Services fortement perturbés

[Mise à jour du 7 juillet 2020 : retour progressif  à la normale pour nos services en ligne. Nous vous remercions pour votre patience.]

En raison d’importants travaux de mise en sécurité, la bibliothèque sera privée d’alimentation électrique du 20 au 30 juin et l’activité sur place sera interrompue.

Tous les services en ligne installés sur nos serveurs (site Internet, Medica, BiumInfo, Base biographique, Banque d’images et de portraits, sites des sociétés savantes et leurs revues, éditions critiques, expositions virtuelles, blog de la BIU Santé, etc.) risquent d’être indisponibles pendant tout ou partie de cette période.

Le service de fourniture de document à distance (prêt entre bibliothèques, Ebooks on Demand) est fermé jusqu’au 1er juillet.

Pendant cette période vous avez néanmoins accès :

– à notre catalogue

– à une partie des ressources en ligne accès via vos identifiants ENT pour les usagers d’Ex Paris Descartes

– aux 18 709 documents issus de la bibliothèque numérique Medica accessibles sur la plateforme Archive.org  dans le cadre de  Medical Heritage Library

– aux 3820  portraits issus de la Banque d’images et de portraits partagés dans Wikimedia

– à Calames, le catalogue collectif des manuscrits et archives de l’Enseignement supérieur, où tous les manuscrits de la BIU Santé sont signalés.

Pour toute question, les bibliothécaires sont à votre disposition en télétravail. Vous pouvez nous contacter aux adresses suivantes :

Pour la médecine : info-med@biusante.parisdescartes.fr

Pour la pharmacie : info-pharma@biusante.parisdescartes.fr

Pour l’histoire de la santé : info-hist@biusante.parisdescartes.fr

Nous vous remercions de votre compréhension et nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

 

JNBDS : rendez-vous en 2021 !

En 2017, 2018 et 2019, la BIU Santé accueillait les Journées nationales des bibliothécaires et documentalistes en santé (JNBDS).

L’année universitaire 2019-2020 devait elle aussi se clore sur cet événement enthousiasmant et fédérateur. Malheureusement, les circonstances en ont décidé autrement et nous avons eu le regret de devoir annuler cette quatrième édition.

Rendez-vous apprécié des professionnels de la documentation issus d’établissements variés répartis sur tout le territoire national, cette rencontre est l’occasion d’échanger sur les pratiques, de mutualiser les idées et les expériences, de jeter les bases de nouveaux projets et de futures collaborations.

Lors des JNBDS, ateliers, conférences, temps d’échange et de convivialité se succèdent au cours d’une journée estivale intense et riche de ce que chacun apporte avec soi (qu’il s’agisse de projets professionnels ou de spécialités culinaires régionales).

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Accueil et ouverture de l’édition 2019.

Fruits de la collaboration de la BIU Santé (Direction des bibliothèques d’Université de Paris), du réseau RNDH (réseau national des documentalistes hospitaliers) et du Sidoc (Sciences Infirmières DOCumentation), les JNBDS ont pour vocation de rassembler autour de thématiques communes bibliothécaires et documentalistes : accueil des publics, services d’aide à la recherche, fourniture de document, utilisation des bases de données, formation des usagers, connaissance de l’environnement éditorial propre aux disciplines de santé…

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Atelier et interventions en plénière dans le Grand Amphithéâtre
du 12 rue de l’École de Médecine lors de l’édition 2019.

Nul doute que la période particulière que nous traversons depuis plusieurs mois aura des répercussions sur nos pratiques professionnelles. Plus que jamais, l’existence d’un réseau de professionnels de la documentation partageant des expériences et des valeurs communes a révélé son importance dans un monde où la diffusion de l’information scientifique est au cœur d’enjeux majeurs et résolument contemporains.

Nous espérons donc vous accueillir nombreux en 2021 à l’occasion de la quatrième JNBDS !

En attendant, vous pouvez dès à présent retrouver les vidéos et supports de présentation des années précédentes sur notre site internet :

JNBDS 2017

JNBDS 2018

JNBDS 2019

Le comité d’organisation des JNBDS

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Portrait de groupe dans le grand escalier du 12 rue de l’École de Médecine lors de l’édition 2019.

 

«Métadictionnaire médical multilingue de la bibliothèque numérique Medica»: un nouveau projet de la BIU Santé financé par Collex-Persée

La BIU Santé, en collaboration avec l’UMR 8167 « Orient & Méditerranée Textes Archéologie Histoire », a répondu en janvier 2020 à un appel à projets de Collex-Persée « portant sur de la numérisation enrichie et du développement de services à la recherche en impliquant chercheurs et professionnels de l’information ». Les résultats ont été publiés le 20 mai dernier : le projet de « Métadictionnaire médical multilingue » a été retenu parmi les projets lauréats.

Exploiter, enrichir, rénover le socle des dictionnaires de Medica

Une partie des dictionnaires numérisés dans Medica

Actuellement, au sein de la bibliothèque numérique Medica, 49 dictionnaires médicaux et encyclopédies (XVIIIe-XXe s.) sont interrogeables grâce à une interface spécifique  : entrer un (début de) mot-clé fait accéder aux vedettes des articles, indexées dans les 331 643 pages des 453 volumes.

Le projet, en produisant un nouvel outil et de nouvelles données, valorisera doublement ce trésor lexical et scientifique.

L’usager naviguera dans un corpus élargi à plusieurs dictionnaires majeurs du XVIIe s. (vedettes en grec et / ou latin) grâce à une nouvelle application qui donnera accès à la liste alphabétique continue de tous les mots du corpus (« métadictionnaire »). Les résultats d’une même requête seront considérablement enrichis: s’appuyant sur les données lexicographiques fournies par une dizaine de dictionnaires représentatifs, dans les corps d’article (variantes orthographiques, étymologies, traductions, synonymes, antonymes, hyperonymes et hyponymes, renvois divers) comme à la fin des volumes (index et glossaires), l’application suggérera, à travers une interface intuitive, des liens entre des mots actuellement dissociés par l’orthographe, par la langue (français, anglais, latin et grec ancien, mais aussi allemand, espagnol, italien), ou encore par l’évolution des usages.

Mutualisation des données produites

Par ailleurs, les données lexicographiques recueillies, matériau inédit d’un grand intérêt pour la recherche en histoire de la santé et pour l’étude de l’évolution des lexiques spécialisés en français ou du devenir des termes anciens dans nos langues scientifiques modernes, seront déposées en accès libre sur Medica.

L’équipe projet

Les porteurs du projet sont Jean-François Vincent, conservateur au service d’histoire de la santé de la BIU Santé (Direction des bibliothèques d’Université de Paris), et Nathalie Rousseau, maîtresse de conférences en linguistique grecque à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, membre de l’Institut universitaire de France et responsable de l’axe consacré au lexique médical au sein de l’équipe « Médecine grecque et littérature technique » de l’UMR 8167 « Orient & Méditerranée Textes Archéologie Histoire ».

Cette tentative ambitieuse renouvelle un compagnonnage de vingt années entre l’équipe « Médecine grecque » de l’UMR 8167 « Orient & Méditerranée Textes Archéologie Histoire » et la BIU Santé qui a déjà porté beaucoup de fruits (réalisation du Corpus des médecins de l’Antiquité de Medica, organisation de journées d’études, publications d’actes de colloques…)

Les travaux bénéficieront de la collaboration de Sylvie Bazin-Tacchella, professeure en histoire de la langue à l’Université de Lorraine, spécialiste des premiers textes médicaux en français, qui dirige le projet de Dictionnaire du Moyen Français au sein du laboratoire ATILF (Analyse et Traitement Informatique de la Langue Française, UMR 7118 – CNRS et Université de Lorraine.)

L’équipe comporte plusieurs membres du service d’histoire de la santé et du département de l’informatique de la BIU Santé ; le soutien de Collex-Persée permettra de la renforcer en recrutant un personne de plus, et d’avoir recours à des prestataires spécialisés.

Un projet longuement préparé

La phase préparatoire du projet, encouragée par une bourse individuelle accordée à Nathalie Rousseau en 2018 par Collex-Persée, a été menée tout au long de l’année 2019. Les travaux effectués ont permis de souder l’équipe et de réfléchir de façon déjà très approfondie, sous l’angle à la fois technique et scientifique, aux résultats attendus, aux priorités de traitement au sein du corpus des dictionnaires, et aux modalités de restructuration et d’enrichissement des données.

La durée prévue du projet est de 24 mois.

Collex- PerséeLa BIU Santé est bibliothèque délégataire de Collex-Persée en sciences de la santé, médecine, odontologie, pharmacie, cosmétologie et chimie.

Reprise progressive des activités – Services de substitution

Les Bibliothèques d’Université de Paris, dont la BIU Santé Médecine et la BIU Santé Pharmacie, restent fermées au public cet été. Les possibilités de réouverture pour la rentrée sont à l’étude.

Dans l’attente, un plan de reprise progressive des activités des bibliothèques permet de proposer, dans le respect des prescriptions sanitaires, des services de substitution, pour l’emprunt et le retour de documents.
Ces services concernent la BIU Santé Pharmacie et d’autres bibliothèques d’Université de Paris. Pour rappel, la BIU Santé Médecine ne prête pas de documents.

Nous vous proposons :

de réserver et retirer des documents grâce au service « BU à emporter ». Vous pouvez dès à présent effectuer vos réservations en ligne. Les premiers retraits seront possibles à partir du mardi 9 juin.
> Conditions et modalités d’accès au service

 

 

de rendre les documents empruntés, à partir du lundi 8 juin.
> Conditions et modalités d’accès de ce service

 

 

La BIU Santé reste fermée au public

Toutes les bibliothèques d’Université de Paris, dont la BIU Santé – Médecine (site Odéon) et la BIU Santé – Pharmacie (site Observatoire) restent fermées au public. La date de réouverture n’est pas connue à ce jour. Des informations seront communiquées prochainement sur les services de substitution à l’étude par les canaux habituels.

Nous vous remercions pour votre compréhension.

Le documents que vous avez empruntés avant le confinement à la BIU Santé – Pharmacie sont automatiquement prolongés jusqu’au 30 juin. Cette prolongation est automatique. Vous n’avez aucune démarche à faire.

Guide « Science ouverte » à destination des porteurs de projets ANR

Un guide « Science ouverte » à destination des porteurs de projets ANR (Agence Nationale de la Recherche) a été rédigé par le groupe Données du groupe de travail Science Ouverte du consortium Couperin.org. Ce guide a été réalisé dans le but d’aider les chercheurs à intégrer la Science ouverte aux projets lors de leur rédaction.

Guide en français

Guide en anglais

La date limite de dépôt des projets ANR (AAPG) est le mercredi 20 mai 2020. Celui-ci intègre une dimension science ouverte, notamment en ce qui concerne les données de recherche. « Les partenaires au projet déposé s’engagent en cas de financement:

  • à fournir dans les 6 mois qui suivent le démarrage du projet un plan de gestion des données (PGD) selon des modalités communiquées dans les Conditions particulières et le Règlement financier de l’ANR. »

Principal appel de l’Agence nationale de la recherche (ANR), l’Appel à projets générique 2020 (AAPG 2020) s’adresse à toutes les communautés scientifiques et à tous les acteurs publics ou privés impliqués dans la recherche française. Il doit permettre aux chercheurs et chercheuses des différents domaines scientifiques, d’accéder, en complément des financements récurrents qui leur sont alloués, à des co-financements sur un grand nombre de thématiques de recherche, finalisées ou non.

Les bibliothécaires en télétravail continuent de vous accompagner sur ces sujets. N’hésitez pas à les contacter par mail : appui-recherche-dirbib [at] listes.parisdescartes.fr

Prolongation des emprunts au 30/06

Toutes les bibliothèques d’Université de Paris restant fermées au public à ce stade, les documents que vous avez empruntés à la BIU Santé – Pharmacie sont automatiquement prolongés jusqu’au 30 juin.

 

La date à laquelle la BIU Santé – Médecine (Site Odéon) et la BIU Santé – Pharmacie (Site de l’Observatoire) pourront réouvrir n’est pas connue à ce jour. Des informations seront communiquées prochainement sur les services de substitution à l’étude.

Cette prolongation est automatique. Vous n’avez aucune démarche à faire.

Ouverture élargie aux ressources en ligne

Ouverture élargie aux ressources numériques pendant la crise sanitaire

Dès le 13 mars 2020, un appel a été lancé par des regroupements internationaux, associations de bibliothèques et organismes de recherche auprès des éditeurs scientifiques demandant une ouverture plus large des publications soumises à des abonnements payants, pendant la durée de la crise sanitaire. Cet appel a été à l’origine d’un certain nombre d’initiatives de la part d’éditeurs qui se sont mobilisés pour ouvrir leurs accès pendant cette période exceptionnelle.

De leur côté, les bibliothèques d’Université de Paris, dont la BIU Santé, mobilisent également leurs moyens humains et budgétaires pour mettre à disposition, durant cette période, des ressources numériques supplémentaires et contribuer ainsi à la continuité pédagogique et à celle des activités de recherche.

Dans le domaine de la Santé, nous vous indiquons en particulier :

 

 

Accès exceptionnel à l’intégralité des ebooks de la eLibrary Elsevier Masson: Anatomie (6 ebooks), PACES (20 ebooks), DFGSM 2-3 (11 ebooks), Réferentiels des Collèges (25 ebooks), ECNi (19 ebooks)

 

 

Accès exceptionnel à la plateforme ClincialKey en soins infirmiers : eBooks, revues, EMC Savoirs et Soins infirmiers. Public : IFSI.

 

 

Accès à la plateforme JSTOR étendu à 26 revues en Santé publique

Accès exceptionnel à une cinquantaine de manuels Springer Textbooks en anglais (médecine, sciences de la vie, biomédical).

 

Pour accéder aux ressources avec vos identifiants habituels Université de Paris (ex-Descartes ou ex-Diderot), cliquer ici.

Les bibliothécaires restent disponibles à distance pour vous renseigner. N’hésitez pas à solliciter le service de questions/réponses Biuminfo

Les fermetures de la bibliothèque, de 1395 au 17 mars 2020

Ce mardi 17 mars quelques minutes avant midi, nous étions quelques-uns à sortir par la porte du hall du 12, rue de l’École de médecine. Dans les deux heures précédentes, nous avions rangé quelques documents en cours de traitement, jeté des boîtes de petits gâteaux qui auraient pu tenter les rongeurs, vidé les réfrigérateurs, débranché des bouilloires et diverses machines électriques, fermé les portes, baissé les stores, vérifié la fermeture des fenêtres, arrosé quelques plantes à l’avenir compromis. Puis chacun est rentré chez soi au plus vite, sa première “attestation de déplacement dérogatoire” en poche,  par des rues déjà plus vides que celles d’un dimanche du mois d’août, en espérant que tout irait bien dans la bibliothèque durant les semaines suivantes.

Seules les personnes chargées de la sécurité des bâtiments sont entrées dans les locaux depuis un mois. Ni lecteurs, ni bibliothécaires.

Y a-t-il eu d’autres longues fermetures dans l’histoire de cette bibliothèque? Lesquelles? Question de curiosité, qui est l’occasion d’une promenade dans le temps long, où il y a plus de données absentes que de connaissances d’ailleurs. Sans prétention, voici quelques jalons concernant l’histoire de nos fermetures (en ne parlant que du Pôle médecine et non du Pôle pharmacie).

« La » bibliothèque de 1395 à 2020

Rappelons de quel temps long il s’agit, et sous quelle multiplicité de noms et de réalités “la” bibliothèque y apparaît. Au long de plus de six siècles, il s’agit:

  • des livres de la Faculté de médecine (connus par une première liste de novembre 1395),
  • de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris (ouverte au public le 3 mars 1746),

    Armes de l’ancienne faculté de médecine de Paris
  • de la bibliothèque de l’École de santé (1795, résultant pour commencer du rapprochement des collections de l’ancienne Faculté de médecine, de l’Académie et du Collège de chirurgie, de la Société royale de médecine notamment),
  • puis de l’École de médecine (1796, un autre nom pour une même chose),
  • puis à nouveau de la Faculté de médecine de Paris (décret du 17 mars 1808, qui dispose que “l’enseignement public, dans tout l’Empire, est confié exclusivement à l’Université”, dont les Facultés occupent le premier ordre),
  • puis de la bibliothèque de l’ancienne Faculté de médecine de Paris (après la réorganisation des facultés de médecine en 1970, on n’a pas trouvé d’autre nom pour la désigner),
  • puis de la Bibliothèque interuniversitaire C (1972; une structure trop complexe, qui n’a pas marché),
  • puis de la BIUM (Bibliothèque interuniversitaire de médecine, 1979),
  • puis de la BIU Santé (2011, après la fusion de la BIUM et de la Bibliothèque interuniversitaire de pharmacie ou BIUP),
  • puis d’une partie de la Direction des bibliothèques d’Université de Paris (2019, résultat de la fusion de la BIU Santé et du SCD de l’université Paris Descartes).

La valse des identités n’est pas finie, puisque l’année 2021 verra la fusion de la Direction des bibliothèques avec le SCD de l’ex-université Paris Diderot.

Horaires, vacances

“Fermeture”, il faut aussi préciser ce que l’on entend par là. A diverses époques de son histoire longue, la bibliothèque a fermé pendant des périodes de vacances. Aujourd’hui ces vacances sont courtes: deux semaines l’hiver et pas de fermeture l’été au Pôle médecine. Mais sous l’Ancien Régime par exemple, la bibliothèque était fermée deux mois et demi l’été, comme la Faculté, entre le 30 juin et le « jeudi après la fête de l’Exaltation de la Sainte-Croix » (14 septembre).

L’ouverture, en-dehors des périodes de vacances, est aujourd’hui la règle : actuellement, c’est tous les jours, onze heures par jour, de 9 heures à 20 heures sauf le dimanche et les jours fériés. Mais la bibliothèque de la Faculté de médecine, de son ouverture de 1746 jusqu’en 1792, ouvrait ses portes au public le jeudi après-midi, de deux heures ou deux heures et demie jusqu’à cinq ou six, selon la saison (conformément au statut qui fixait les devoirs du docteur-régent chargé de la bibliothèque); soit, si on compte bien, entre deux heures et demie et trois heures et demie par semaine…

On pourrait faire une autre fois l’histoire des ouvertures régulières, et donc des fermetures ordinaires, de la bibliothèque: ce serait un travail qui ne serait pas si facile, car les archives ne sont pas du tout complètes. Son interprétation pourrait être instructive: on aimerait comprendre par exemple comment les usagers des diverses époques se satisfaisaient (ou pas) de moments de lecture qui nous paraissent bien peu généreusement attribués.

Mais, dans la présente promenade, je n’ai cherché que les fermetures extraordinaires.

Les troubles de l’histoire

La bibliothèque a connu des fermetures qui sont liées aux troubles de l’histoire. La plus longue de toutes est due à la Révolution. C’est même plus qu’une fermeture, puisqu’il s’agit de la seule discontinuité radicale qu’a connue l’institution depuis le Moyen Âge.

Le 18 août 1792, la Faculté de médecine – comme les autres facultés – est supprimée. Sa bibliothèque est confisquée. A une date que j’ignore, les livres, qui se trouvaient au deuxième étage des anciennes Écoles de droit de la rue Saint-Jean-de-Beauvais furent déplacés, et stockés dans des “dépôts littéraires” (ces entrepôts où la Révolution a entassé les millions de livres des émigrés, des congrégations, des facultés, et dont la répartition a fait la richesse des bibliothèques publiques de France – dont la nôtre.) La bibliothèque de l’École de santé, qui hérita de toute la collection de la Faculté  et de plusieurs autres, n’ouvrit officiellement ses portes que plus de trois ans plus tard, le 17 octobre 1795, dans le bâtiment où nous la connaissons toujours, et où elle occupa surtout, pendant près d’un siècle, la salle donnant sur la cour d’honneur qui s’appelle aujourd’hui “salle Landouzy”. (D’après Franklin, Recherches… p. 75, c’est seulement à partir de 1800 que la bibliothèque a été installée dans cette salle; il cite Fourcroy, dans un discours de 1800 [Séance de l’École de médecine de Paris du 23 vendémiaire an IX. Sans doute cote BIU Santé: 90957 t. 254 n. 12, je n’ai pu vérifier], qui se réjouit de son déménagement. La bibliothèque a passé les années précédentes dans la galerie qui se trouvait au-dessus de la colonnade, et qui donnait sur l’actuelle rue de l’École de médecine.)

La politique a valu à la bibliothèque une longue fermeture en 1822 et 1823. A la rentrée solennelle du 18 novembre 1822, un chahut accueillit le vice-recteur, l’abbé Nicolle. C’est qu’il représentait l’abbé Frayssinous, nommé par le roi à la tête de l’Université. Cette nomination d’un membre du clergé à cette place était perçue comme une provocation par une partie des étudiants. Or, le pouvoir cherchait une occasion d’épurer la faculté, parce que certains professeurs restaient fidèles à la mémoire du gouvernement impérial. Ce chahut lui en donna l’occasion. La Faculé fut « supprimée » deux jours plus tard par ordonnance. C’est en février 1823 qu’une autre ordonnance la recréa, en mettant en retraite onze professeurs, parmi lesquels d’ailleurs Moreau de la Sarthe, professeur-bibliothécaire. Le 10 mars, la faculté rouvrit officiellement, lors d’une séance qui eut lieu dans la salle de la bibliothèque. Donc au terme d’une fermeture de près de quatre mois, la seconde plus longue de l’histoire pour la bibliothèque jusqu’à présent, et la seconde qui fut due à une suppression pure et simple de l’institution.

Les bouleversements successifs du XIXe et du XXe siècles se sont-ils accompagnés de périodes de fermeture? Les journées de 1830, de 1848, la guerre de 1870, la Commune, ont-elles perturbé le fonctionnement de la bibliothèque? Le contraire serait étonnant, mais je n’ai pas trouvé d’éléments déterminants dans les périodiques ni dans les livres que j’ai sous la main. Des indices indiquent tout de même de sérieuses perturbations à la Faculté de médecine en 1870 et 1871: des étudiants parisiens sont allés passer leurs examens à Montpellier ; l’ouverture des cours du second semestre a été retardée jusqu’à la fin mars 1871 (au moins.)

Durant les deux guerres mondiales, la bibliothèque a semble-t-il continué de fonctionner, avec des horaires réduits: de l’avantage de commencer les guerres pendant les vacances universitaires; cela permet aux bibliothèques de s’organiser pour ouvrir à la rentrée.

En revanche en mai 1968, la bibliothèque a été fermée, comme tous les établissements universitaires. Le personnel, se souvient notre collègue Janine Samion-Contet dans sa chronique de la bibliothèque, entrait dans le bâtiment avec un laissez-passer. Je ne sais dans quelle mesure (faible, j’imagine?) le fonctionnement interne de la bibliothèque a été touché par les grèves.

Hormis la Révolution donc, l’épisode de 1822, et peut-être 1870-71, les grands événements n’ont pas ou n’ont guère empêché les lecteurs de venir à la bibliothèque.

Les bâtiments

L’histoire des bâtiments a provoqué quelques fermetures, dont deux sont vraiment notables.

Ouverte à partir de 1746 rue de la Bûcherie, la bibliothèque a connu la décrépitude de ces lieux où la Faculté de médecine vivait depuis le XVe siècle. La Faculté de médecine, dans la misère, se vit attribuer les anciennes Écoles de droit, rue Saint-Jean-de-Beauvais, pour remplacer ses locaux qui menaçaient ruine, et elle y déménagea en 1775. On sait par les Commentaires (ces registres manuscrits où les doyens de la Faculté de médecine ont tenu le journal de leurs décanats de 1395 à 1786) qu’en conséquence de ce déménagement l’ouverture de la bibliothèque ne se fit pas cette année-là à la date habituelle.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris. Années 1764-1777. BIU Santé, Ms 23.

La bibliothèque s’est installée rue Saint-Jean-de-Beauvais dans les locaux du second étage en 1776. Y a-t-il eu un service provisoire entre septembre 1775 et cette date ? On l’ignore.

Après la Révolution et sa refondation, la bibliothèque a occupé l’actuelle salle Landouzy sans discontinuer depuis 1800, en servant dans des conditions de plus en plus difficiles un public de plus en plus nombreux. La Faculté, à l’étroit, ne parvint qu’après des décennies d’effort et d’attente à s’agrandir et, notamment, à mieux loger sa bibliothèque. Le projet retenu, celui de Léon Ginain, ne fut réalisé qu’avec beaucoup de délais. C’est le 4 décembre 1891 que, sans tambours ni trompettes, la grande salle que nous connaissons fut ouverte au public; apparemment cette ouverture ne fut pas précédée par une fermeture notable (il avait bien fallu pourtant déménager les collections?)

[La salle de lecture de la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris en 1900]
Mais ce nouvel aménagement ne fut pas longtemps suffisant: il fallut, en 1908, rehausser le plancher de la salle de trois mètres afin d’aménager, au-dessous, un vaste magasin capable, pour un moment plus court qu’on ne l’avait espéré, de stocker des collections dont l’accroissement se faisait avec une rapidité considérable. Et cette fois, pas moyen d’éviter une fermeture! Elle ne dura pourtant que du 1er juillet au mardi 3 novembre à 11 heures du matin. On peut juger ce délai court, vu l’ampleur des travaux qui furent effectués. C’est que la Faculté tournait à plein régime et que la bibliothèque recevait un public nombreux, à cette période où la médecine parisienne était au sommet de sa gloire.

Transformation de la salle de lecture. État des travaux, fin juillet 1908

La phase de grands travaux suivante eut lieu après la seconde guerre mondiale, de 1949 à 1952 pour l’essentiel: réalisation de la mezzanine où se trouve la “salle d’actualité” (qui fut d’abord la salle des périodiques), grands aménagements de magasins (côté Saint-Germain), réalisation du troisième étage de galeries aux murs de la salle de lecture. D’après Janine Samion-Contet (qui les a vu faire), ils furent réalisés “sans pour cela suspendre, dans la mesure du possible, l’activité de la Bibliothèque”.

Il n’y eut apparemment pas davantage de fermeture notable lorsque, en 1962, la bibliothèque put réaliser huit étages de magasins et une salle de réserve pour ses livres les plus rares et précieux, au bord de la rue Hautefeuille, grâce au départ de laboratoires vers la rue des Saints-Pères, et grâce à la démolition d’un immense amphithéâtre.

Les autres fermetures dont nous avons connaissance ont été brèves, et anecdotiques. En 1497, nous apprend Franklin, un vol de livres valut à son auteur trois mois de prison (c’était le bon temps) et à la bibliothèque une fermeture dont on ignore la durée. Un peu plus tard on acheta le nécessaire pour enchaîner les livres au bureau où on les consultait. (Par parenthèses, je ne crois pas avoir lu d’autres indications au sujet d’un local de bibliothèque médiéval, sinon un très étrange règlement en vers qui est édité  par Sabatier dans ses Recherches historiques sur la Faculté de médecine de Paris (1837) et aventureusement daté par lui de 1395. Il y avait quelque chose comme une salle de bibliothèque en tout cas.) Telle inondation, ou très récemment telle manifestation commerciale, ou telle émotion politique, ont conduit à des fermetures ponctuelles dont, quelques années après, on peinerait à retrouver la trace.

Au fil des siècles, deux ou peut-être trois fermetures ont été aussi longues que celle que le SARS-CoV-2 nous inflige à tous: celle, de durée inconnue, qui a accompagné le déménagement de 1775; celle qui a suivi la suppression de la Faculté en 1792; et celle qu’a imposé le réaménagement complet de la grande salle de lecture en 1908. Peut-être 1870-1871 ont-elles aussi été perturbées, il faudrait trouver plus d’éléments.

Remarquons pour finir que cette fermeture est la première où la bibliothèque est capable d’offrir un service significatif en ayant portes closes, grâce à la documentation numérique et au télétravail. Profitez-en. Pendant la fermeture la bibliothèque reste à votre service.

Jean-François Vincent
16 avril 2020 (mis à jour le 7 mai 2020)
avec l’aide de Carine Fréard, BIU Santé,
et le précieux concours de Juliette Jestaz, conservatrice à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris

Références

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
Cotes: Ms 1 à Ms 24
En ligne pour une large part dans Medica: https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?ms00001_00024

Bermingham, Michel.
Traduction des statuts des docteurs-régens de la faculté de médecine en l’université de Paris
Paris : Depoilly , 1754.
Cote : 90958 t. 62 n° 3.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?90958x62x03

Sabatier, J.C.
Recherches historiques sur la Faculté de médecine de Paris, depuis son origine jusqu’à nos jours. Paris, chez J.B. Baillière, 1837.
Cote : 39659.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?39659

Corlieu, Auguste.
L’ancienne faculté de médecine de Paris
Paris : V. Adrien Delahaye et Cie, 1877.
Cote : 34729.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?34729

Corlieu, Auguste.
Centenaire de la Faculté de médecine de Paris (1794-1894)
Paris : Imprimerie nationale, 1896.
Cote : 9858.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?09858×01

Franklin, Alfred.
« La Faculté de médecine »
In : Histoire générale de Paris : les anciennes bibliothèques de Paris, 1867-1873, pp. 13-65
Cote : 8880.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?08880

Franklin, Alfred.
Recherches sur la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris
Paris, Aubry, 1864.
Cote : 350508.
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica/cote?350508

Hahn, André; Dumaître, Paule; Samion-Contet, Janine.
Histoire de la médecine et du livre médical à la lumière des collections de la Bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris
Paris, Olivier Perrin, 1962

Samion-Contet, Janine.
La bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris : 1733-1970
Paris, Biblitohèque interuniversitaire de santé, 2017
Cote: HM Bibl Med 8

Guides de l’étudiant dans Medica (20 titres numérisés)
https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?intro=guideetu

Périodiques numérisés dans Medica
https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/periodiques.php

En raison du confinement, je n’ai pas pu consulter la thèse d’André Hahn, La bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris : aperçu historique de son développement et de son fonctionnement dans ses rapports avec l’évolution des sciences médicales et biologiques suivi d’un index complémentaire de bibliographie médicale (1929), mais le travail récent de Janine Samion-Contet y a largement recours. Je n’ai pu consulter aucun document d’archive non numérisé.

 

Bibliothécaires confinés mais connectés

Pendant le confinement, les bibliothécaires en télétravail d’Université de Paris restent à votre disposition. A la BIU Santé, une équipe est mobilisée  pour vous aider dans les domaines qui sont les siens : médecine, pharmacie, odontologie, soins infirmiers, kinésithérapie, bref toutes les disciplines médicales et paramédicales… mais aussi l’histoire de la santé, le droit de la  santé, etc.

Le service de questions / réponses de la BIU Santé, Biuminfo, est gratuit et ouvert à tous, praticiens comme particuliers, universitaires ou non, étudiants ou non : en somme, tous ceux qui ont besoin de l’aide des bibliothécaires. Grâce aux catalogues en ligne, aux bases de données, spécialisées, aux moteurs de recherche, nous pouvons prendre en charge vos questions.

A noter :  Biuminfo est un service assuré par des bibliothécaires, pas des médecins. Il ne s’agit en aucun cas d’une téléconsultation médicale.

Depuis le début du confinement, BiumInfo a répondu à plus de 50 questions.

Voici quelques exemples de questions, telles que formulées par les lecteurs, et auxquelles nous avons répondu récemment :

  • Je réalise des recherches sur Rhodiola rosea dans le cadre de ma thèse et je ne trouve pas d’article qui mentionne la description botanique de la plante. Auriez-vous des ressources à me proposer?
  • Le thème de mon mémoire est l’évaluation du ressenti du médecin qui prend en charge un autre médecin dans le cadre de la maladie grave et du soin palliatif.
  • J’aimerais avoir des renseignements sur ce qui est appelé « minimal brain damage » ou dommage minimal cérébral, en neurologie pédiatrique. Est-ce qu’elle n’existait que dans les années 1970 ?  Est-ce qu’on n’entend plus la même chose actuellement à ce sujet qu’auparavant ? Est-ce que cette notion revient à « la mode » ?
  • J’aurais besoin d’une bibliographie sur le sujet suivant : la cinétique et plus précisément la cinétique du dosage des chaînes légères libres dans le myélome multiple.
  • Je vous contacte au sujet d’un article que je me prépare à écrire sur un travail que j’ai effectué. Il s’agit de la création d’un outil d’aide à la décision médicale partagée portant sur les infections urinaires basses simples (cystites simple) et permet de discuter avec les patientes de la prescription ou non d’antibiotique. J’aurais voulu avoir votre avis sur les revues qui seraient intéressées par le sujet selon vous. Notre objectif est de viser des revues internationales en anglais, avec un IF > 1
  • J’aimerais savoir si dans les années 1860, la médecine légale était en mesure de déterminer à partir de son cadavre si une femme avait eu des enfants.
  • Je fais une recherche sur un médecin neurologue qui a exercé quai Lamenais à Rennes en 1958, pouvez-vous me retrouver son nom ?
  • Pourriez-vous me préciser qui s’est présenté pour la chaire d’Histoire de la Médecine en 1911 ? Et quels en ont été (ou qui a été) titulaire(s) cette même année 1911 ?
  • J’aimerais savoir ce que l’on désignait par « avoir des clous » (au bras, à la jambe), au XVIIIeme siècle ? Est-ce accompagné de fièvre ? A quoi cela correspond-il ?
  • Je suis à la recherche d’informations médicales concernant Maurice VERDUN (1885-1968) notamment sur sa Thèse de Doctorat de Médecine, après des études médicales à Reims. Il a été interne de Paris (1908)  et après ? De même, avez-vous des informations concernant son cursus hospitalier ou des références concernant ses travaux scientifiques ultérieurs et ses publications
  • Je recherche la thèse de Christian Roudil soutenue à Rouen sous la présidence du Pr. Dailly Robert  dans les années fin 1960 début 1970

Mais nous n’avons pas toujours réponse à tout, et les questions suivantes sont restées sans réponse :

  • Can I order a reproduction (art print) of Leonardo da Vinci’s « Mona Lisa »?
  • J’ai une clinique et je veux qu’on travaille ensemble pour sauver la population.

Contactez-nous !

L’informateur médical, 1923 https://www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/image?med100129x1923x0057