À Charles Spon, le 21 avril 1643
Note [15]

Aristote, philosophe grec du ive s. av. J.‑C., qui fonda l’École péripatéticienne et fut le précepteur d’Alexandre le Grand, a exercé une influence immense sur la pensée et les sciences de l’Europe à partir du xiie s., quand les Arabes y eurent introduit ses écrits commentés. Ces traités fondèrent la philosophie scolastique qui, mêlant la théologie chrétienne et un péripatétisme fort déformé par rapport à sa source, servit de modèle à la plupart des Écoles occidentales. Aristote a consacré plusieurs ouvrages à la description des êtres vivants, et la médecine en tira nombre d’enseignements et de dogmes qui s’ajoutèrent à ceux d’Hippocrate dont il avait soigneusement étudié les écrits. Fondateur de l’anatomie comparée des animaux, Aristote a décrit les parties du corps humain avec plus ou moins de bonheur quant à leur physiologie : trachée-artère, aorte, veines, uretères, rate, foie, etc. Sa conception erronée du mouvement et de la fonction du sang a largement alimenté les querelles sur la circulation. La théorie aristotélicienne de la santé était fondée sur le principe d’équilibre : les maladies sont toujours causées par excès ou par défaut, principalement de chaleur ou d’humidité ; elles sont souvent guéries par l’excès contraire ; la santé est l’état moyen. Quant à l’âme, ce sont les sensations qui y engendrent les idées.

Le mouvement philosophique du temps de Guy Patin s’est en bonne partie établi sur la critique de la scolastique et du péripatétisme : Ramus, Bacon, Descartes, Gassendi, etc.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 21 avril 1643. Note 15

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(Consulté le 20.04.2021)

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