L. française reçue 26.  >
De Hugues II de Salins, le 3 mars 1657

Monsieur, [a][1][2]

J’ai reçu vos deux lettres, celle que vous aviez donnée à M. de La Ville [3] et l’autre que vous aviez jointe au beau livre dont vous m’avez fait présent et pour lequel je vous remercie de très grand cœur, aussi bien que pour les belles thèses qui le couvraient et sans lesquelles il aurait été tout à fait gâté, la malle ayant été plus de deux ou trois heures dans l’eau en venant en ces quartiers, ce qui avait fait que les thèses et la moitié de la couverture du livre étaient tout à fait garnies de boue que j’ai si bien ôtée qu’il n’y paraît quasi plus ; [4] et ce qui est le meilleur, c’est que les feuilles et le dedans du livre n’ont été aucunement intéressés de ce déluge, si bien que le livre est presque aussi beau qu’il était quand il sortit de vos mains. Je vous en remercie donc un million de fois et vous en remercierai tant que j’aurai des yeux pour le lire. J’ai été ravi d’y avoir trouvé votre nom accompagné de beaux mots et d’éloge que vous méritiez plus que justement. [1] Je trouve ce livre merveilleusement serré et fort rempli d’une grande variété de doctrine. Je ne refuse point l’offre que vous me faites de m’envoyer les thèses qui auront été soutenues en vos Écoles depuis celles que j’ai reçues avec votre beau livre. J’en ferai mon profit le mieux que je pourrai et vous en aurai une particulière obligation.

Pour le livre des Préadamites[5] nous l’avons en ces quartiers et je l’ai lu tout entier avec grande satisfaction. C’est pourquoi je vous prie de ne vous pas donner la peine de me le faire avoir. [6] Je lis à présent une certaine réponse à ce livre d’Eusebius Romanus, qui n’est pas grande chose. [2][7][8] Je vous prie toujours de vous souvenir pour moi de Decas medica Porti et d’Henrici Smetii Miscellanea medica[3][9][10] Il me semble que le premier se trouvera plus facilement que le second. Si vous en trouvez l’un ou l’autre, obligez-moi s’il vous plaît de me l’acheter et me faire savoir ce qu’il aura coûté afin que je vous le fasse rendre par celui à qui je vous prierai de le délivrer. Je vous prie d’excuser la liberté avec laquelle je vous donne tant de peine.

J’ai été prié par une personne de considération de cette ville de vous demander ce que l’on pourra faire à une goutte crampe [11] qui lui arrive fort souvent et principalement la nuit, tantôt à la hanche, tantôt en l’aine, quelquefois au milieu de la cuisse, tantôt au genou et quelquefois au gras de la jambe et d’autres fois au malléole interne. [4] Cela l’oblige à se lever la nuit et à courir par sa chambre pour s’échauffer ; cela ne se fait-il pas a spiritu flatulento ? [5] Je vous prie de m’en mander votre sentiment, ce qu’il y faut faire et si quelqu’un a traité de ces gouttes crampes-là. Quand les auteurs disent qu’auparavant que purger [12] les humeurs, il les faut préparer si elles ont besoin de préparation, les inciser et atténuer si elles sont crasses et lentes. Êtes-vous d’avis que l’on fasse cela par apozèmes [13] apéritifs, [14] ou bien cela se doit-il faire d’autre façon que par apozèmes ? Peut-on en une fièvre continue [15] purger le malade au quatrième ou au sixième jour comme font quelques-uns par une potion qu’ils appellent minorative, [16] en attendant qu’on le puisse purger plus fortement sur la fin de cette fièvre ?

Apprenez-moi s’il vous plaît quelles sont les meilleures pilules [17] et celles que vous mettez le plus souvent en usage et en quelles maladies, car les praticiens en apportent de tant de sortes que je ne crois pas qu’il y en ait le quart qui soit employé par vous autres Messieurs de Paris. Je commence aujourd’hui, sous vos auspices et suivant votre bonne conduite, à lire le cinquième livre de la Pathologie de Fernel [18] après avoir lu les quatre premiers avec autant de soin que j’ai pu. Après cette Pathologie, ne faudra-t-il pas lire les sept livres de la Méthode [19] tout entiers ? [6] La vie de ce grand homme ne se trouve-t-elle aucune part amplement décrite par feu M. Moreau [20] ou quelque autre ? Je n’en sais rien que ce que vous m’en avez appris et ce qui s’en lit chez M. de Sainte-Marthe. [21] Qu’est-ce que Plantius [22] était à Fernel ? [7]

Je vous prie de me mander en quel endroit de Matthieu Paris [23] se trouve ce qu’il écrit de Frédéric Barberousse [24] touchant le livre De tribus Impostoribus[25] je l’ai cherché dans le livre mais je ne l’ai pu trouver. Un de nos curieux a acheté nouvellement ce livre in‑fo impression de Paris apud Guillelmum Pelé est-ce la bonne édition ? Il lui a coûté 10 francs[8][26]

Ma femme vous remercie de votre bon souvenir, elle vous fait ses très humbles baisemains, et à Mlle Patin que je prends aussi la liberté de saluer ; j’en fais autant à tous Messieurs vos fils. Mon père et mon frère vous baisent très humblement les mains et vous sont très acquis, comme je suis, en qualité, Monsieur, de votre très humble et très obéissant serviteur et écolier,

H. De Salins puîné.

À Beaune, le 3e de mars, jour de la Saint-Guy suivant mon almanach, 1657.


1.

Les thèses quodlibétaires étaient alors imprimées sur une grande feuille non pliée (in-fo plano). Guy Patin avait utilisé celles que ses deux fils, Robert et Charles, avaient présidées vers Pâques (v. note [17], lettre 459), pour envelopper les Selecta Medica… [Morceaux médicaux choisis…] (Leyde, 1656) de Johannes Antonides Vander Linden (v. note [29], lettre 338), tout reliés en veau, qu’il offrait à Hugues ii de Salins.

L’éloge de Guy Patin s’y trouve au § 167 du chapitre xii (page 478), intitulé Scomphus pleuriticus [Scomphus pris de pleurésie], où Linden commente un passage situé au début du livre v des Épidémies d’Hippocrate :

Species altera et stultissima est, figmenta loqui, et involutam fabulis veritatem. Qualis priscorum Philosophia fuit, et omnis Gentilium multorumque inter Christianos hodie Theologia est. Hoc adulterium est ponderis. Quod verba non habent nisi à Veritate cum originis, tum enunciationis atque significationis. Illam qui occultant, recte meritoque dicuntur cum ratione insanire, et auferre clavem cognitionis, et non tantum ipsi non ingredi, sed et ingredi volentes arcere. Hujus quoque rei et vel maxime culpabiles sunt, qui nostra in arte mirifice nescio quæ Secreta usque in cœlum laudibus extollunt, pudenda interim invidentia in secreto habent omnia : ignari, Medicos ubique locorum laborare non tam penuria remediorum, quam legitimæ Methodi ad bene medendum cognitione. Quæ revera est Artius nostræ secretum secretorum secretissimum : eheu, quam paucis notum ! Sunt hæc Cl. Guidonis Patini Doct. Medici Parisiensis et Professoris Regii, Domini et Amici mihi colendissimi verba ad me privatim scripta ; sed profecto dignissima, quæ non chartaceis modo tabulis inscribantur æternitati, sed et cordibus eorum omnium, qui faciunt medicinam et facere ad proximi commodum satagunt.

[Il existe une autre manière, et celle-ci parfaitement folle, de raconter des sornettes et d’envelopper la vérité dans des fables. Telle a été la philosophie des anciens, et telle est aujourd’hui toute la philosophie des païens et de nombre de chrétiens. C’est la falsification de l’autorité. Parce que les paroles n’y détiennent aucune vérité, tant d’origine que d’expression et de signification. On dit correctement et justement de ceux qui dissimulent celle-là qu’ils déraisonnent et dérobent la clé du savoir, et en barrent l’accès non seulement à eux-mêmes, mais aussi à ceux qui voudraient s’y engager. Les coupables en cette matière, et au plus haut point, sont ceux dont les louanges portent aux nues je ne sais quels secrets de notre art merveilleux ; ceux qui, par une vile jalousie, ensevelissent toutes choses dans le secret : ils ignorent que partout les médecins souffrent non pas tant par pénurie de remèdes que par méconnaissance de la juste méthode de bien remédier. C’est elle qui est véritablement le secret le plus secret des secrets de notre métier ; mais hélas, bien peu le connaissent ! {a} Ces paroles, le très distingué Guy Patin, docteur en médecine de Paris et professeur royal, maître et ami que j’honore extrêmement, me les a privément écrites ; mais elles sont parfaitement dignes d’être imprimées pour l’éternité non seulement dans les livres, mais surtout dans les cœurs de tous ceux qui pratiquent la médecine et s’évertuent à l’exercer au profit de leur prochain].


  1. V. la lettre du 29 novembre 1655 (note [2]) à Linden, pour les mots exacts de Guy Patin.

2.

Hugues ii de Salins lisait (et jugeait chétives) les :

Animadversiones in librum Præ-adamitarum. In quibus confutatur Nuperus scriptor, et primum omnium hominum fuisse Adamum defenditur. Authore Eusebio Romano. Εγενοντο δε και ψευδοπροφηται, εν τω λαω, ως και εν υμιν εσονται ψευδοδιδασκαλοι, οιτινες παρεισαξουσιν αιρεσεις απωλειας. 2æ Petri. 2o. v. 1.

[Animadversions contre le livre des Préadamites. {a} Où est réfuté un récent auteur et soutenu qu’Adam a été le premier de tous les hommes. Par Eusebius Romanus. « Il y a eu de faux prophètes dans le peuple, comme il y aura aussi parmi vous de faux docteurs qui introduiront des sectes pernicieuses » (Seconde Épître de saint Pierre, 2:1)]. {b}


  1. V. notes [1] et [3], lettre 93, pour Isaac de La Peyrère et brûlot hérétique sur les Préadamites.

  2. Paris, Ioan. Billaine, 1656, in‑4o de 109 pages ; ouvrage dédié par le libraire à Nicolas Fouquet, surintendant des finances.

Eusebius Romanus {a} serait le pseudonyme de Jean Mabillon (Saint-Pierremont, Champagne 1632-Paris 1707). Moine bénédictin entré dans la Congrégation de Saint-Maur en 1653, Dom Mabillon allait devenir le plus érudit mauriste de son temps et faire de Saint-Germain-des-Près {b} le berceau des études historiques fondées sur l’étude rigoureuse des chartes, autrement nommée archivistique ou diplomatique. {c} Mabillon figure ailleurs dans notre édition pour son intervention dans la phase tardive de la grande querelle sur le véritable auteur de l’Imitation de Jésus-Christ, {d} et de manière plus anecdotique, comme le tuteur du turbulent Ignace-Louis Patin, fils de Robert, lors de son voyage d’Italie en 1685. {e}

Dans ses Animadversiones sur le livre des préadamites, le jeune Mabillon aurait exercé sa plume au difficile art de la joute, mais sans y exceller encore, car préjugés et invectives semblaient lui tenir volontiers lieu d’arguments rigoureux. {f} Sa conclusion le fait bien sentir : {g}

Egregium sane hominem, quem sua adeo excæcavit inscitia ut tanquam vilissimum gloriæ animal ad sectæ istiusmodi insulsæ et adeo ridiculæ instaurationem insolenter adspirare non dubitaverit, in cuius adstruendæ probationem nihil præter meros stupores et rerum vel mediocrium summam ignorantionem attulit, et fabulam ea ratione authore dignissimam reliquit. Neque ideo tantum ad scribendum animum appulisse videtur ut Præ-Adamitas induceret, sed ut furore correptus et amentia in Ecclesiam Religionemque Christianam debaccharetur. Quorsum enim toties intempestive adeo digreditur, resque sibi nullomodo conducentes infœliciter attingit ? Ecclesiæ sane et eruditorum abutitur patientia, dum e suo cerebro ea expromit quæ nullis rationibus, nulloque idoneo teste confirmantur, et Christianos omnes talibus commentis ludificatur. Quibus omnibus refellendis grandes paginas implere potuissemus, si quid authoritatis habere posse putassemus, sed ab iis abstinemus ne tam manifestis nugis pondus aliquod dare videamur. Christiani sumus, eoque nomine Deo Præpotenti nos gratias debere immortales agnoscimus unique Ecclesiæ Romanæ natos nos esse obtestamus cui pro nostra in ipsam pietate hoc studii et observantiæ qualecunque sit testimonium exbibemus.

[Il est tout à fait remarquable de voir son ignorance aveugler un homme au point qu’avec une insolence digne du plus vil des animaux avides de gloire, il se permette de prétendre établir cette secte aussi folle que ridicule, car, pour l’édifier, il n’apporte aucune preuve autre que de pures stupidités et qu’une absolue méconnaissance des faits les plus banals, ce qui rend sa fable parfaitement digne de celui qui l’a créée. Il ne semble pas seulement avoir eu le front de prendre la plume pour inventer ses préadamites, mais aussi, sous l’emprise de la furie et la démence, pour s’emporter contre l’Église et la religion catholiques. À battre si mal à propos la campagne en tous sens, a-t-on jamais trouvé autre chose que des chemins qui mènent désespérément nulle part ? Il abuse entièrement de la patience de l’Église et des savants quand il tire de sa cervelle des idées que ne confirment aucun raisonnement ni aucun témoignage crédible, et quand ses déductions tournent tous les chrétiens en dérision. Nous aurions pu noircir force grandes pages pour les réfuter si nous avions pensé qu’ils pussent avoir une quelconque autorité, mais nous nous en sommes abstenus pour ne pas sembler donner le moindre poids à de si manifestes sornettes. Nous sommes chrétiens et devons donc des grâces éternelles à Dieu tout-puissant, en protestant que nous ne sommes nés que pour l’Église romaine et en mettant soin et respect à manifester tous les témoignages de notre piété à son égard]. {g}


  1. « Eusèbe le Romain », avec probable référence à Eusèbe de Césarée, fondateur de l’histoire ecclésiastique chrétienne (v. note [23], lettre 535).

    Certains bibliographes ont attribué ce pseudonyme à un beaucoup plus obscur théologien, dénommé Philippe Le Prieur (mort en 1680) : né à Saint-Vaast-d’Équiqueville dans le Pays de Caux (Seine-Maritime) au début du xviie s., il professait la théologie à Paris, mais se vit contraint, en 1660, pour des motifs ignorés, de quitter sa chaire ; il se retira dans une petite ville et revint au bout de 14 ans dans la capitale ; on lui doit des éditions de quelques Pères de l’Église et des livres d’histoire ecclésiastique (G.D.U. xixe s.).

  2. V. note [11], lettre 290.

  3. Res diplomatica, v. note [8] du Naudæana 3.

  4. V. notule {c}, note [35], lettre 242, et l’addition de Vitry dans la note [32] du Naudæana 3.

  5. V. note [16], lettre 985.

  6. Les Animadversiones d’Eusebius Romanus sont composées de dix chapitres, dont les titres résument l’argumentaire tautologique, fondé sur les passages de la Bible que Peyrère a mis en doute (sous couvert de l’anonymat).

    1. Vicennalis exercitatio Præ-Adamitarum dispungitur, trium versuum 12. 13. et 14. cap. 5 Epist. ad Rom. germanus sensus e Patribus eruitur B. Paulus defenditur [Vingt années de réflexion sur les préadamites sont effacées, le sens authentique des versets 12, 13 et 14, chapitre 5 de l’Épître aux Romains est mis au jour par les écrits des Pères, saint Paul est défendu].

    2. Adamum primum hominum fuisse evincitur, Genesis illustratur scriptoris protervia et temeritas exploduntur [Il est prouvé qu’Adam a été le premier des hommes, la Genèse est éclairée, l’effronterie et la témérité de l’auteur (Peyrère) sont condamnées].

    3. Mors Adami : eiusque conditio et status in Paradiso examinantur, atque ex conciliis et Patribus adstruuntur [La mort d’Adam, sa condition et sa situation au paradis sont examinées, en sappuyant sur les conciles et les Pères de l’Église].

    4. Iudæorum elogia perstringuntur, quinam fuerint filii Dei et filii hominum inquiritur, Geneseos locus explicatur [Les textes des juifs sont brièvement survolés pour essayer de savoir qui y seraient les fils de Dieu et les fils des hommes, le passage de la Genèse est expliqué].

    5. Caini genus recensetur, vita et matrimonium explicantur, urbis Enochiæ extructio, cæteraque nonnulla deteguntur [La lignée de Caïn est examinée, sa vie et son mariage sont expliqués, la construction de la ville d’Hénoch (fils de Caïn) et quelques autres faits sont éclaircis].

    6. Veritas Evangelii de obscuritate Solis moriente Christo Domino asseritur, et cætera miracula ab impiissimis conatibus vindicantur [La vérité de l’Évangile sur l’obscurcissement du Soleil au moment de la mort du Christ notre Seigneur est affirmée, et d’autres miracles sont défendus contre des attaques extrêmement impies].

    7. Diluvii Noacici historia recensetur, Genesis textus excutitur, hesterna deliria refelluntur [L’histoire du Déluge de Noé est revue, le texte de la Genèse est fouillé, de récents délires sont réfutés].

    8. Mosis authoritas et antiquitas commendantur genuinumque ipsius fœtum esse Pentateuchum ostenditur [L’autorité et l’antiquité de Moïse sont louées, il est montré qu’il est l’authentique auteur du Pentateuque].

    9. Artium et scientiarum quarundam initia ex ethnicis profanisque scriptoribus disquiruntur, atque a Patribus rei veritas asseritur [Les débuts des arts et des sciences sont recherchés ches les écrivains payens et profanes, et la vérité des faits est établie par les Pères].

    10. Imperiorum quorundam antiquitas discutitur, hominum propagatio post diluvium ostenditur, nonnullorum fictitia vetustas rejicitur [L’antiquité de certains empires est examinée, la multiplication des hommes après le déluge est montrée, l’ancienneté de certains peuples est rejetée comme fictive].

  7. Pages 108‑109.

  8. Ma version française est moins une traduction fidèle qu’une broderie sur un latin prétentieux mais fort médiocre.


Tout cela surprend tout de même énormément venant d’un esprit ayant la trempe d’un Mabillon, même avec l’excuse de ses 24 années d’âge. J’opterais donc volontiers pour une attribution erronée des Animadversiones, qu’aurait alors commises un anonyme de moindre envergure : le dénommé Le Prieur, cité dans la seconde notule {a} supra.

Il n’en demeure pas moins que Mabillon a réutilisé son mystérieux pseudonyme dans un ouvrage érudit, dont il est sûrement l’auteur :

Eusebii Romani ad Theophilum Gallum Epistola de Cultu Sanctorum ignotorum.

[Lettre d’Eusebius Romanus à Theophilus Gallus sur le Culte de saints inconnus]. {a}


  1. Paris, Petrus et Imbertus De Bats, 1698, in‑4o de 31 pages : critique fondée sur une analyse minutieuse d’inscriptions tumulaires antiques qui ont abouti à des sanctifications douteuses. Cette lettre a été rééditée, augmentée, corrigée et précédée d’un avertissement de Jean Mabillon : Paris, Carlous Robustel, 1705, in‑8o de 131 pages.

3.

« la Décade médicale de François Duport [Paris, 1613, v. note [2], lettre 359] et des Mélanges médicaux de Henrick Smet [Francfort, 1611, v. note [17], lettre 181]. »

4.

La malléole est le nom de deux saillies osseuses, situées l’une au côté interne et l’autre au côté externe de la cheville ; la première est une éminence du tibia, la seconde est formée par l’extrémité tarsienne du péroné (fibula) ; ce mot vient du latin malleolus, diminutif de malleus, maillet ; Ambroise Paré a varié sur le genre de malléole à cause du latin et de la finale ; aujourd’hui malléole est constamment féminin (Littré DLF).

La goutte crampe est une « espèce de goutte et d’engourdissement, ou de convulsion causée par une vapeur crasse et lente qui est entre les membranes des muscles, qui fait retirer ou étendre le cou, les bras et les jambes avec une violente douleur qui n’est pas de durée » (Furetière). Les douleurs décrites ici par Hugues ii de Salins peuvent par leur distribution plutôt faire penser à une sciatique (qu’on appelait alors goutte sciatique) qu’à de simples crampes.

5.

« par un esprit flatulent ».

6.

V. note [1], lettre 361, pour ces deux ouvrages majeurs de Jean Fernel : Pathologie et Méthode (ou Thérapeutique universelle).

7.

V. notes [1], lettre 80, pour Guillaume Plancy (Plantius), neveu et secrétaire de Jean Fernel, et [13], lettre 88, pour les Éloges de Scévole i de Sainte-Marthe. Celui de Fernel se trouve dans le livre i, pages 104‑106, de l’édition française de 1644 (v. note [13], lettre 88), avec ces deux mémorables remarques :

« Ce grand et admirable génie eut un avantage qui depuis plusieurs siècles n’est arrivé, ce me semble, à pas un homme du monde, pour docte et pour célèbre qu’il ait été : c’est que de son vivant et en sa présence même, il vit lire dans les écoles publiques les divers traités qu’il avait composés sur toute la médecine […]. Comme il prenait à Paris le soin de visiter et de guérir les malades, il fit si bien ses affaires dans cette utile fonction qu’il se guérit lui-même de la pauvreté. »

8.

V. notes :

  • [25] et [23], lettre 449, pour Frédéric ier Barberousse, empereur germanique du xiie s., et le livre « Des trois Imposteurs » ;

  • [2], lettre 59, pour Mathieu Paris, chroniqueur bénédictin du xiiie s., et son Historia maior [Grande Histoire], et [3], lettre de Samuel Sorbière datée du 15 octobre 1646, pour Guillaume Pelé, l’imprimeur parisien qui l’a publiée in‑fo en 1644 ;

  • [20], lettre 468, pour la réponse de Guy Patin à la question de Hugues ii de Salins sur ce livre.

a.

Lettre de Hugues ii de Salins « À Monsieur/ Monsieur Patin père docteur/ Régent et professeur du Roy en/ Médecine en sa maison en la place/ du Chevalier du guet/ À Paris » : ms BIU Santé no 2007, fos 327 ro‑328 ro.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Hugues II de Salins à Guy Patin, le 3 mars 1657.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9008
(Consulté le 08.10.2022)

Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.