L. latine 7.  >
À Bernhard von Mallinckrodt,
le 1er mars 1646

[Universitätsbibliothek Leipzig | LAT]

J’adresse mes profondes salutations au très célèbre et très éminent M. Bernhard von Mallinckrodt, doyen du chapitre de Münster.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Voilà exactement quatre ans que j’avais pensé à vous écrire une lettre. L’idée m’en était venue quand votre très élégante Dissertatio historica de ortu atque progressu artis typographicæ m’était tombée dans les mains ; [1][2] mais manquant alors d’un porteur à qui confier ma lettre en toute sûreté, ce dessein m’était sorti de l’esprit. Il ne s’y est pourtant jamais tout à fait éteint car il se trouva ranimé par le départ des délégués que nous envoyons dans votre ville pour établir la paix catholique du monde chrétien avec les Autrichiens ; [2][3] mais cela étant (par le manque d’assurance, pour ne pas dire la timidité, qui m’est coutumier et naturel), je n’ai pas osé adresser à l’un de ces éminents hommes un billet de requête qu’il aurait jugé déplacé et peut-être importun (mon nom lui étant parfaitement inconnu, il m’aurait sans aucun doute tenu pour un parfait quidam, tel un nouvel Arpinas). [3][4] Tandis que je demeurais irrésolu et comme enlisé dans ce projet, voilà que notre François Ogier, [5] homme incomparable entre tous, m’a réveillé et échauffé, et a même secoué ma torpeur. Par l’affection singulière qu’il me porte, je ne lui suis pas moins redevable que tous les hommes de bien qui peuplent la terre pour sa très éminente piété, qu’on ne louera jamais assez, et pour son érudition ; celle qu’admirent avec constance et vénèrent tous ceux qu’anime l’amour des belles-lettres, qu’ils soient Français ou étrangers, aussi nombreux soient-ils. [4] C’est lui, très distingué Monsieur, qui, me voyant hésitant et inactif, m’a encouragé ; et dans ses nombreuses lettres, il m’a déjà très souvent tiré l’oreille, comme un autre Cynthius, [5][6][7] pour me pousser à vous écrire. Si, ce faisant, je commettais quelque faute, vous m’accorderiez le pardon que je sollicite par avance, ou vous en rejetteriez toute la responsabilité sur mon ami. Je vous dirai donc, très distingué Monsieur, que voici quatre ans, j’ai lu de bout en bout votre Dissertatio avec très grande avidité et immense plaisir, car elle m’a procuré la joie intense d’y découvrir, décrites si précisément, avec tant d’application et tant d’élégance, l’origine, le développement et l’achèvement quasi parfait d’un art tout à fait admirable et presque divin. Vous lui auriez donc attribué un inventeur. De l’origine du Nil, les anciens auteurs ont jadis écrit que sa connaissance a assurément dupé les efforts de tous et même des princes les plus puissants, qu’elle a vainement torturé l’esprit des philosophes les plus pointus, et tout cela sans le moindre résultat. Pour moi, il en allait pareillement de l’inventeur de l’imprimerie : cela me semblait comme vouloir tomber d’accord sur un mystère qu’il ne faut révéler ou n’expliquer à aucun mortel. Nul n’a encore pu découvrir l’origine de ce Nil, et la postérité l’ignorera peut-être toujours. En son épigramme de Nilo, Claudien, qui était lui-même natif d’Égypte, a écrit ces vers qui me semblent donc dignes de remarque : [8][9]

Secreto de fonte cadens, qui semper inani
Quærendus ratione latet, nec contigit ulli
hoc vidisse caput
[6]

Ainsi de même, nul n’établirait jamais le lieu où on a inventé l’imprimerie, et qui en fut l’auteur ; tant et si bien que sa découverte serait comme la Pénélope du poète, qui eut une foule de prétendants, mais dont aucun ne parvint à ses fins ; [7][10] ou plutôt comme la Minerve de Saïs, ou l’Isis des Égyptiens, dont nul mortel n’a encore entièrement dévoilé et ne dévoilera peut-être jamais la robe. [8][11][12] Ainsi en irait-il de tout cela, très distingué Monsieur, si, par votre singulière érudition, vous n’aviez déterré et découvert pour nous cette vérité cachée, et comme profondément immergée dans le puits de Démocrite. [9][13] Je sais que c’est une question très ardue et un nœud fort emmêlé ; deux de nos compatriotes ont néanmoins entrepris d’en trouver la solution dans de petits livres qu’ils ont publiés sur ce sujet. Je ne vous dirai rien du premier d’entre eux, Gabriel Naudé, chanoine de Verdun et bibliothécaire de l’éminentissime cardinal Mazarin, puisque vous parlez de lui à la page 47 de votre Dissertatio ; [10][14][15] je vous donnerai seulement avis que c’est un excellent homme, très érudit et célèbre par toute l’Europe pour ses nombreux autres livres qui sont tout pleins d’excellent fruit, et qu’il se place au-dessus de toute louange et tout honneur pour sa gentillesse, sa modestie et son savoir universel. Si depuis ces cinq ans vous ne vous êtes pas procuré le livre où il traite de cette controverse, je vous l’offre bien volontiers et si vous le voulez, je vous l’enverrai sans délai, ainsi que tout ce qui existe d’autre ici pour satisfaire vos vœux. Son titre est Addition à l’Histoire de Louis xi, contenant plusieurs recherches curieuses sur diverses matières, etc., à Paris, 1630 ; c’est un in‑8o de presque 200 feuilles. Notre autre auteur sur l’inventeur de l’imprimerie est Jacques Mentel, mon collègue en la noble famille des Asclépiades, [16] fort expérimenté et éminent en la médecine hippocratique ; [17] il a publié voici deux ans un opuscule en latin sous ce titre, Brevis excursus de loco, tempore et auctore inventionis Typographiæ, etc., Paris, 1644. in‑4o ; [11][18] il n’a que six feuilles, et étant donné son faible volume, je vous l’envoie avec ma présente lettre que vous portera le frère de notre Ogier. [19] Naudé semble favoriser ceux de Mayence [20] plutôt que ceux de Haarlem ; [21][22] mais Mentel dispute la palme de la gloire aux uns comme aux autres, et la confère à un Strasbourgeois qui porte le même nom que lui et que, dans l’arbre de ses ancêtres, il tient pour le fondateur de sa famille. [12][23] Il vous reviendra, très distingué Monsieur, de régler un si grand litige, où je ne suis pas partie prenante, après que vous aurez examiné jusqu’au dernier les arguments des deux camps. Je n’ajouterai rien d’autre aujourd’hui sur les autres pages de votre Dissertatio, je vous en écrirai dans le mois qui vient, si Celui [13][24][25][26] dont dépend toute affaire m’en donne le loisir.

Avec le petit livre de Mentel, je vous envoie une thèse de médecine qu’on a ici disputée sous ma présidence il y a deux ans, et dont je suis l’auteur ; je vois qu’elle a tant plu chez nous et ailleurs que j’ai dû m’occuper d’en faire une cinquième édition pour la distribuer à tant de gens qui me la réclament. [14][27] Je vous serais extrêmement reconnaissant si vous vouliez bien la lire et m’en donner votre avis ; et pour que je puisse vous en rendre affectueusement la pareille, et appliquer en quelque façon la loi du talion, je vous promets avant un mois un petit surplus sur l’art et les hommes de l’imprimerie, en particulier pour ce qui touche à notre siècle et à notre pays. Je ne possède qu’un seul des vieux livres qu’on a publiés au xive s. ; de très jolie et très brillante typographie, c’est un Virgile in‑fo, en caractères romains et arrondis, sur papier d’un blanc immaculé. Son extrême beauté le rend digne d’être vu et tous les imprimeurs l’admirent, en raison surtout de sa date d’origine, où cet art était dans sa prime jeunesse et comme encore in cunis[15][28] Je vous l’offre très volontiers si cela vous fait plaisir. À la fin de tout l’ouvrage, il y a ceci : Publij Virgilij Maronis Vatis eminentissimi volumina hæc, diligentissime castigata, una cum vita ejusdem, Parisius impressa sunt per magistrum Udalricum Gering, Anno salutis m. cccc. lxxviii. mense septembris[16][29][30] Il a presque le même volume et le même poids que le Virgile in‑fo de Jacobus Pontanus imprimé à Augsbourg en 1599. [17][31] Dans l’attente de votre réponse, très distingué Monsieur, je prie Dieu à genou qu’il vous conserve longtemps en vie et en bonne santé, pour le plus grand profit de l’Église et de la littérature. Vale, vous qui êtes digne de vous bien porter, et comptez-moi de bon cœur, je vous prie, au nombre des vôtres, moi qui recherche votre amitié et serai pour l’éternité votre très obéissant et très dévoué Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur en médecine de Paris.

De Paris, le 1er de mars 1646. [18]


a.

Lettre autographe de Guy Patin à Bernhard von Mallinckrodt, que nous a communiquée l’Universitätsbibliothek Leipzig, cote Sammlung Baedeker/Briefsammlung NL 263/1/359 (deux feuillets non disponibles en ligne) ; au verso du second feuillet, avec traces de pliage et restes d’un cachet de cire :

C’est l’unique lettre que nous ayons de la correspondance entre Patin et Mallinckrodt ; et peut-être la seule lettre qui en ait jamais existé.

1.

De ortu ac progressu Artis typographicæ Dissertatio historica, in qua præter pleraque ad calchographices negocium spectantia de auctoribus et loco inventionis præcipue inquiritur, proque Moguntinis contra Harlemenses concluditur : a Bernardo a Mallinkrot Decano Monasteriensi ac C. Mindensi.

[Dissertation historique sur l’origine et le développement de l’imprimerie, dans laquelle, outre plusieurs considérations sur la gravure, on s’enquiert principalement des auteurs et du lieu de cette invention, et on conclut en faveur de ceux de Mayence contre ceux de Haarlem. Par Bernhard von Mallinckrodt, doyen de Münster et chanoine de Minden]. {a}


  1. Cologne, Joannes Kinchius, 1640, in‑4o, avec splendide frontispice gravé.

Dans l’en-tête de la présente lettre, S.P.D. est l’abréviation latine de Salutem plurimam dico [J’adresse mes profondes salutations].

2.

V. note [10], lettre 149, pour les négociations de la paix de Westphalie (conclue en octobre 1648) qui se déroulaient à Münster, pour les nations catholiques, depuis avril 1644.

3.

V. notes [21], lettre 418, et [31] du Borboniana 10 manuscrit (notule {a}) pour Caius Marius Arpinas le Sage, jeune paysan obscur qui devint consul romain.

4.

V. note [5], lettre 217, pour François Ogier, bon ami de Guy Patin qui l’appelait le prieur ou le prédicateur. Ogier accompagna Claude de Mesme au congrès de Münster de 1644 à 1648.

5.

Locution virgilienne où Cynthius est un surnom d’Apollon : v. note [7], lettre latine 5.

Il n’a rien subsisté de la correspondance de Guy Patin avec François Ogier.

6.

« Son origine est secrète, elle échappe à nos vaines recherches, et nul n’est parvenu à voir sa source » (Le Nil, vers 11‑13) ; Claudien (v. note [10], lettre 138), poète latin du ive s., était natif d’Alexandrie.

7.

Dans l’Odyssée, pendant la longue absence d’Ulysse, Pénélope, sa belle épouse, lui resta fidèle : disant qu’elle devait achever la tapisserie qu’elle tissait avant de prendre un autre mari, elle défaisait la nuit ce qu’elle avait fait le jour.

8.

Plutarque (Traité d’Isis et d’Osiris, chapitre 9) :

« À Saïs, {a} sur le fronton du temple de Minerve, qu’ils {b} croient être la même qu’Isis, on lisait cette inscription : “ Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est, tout ce qui sera ; et nul mortel n’a encore soulevé mon voile. ” »


  1. Ville antique du delta du Nil.

  2. Les Égyptiens.

9.

V. note [4], lettre 345, pour Démocrite et son puits.

10.

À cette page de sa Dissertatio, Bernhard von Mallinckrodt examinait les disputes sur le berceau de l’imprimerie :

Supersunt duo alij e recentioribus quos dixi, qui ex professo hanc pugnam depugnarunt, licet hactenus mihi illos inspiciendi facultas non fuerit, ac omnis diligentia mea in illorum acquisitione me frustrata sit. Gabriel Naudæus Parisiensis, qui Petrum Scriverium ejusque Laurum Laurentianam (ita liber inscribitur pro Harlemo anno 1628. editus) sibi refutandum sumpsit.

[Pami les auteurs plus récents dont j’ai parlé, il en reste deux qui, en bon connaisseurs du sujet, ont pris part à ce débat, bien que, jusqu’ici, je n’aie pas eu la possibilité de les lire, car j’ai vainement appliqué tous mes soins à obtenir leurs livres. Gabriel Naudé a entrepris de réfuter Petrus Scriverius et le laurier qu’il a attribué à Laurentius (ainsi s’était-il prononcé en faveur de Haarlem dans un livre qu’il avait publié en 1628)]. {a}


  1. V. notes [51] du Grotiana 2 pour Petrus Scriverius, et [15] infra, pour l’invention de l’imprimerie attribuée à Johannes Laurentius de Haarlem.

    Ce livre où Scriverius défendait la primauté de Laurentius porte le titre flamand de Laure-Crans voor Laurens Coster Van Haerlem Eerste Vinder vande Boeck-Druckery [Couronne de laurier attribuée à Laurens Coster de Haarlem, premier inventeur de l’imprimerie] (Haarlem, Adriaen Rooman, 1628, in‑4o).

    V. infra note [11] pour l’Addition à l’Histoire… où Gabriel Naudé a donné son avis sur la découverte de l’imprimerie, qu’il attribuait aux artisans de Strasbourg et de Mayence (v. note [18], lettre 246).

    Le second auteur, dont Mallinckrodt parlait ensuite, était le prédicateur et théologien allemand Georgius Draudius (Georg Draud, Dauenheim 1573-Bultzbach 1635), pour sa :

    Bibliotheca exotica, sive Catalogus officinalis Librorum peregrinis linguis usualibus scriptorum, videlicet Galica, Italica, Hispanica, Belgica, Anglica, Danica, Bohemica, Ungarica, etc. omnium quotquot in Officinis Bibliopolarum indagari potuerunt, et in Nundinis Francofurtensibus prostant, ac venales habentur. {i} La Bibliothèque Universail, contenant le Catalogue de tous les livres qui ont été imprimés ce siècle passé aux langues française, italienne, espagnole, et autres, qui sont aujourd’hui plus communes, depuis l’an 1500 jusques à l’an présent m. dc. xxiv. distribuée en certain ordre selon les matières y contenues et les surnoms des auteurs. {ii}

    1. « Bibliothèque exotique, ou Catalogue officinal des livres écrits dans les langues parlées à l’étranger : français, italien, espagnol, flamand, anglais, danois, tchèque, hongrois, etc. ; tous autant qu’on a pu en trouver dans les officines des libraires, et qu’ils sont exposés et mis en vente dans les foires de Francfort. »

    2. Francfort, Balthasar Ostern, 1625, in‑4o ; ce livre complétait la Bibliotheca classica du même auteur (ibid. et id. 1625, in‑4o).

11.

V. notes :

12.

V. note [34], lettre 242, pour Jean Mentelin (ou Mentel), imprimeur strasbourgeois au xve s., et ancêtre de Jacques Mentel.

13.

Dieu.

Aucun autre ouvrage de Bernhard von Malinckrodt n’a, à ma connaissance, modifié sa conclusion de 1640 (v. supra note [1]), qui est aujourd’hui tenue pour historiquement authentique et définitive :

Æternitati sacrum.
Quod Terræ Teutonicæ et Apollinei
Regni Decora
Iohannes Faustus Moguntibus,
Ioannes Gutenbergius Argentinas,
Petrus Opilio sive Schæferus Gernsheimensis,
Viri insignes, memorabiles, incomparabiles,
Reip. literariæ illustrandæ, propagandæ, conservandæ
nati divinitusque dati triumviri
sempiternam ad omnem posteritatem gloriam promeriti,
artem typographicam,
qua non alia sub sole melior, utilior, dignior, honoratior
primitus invenerint, promoverint, auxerint, excoluerint, propagarint, dilatarint,
Orbem Christianum eatenus inconspecta et inesperata librorum supellectile.
Imo verius inæstimabilibus divinioris inventi thesauris
Musarum alumnos studiisque deditos
sua ac discipulorum successorumque suorum opera
ditaverint, beatosque, si uti norint, fecerint :
Senatus Populusque Literatorum,
ac tota Germanici nominis Universitas
immortalibus protodædalis,
qui ipsimet arte, et laboriosa industria sua
ære perennis et indemolibile monumentum sibi erexerunt,
in gratitudinis et promeritæ laudis testimonium
divis hominibusque faventibus et applaudentibus
Orbe toto volente, admirante, obstupescente
donec splendidius digniusque
publico nomine ac sumptu erigatur
hoc qualecunque μνημειον a privato
homine poni permiserunt et approbarunt.

Chronographicum
annum, locum, et invetorem
artis typographicæ
continens,
Anno 1635. ante hac impressum.

Vetus et Clara
Moguntia
Invenit
Characteres
fusiles,
Autore
Ioanne Gutenbergio [et] Faustio
.

[Il est consacré pour l’éternité que les fiertés de la terre teutonique et du royaume d’Apollon, Johannes Faustus de Münster, Johannes Gutenberg de Strasbourg, Petrus Opilio, ou Schæferus, de Gernsheim, {a} hommes insignes, mémorables, incomparables, nés pour illuminer, propager et conserver la république des lettres, forment un triumvir divinement doué, qui a mérité la gloire sempiternelle de toute leur postérité, pour avoir le premier inventé l’art de l’imprimerie qui, sous le soleil, n’a pas d’égal en qualité, utilité, gloire et honorabilité. Ils auront promu, accru, cultivé, propagé et étendu la chrétienté par la production de livres, qu’on n’avait ni attendue ni espérée avant eux. Il est plus vrai encore que par les inestimables trésors de leur divine invention ils auront enrichi les compagnons des Muses et ceux qui se vouent aux études par leur propre travail, et par celui de leurs disciples et successeurs, et s’ils savent les utiliser, les auront rendus heureux. En dû témoignage de gratitude et de louange pour ces immortels protodédales {b} qui, par leur art et leur laborieuse industrie, se sont eux-mêmes érigé un monument inderstructible et plus durable que l’airain, avec la bienveillance et sous les applaudissements des dieux et des hommes, le Sénat et le peuple des lettrés, et la totalité du renom germanique ont autorisé et approuvé qu’un homme, en son particulier, établisse ce quelconque mémorial, en attendant qu’au nom at aux dépens du public en soit construit un plus splendide et plus digne, qui traduira la volonté, l’admiration et la stupéfaction du monde entier.

Chronique contenant l’anné, le lieu et l’inventeur de l’art typographique, précédemment imprimé en 1635. {c}

L’antique et célèbre ville de Mayence a découvert les caractères fondus, grâce aux deux Johannes, Gutenberg et Fust].


  1. Johann Fust (Mayence 1400-Paris 1466), marchand et banquier allemand, a financé les travaux de Johannes Gutenberg (Mayence, et non Strasbourg, 1400-ibid. 1468) et de son apprenti, Peter Schoeffer (Gemsheim, Hesse vers 1425-Mayence 1503), aussi appelé Opilio, traduction latine de Schäfer, « berger » en allemand moderne.

    L’association de ces trois hommes a connu maintes vicissitudes, dont un procès qui les désunit à Strasbourg vers 1436, mais c’est à eux, et principalement à Gutenberg, qu’appartient l’invention de l’imprimerie.

  2. Néologisme formé sur les mots grecs πρωτς (prôtos, « de premier rang ») et δαιδαλλος (daidalos, « celui qui travaille avec art »).

  3. Référence curieuse car la Disseration historica de Malinckrodt a été publiée pour la première fois en 1640. Il faut croire qu’il avait rédigé son dithyrambe et l’avait fait imprimer, seul et à part, dès 1635.

14.

VUne thèse de Guy Patin : « L’homme n’est que maladie » (1643).

15.

« au berceau », en lien avec le substantif latin incunabula [garnitures de berceau, commencement] qui est à l’origine du mot incunable, pour désigner une édition qui date des premiers temps de l’imprimerie (avant 1501). On en a longtemps attribué l’invention à Bernhard von Mallinckrodt car il se lit au chapitre i (Diversæ opiniones de Inventione Typographiæ, deque illis judicium [Diverses opinions sur l’invention de l’imprimerie, et avis à leur sujet]) de sa Dissertatio (page 5), dans une diatribe contre Hadrianus Junius (Adriaen de Jonghe), médecin et philologue néerlandais, natif de Hoorn (Frise-occidentale), qui mit le plus grand zèle à situer le berceau de l’imprimerie dans la ville de Haarlem (une vingtaine de kilomètres à l’ouest d’Amsterdam) :

Iunius autem ille anno orbis redempti 1512. natus est climacterico enim magno ætatis anno, in Zelandia an. 1575. obiit, ita ut sexaginta ad minimum anni inter illius viri nativitatem et typographiæ incunabula, quæ ad annum 1450. vel circiter communiter referuntur, intercesserint. Huius igitur Hadriani Iunij solius testimonio et authoritate nituntur omnes reliqui, qui Monguntinorum laudibus obstrepunt, isque vicissim solas fere Harlemensium fabulas in testimonium profert, cui ludicro rei seriæ fulcimini, reliquisque eius assertionibus omni probabilitate et probatione hactenus destitutis quantum fidi tribuique possit, contra totius seculi et amplius indubitatum et unanime consensum, contra gravissimorum scriptorum magnamque partem oculatorum testium auctoritatem, contra ipsa denique evidentissima et etiamnunc superantia rerum testimonia, infra suo loco trutinabimus.

[Pourtant, ce Junius naquit en l’an 1512 de la rédemption du monde et mourut en Zélande en 1575, année de sa grande climatérique ; {a} de sorte qu’au moins soixante années se sont écoulées entre sa naissance et le commencement de l’imprimerie, qu’on situe aux environs de l’an 1450. C’est donc sur le seul témoignage et sur la seule autorité de cet Hadrianus Junius que se sont appuyés tous ceux qui contestent la gloire de ceux de Mayence ; en revanche, pour presque tout témoignage, il ne présente que les fables des gens de Haarlem. Nous examinerons plus bas, en leur lieu et place, ce futile argumentaire dans une affaire sérieuse, ainsi que le reste de ses affirmations qui sont jusqu’à ce jour dénuées de toute probabilité et de toute preuve ; pour autant qu’on puisse s’y fier et les partager, car elles vont à l’encontre du jugement unanime et indubitable de tout un siècle et même plus, à l’encontre de l’autorité des auteurs les plus sérieux et d’une grande partie des témoins oculaires, à l’encontre enfin du témoignage même des faits, qui est absolument digne de foi et qui l’emporte encore aujourd’hui].


  1. Hadrianus Junius est mort le 16 juin 1575 à Arnemuiden, près de Middelbourg en Zélande ; né le 1er juillet 1511 (et non 1512 comme écrivait ici Mallinckrodt), il était donc dans sa 64e année d’âge, et non dans sa 63e, qu’on appelle la grande climatérique (v. note [27], lettre 146).

En réalité, l’invention du mot incunabila revient à Junius lui-même car il l’a employé à la page 256 de son livre patriotique intitulé Batavia. In qua præter gentis et insulæ antiquitatem, originem, decora, mores, aliaque ad eam historiam pertinentia, declaratur quæ fuerit vetus Batavia, quæ Plinio, Tacito et Ptolemæo cognita : quæ item genuina inclytæ Francorum nationis fuerit sedes [La Hollande. En laquelle, outre l’ancienneté de son peuple et de sa terre, son origine, ses ornements, ses coutumes et d’autres faits relatifs à son histoire, il est montré qu’elle fut la vieille Batavia qu’ont reconnue Pline, Tacite et Ptolémée, et qui a aussi été le berceau de l’illustre nation des Francs] (Leyde, Plantin, 1588, in‑8o), où il parle d’un des tout premiers ouvrages que Johannes Laurentius, surnommé Ædituus ou Custos (v. supra notule {a}, note [10]), imprima à Haarlem vers 1460 :

Is liber erat vernaculo sermone ab auctore conscriptus anonymo, titulum præferens, Speculum nostræ salutis. In quibus id observatum fuerat inter prima artis incunabula (ut nunquam ulla simul et reperta et absoluta est) uti paginæ aversæ glutine commissæ cohærescerent, ne illæ ipsæ vacuæ deformitatem adferrent.

[Ce livre avait été écrit en néerlandais par un auteur anonyme, portant le titre de Speculum nostræ salutis. Dans ces premiers incunables de l’art (puisqu’aucun plus ancien n’a jamais été retrouvé ni achevé), on avait pris soin d’attacher ensemble avec de la colle les pages en vis-à-vis, de manière que leurs vides ne provoquent pas leur déformation]. {a}


  1. Latin compliqué voulant sans doute dire que cette précaution, qui renforçait le papier en doublant les feuilles, évitait que le séchage de l’encre ne les gondolât.

Dans l’introduction de son érudite Notice sur le Speculum humanæ salvationis (Paris, Techener, 1840, in‑8o), J. Marie Guichard a résumé l’essentiel à connaître du « Miroir du salut humain » :

« Le Speculum humanæ salvationis, appelé aussi par quelques auteurs Speculum nostræ salutis, est un poème latin du xive siècle. Ce poème, qui fut traduit en plusieurs langues et dont nous possédons encore de nombreux manuscrits, a été un des livres les plus populaires et les plus renommés de son temps. Les bibliographes en ont souvent parlé, mais ils ont négligé l’ouvrage et son contenu, pour ne s’occuper que de quelques-unes de ses éditions. Chose étrange ! la gloire du poète a été envahie par les imprimeurs qui ont publié son œuvre ; au xvie siècle, la célébrité du Speculum était purement littéraire ; aujourd’hui, elle est devenue purement typographique.

Dans la première partie de cette Notice, nous examinerons le poème ; nous indiquerons des manuscrits qui, suivant nous, ne laissent aucun doute sur l’époque où il fut composé. Nous donnerons ensuite une liste des diverses éditions et traductions de l’ouvrage. Dans la seconde partie, nous chercherons à découvrir quelle est la plus ancienne édition ; les sentiments des bibliographes sont sur ce point d’une variété singulière : les uns font paraître cette édition en 1428, d’autres en 1470 ; {a} ceux-ci l’attribuent à Laurent Coster de Haarlem et ceux-là à Jean Gutenberg de Mayence. Ces questions complexes se rattachent essentiellement à l’histoire des origines de l’imprimerie. »


  1. La bibliothèque numérique Gallica de la BnF met en ligne une édition illustrée, datée de 1474-1475, sans nom ni lieu.

16.

« En septembre de l’an de grâce 1478, à Paris, Maître Ulrich Gering {a} a imprimé ces volumes de Virgile, {b} le plus grand des poètes ; il les a très soigneusement corrigés et y a ajouté une vie du même Virgile. » {c}


  1. Imprimeur allemand formé à Mayence, Ulrich Gering (mort en 1510) installa en 1470, avec deux de ses compagnons, Martin Crantz et Michael Friburger, la première presse qui imprima des livres en France. Il s’était établi au cloître Saint-Benoît, alors dépendance de la Sorbonne.

  2. Publius Virgilius Maro, v. note [33], lettre 7.

  3. La bibliothèque numérique Gallica procure une reproduction de ce livre.

17.
Symbolarum libri xvii, quibus P. Virgilii Maronis Bucolica, Georgica, Æneis ex probatissimis auctoribus declarantur, comparantur, illustrantur per Jacobum Pontanum de Societate Jesu.

[Dix-sept livres d’Emblèmes {a} où les Bucoliques, les Géorgiques et l’Énéide de Virgile sont présentés, édités et expliqués par Jacobus Pontanus, {b} de la Compagnie de Jésus, à partir des auteurs les plus reconnus]. {c}


  1. Les vers de Virgile sont intégralement transcrits et très richement commentés.

  2. Le R.P. Jacobus Pontanus (Jakob Spanmüller, Brück, Bohême 1542-Augsbourg 1626), brilla dans l’enseignement des belles-lettres à Augsbourg.

  3. Augsbourg, Ioann. Prætorius, Augsbourg, 1599, in‑fo ; précédente édition à Lyon en 1588, nombreuses éditions ultérieures.

18.

En dépit des aimables et alléchantes offres que contenait cette lettre, Bernhard von Malinckrodt ne dut pas répondre à Guy Patin : il n’est pas réapparu ailleurs dans notre édition.

s.

Universitätsbibliothek Leipzig, cote Sammlung Baedeker/Briefsammlung NL 263/1/359. Non disponible en ligne.

Nobilissimo atq. præstantissimo viro D.D. Bernardo à Mallinckrot,
Decano Monasteriensi, S.P.D.

Ecce jam exactum quinquenium, Vir Clarissime, ex quo de literis ad Te
scribendis cogitaveram. Eam cogitationem mihi suggessebat quæ tunc temporis
in manus meas devenerat elegantissima illa tua Dissertatio historica de ortu
atq. progressu artis Typographicæ
 : quod tamen consilium mihi effluxit ex
animo, cùm deesse viderem cui tutò possem literas meas committere. Ejusmodi
cogitationem nondum omnino extinctam suscitavit Legatorum nostrorum ad
catholicam Orbis Christiani pacem constituendam cum Austriacis, in Urbem
vestram discessus : ex quo tamen, (familiari quadam et innata mihi timiditate,
ne dicam δυσωπια) virum calrissimum (cui prorsus ignotus et tanquam
novus Arpinas, nullius plane nominis haud dubie apparuissem) intempestiva,
et forsitan importuna scriptione non ausus sum compellare. Sed ecce
cunctantem, et in ista mente tanquam in salo hærentem me excitavit atq.
inflammavit, imò veternum excussit Incomparabilis ad omnia noster
Franc. Ogerius
, cujus amori in me singulari non minùs debeo quàm omnes
boni quicumque terram incolunt, præstantissimæ ejusdem et nunquam satis
laudatæ pietati et eruditioni : quam non solùm Galli nostri, sed et exteri
omnes quotquot sunt qui bonarum literarum amore flagrant, æquo animo
suspiciunt atq. venerantur. Is est, Vir Clarisisme, qui mihi cunctanti,
et in ista cogitatione torpenti animos addidit, jámq. sæpius et plurimis
literis tanquam alter Cynthius aurem vellit, et admovet ut ad Te
scribam : in quo quidquid peccavero, aut condonabis veniam petenti, aut in eum
totam culpam reijcies. Dicam igitur, Vir Clarissime, ante annos quatuor
me Disserationem illam tuam summa aviditate et ingenti animi
voluptate percurrisse et perlegisse, simúlq. non mediocri lætitia affectum
fuisse, dum tanto studio tantáq. elegantia, prorsus admirandæ et penè
divinæ artis ortum, progressum, et ultimam penè perfectionem tam graphicè
delineatam in hoc tuo libro deprehendi. Et sane punctum omne tulisset,
integramq. laudem meruisset, isthæc tua erudita Dissertatio, si tam mirabili et recondito inuentæ artis arcano, geminum suum verúmq. Authorem
assignasses. Quod olim veteres scriptores de Nili origine prodiderunt,
ejus nimirum cognitionem omnium et Principum etiam potentissimorum
laborem elusisse, et acutissimorum Philosophorum mentem frustra torsisse,
et sine ullo successu, illud idem mihi de Typographicæ artis authore, quasi
nulli mortalium revelando aut evolvendo arcano competere videtur :

Nullus adhuc detegere potuit ejusmodi Nili originem, et hoc forsitan tota
posteritas ignorabit: ideóq. insignes mihi videntur ipsius Claudiani, gente
Ægyptij versiculi, in epigr. de Nilo.

Secreto de fonte cadens, qui semper inani
Quærendus ratione latet, nec contigit ulli
hoc vidisse caput.

Sic quoque de loco atque germino authore inventæ Typographiæ nulli
forsan unquam constabit : adeo ut ipsa Typographicæ artis inventio, sit
illa Penelope poetica, quæ tot amatores, nullum vero ex eorum turba virum
obtinuerit : aut potiùs illa Minerva Saïtana, sive Isis Ægyptiorum,
cujus peplum nullus mortalium adhuc plenè evoluit retexit, neq. fortassis unquam
reteget : nisi Tu, Vir Clarissime, latentem illam veritatem, et quasi
in profundo Democriti puteo planè immersam, singulari tua eruditione,
nobis eruas atque detegas. Difficultatem illam scio esse gravissimam,
et nodum intricatissimum, quem tamen solvere conati sunt duo è nostris
popularibus, libellis in eam rem antehac editis : de quorum primo cùm
egeris pag. 47. tuæ Dissertationis, Gabriele nempe Naudæo, Virdu
nensi Canonico, et Eminentissimi cardinalis Mazarini Bibliothe-
cario nihil dicam : monebo tantùm virum esse optimum, eruditissimum,
et multis alijs libris frugis optimæ plenissimis totâ Europâ insignem,
supráq. omnem humanitatis, modestiæ et omnigenæ eruditionis laudem
atque titulos positum. Si ejus liber, in quo illam controversiam attigit,
à quinquennio in manus tuas non devenerit, ecce Tibi lubens offero, statim
missurus si cupias, et quidquid aliud hîc exstat, pro votorum tuorum ratione.
Ejus lemna tale est. Addition à l’Histoire de Louis xi, contenant plusieurs
recherches curieuses sur diverses matières, etc. à Paris, 1630.
Liber est in 8.
foliorum penè 200. Alter scriptor de inventore Typographiæ, est
Iacobus Mantel, in Asclepiadarum familia nobilis Collega, et in Hippocra-
tica Medicina exercitatissimus atq. præstantissimus, qui à biennio anonymum
edidit opusculum Latinâ linguâ exaratum, sub hoc titulo. Brevis excursus
de loco, tempore et auctore inventionis Typographiæ, etc. 4. Paris. 1644.
in 4.
Folia sunt tantum sex, quod ecce Tibi per Ogerij nostri fratrem cum
hac ipsa epistola mea propter eorum levitatem mitto. Naudæus videtur
favere Moguntiacis adversus Harlemenses : Mantellus utrique tantæ laudis
palmam invidet, et eam in quendam sibi cognominem Argentinensem
transferat, quem in majorum suorum serie tanquam familiæ principem
agnoscit. Tuum erit, Vir Clar. tantam litem componere, quam meam non
facio, posteaquam utriusq. rationes ad libellam tuam excusseris : nec
quidquam aliud hîc adijciam, de alijs tuæ Dissertationis partibus, intra mensem
aliud scripturus, si otium mihi dederit Ille, à quo procedit omne negotium.

Una cum libello Domini Mantel, medicam Thesim ad Te mitto, me quidem Auctore
atque Præside hîc propugnatam, ante biennium : quam et nostris et exteris
tantopere placuisse video, ut quinta illius editio mihi fuerit procuranda, ad
hoc ut mihi suppeterent exemplaria tot eam postulantibus exhibenda.
Si eam legere digneris, et tuum de eam judicium mecum communicare volueris,
summo sanè beneficio me obstrinxeris : et ac ut Tibi possim αντιπελαργειν,
et quasi retaliare, de Viris et rebus typographicis intra mensem
polliceor auctariolum, super ijs præsertim quæ sunt vel hujus seculi, vel
hujus regionis. Ex veteribus libris sæculo 14. editis, hîc unum
habeo, nitidissimis et elegantissimis typis excusum, nempe Virgilium,
in folio, charactere Romano, et rotundo, charta candidissima, dignum
sanè qui videatur, et quem mirentur omnes Typographi, propter summam
ejus elegantiam, eo præsertim tempore quo rudis ars illa quasi in cunis
adhuc jacebat. Si Tibi placuerit, libentissimè offero. In fine totius
operis ista leguntur. Publij Virgilij Maronis Vatis eminentissimi
volumina hæc, diligentissimè castigata, una cum vita ejusdem,
Parisius impressa sunt per magistrum Udalricum Gering, Anno salutis
m. cccc. lxxviii. mense septembris. Si Tibi aliqua sui parte
profuturum putes, lubenti animo et quam possum officiosissimè offero :
ejusdem penè est molis atque ponderis quam Virgilius Iac. Pontani,
editus Augustæ Vindelicorum, in folio, anno 1599. Interea, vir Clariss.
Deum supplex oro, ut Te diu summo Ecclesiæ reiq. literariæ commodo
sanum servet atq. incolumem. Vale qui valere dignus es, et me
amicitiam tuam ambientem, in tuorum numero, precor, libenter habe,
qui sum Tibi æternùm futurus
Addictissimus atque obsequentissimus
Guido Patinus, Bellovacus,
Doctor Medicus Parisiensis.

Lutetiæ Parisiorum
ipsis Martij Calendis,
mdc. xlvi.


Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Bernhard von Mallinckrodt, le 1er mars 1646

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(Consulté le 26/05/2024)

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