stocké dans une base de données MySQL. Dans un constant souci d’améliorer les fonctionnalités de la base et la circulation de l’information, l’équipe s’intéresse aussi aux opportunités du modèle IIIF qui permet de diffuser des images sur le web de manière standardisée et de les rendre consultables, modifiables par d’autres applications extérieures à la bibliothèque. Une telle évolution permettrait, en interne, de simplifier considérablement le traitement des images mais aussi de bénéficier de nouveaux modes de visualisation, de navigation et d’interaction avec les images.

Mais l’avenir de Medica est aussi étroitement lié aux contours administratifs de la nouvelle Université de Paris. Après une première fusion avec le SCD Paris Descartes en octobre 2019, la BIU Santé intègre en effet la Direction générale déléguée aux bibliothèques et musées d’Université de Paris (DGDBM), suite à la fusion des universités Paris Descartes et Paris Diderot en 2020. Dans ce nouveau chapitre de l’histoire de la BIU Santé, Medica semble pouvoir constituer la figure de proue de la valorisation patrimoniale des bibliothèques de l’université fusionnée. L’équipe réfléchit actuellement à la place qu’elle occupera dans ce nouvel univers documentaire : il s’agit à la fois de moderniser les fonctionnalités de la bibliothèque numérique (en cohérence avec les futures autres collections), de les pérenniser mais également de préserver la singularité de cet outil que le contexte sanitaire rend d’autant plus incontournable. Medica est aujourd’hui appréciée par un large public, bien connue de ses lecteurs fidèles mais aussi bien identifiée par les nouveaux chercheurs en histoire des sciences, dont je faisais moi-même partie il n’y a pas si longtemps. Espérons que ce billet de blog aura fait sourire les premiers et intrigué les seconds que nous invitons à cliquer ICI pour entamer leur exploration de la Galaxie Medica : nous leur souhaitons de fructueuses découvertes !

Lou Delaveau, avec l’aide de l’équipe du Service d’histoire de la santé


Sources

-Archives consultées

 Archives du directeur de la BIU Santé relatives au Service d’histoire de la santé : cartons 95, 96, 97, 98, 99, 100, 104, 105.

-Entretiens (par ordre alphabétique)

Catherine Blum : actuelle responsable des collections et fonds patrimoniaux à la BIU Santé Pharmacie, entrée à la BIU Santé en 2016.

Guy Cobolet : directeur de la BIUM/BIU Santé de 2000 à 2018.

Solenne Coutagne : actuelle responsable de Medica, entrée à la BIU Santé en 2014

Olivier Ghuzel : ingénieur d’études, attaché au Service d’histoire de la santé (notamment  en charge de la maintenance de Medica), entré à la BIU Santé en 2013.

Estelle Lambert, actuelle responsable de la Banque d’images et de portraits, entrée à la BIU Santé en 2002.

Henry Ferreira-Lopes : chef du Service d’histoire de la santé de 1999 à 2004

Bernadette Molitor : Bibliothécaire à la BIU Santé de 1974 à 2014, en charge de l’histoire de la médecine et du fonds ancien.

Pierre Morris : photographe dans le service, actuellement en charge de l’indexation de la base biographique, entré à la BIUM en 1983.

Jacques Gana : chef du service informatique de la BIUM / BIU Santé, de 1995 à 2017.

Jean-François Vincent : chef du Service d’histoire de la santé, entré à la BIU Santé en 2004, ci-devant responsable de Medica (2004-2014).


[1] « La politique documentaire de Medic@ », dernière version de mai 2015. https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/assets/pdf/histmed-medica-poldoc-medica-fra-octobre2013.pdf .

[2] Mail du 4/05/2006 (Jean-François Vincent) – Archives, c. 97. L’exposition virtuelle est la suivante : https://www3.biusante.parisdescartes.fr/marey/debut.htm.

[3] « Numérisation de masse et avenir des fonds patrimoniaux : considérations sur le fonds ancien de la BIUM et son avenir proche » c. 104 (non daté, vers 2008 ?)

[4] Divers documents – Archives, c. 104.

[5] Boudon-Millot (Véronique), Vincent (Jean-François), « Medical Heritage Library: La plus grande bibliothèque médicale numérique du monde », dans médecine/sciences, EDP Sciences, 2020, 36 (10), p. 924-928. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02960793

Medica a 20 ans : naissance et croissance d’une bibliothèque numérique au début du XXIe siècle 2/3

 Voici le deuxième billet d’une série de 3 sur l’histoire de Medica – rédigé par Lou Delaveau, conservatrice-stagiaire Enssib, à l’occasion des 20 ans de la bibliothèque numérique Medica. Retrouvez le premier billet ici et la troisième

II. Du Corpus des médecins de l’Antiquité à la « bibliothèque » Medic@ : quelques exemples

Avec et pour les chercheurs.

Coupure de presse du Quotidien du médecin du 2/03/2002 évoquant la campagne pour la restauration de la statue de Bichat.

Les différents cartons d’archives relatives au Service d’histoire de la santé regorgent de courriels imprimés dans les premières années du XXIème siècle et qui témoignent des contacts nourris avec des chercheurs, « public en or » et véritables « piliers » de la bibliothèque. Ces échanges reflètent les recherches personnelles – car on « n’attrape pas les mouches avec du vinaigre » – mais aussi les thèmes à la mode et les sujets d’actualité.  En 2002, le bicentenaire de la mort de Xavier Bichat inspire la mise en ligne d’un corpus dédié. Ce concours de circonstances profite à la statue du médecin et anatomo-pathologiste située dans la cour de l’Université et dont l’état piteux aiguillonne les bibliothécaires et chercheurs ayant participé au dossier : elle est restaurée à cette occasion. D’autres corpus bénéficient d’interfaces de recherche spécifiques comme les dictionnaires et les périodiques, premières sources consultées par les lecteurs néophytes. Des contributeurs célèbres, comme Jean Starobinski, apportent aussi leur pierre à l’édifice Medic@ en rédigeant des présentations de dossiers.

Corollaires de cette expertise développée sur la valorisation numérique du patrimoine, la BIUM organise de nombreux colloques qui renforcent sa position dans le paysage de la recherche en histoire de la santé mais resserrent aussi ses liens avec des sociétés et académies savantes : elle héberge leurs sites web et participe parfois même à leurs publications[1]. La pluridisciplinarité est le maître-mot. Une collaboration plus active est également entérinée avec le Musée d’histoire de la médecine qui partage les murs du 12 rue de l’école de médecine[2]. En 2005, la consultation mensuelle de Medic@ s’établit à 130 000 pages consultées pour plus de 10 000 visiteurs[3].

Page d’accueil de Medic@ le 6/06/2006, d’après les archives du net (Internet Archive Wayback Machine).

Il va sans dire que les contacts avec les chercheurs et chercheuses de la première heure se poursuivent au long cours. En 2009, Le Corpus électronique des médecins de l’Antiquité, désormais constitué de 180 volumes et témoin de longue date des relations étroites entre la BIUM et le laboratoire « Médecine grecque » reçoit le prix Plottel de l’Académie des inscriptions et belles lettres[4]. Ainsi que le précise le dossier de candidature, plus d’un million de pages ont été téléchargées en 2007 et 60 % de connexions sont issues de l’étranger, ce qui atteste du rayonnement de la BIUM à l’international après une première décennie d’existence.

De la persistance du papier ….

Flyer promotionnel pour la mise en ligne et les reprints du corpus hippocratique. L’annonce vante le caractère quasi totémique du fac-similé, substitut auréolé du prestige de l’édition originale.

En dépit de son « @ », Medic@ n’est pas envisagée au départ comme une collection strictement dématérialisée. En 2000, l’équipe de la bibliothèque prévoit de faire réaliser des reprints pour satisfaire les demandes de chercheurs et sociétés savantes adeptes de fac-similés. La bibliothèque développe donc au fur et à mesure des numérisations un catalogue de réimpressions qu’elle diffuse elle-même ou via des diffuseurs professionnels, pour peu que le nombre de souscriptions – fixé à quelques dizaines d’exemplaires[5] – ait été atteint. Plusieurs formules, standard ou plus luxueuses, sont proposées[6]. Un soin tout particulier est apporté aux choix des titres : « Arkana » est par exemple retenu avec l’accord d’un éditeur pour son caractère mystérieux susceptible d’attirer les lecteurs férus de sciences occultes. Le service prévoit également de fournir des supports cédéroms. Toutefois, une partie de l’équipe de la BIU Santé avoue aujourd’hui avoir été mal à l’aise face à cette distribution commerciale. Les demandes se faisant rares, les reprints sont progressivement abandonnés et Medic@ se déleste de ses assises matérielles pour se transformer, de « collection » hybride, en bibliothèque entièrement numérique.

… au tout numérique !

Medic@ ne rassemble pas des photographies mais des numérisations : les reproductions des documents n’étaient donc pas réalisées dans le laboratoire photographique précédemment mentionné.  Un scanner, d’abord en noir et blanc, avait été loué dès les débuts de l’entreprise auprès de la société Arkhênum, dont l’un des employés rejoindra, après un changement de carrière, l’équipe des magasiniers du Service d’histoire de la santé.

Encart sur la page d’accueil de Medica au 3/02/2004  témoignant de tentatives en interne pour implémenter un OCR à titre expérimental (Internet Archive Wayback Machine).

Des échanges avec Arkhênum font aussi état des recherches concernant les possibilités d’océrisation, c’est-à-dire de reconnaissance des caractères[7]. En raison d’un coût élevé, du nombre de documents concernés et de résultats décevants pour les éditions antérieures à 1850, cette fonctionnalité sera abandonnée pour un certain temps. En 2004, Jean-François Vincent vient remplacer Henry Ferreira-Lopes, qui avoue aujourd’hui s’être inspiré de son expérience à la BIUM pour développer la bibliothèque numérique de la Bibliothèque municipale de Besançon, dont il est le directeur. A partir de 2008, la Bibliothèque nationale de France réoriente ses subventions au pôle associé qu’était la BIUM pour encourager la numérisation. Même si une étroite coopération documentaire avec Gallica existait dès les débuts de Medica, ces subventions permettent d’entériner la politique documentaire et le champ d’action de Medic@ par rapport à celui de Gallica et favorise une synergie entre les deux bibliothèques. Deux filières de numérisation sont mises en place à la BIUM : les documents rares ou fragiles sont traités en interne tandis que les corpus très volumineux, homogènes, dont la numérisation et l’indexation sont aisées, sont externalisés. Un scanner couleur sera acquis en 2012.

 

 

 

 

A suivre… Comment Medic@ devint-elle Medica ? Retrouvez l’épisode trois de l’histoire de Medica sur le blog de la BIU Santé à partir du 7 décembre 2020.


[1] La BIUM collabore ainsi avec l’Académie nationale de chirurgie pour faire paraître en ligne à partir de 2002, un journal électronique trimestriel, « Les e-mémoires de l’Académie nationale de chirurgie »- Archives, c. 99.

[2] Convention établissant un partenariat de recherche entre la BIUM et le Musée- Archives, c. 99.

[3] Tableau des consultations- Archives, c. 100

[4] Dossier pour le prix Pottel- Archives, c. 101.

[5] Mail du 13/04/2001  (Henry Ferreira-Lopes) – Archives, c. 95 et « La Politique documentaire de Medica », version mai 2006, p. 4 – Archives, c. 96.

[6] Mail du 5/10/2001  (Guy Cobolet) – Archives, c. 100.

[7] Un devis établi en janvier 2005 indique qu’un traitement OCR pour une centaine d’ouvrages numérisés s’élèverait alors à 4000 euros (sans correction du texte brut obtenu) – Archives, c. 95.

Livre d’or des 20 ans de Medica

Dans le cadre des 20 ans de Medica, nous avons demandé à des institutions partenaires ayant participé à l’enrichissement de cette bibliothèque numérique et à quelques chercheurs et usagers de raconter une anecdote et de souhaiter un joyeux anniversaire à Medica.

Ce livre d’or est ouvert à tous grâce aux commentaires en fin de billet, donc n’hésitez pas à contribuer !

Bibliothèque Henri Ey

« Bon anniversaire Medica !

Merci pour tes contenus dédiés à la neuropsychiatrie, en particulier nos périodiques préférés, les Annales médico-psychologiques, la Revue neurologique et le Congrès des aliénistes. Bravo à ton équipe pour l’enrichissement régulier de tes collections et l’amélioration continue de tes outils de recherche. Nos lecteurs et nous, on est fans !

la Bibliothèque Henri Ey du GHU Paris psychiatrie & neurosciences »

Natalie Pigeard 

« 20 ans de Medica ! Déjà ! Cela ne nous rajeunit pas 😉  Écrire pour medica sur l’histoire des femmes médecins, aider à choisir les documents constituant le dossier, c’était sympa de bosser avec les amis du service d’histoire de la médecine ! Et puis Medica, avec ses possibles recherches dans les revues, les dictionnaires, les catalogues de thèses, pouvoir télécharger un pdf etc., facilite bien mes recherches ! Bon anniversaire Medica ! »

Professeur François Legent 

« J’ai recours à Medica depuis une quinzaine d’années, la première fois fut à l’occasion d’un congrès sur la Maladie de Menière. La quête de documents concernant la biographie de ce médecin me fit découvrir l’importante numérisation réalisée par la BIU Santé. Cette modernisation facilitait considérablement la recherche permettant notamment, d’apprendre que Menière avait été médecin de l’Institution des Sourds-Muets, ce qu’ignorait une grande partie du corps médical.

Ainsi se présenta l’occasion d’ajouter aux documents déjà numérisés par vos soins, des articles et un choix de livres anciens concernant non seulement l’ORL mais aussi la surdimutité. Ce regroupement réalisait dès lors une véritable bibliothèque numérique unique dans ce domaine. »

Dr Olivier Walusinski 

« Medica est un service irremplaçable pour travailler chez soi, conçu voici 20 ans en prévision du confinement prévisible. Devenu adulte, sa riche variété et son indexation au mot permettent aussi bien une recherche précise qu’une recherche extensive. Deux questions. Les ouvrages scannés pour un achat avec le système EOD deviennent-ils, après ce paiement, accessibles à tous via Medica ? Si non, il faudrait y remédier. N’y a-t-il pas un moyen de remédier aux pannes récurrentes bien trop fréquentes ? Si l’accès est impossible le samedi, il faut attendre le lundi que le système soit à nouveau en fonction. Et pendant le confinement, c’est encore plus long. Bravo à Medica et souhaits de continuation et de perfectionnement. »

Annie Bitbol-Hespériès 

« Je suis venue travailler à la réserve de la Bibliothèque (alors la BIUM) il y a plus de vingt-cinq ans, pour consulter les deux éditions du Theatrum anatomicum de Caspar Bauhin. Ce traité illustré du grand professeur d’anatomie à Bâle, publié en 1605 à Francfort, complété en 1621, suit l’ordre de la dissection dans un Théâtre anatomique. Il offre, sous un format réduit et en les actualisant des gravures issues de la rénovation de l’iconographie anatomique inaugurée par la publication du grand traité d’André Vésale en latin sur la Fabrique du corps humain (1543).

J’ai ensuite régulièrement fréquenté la salle de la réserve, où j’ai trouvé des conditions de travail optimales pour mes recherches, non seulement en raison de la richesse des collections historiques bien conservées, mais encore grâce à la compétence et à la disponibilité des conservateurs et bibliothécaires qui se sont succédé, sans oublier l’efficacité des magasiniers. Comme la plupart des lecteurs maintenant, j’y viens avec mon ordinateur. Mais il y a plus de vingt-cinq ans, ce n’était pas le cas et je prenais des notes au crayon, sur des feuilles de papier.

C’était avant la création de la formidable collection Medica (Medic@), qui est vite devenue une référence internationale. La mise en ligne intégrale d’ouvrages patrimoniaux consultables à tout moment fait revivre à distance les livres précieux. C’est une chance pour tous ceux dans le monde qui s’intéressent à l’histoire de la médecine. Outre la conversion en format électronique d’ouvrages imprimés souvent reliés et ayant appartenu à des propriétaires prestigieux, cette bibliothèque virtuelle propose des collections regroupant les livres électroniques dans des dossiers thématiques.

Parmi les ressources offertes par cette bibliothèque numérique, j’apprécie particulièrement le dossier thématique sur la Mélancolie présenté par Jean Starobinski, qui fut un célèbre professeur de littérature française à l’université de Genève, mais aussi un médecin psychiatre chargé d’enseignement en histoire de la médecine, et un fin musicologue. Je me souviens de la satisfaction de Monsieur Cobolet, qui dirigeait alors la bibliothèque, lorsqu’il m’a annoncé que le prestigieux auteur de la thèse de médecine sur l’Histoire du traitement de la mélancolie avait accepté de proposer une introduction sur ce thème. Depuis l’Antiquité grecque, de nombreux traitements visaient à guérir cette pathologie complexe mettant en jeu la relation entre l’esprit et le corps, ou entre l’âme et le corps et pouvant ouvrir vers le génie ou conduire à la folie. Il s’agissait notamment de réguler la célèbre bile noire puisque telle est la signification du mot mélancolie, issu de la langue grecque. La bile noire -imaginaire mais illustre dans la tradition médicale et chez les philosophes- était une des quatre humeurs définissant la Nature de l’homme dans la Collection hippocratique, avec le sang, le phlegme ou pituite, et la bile jaune. Pour chasser l’excès de bile noire, les prescriptions citaient le népenthès, breuvage à base de plantes à la composition variable, censé dissiper la tristesse et apporter l’oubli, mais aussi la musique, ainsi que les voyages pour chasser le spleen des aristocrates anglais, puis des patients huppés, sans oublier la prise d’hellébore, plante aux propriétés purgatives réputée pour soigner la folie. Comment guérir la mélancolie et ses degrés : l’hypocondrie, la dépression, la folie ? Où situer l’origine de cette pathologie pour prescrire des thérapeutiques adaptées ? Ne s’agit-il pas d’une affection essentiellement psychique qui appelle des remèdes psychologiques et la création d’une nouvelle catégorie de thérapeutes : les psychiatres ? Ce qui est intéressant dans la présentation de Jean Starobinski, c’est l’hommage qu’il rend au livre Saturne et la mélancolie par Raymond Klibansky, Erwin Panofsky et Fritz Saxl, ouvrant ainsi la médecine humorale traditionnelle sur la peinture (Dürer et sa gravure Melencolia I) et rappelant le lien que la médecine a longtemps entretenu avec l’astrologie.

Parmi les documents électroniques mis à disposition des lecteurs internautes par Medica figurent aussi les gravures, illustrations et portraits présentés dans la banque d’images qui s’enrichit régulièrement.

La consultation de livres électroniques est particulièrement appréciable en temps de confinement, et devient une ressource indispensable lorsque l’éducation à distance se répand dans l’enseignement supérieur en raison de la pandémie. J’offre mes meilleurs souhaits de bon anniversaire à Medica pour ses vingt ans dans un contexte sanitaire particulier. Je lui souhaite longue vie.

Mais j’attends avec impatience la fin du deuxième confinement pour retourner dans la salle de la réserve de la BIUS, y être entourée par de vrais livres reliés posés sur d’élégants rayonnages, au-dessous des portraits de médecins célèbres, et avoir le bonheur de discuter avec les bibliothécaires : n’est-ce pas cela aussi la vie d’une bibliothèque ? »

 

Bruno Bonnemain, Académie nationale de Pharmacie, Société d’histoire de la pharmacie  

« Medica est un outil formidable pour les historiens de la médecine et de la pharmacie. Il permet de rendre accessible en ligne de nombreux documents originaux, et des périodiques qui ont été très importants, comme le bulletin des sciences pharmacologiques ou le dictionnaire Vidal. On peut espérer que ce catalogue déjà très important s’enrichisse encore dans les prochaines années et complète les efforts de numérisation de la BNF. Très bon anniversaire à Medica !! »

Frédéric Bonté, LVMH Recherche  

« Medica , vingt ans déjà !, une richesse exceptionnelle et très vaste base de données pour tout chercheur en histoire de la pharmacie et en cosmétologie. Comprendre l’évolution des sciences c’est aussi redécouvrir des sources d’inspirations, des démarches,  des raisonnements et  les intégrer dans la réflexion qui permet de construire les innovations de demain.  Explorer  Médica, c’ est aussi nous ouvrir à des  mondes scientifiques, nouer des contacts improbables avec des spécialistes et élargir notre réseau  de connaissances.  N’oublions pas, chacun, de participer à son enrichissement.  Un grand Merci à toutes les équipes qui la font vivre. »

Jacqueline Vons 

« J’ai l’impression que c’était hier… J’ai découvert Medic@ à la manière d’un chat, prudemment d’abord, en jouant avec la souris, et puis très vite elle est devenue un outil indispensable. Très vite aussi, j’ai goûté la sensation de liberté qu’autorisent les vagabondages nocturnes d’un auteur à l’autre, d’une époque à l’autre. Mais on s’habitue facilement à vivre au milieu de milliers de livres, alors, pour nous surprendre toujours, Medic@ a proposé de nouveaux itinéraires à travers des expositions, des images, des journées d’études, bref autant de réalisations qui réalisent la gageure de rendre presque concret ce qui est virtuel. Tout cela grâce au dynamisme, à l’enthousiasme et au professionnalisme de toute une équipe au service de l’histoire de la médecine, du patrimoine et de sa valorisation. Qu’ils soient tous et toutes remerciés ici.  

Et puis un jour, l’aventure commença pour moi aussi avec la première traduction en français de la Fabrique de Vésale bientôt rejoint par Eustache et Patin : une belle récompense, une belle leçon de modestie parmi tous ces grands.  

Alors oui, souhaitons bon anniversaire à Medic@. Rendez-vous dans cinq ans, pour le quart de siècle avec, n’en doutons pas, d’autres belles innovations… »

Le Fonds de dotation pour la gestion et la valorisation du patrimoine pharmaceutique 

« Medica fête cette année ses 20 ans et nous sommes heureux de participer à cette célébration. Grâce au professionnalisme et au dynamisme des équipes qui l’animent depuis sa création, Medica offre à tous, spécialistes comme grand public, un espace de connaissance, de réflexion et de partage autour de l’histoire de la santé. Son rôle dans la préservation et la transmission du patrimoine écrit de la santé est majeur et nous nous réjouissons du travail accompli ensemble depuis plusieurs années pour la valorisation de nos fonds d’histoire de la pharmacie. Bon anniversaire ! »

Hélène Cazes, University of Victoria, Canada 

« Et s’il n’y avait pas eu Medica ? Je crois que, sans la bibliothèque virtuelle, son organisation par corpus, auteurs, domaines, mots-clés, sans l’accueil fait aux chercheurs par une équipe incroyablement savante et généreuse, sans les pages-portails, sans les liens vers les bibliothèques virtuelles, le monde serait plus petit et plus plat. Il ne tournerait pas rond mais tournerait en rond, en ressassant la même histoire du progrès médical et des grands textes. En tout cas, mon petit monde : je vis sur une île à l’extrême occident du Canada, en un lieu enchanteur dépourvu de fonds anciens. La rencontre avec Medica, qui s’écrivait alors Medic@, m’a donné bien plus qu’un accès, par écran, aux livres que je ne peux pas consulter sans traverser un continent et un océan : elle m’a donné un horizon, un paysage avec des lignes de recherche, des outils, des images haute définition et… une dimension de recherche, la séance en bibliothèque à distance. Après, aller sur Medical Heritage Library, Wellcome Library ou ailleurs me semblait évident —j’avais appris et m’y retrouvais même s’il m’y manque, toujours aujourd’hui, la page d’accueil sobre, précise, hiérarchisée de Medica. Partenaire essentiel de mes deux derniers projets (Enfin Vésale vint… sur l’historiographie médicale et l’héroïsation de ses personnages, et Perfecta, La perfection du corps féminin 16-18, sur les genres de l’anatomie aux temps de la querelle des femmes), Medica est un espace où chercher et déployer une histoire de la médecine hors des sentiers de la linéarité. En fait, c’est ma République de la recherche. Immenses mercis à ses artisans, pour leur vision, leur rigueur et leur travail !

Hélène Cazes, University of Victoria, Canada »

Véronique Boudon-Millot, Directrice de recherche au CNRS, UMR 8167 Orient et Méditerranée, Sorbonne Université 

« Les anniversaires sont l’occasion de se remémorer les naissances. C’est avec fierté et émotion que je me souviens de celle de Medica à laquelle j’ai, dès le début, été associée par Guy Cobolet, et qui nous a valu quelques années plus tard (en 2008) de recevoir le prix Plottel de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et d’organiser ensemble plusieurs colloques, tous publiés, qui mettent en lumière les richesses de ses collections : Lire les médecins grecs à la Renaissance, De Boccard, 2004 ; René Chartier (1572-1654) éditeur et traducteur d’Hippocrate et Galien, De Boccard, 2012 ; Hippocrate et les hippocratismes : médecine, religion, société, Paris, AIBL, 2014. Car il n’est sans doute pas excessif de dire que Medica, grâce à la mise en ligne d’éditions parfois inaccessibles, a révolutionné les méthodes de tous ceux qui travaillent sur les textes médicaux. Et depuis le début, que de chemin parcouru ! Alors, longue vie à Medica désormais présente jusque sur les plateformes américaines et tous nos remerciements aux bibliothécaires dont l’assidu et patient travail contribue chaque jour à cette réussite. »

Dr J-M Mouthon 

« Merci à toutes celles et ceux qui sélectionnent, mettent en ligne, corrigent et tiennent à jour les textes de Medica dans le vaste site de la BIU Santé, indispensable outil pour les chercheurs et passionnés en Histoire de la médecine. Cette consultation accessible à tous permet aussi de temps à autre des découvertes fortuites, ignorées jusque là. Que ses concepteurs persévèrent, surtout en ces temps de restrictions sanitaires avec les épidémies imprévisibles et dévastatrices, présentes et peut-être futures, qui limitent, voire même empêchent la consultation sur place des documents. Bonne continuation.

J-M Mouthon »

Claire Crignon 

« Souvenirs de deux grands projets réalisés grâce aux conservateurs de la BIU santé, toujours dévoués, passionnés par leur travail, dans cet espace hors du temps de la réserve où le petit clic-clac de l’horloge égrène doucement ses notes, permettant au chercheur ou à la chercheuse de remonter le cours du temps en plongeant dans les archives de la société anatomique de Paris où dans un traité d’anatomie du 17e siècle. Médecine et anthropologie au 17e siècle, histoire de la constitution de la collection Dupuytren, débats sur l’homéopathie au 19e siècle, quelques exemples de découvertes et de plaisirs de lecture ! Merci à vous.

Claire Crignon, MCF Sorbonne Université ».

Rafael Mandressi, Directeur de recherche, Centre Alexandre Koyré

 « Je prends peu de risques en affirmant que la section historique du site web de la BIU Santé est aujourd’hui l’ensemble le plus riche et le mieux organisé de ressources en ligne pour et sur l’histoire de la médecine. La bibliothèque numérique Medica en est le socle. Je l’ai connue en 2004, et n’ai cessé depuis de m’en servir comme outil de recherche. Indispensable, sobrement solide dans sa croissance continue, Medica est aussi précieuse que le formidable patrimoine écrit qu’elle met à la disposition du public, dont la communauté des chercheurs. Au moment de célébrer ses premières deux décennies d’existence, il faut surtout saluer chaleureusement l’effort, la générosité et l’intelligence de celles et ceux qui l’ont faite et la font chaque jour. Nous sommes nombreux à leur être grandement redevables. »

Xavier Cailleau, Chargé de mission partenariats et GLAM, Wikimédia France 

« Toute l’équipe de Wikimédia France se joint à moi pour souhaiter un très bel anniversaire à la bibliothèque numérique Médica ! Le moment était bien choisi pour relancer le partenariat, de surcroît à quelques mois des 20 ans de Wikipédia. Nous avons la chance et le plaisir de collaborer avec la Bibliothèque Interuniversitaire de Santé depuis 2016. C’est une histoire de portraits, versés sur la médiathèque libre Wikimedia Commons, qui nous a permis de rencontrer des agents investis et passionnés, prêts à plonger au cœur des nouveaux usages du numérique collaboratif. Nous espérons poursuivre ce partenariat encore longtemps pour la valorisation de leurs précieux fonds et continuer à célébrer le libre partage des savoirs. »

François Léger (Directeur-adjoint de la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine 

« Un beau jour, de retour d’une consultation sur Medic@ des Annales des maladies de l’oreille et du larynx (otoscopie, laryngoscopie, rhinoscopie), mon regard amusé se posa sur un autre ouvrage de la bibliothèque, que j’ouvris au hasard :

« Oui, Messieurs, loin de vous, au fort de mes travaux, 

J’ai lu que l’on formoit votre Corps de Héros ;

Qu’il renfermoit déja l’élite des Chymistes,

Et des Chirurgiens, & des Anatomistes, 

Et des grands Médecins ; que la Société 

En mérite absorboit l’antique Faculté ; 

Et que de six cents ans d’honorable mémoire, 

Elle prenoit le poids, & couronnoit la gloire. »

Le Preux, Paul-Gabriel, Lassone, ou la Séance de la Société royale de médecine, comédie en 3 actes et en vers, [Paris], 1779, p. 23, disponible sur Medic@.

Un périodique fondateur, une comédie légère et oubliée : voilà toute la richesse de Medic@. La rivalité entre la Société royale de médecine et la Faculté n’est plus qu’un objet d’histoire, et nous, bibliothécaires, nous réjouissons de l’épanouissement d’une bibliothèque numérique qui est depuis 20 ans un de nos plus solides outils de travail. Nous sommes bien sûr fiers d’avoir pu très modestement contribuer, avec quelques-uns de nos volumes et manuscrits, à la richesse de la collection. Les projets en cours sont la plus sûre promesse de la vie longue et prospère que nous souhaitons pour Medic@. »

Micheline Ruel-Kellermann, Histoire de l’art dentaire

« Vingt ans déjà, pour moi c’est presque hier. Et chaque année, chaque mois, chaque semaine sont mis en ligne des documents, des livres, des revues, une immense chance actuelle que chacun devrait mesurer. Pouvoir, la plupart du temps, travailler à son bureau, découvrir des œuvres dont nous ne soupçonnions parfois même pas l’existence est un bonheur formidable. Ah, si j’avais eu Medica, moi qui suis loin dans le siècle dernier lorsque, en activité, j’élaborais mes thèses  et où je courrais les librairies pour trouver le livre ou les revues anciennes qui pourraient m’aider, et quelques fois pour un seul chapitre ! Et où je sacrifiais mes vacances pour mener à bien mes recherches en bibliothèque ! Très bel anniversaire Medica et un immense merci à tous ceux qui y travaillent et qui facilitent considérablement la vie de tous les chercheurs »

Archives de l’AP-HP – message de Marie Barthélemy 

« Le partenariat des Archives de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris avec le service Histoire de la santé de la BIU Santé a permis la mise en ligne de 194 photographies dermatologiques de la collection Félix Méheux. Ces photographies provenant des archives du Musée des moulages de l’hôpital Saint-Louis complètent utilement l’ensemble documentaire du musée déjà disponible sur le site de la Biu Santé.

Constituées dans un but pédagogique, les photographies aquarellées de la collection Méheux sont aussi le témoignage des qualités techniques et artistiques du photographe et offrent un rendu très réaliste des maladies représentées. Leur accès en ligne permet de préserver les documents originaux tout en les diffusant auprès d’un plus grand nombre de chercheurs. Merci la Biu Santé et longue vie à Medica ! »

Musée de l’AP-HP – message de Agnès Virole 

« Le musée de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris est fier de pouvoir, grâce à l’Association du Musée virtuel de l’art dentaire, montrer depuis 2013 ses collections dentaires issues de la donation du musée Pierre Fauchard. Ces pièces, pour certaines uniques au monde, sont mises en valeur par le remarquable travail du MVAD et de la BIU Santé. Un grand merci à l’Association et à Médica! »

École nationale des chartes 

« L’École nationale des chartes adresse ses meilleurs vœux d’anniversaire à Medica, réservoir inestimable de trésors susceptibles d’inspirer bien des sujets de recherche ! Merci à toute l’équipe du Service d’histoire de la santé, emmenée par Jean-François Vincent, pour les nombreuses ressources qu’elle propose en ligne et pour son accueil toujours enthousiaste des jeunes promotions de chartistes. La promenade dans les magasins, la visite de la salle de lecture, la présentation de la Fabrica de Vésale et de ses nombreuses adaptations… Voilà, à n’en pas douter, un précieux complément des cours et autant de moments marquants pour les élèves et étudiants. À bientôt – nous l’espérons – pour de nouvelles rencontres et de nouvelles découvertes imprimées ! »

François Zanetti, Maître de conférences, Université de Paris 

« Medica existait déjà quand j’ai fait mes premiers pas en histoire de la médecine. Que de moments partagés et de services rendus depuis ! J’ai une reconnaissance particulière pour les périodiques médicaux de la fin du XVIIIe siècle : Journal de médecine (sous ses diverses dénominations), Gazette de santé et bien sûr Histoire et mémoires de la Société royale de médecine qui ont grandement facilité mes premières recherches. Et cette précieuse collection de dictionnaires !… Tout cela interrogeable et téléchargeable librement et sans inscription, grâce à une interface extrêmement stable et robuste.

MERCI à celles et ceux qui ont permis à Medica de naître, de croître et de se transformer ! 

BON ANNIVERSAIRE Medica ! »

Enssib

« En quelques années Medic@ est devenue une référence dans les domaines de l’histoire de la médecine, de l’odontologie et de la pharmacie ; une réussite qui illustre parfaitement l’importance aujourd’hui centrale de la valorisation des ressources et des services qui l’accompagnent. De fait, la maîtrise de ces compétences numériques d’une part, de médiation d’autre part, est devenue incontournable pour les professionnels des bibliothèques. Il s’agit ici de rendre accessible au plus grand nombre des documents historiques aux contenus foisonnant, riches et variés, là de protéger, rendre visible et mettre en avant des savoirs tombés dans le domaine public. Par ses formations et les fructueuses collaborations entretenues avec les équipes de la BIU Santé, l’Enssib est fière de pouvoir y contribuer et souhaite aux équipes de Medic@ 20 nouvelles années de succès. »

Loïc Capron

« Les 20 ans de Medica : infinie gratitude d’un consommateur assidu

La Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin (dont la 3e édition va bientôt être mise en ligne) n’aurait jamais vu le jour en 2015, ni grandi depuis, sans la BIU Santé et sans Medica, son gigantesque appendice numérique.

Parmi les innombrables trésors que Medica offre au public, j’admire tout particulièrement son incomparable collection des thèses médicales d’Ancien Régime et ses manuscrits.

J’encourage ardemment la numérisation de ces pièces parce qu’elles sont exclusives et encore inexploitées pour leur plus grande partie, et que leur fragilité ne recommande pas de les mettre entre les mains de tous les curieux.

Quant aux manuscrits, par exemple, j’ai tout particulièrement tiré profit du Recueil Peÿrilhe (ms 2007), qui contient une copieuse quantité de lettres et brouillons conservés par Patin, et la collection des Commentaires de la Faculté de médecine de Paris, dont 14 des 24 volumes sont déjà librement ouverts aux chercheurs que ne rebutent pas les plumes latines des doyens qui se sont succédé tous les deux ans depuis 1395 jusqu’à 1786.

La richesse de la collection imprimée mérite aussi être les louanges : les œuvres complètes d’Hippocrate (par Littré), de Galien (par Kühn), de Pline (par Littré), parmi des milliers d’autres ouvrages indispensables. Tout ces ouvrages indispensables peuvent certes presque toujours se trouver ailleurs sur la Toile ; mais Medica m’a plongé dans une délicieuse extase quand j’y ai découvert la reproduction des deux livres de Medicamentis officinalibus [des Médicaments officinaux] de Caspar Hofmann (Paris, 1646) entièrement annotés par Patin : quelle inestimable pépite ! Sans elle je ne serai jamais parvenu à éditer la lettre que Patin a écrite à Sebastian Scheffer le 24 mai 1665.

Mon travail sur la médecine du xviie siècle n’est bien sûr qu’un vivant exemple des infinis services que Medica sait rendre tous les jours aux internautes, confortablement installés devant leur ordinateur.

Mille bravos, mille mercis, bon anniversaire et très longue vie à Medica, c’est-à-dire à celles et ceux qui l’ont conçue et l’enrichissent quotidiennement avec une admirable ardeur.

Loïc Capron. »

L’équipe Gallica

« Depuis 20 ans, toujours fidèle à ses objectifs et à son ambition de partager au plus grand nombre l’histoire de la médecine, Medica s’est octroyée une place privilégiée parmi les bibliothèques numériques patrimoniales en sciences.
L’autre grande « Dame » du savoir, Gallica, de trois ans son aînée et toujours présente pour la soutenir, donne à voir à ce jour presque 60 000 documents en provenance de Medica et de la Banque d’images et de portraits- BIU Santé. On y retrouve livres, périodiques, thèses mais également objets médicaux, portraits, cartes postales. Leur valorisation et leur classement en dossiers thématiques et chronologiques font de Medica une référence dans le monde médical.
Nous espérons que Gallica et Medica continuent à cheminer ensemble de façon toujours plus rapprochée pour enrichir encore plus l’accès au patrimoine médical français et universel.
Bon vent à Medica et à ses brillants navigateurs qui œuvrent jour après jour pour sauvegarder et faire connaître l’histoire de la Médecine. Comme Gallica nous l’enseigne, on ne peut pas comprendre le présent sans connaître et apprécier le passé.

L’équipe Gallica »

Medica a 20 ans : naissance et croissance d’une bibliothèque numérique au début du XXIe siècle 1/3

Voici le premier billet d’une série de 3 sur l’histoire de Medica – rédigé par Lou Delaveau, conservatrice-stagiaire Enssib, à l’occasion des 20 ans de la bibliothèque numérique Medica. Le second billet est accessible ici et le troisième

« Medica a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite… »

Medica, la bibliothèque numérique de la BIU Santé, fête cet automne les vingt ans de sa mise en ligne. Elle rassemble aujourd’hui 22 000 documents et en signale plus de 310 500 conservés dans d’autres institutions. Devant le chemin parcouru depuis 2000, l’étonnement et le ravissement des lecteurs et des équipes ne sont pas si éloignés de ceux  que chantait Serge Reggiani, dont ces deux vers sont parodiés[1]… Toutefois, la comparaison s’arrête assez vite avec le texte de cette chanson douce-amère car c’est avec un enthousiasme toujours renouvelé que l’équipe du Service d’histoire de la santé, dans ses configurations successives, a fait grandir et a alimenté celle qui apparaît aujourd’hui comme l’une des plus importantes bibliothèques numériques spécialisées en histoire de la santé et le troisième acteur français pour la numérisation en bibliothèques[2]. Les témoignages des collègues qu’il m’a été donné d’interviewer lors de mon stage à la BIU Santé[3], ainsi que les archives du Service d’histoire de la santé, ont fourni la matière de ce billet de blog sur l’histoire de Medica[4]. Comment Medica (d’abord baptisée Medic@) a-t-elle vu le jour ? Comment s’est-elle imposée comme une bibliothèque incontournable pour les chercheurs, au-delà du paysage même de l’enseignement supérieur ? Découvrons-le ensemble…

Liesse au Service d’histoire de la santé : Medica a 20 ans ! [Une cure à Vittel], BIU Santé Médecine, CISA0061.

I. Les premiers pas : le corpus des médecins de l’Antiquité (automne -hiver 2000)

Plantons le décor

Qu’il nous soit permis de présenter succinctement le foyer dans lequel Medica naît[5]. La Réserve, futur Service d’histoire de la santé est créée en 1962 à l’instigation de la conservatrice des bibliothèques et historienne Paule Dumaître. La BIU Santé s’appelle alors la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris et ce n’est qu’en 1979 qu’elle prend le nom de Bibliothèque interuniversitaire de médecine (BIUM)[6]. La fusion avec la Bibliothèque interuniversitaire de pharmacie conduit à la création de la BIU Santé en 2011. Valoriser le patrimoine médical et développer des services pour les chercheurs en histoire, à l’égal de ceux rendus au public scientifique fréquentant la grande salle de lecture, deviennent les objectifs de la minuscule équipe, dont fait partie Bernadette Molitor, entrée à la bibliothèque en 1974. L’équipe s’étoffe progressivement et, à partir de la fin des années 1990, des premières réalisations témoignent d’une volonté de prendre le tournant de l’informatisation : la mise en ligne d’un site web par Jacques Gana, conservateur féru d’informatique (1996), puis la numérisation du catalogue manuscrit du fonds ancien (340 000 notices) ainsi que la création d’une exposition en ligne sur les frontispices médicaux (1999).

L’ancien laboratoire photographique (photographie m’ayant été donnée par Pierre Morris, photographe de la BIU Santé).

A cette époque, la BIUM peut compter sur la présence du laboratoire photographique créé par le Dr André Hahn (directeur de la bibliothèque jusqu’en 1970) : ce service alors inédit pour une bibliothèque universitaire[7] a sans doute ancré très précocement une culture de diffusion des images des collections, ce dont témoigne l’élaboration d’une Banque d’images et de portraits (1999)[8].

C’est sous la direction de Guy Cobolet, directeur de la BIUM (puis de la BIU Santé) de 2000 à 2018, que le chantier « Medic@ » est lancé. Une précédente expérience à l’École française d’Athènes, à savoir la numérisation du Bulletin de correspondance hellénique, avait marqué ce dernier et lui inspire l’idée de profiter des nouvelles opportunités informatiques pour développer des ressources résolument « modernes » en sciences humaines, à l’image des bases de données médicales. La création de Medic@ est confiée à Jacques Gana, à partir de la version 4 du logiciel de gestion de bases de données FileMaker Pro : celui-ci offre à l’époque, pour un prix de 2300 FF, un modèle d’application autorisant une recherche plein texte, un serveur web avec un langage de programmation intégré et un environnement client-serveur performant. Ces bases FileMaker, entretenues en interne, puis avec l’aide d’un prestataire, La Source, ont constitué le fondement des outils utilisés par l’équipe du Service d’histoire de la santé jusqu’à récemment ! Henry Ferreira-Lopes, fraîchement arrivé à la BIUM, fait aussi partie de l’équipe dont il se souvient comme d’une « bande d’amis » enthousiasmée par une « époque héroïque ». Le ton est donné : la BIUM souhaite profiter de la grande richesse de ses fonds spécialisés pour se positionner sur le « créneau » médical et conforter par là « sa place de bibliothèque de référence au niveau international » [9]. En effet, « le temps n’est plus où seule la possession de riches collections assurait aux bibliothèques une position de choix. Il faut maintenant être présent sur les réseaux de communication, et seuls les “portails’’ de qualité semblent avoir un réel avenir ». L’idée n’est pas anodine car une partie de la profession pointe à l’époque le risque d’une chute de fréquentation des lecteurs en présentiel et craint aussi une forme de dépossession des collections, alors que les reproductions photographiques constituent un apport financier pour l’institution.

Hippocrate, Galien et les autres

Des contacts très privilégiés avec les chercheurs – qui caractérisent encore aujourd’hui le Service d’histoire de la santé – permettent aux bibliothécaires d’identifier précisément les besoins de leur lectorat « de niche ». Certaines éditions sont rares et difficilement consultables. Plutôt que d’opter pour un florilège d’éditions hétéroclites, l’équipe fait le choix de porter son attention sur une source fondamentale de l’histoire de la médecine : la collection hippocratique. Un rapport sur la diffusion sur Internet des éditions anciennes d’Hippocrate adressé à Guy Cobolet souligne qu’une telle mise en ligne « représenterait une étape importante des conditions de la recherche en philologie et en histoire des sciences » et un « modèle à suivre en matière de communication des fonds patrimoniaux » [10]. Les besoins des chercheurs excèdent en effet ce que peuvent offrir les « diffusions numériques en direction du grand public cultivé ». Ce « véritable outil de recherche » sera donc constitué de cinq éditions de la Renaissance ainsi que de l’édition de référence d’Émile Littré pour un total de 10 500 pages.

Le corpus hippocratique aujourd’hui.

Préfacé par Marie-Laure Montfort, chercheuse et lectrice de la BIUM ayant rédigé le rapport précédemment cité, le corpus hippocratique est mis en ligne le vendredi 20 octobre 2000. Le mois suivant, une salve de mails envoyée pour en faire la publicité mentionne une rubrique du site web de la BIUM intitulée « Collection Medic@[11] ». Cette collection reçoit également l’ISSN 1164-8678[12]. Voilà donc la date de naissance de notre bibliothèque numérique !

Pour communiquer sur l’heureux événement, l’équipe peut alors compter sur son épais carnet d’adresses. Selon une expression recueillie en interview, les conservateurs faisaient « leurs propres hommes-sandwichs » : le carton 95 des archives contient ainsi des listes de contacts griffonnés au crayon, ainsi que des pochettes entières des confirmations d’envoi des mails – ou quasi  faire-part de naissance ! – adressés à différents collègues et réseaux de chercheurs. Un mail daté du 17 janvier 2001 nous apprend que le corpus hippocratique avait reçu, trois mois environ après sa diffusion en ligne, 1000 visites (998 très exactement), un résultat que le directeur juge « très encourageant »[13].

Le corpus des médecins de l’Antiquité s’enrichit par la suite d’autres collections : Galien, Pline (2001), Celse (2002) et d’autres auteurs « mineurs », qui fournissent des occasions de travailler de concert avec des chercheurs, chercheuses et philologues, notamment ceux issus du laboratoire « Médecine grecque » de l’UMR « Orient et Méditerranée » dirigé par Jacques Jouanna. Le modèle des présentations introductives devient caractéristique de la collection et un argument pour encourager la coopération et les prêts. En effet, si ces corpus en ligne sont essentiellement constitués des exemplaires de la BIUM, ils intègrent aussi des ouvrages conservés dans d’autres institutions : ainsi, l’Académie nationale de médecine prête une édition vénitienne de 1490 dont la numérisation vient compléter le corpus galénique[14].

Présentation de Medic@ en date du 4/04/2002, d’après les archives du net (Internet Archive Wayback Machine).

Premiers défis techniques

La structure de Medica a peu évolué depuis ce premier corpus. Elle prend la forme d’un répertoire d’images jpeg explorable page à page, ou chapitre par chapitre, grâce à un sommaire résultant de l’indexation des parties de l’ouvrage numérisé. Le choix du format jpeg, peu lourd, et le développement en interne, expliquent aujourd’hui les coûts réduits de mise en place et de fonctionnement, en dépit du nombre d’images accessibles via Medica[15]. Les premières sauvegardes des numérisations sont réalisées sur CD, avant qu’un archivage sur serveur distant ne soit mis en place à partir de 2005.

Il est à noter que l’affichage ne permet pas un continuum défilable des images et semble poser, en 2000, certaines difficultés d’affichage dont témoignent les archives du service. L’arobase même de « Medic@ » se révèle bientôt problématique car elle n’est pas indexée par les moteurs de recherche, ce qui force les internautes à tronquer le nom de la bibliothèque numérique. Les polices exotiques ne sont pas en reste : un mail d’une chercheuse souligne en novembre 2000 que certains caractères s’affichent mal et que des modifications en faveur des utilisateurs de PC « pénalisent » les propriétaires de Mac ![16] D’après Jacques Gana, il s’agissait alors d’un problème récurrent d’affichage sur le web qui ne sera résolu que par la mise au point de Google Fonts et la création de la police Unicode Cardo.

L’équipe de la BIUM est enfin contrainte de procéder à des choix stratégiques en fonction des navigateurs les plus utilisés au tournant des années 2000 : 8% des internautes accèdent à Medic@ depuis le navigateur des MacIntosh, 11% utilisent Netscape. Internet explorer, utilisé par plus de 80% des usagers devient le seul navigateur avec lequel la BIUM décide d’assurer une compatibilité à 100%, en dépit des foudres potentielles des « anti-microsoftiens »[17].

A suivre… Medic@ n’en restera pas là ! Retrouvez l’épisode deux de l’histoire de Medica sur le blog de la BIU Santé le 30 novembre !


[1] Je ne suis pas la seule à utiliser cette référence, en témoigne cette contribution de Lydie Bodiou et Véronique Mehl pour l’ouvrage La religion des femmes en Grèce ancienne (Presses universitaires de Rennes, 2009) découverte après la rédaction de ce billet. https://books.openedition.org/pur/141102.  Le texte du premier couplet de la chanson est le suivant : « Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite / Madame hier encore elle était si petite / et ses premiers tourments sont vos premières rides, Madame, et vos premiers soucis ». Le texte est de Georges Moustaki (1969).

[2] Après l’infrastructure de recherche Recolnat et Persée cf. « Étude CollEx-Persée sur la numérisation au service de la recherche » réalisée par le Cabinet Six & Dix, 2018, p. 5. https://www.collexpersee.eu/etude-sur-la-numerisation-au-service-de-la-recherche/

[3] La liste des interviews figure en fin du troisième volet de ce billet.

[4] Nous avons consulté les cartons 95 à 100 et 104 à 105 des archives du directeur de la BIU Santé relatives au Service d’histoire de la santé. Ils seront désignés dans les notes de la sorte : « Archives, c. … ».

[5] Nous profitons de ce sous-titre pour adresser un clin d’œil à nos collègues de la BnF dont l’« enfant » Gallica fêtait, il n’y a pas si longtemps, son 20e anniversaire également ! https://gallica.bnf.fr/blog/09012018/gallica-20-ans-deja?mode=desktop

[6] Samion-Contet (Janine), Ségal (Alain), Éloge à Paule Dumaître (1911 -2002), dans Histoire des sciences médicales, tome XXXVIII, no 1, 2004, p. 19-26, notamment p. 21-22. https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2004x038x001/HSMx2004x038x001x0019.pdf

[7] Samion-Contet (Janine), La bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris: 1733-1970, Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2017, p. 67.

[8] Note « Patrimoine et Internet à la BIUM » 01/06/2000 – Archives, c. 95.  La banque d’images existait depuis longtemps sous la forme de classeurs rouges rassemblant des clichés : ces derniers sont numérisés et versés avec les reproductions effectuées pour les expositions numériques.

[9] Note « Patrimoine et Internet à la BIUM » 01/06/2000 – Archives, c. 95.

[10] Montfort (Marie-Laure), « Rapport sur la diffusion par internet des éditions anciennes d’Hippocrate », 20/04/2000 – Archives, c. 95, p. 4. Idem pour les citations suivantes.

[11] Mail du 15/11/2000 (Guy Cobolet), pour une mention de Medic@ dans la Bibliotheca Classica Selecta – Archives, c. 95.

[12] Un autre ISSN (1773-6935) concerne la collection d’imprimés : http://www.sudoc.fr/088439070.

[13] Mail du 17/01/2001 (Guy Cobolet). D’après Jacques Gana, les statistiques de consultation ont été mesurées dès les débuts de Medica grâce à l’outil Funnel Web.

[14] Lettre du 20/11/2000 (Guy Cobolet au Secrétaire perpétuel de l’Académie Nationale de Médecine), au sujet des exemplaires INC A11 et INC A12 – Archives, c. 95.

[15] « Étude CollEx-Persée sur la numérisation au service de la recherche » réalisée par le Cabinet Six & Dix, 2018, p. 5.

[16] Mail du 27/11/2000 (une lectrice à Guy Cobolet) – Archives, c. 95.

[17] Mail du 18/12/2000 (Jacques Gana) – Archives, c. 95 ; mail du 12/09/2005 (Jacques Gana) – Archives, c. 100.

Medica fête ses 20 ans !

– Medica ?

Medica est la bibliothèque numérique patrimoniale de la BIU Santé.

Fondée en 2000, elle diffuse aujourd’hui en ligne 22 000 documents numérisés issus des collections de la bibliothèque et en signale plus de 310 500 conservés dans d’autres institutions. Elle est l’une des plus importantes bibliothèques numériques de l’enseignement supérieur français et rassemble des sources incontournables en histoire des sciences et histoire de la santé.

Le programme des festivités :

  • Vous voulez en savoir plus sur l’histoire de cette bibliothèque par ceux qui l’ont créée et enrichie au fil de ces vingt dernières années : consultez notre série de billets de blog !
  • Nous vous proposons un calendrier de l’Avent avant l’heure avec chaque jour une numérisation marquante
  • Souhaitez un bon anniversaire à Medica en contribuant au Livre d’or. Un témoignage, une anecdote de recherche ou un simple vœu d’anniversaire, à vos claviers !
  • Nous communiquerons autour de cet anniversaire avec #20ansMedica. N’hésitez pas à relayer ou l’utiliser sur les réseaux sociaux vous aussi.

Manuscrits, incunables, atlas d’anatomie, revues et journaux, dictionnaires médicaux, thèses de la Faculté de médecine… Explorez et feuilletez les collections patrimoniales de la BIU Santé, téléchargez librement les documents en Licence Ouverte et découvrez les corpus documentaires constitués par l’équipe de la bibliothèque et des chercheurs et chercheuses partenaires.

Complétez vos recherches dans Medica grâce aux autres ressources développées par la BIU Santé.

  • La Banque d’images et de portraits est idéale pour mener des recherches iconographiques parmi les 264 000 images mises en ligne par la BIU Santé et ses partenaires
  • La Base biographique propose 60 000 notices sur des personnalités médicales
  • Des expositions virtuelles et des éditions critiques commentées sont également disponibles en ligne.

 

Medical Heritage Library fête ses 10 ans avec une conférence en ligne

Medical Heritage Library organise une conférence virtuelle pour célébrer les 10 ans de sa création.

Dr. Jaipreet Virdi, autrice de Hearing Happiness: Deafness Cures in History professeure-assistante au département d’histoire à l’université du Delaware, sera la conférencière principale.

La conférence est gratuite et ouverte à tous. Elle se déroulera sur Zoom de 17 à 23h, heure de Paris, le vendredi 13 novembre.

Le programme complet est visible ici et pour s’inscrire, c’est par là.

Les interventions de cette conférence présentent des recherches qui puisent leur matière premièer dans les documents mis en ligne par les membres de Medical Heritage Library.

Medical Heritage Library est un consortium des plus grandes bibliothèques de médecine du monde. Son but principal est de promouvoir la libre diffusion des ressources historiques en médecine. Dans cette perspective, MHL c’est avant tout une bibliothèque numérique (hébergée sur la plateforme Internet Archive) où vous pouvez chercher, consulter, télécharger les collections historiques numérisées d’une quarantaine de bibliothèques américaines, canadiennes, britanniques (et donc maintenant française). Si vous voulez en savoir plus, c’est par ici.

 

Medica et son environnement

Il y a 20 ans, le service d’histoire de la santé de la BIU Santé mettait en ligne ses premiers ouvrages numérisés et créait ainsi Medica, une bibliothèque numérique spécialisée en histoire de la santé qui compte désormais comme une des plus importantes de l’enseignement supérieur français. La politique de développement des ressources numériques en histoire de la santé s’est par la suite poursuivie régulièrement jusqu’à donner aujourd’hui un ensemble touffu et cohérent d’outils, débordant largement les fonctionnalités d’une bibliothèque numérique classique.

Dans le cadre d’un travail interne, le service d’histoire de la santé a créé une présentation visuelle de toutes ces ressources afin de montrer synthétiquement le panorama de ce qu’il propose et d’exposer ses choix stratégiques pour valoriser au mieux les collections qu’il conserve et les données qu’il collecte.

Cette présentation permet donc:

  • de préciser le périmètre de l’écosystème de Medica
  • d’introduire chaque outil, avec un focus sur le noyau constitué de la bibliothèque numérique stricto sensu, la base bio-bibliographique et la banque d’images et de portraits,
  • de décrire les contenus et leur provenance, les fonctionnalités, les différents acteurs qui interviennent dans leur constitution
  • d’expliciter les liens internes entre ces ressources
  • de montrer le déploiement du contenu de ces outils sur d’autres plateformes et interfaces du web.

Pour visionner la présentation en plein écran, vous pouvez cliquer ici.

Il nous a paru intéressant et utile de mettre cette vue d’ensemble à disposition d’un public plus large que le cercle des collègues de la bibliothèque et de l’université auquel elle était originellement destinée, afin d’informer tout d’abord et de susciter – peut-être – des discussions et des échanges de pratiques.

Solenne Coutagne

Les thèses d’Ancien Régime sortent des combles

Héritière de la bibliothèque de l’ancienne Faculté de médecine de Paris, la BIU Santé conserve en ses murs certains documents et archives produits par cette institution, témoins précieux de la vie et du fonctionnement d’une faculté depuis la fin du Moyen Âge jusqu’à sa suppression à la Révolution française.

Parmi eux, la collection des thèses d’Ancien Régime est longtemps restée un trésor peu mis en valeur. Sa récente numérisation et sa mise en ligne dans la bibliothèque numérique Medic@ entendent remédier à cette anomalie.

Exceptionnelle, cette collection l’est entre autres par sa complétude. En effet, si on trouve des thèses d’Ancien Régime dans de nombreuses bibliothèques françaises[1], c’est, à notre connaissance, la seule collection qui comprend la suite ininterrompue de la production d’une seule et même faculté pendant près de trois siècles (début XVIsiècle – fin XVIIIe siècle). Les Commentaires de la Faculté de médecine[2] nous permettent de savoir qu’il se soutenait déjà des thèses en 1395. Sans doute cette pratique est-elle encore plus ancienne, la collection de la BIU Santé commence, elle, à la date (déjà très reculée) de 1539.

La plus ancienne thèse de médecine conservée à la BIU Santé, présidée par Jacques de Forment en 1539.

En fait de thèses, les documents parvenus jusqu’à nous peuvent paraître bien légers pour un œil contemporain : cinq paragraphes écrits en latins sur le recto d’une grande feuille ou plus tard sous la forme d’un livret de quatre ou huit pages (les thèses faisant plus d’une vingtaine de pages se comptent sur les doigts d’une main[3]). D’autres types de thèses ne faisaient pas du tout l’objet d’un texte imprimé et nous avons uniquement connaissance du sujet traité par l’intermédiaire de billets d’invitation conservés pour la période allant de 1730 à 1754, et par les mentions régulières faites de ces thèses dans les Commentaires à partir de 1576.

Il faut dire que l’exercice auquel les bacheliers étaient soumis – ou plutôt les exercices puisque un étudiant soutenait six ou sept thèses durant ces trois années en tant que bachelier à la Faculté – n’a rien à voir avec celui des thésards actuels. Pas de défense d’un travail personnel (les textes étaient souvent écrits par les présidents, parfois repris plus tard par d’autres bacheliers sous une autre présidence…), mais plutôt un exercice de rhétorique où durant plusieurs heures l’impétrant était soumis aux questions et contradictions des autres bacheliers et docteurs-régents de la Faculté. Dans de très rares cas, ces textes ont été traduits : on peut ainsi savoir, si «la situation de la colline de Meudon est aussi salutaire qu’elle est agréable» ou si «la méthode d’Hippocrate est le plus certaine, la plus seure & la plus excellente de toutes à guarir les maladies» sans nécessairement entendre le latin.

Portrait de Hyacinthe-Théodore Baron (1707-1787) ouvrant le premier volume de la collection des thèses

Aucun règlement n’imposait aux facultés de conserver ces documents, ce qui explique que bon nombre d’entre eux ait disparu. Si la BIU Santé conserve une collection aussi importante, c’est grâce à l’intérêt personnel de deux doyens de la Faculté de médecine, Hyacinthe Théodore Baron père (1686-1758) et fils (1707-1787) pour ces travaux[4]. Ils ont réuni les thèses qu’ils ont trouvées, ont fait recopier celles qui manquaient et ont organisé la collecte systématique des thèses sous leurs décanats. Un catalogue imprimé a été rédigé à la suite de cette collation. Leurs successeurs ont poursuivi cette collecte jusqu’en 1778. Les thèses les plus tardives ont été rassemblées par Noé Legrand, bibliothécaire de la faculté de médecine au début du XXe siècle, en un volume dans lequel ont été insérées des pages blanches pour représenter les thèses qu’il savait avoir été soutenues mais dont nous n’avions pas d’exemplaire. En 2015, un don de la bibliothèque de médecine et de pharmacie de Bordeaux nous a permis de compléter en partie ces lacunes[5].

Ce sont ainsi près de 4 000 thèses et billets d’invitation, de 1539 jusqu’en 1793, qui ont été regroupés, reliés en 26 volumes (9 volumes in-folio, 17 in-quarto). On trouve aussi dans la collection quelques thèses soutenues dans des facultés de province (Montpellier, Reims…), ainsi que des pièces relatives à la vie de la Faculté (des listes de docteurs-régents, statuts et décrets de la Faculté, arrêts de la cour du Parlement…).

4 000, le chiffre paraît imposant mais rapportée à la période couverte, la production est finalement assez modeste, une dizaine de thèses seulement étaient imprimées chaque année. Si l’on rajoute à cela le fait que les bacheliers soutenaient plusieurs thèses chacun, on se rend assez vite compte que le nombre de personnes réellement concernées par l’exercice et a fortiori membres de la Faculté de médecine (que ce soit en tant que bachelier, puis en tant que docteur-régent) est assez faible : en moyenne, au XVIIe siècle, sept nouveaux bacheliers intégraient la Faculté tous les deux ans…

Les premières thèses étaient donc des grands placards, écrits à la main sur papier ou parchemin. À partir de 1569, on voit apparaître les premières thèses imprimées[6]. En 1662, les thèses prennent systématiquement la forme de livret[7], même si les placards demeurent une pratique courante jusqu’en 1724, ainsi un grand nombre de thèses existent dans la collection Baron dans les deux formats :

Thèse cardinale de Claude Quiqueboeuf, soutenue en 1622, et présidée par Guillaume du Val : An aqua vino salubrior ?
Première page de cette même thèse, au format in-quarto

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la plupart des thèses ont un aspect un peu austère, répliquant à l’infini la même présentation, utilisant les mêmes bois gravés pour les en-têtes, on voit apparaître au début du XVIIe siècle, accompagnant les dédicaces, des frontispices gravés qui vont prendre des proportions considérables à partir des années 1625-1630 : peu à peu, on fait appel à des graveurs de talent tels que Mellan, Roussel ou Firens. Les candidats peuvent ainsi dépenser une somme d’argent importante pour faire illustrer leurs thèses avec magnificence. Dans le courant du XVIIIe siècle, des critiques sur les dépenses somptuaires liées aux thèses et à la cérémonie de soutenance ont peu à peu fait décliner cette pratique.

Dédicace de la thèse de Claude Séguyn soutenue le 8 janvier 1643 à Claude Gallard, conseiller au parlement dessiné et gravé par Mellan. La Paix, Mars et la Justice entourent son écusson armorié.

Nous espérons que cette numérisation permettra de mieux faire connaître cet ensemble. En effet, les derniers travaux connus (de nous en tout cas) sur cette collection datent du début du XXe siècle lorsque Noé Legrand, bibliothécaire à la Faculté de médecine et Anna Delage, docteure en médecine, les ont étudiées pour rédiger l’un un catalogue, l’autre sa thèse de médecine. Or de nombreuses questions restent en suspens ou méritent d’être réétudiées : d’où venaient les bacheliers de la Faculté ? Quels ont été ou comment ont évolué les sujets des thèses au fil du temps ? Jusqu’à quel point des docteurs-régents prenaient-ils les thèses au sérieux ? Quel savoir se fabriquait-il à l’occasion de ces exercices et de ces publications ? Dans quelle mesure la thèse a-t-elle été un moyen de diffusion du savoir médical ? Ces questions ne sont bien sûr que des pistes de réflexion qui font écho aux questions que se sont posées les bibliothécaires lors du traitement de cette collection.

En croisant l’étude de cette collection avec celle des Commentaires de la Faculté de médecineautre collection exceptionnelle de la bibliothèque, un grand pan de l’histoire de la faculté reste à (ré)écrire…

Solenne Coutagne

Bibliographie partielle

Voir aussi, dans la même édition, les reproductions, textes intégraux et traductions commentées de deux thèses quodlibétaires écrites et présidées par Guy Patin : «Annexe. Une thèse de Guy Patin. ″L’homme n’est que maladie″ (1643)» () et «Annexe. Thomas Diafoirus et sa thèse».

  • Delage, Anna. Histoire de la thèse de doctorat en médecine d’après les thèses soutenues devant la Faculté de médecine de Paris. Thèse d’exercice de Médecine. Paris : Librairie de la Faculté de médecine Ollier-Henry, 1913
  • Legrand, Noé. La collection des Thèses de l’Ancienne Faculté de Médecine de Paris depuis 1539 et son Catalogue inédit jusqu’en 1793. Paris : Honoré Champion, 1913 (en ligne sur Medic@)
  • Meyer, Véronique. L’illustration des thèses à Paris dans la seconde moitié du XVIIe siècle : peintres, graveurs, éditeurs. préface de Bruno Neveu ; [sous la responsabilité de la] Commission des travaux historiques de la Ville de Paris. Paris : Paris Musées, 2002

 

[1] Pour n’en citer que quelques-unes, on en trouve à la Bibliothèque nationale de France, à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à la bibliothèque Mazarine, à la BIU Cujas, à la bibliothèque de la Sorbonne. Plus spécifiquement, on trouve des thèses en médecine à la bibliothèque de la faculté de médecine de Montpellier, ou à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg par exemple.

[2] Histoire de la Faculté de 1395 jusqu’à 1786 écrite par 194 doyens contenus dans 25 volumes manuscrits : ils comprennent la liste des docteurs régents, les comptes rendus des assemblées et délibérations, les relations des cérémonies, l’énumération des examens subis, les thèses soutenues, l’indication des procès, les inventaires des biens… Ils n’ont été édités que pour les années 1395 à 1560 et 1777 à 1786.

[3] Nous citerons ici l’exemple exceptionnel de la thèse soutenue par Théophile de Bordeu le 25 février 1754, portant sur les eaux minérales d’Aquitaine, qui fait 74 pages !

[4] Une autre collection faite par un autre doyen, Thomas-Bernard Bertrand, est conservée à la bibliothèque (ms 2308-ms 2320). Moins complète que celle de H.-T. Baron, elle est réputée ne contenir aucune thèse qui ne se trouverait pas dans la collection Baron. Mais, en réalité, l’étude et le dépouillement de cette collection reste à faire.

[5]  Il ne nous manque plus que 39 thèses soutenues entre 1778 et 1793. A bon entendeur !

[6] La première thèse imprimée est celle soutenue par Claude Bazin en 1563, présidée par Claude Bailly et dont le titre est : « An mas celerius foemina tardius conformatur ? »

[7] La collection des thèses in-quarto commence en 1597 mais la suite ininterrompue ne commence qu’à partir de 1662. Les thèses précédentes ne sont qu’une petite fraction de celles soutenues précédemment qui se trouvent toutes dans la collection in-folio. Ce sont d’ailleurs souvent des rééditions postérieures : par exemple la thèse de Jérôme Taquet, soutenue en 1597 porte la date de 1649 dans sa mention d’édition.

Breaking news : La BIU Santé rejoint la Medical Heritage Library !

En octobre 2017, la BIU Santé a intégré la liste des principaux contributeurs de la Medical Heritage Library. Ainsi rejoint-elle un certain nombre d’établissements prestigieux tels que  :

La Medical Heritage Library (MHL) est un consortium des plus grandes bibliothèques de médecine du monde. Son but principal est de promouvoir la libre diffusion des ressources historiques en médecine. Elle s’emploie donc à créer une collection thématique cohérente et la plus complète possible pour l’étude de l’histoire de la médecine et des disciplines affiliées.  Dans cette perspective, la MHL c’est avant tout une bibliothèque numérique (hébergée sur la plateforme Internet Archive) où vous pouvez chercher, consulter, télécharger les collections historiques numérisées d’une quarantaine de bibliothèques américaines, canadiennes, britanniques (et donc maintenant française).

Vous trouverez par exemple dans MHL un nombre important de publicités pour les cigarettes datant des années 60 : https://archive.org/details/tobacco_leo23e00

À ce jour, plus de 215 000 documents numérisés de toutes sortes (imprimés, manuscrits, collection iconographique, enregistrements audios, enregistrements vidéos…) du XIIIe au XXe siècle sont accessibles en ligne. La BIU Santé va, petit à petit, compléter cet impressionnant catalogue avec ses propres documents qui sont (et resteront) disponibles en ligne dans la bibliothèque numérique Medic@ et la banque d’images et de portraits. Plus de 15 000 documents viendront ainsi s’ajouter à la MHL. La collection de la BIU Santé, complétée et enrichie par les collections des autres bibliothèques participantes, gagnera ainsi considérablement en valeur et en visibilité.

Autres gains majeurs, nos lecteurs vont pouvoir bénéficier dans ce nouvel environnement de fonctionnalités très pratiques, utiles, parfois très attendues. Depuis la plateforme Internet Archive :

  • Toutes les images seront directement téléchargeables en haute définition. (NB : Étant placées sous licence ouverte – Etalab, elles sont toutes librement et gratuitement réutilisables à condition de mention de la source «BIU Santé (Paris)»).
  • Nos documents feront tous l’objet d’une océrisation ;
  • Ils seront exportables dans un grand nombre de formats (Text, Daisy, PDF, Epub, Kindle…) ;

Le site de la MHL propose de son côté d’autres outils qui pourraient s’avérer aussi très utiles pour les chercheurs qui voudront exploiter les données que nous mettons à disposition :

  • Un moteur de recherche plein texte dans la totalité du contenu des documents de la collection «Medical Heritage Library» ou dans n’importe quel sous-ensemble (il sera par exemple possible de restreindre la recherche aux documents de la BIU Santé) a été développé par l’université de Harvard ;
  • Via l’outil ArchiveSpark, l’extraction des données (pour des opérations de fouille de texte par exemple) est à l’étude.
Thèse de médecine de Jean Poisson, 1682

Un échantillon est déjà en ligne, en attendant un versement plus massif dans les mois qui viennent. On y trouve le Traité complet de l’anatomie de l’homme de Bourgery et Jacob, le Traité des accouchemens de Maygrier, des manuscrits (les statuts des épiciers apothicaires de Paris, traité de médecine du XVe s.), des dessins originaux (de Léveillé et de Reignier), des albums photographiques (album de l’internat, album des blessés de la face de la guerre de 1870), le Traité des drogues de Pomet, quelques placards contre la peste nouvellement acquis… Vous y trouverez aussi quelques thèses illustrant la collection exceptionnelle que nous conservons à la BIU Santé (toutes les thèses de médecine de Paris depuis 1539) dont la thèse de baccalauréat en médecine de Jean Poisson, soutenue en 1682, présidée par Nicolas Liénard, dessinée, gravée et éditée par Louis Cossin, exceptionnelle par la taille imposante et la finesse de l’illustration de sa dédicace.

Bonne balade !

Solenne Coutagne

En savoir plus

L’annonce en anglais sur le site de la MHL

La bibliothèque du collège de pharmacie (1570-1789) en ligne !

Dans le cadre du projet «Bibliothèque Scientifique Numérique» (BSN5) financé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la BIU Santé a procédé ces trois dernières années à l’identification, puis à la numérisation, l’indexation et la mise en ligne des ouvrages qui constituaient, à la veille de la Révolution française, la bibliothèque du collège de pharmacie de Paris.

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Intérieur du collège de pharmacie, rue de l’Arbalète. Gravure de la Bibliothèque Nationale due à Auguste Guillaumot (1815-1892) d’après un dessin de E. Rouyer (1827-1901), extraite de l’ouvrage La salle des actes de la faculté de pharmacie-Paris V.

Cette bibliothèque, créée en 1570 à partir d’un don princeps de sept volumes, a d’abord connu une croissance lente de ses collections. Les maîtres apothicaires et épiciers ayant la charge de leur communauté prirent, dès la fin du XVIe siècle, l’habitude de laisser quelques volumes à la bibliothèque en souvenir de leur passage à la jurande. Ainsi, sur près de deux cents ans, seulement quelques dizaines de volumes vinrent compléter et accroître le fonds initial. C’est surtout à partir du milieu du XVIIIe siècle, à la faveur de dons plus importants, que la bibliothèque commune des maîtres apothicaires et épiciers de la ville de Paris put résolument changer d’échelle : des centaines de livres se trouvèrent désormais disposés sur les tablettes des trois armoires principales situées dans le «bureau» de la communauté, au premier étage d’un bâtiment acquis rue de l’Arbalète.

Lorsqu’en 1777 fut institué par ordonnance royale le collège de pharmacie de Paris, l’assemblée des maîtres apothicaires, séparés définitivement des maîtres épiciers, décida de procéder à l’inventaire des biens de la communauté. Il parut alors nécessaire de dresser le catalogue de la bibliothèque. Cette entreprise fut confiée aux prévôts René Tassart et Jean-François Hérissant. Commencé en 1780, ce catalogue fut achevé au terme de sept années de travail, puis transmis à l’écrivain-déchiffreur Saintotte qui le mit au propre. Il fut alors complété par un «État de la bibliothèque mise en ordre en 1787» et une «Table alphabétique des livres décrits ci-devant ….» ajoutée en 1788. Ce catalogue semble avoir été augmenté des nouvelles acquisitions au moins jusqu’en 1789. À cette date, la bibliothèque rassemblait déjà près de 500 volumes.

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Première page du catalogue dressé par René Tassart, copié par Saintotte

Précieusement conservé dans les collections du pôle Pharmacie-Biologie-Cosmétologie de la BIU Santé, ce catalogue a pu servir de base à la reconstitution virtuelle de la bibliothèque du collège de pharmacie. Le travail d’identification et de localisation des exemplaires a montré qu’une grande partie des volumes se trouvait toujours conservée dans les collections de la bibliothèque de la faculté de pharmacie de Paris. Quelques exemplaires ont également pu être retrouvés à la faculté de pharmacie et de médecine de Toulouse (SICD Toulouse) qui a eu l’amabilité de les numériser pour aider la BIU Santé dans son projet de reconstitution.

Aujourd’hui, c’est un ensemble de 388 volumes qui est accessible dans la bibliothèque numérique Medic@, ce qui représente un taux de reconstitution d’environ 80%.

Ce projet de numérisation devrait permettre d’apporter un éclairage nouveau sur l’environnement intellectuel et matériel d’une communauté d’Ancien Régime : celle des apothicaires et épiciers parisiens. Dans cette perspective, la BIU Santé a établi plusieurs partenariats de recherche visant à promouvoir et valoriser un ensemble documentaire unique. Ces partenaires sont la Société d’histoire de la pharmacie, le club Histoire de la chimie (Société chimique de France) et le Laboratoire S2HEP (Sciences et Sociétés : Historicité, Éducation et Pratiques) de l’université Claude-Bernard Lyon 1.

college-pharmacieÀ la suite de la numérisation de cet ensemble, un site a été élaboré par deux étudiants du master «Technologies numériques appliquées à l’histoire» (École nationale des chartes) dans le cadre de leur stage proposant une recherche simple et avancée au sein de ce corpus ainsi qu’une reconstitution virtuelle de la bibliothèque.

Solenne Coutagne & Philippe Galanopoulos