À Claude II Belin, le 6 mars 1650
Note [9]

Johann-Heinrich Alsted (Alstedius) a décrit tous ces médicaments dans le 3e tome de son Encyclopædia universa : {a} tome iii, pages 556‑557, livre xxvii, Loci medicinales [Citations médicinales] ; section i, Ex mente Hippocratis et Galeni [D’après la pensée d’Hippocrate et Galien] ; chapitre vi, Pharmaceutica delineantur [Description des médicaments] ; règle xvi, Magnum est operæ pretium in promptu habere præcipua medicamenta πολυχρησα : e quibus sequentia præcipuam laudem obtinent [Il y a grand intérêt à avoir sous la main les principaux médicaments indispensables ; parmi lesquels ceux qui suivent méritent d’être particulièrement loués]. Les onze extraits que j’en ai tirés montrent la crédulité de l’auteur et son vif intérêt pour les panacées, végétales ou minérales, simples ou composées, qui irritaient fort Guy Patin. Le tout forme, il est vrai, un étourdissant fatras.

  1. Aloe […] cadavera a corruptione et interitu præservat : et humores in corporibus vivis ab omni corruptione vindicat, usque adeo, ut febribus putridis, malignis, contagiosis et pestilentibus materiam non relinquat. Si quod visus extra pulmones, vesicam, et alvum cariem sensit, aloe suppetitias fert. Nec est quod quisquam vermes, lumbricos, et alia id genus animalia in ventre propigni, aut permanere posse metuat, si aloen crebro assumpserit : cum nihil in homine vivere permittat, nisi quod ad eius partes vel vitam spectat. Quod si caput catharris obnoxium, humido et æstuanti ventriculo respondeat, et defluxiones ad articulos ruituras molitur, aloe has subtrahit ; adeo ut clarissimi medici ausi fuerint iis, qui sibi continuum aloes usum familiarem fecerint, polliceri, eos ab omni podagra et arthritide securos fore. Merito itaque aloe dicitur basis medicinæ, tertia medicinæ pars, et parva panacea. Cavendum tamen est, ne modum excedamus usu nobilissimi huius medicamenti : quod Calvinum fecisse author est Beza in ipsius vita. Nam ex immodici aloes usu incidit in hæmorroidas ulcerosas, et in sanguinis excreationem.

    [L’aloès {b} (…) préserve les cadavres de la pourriture et de la destruction ; dans les corps vivants, il protège les humeurs contre toute corruption, à tel point qu’il ne laisse aucune matière aux fièvres putrides, malignes contagieuses et pestilentielles. S’il se trouve quelque sanie en dehors des poumons, de la vessie et de l’intestin, l’aloès y remédie. S’il a souvent pris de l’aloès, nul n’a rien à craindre des vers, tænias et autre animaux de ce genre qui naissent dans le ventre ou peuvent y demeurer, car il ne permet à rien de vivre en l’homme, hormis ce qui est utile aux parties de son corps ou à son existence. Si quelque catarrhe afflige la tête, engendrant un bouillonnement humide de l’estomac et un afflux d’épanchements dans les membres, l’aloès supprime tout cela ; à tel point que les médecins les plus brillants ont eu l’audace de promettre à ceux qui font régulièrement usage de l’aloès qu’ils seront à l’abri de toute podagre et de toute arthrite. Il est donc juste de dire que l’aloès est un socle de la médecine, son troisième pilier {c} et une peu coûteuse panacée. Il faut néanmoins se garder d’abuser de ce remarquable médicament, comme fit Calvin, selon ce que de Bèze en a dit en sa biographie. De fait la consommation excessive d’aloès engendre des ulcérations hémorroïdales et des crachements de sang]. {d}


    1. Lyon, 1649, v. note [11], lettre 203.

    2. V. note [8], lettre 169.

    3. Dans l’esprit philosophique d’Alstedius, la médecine se divisait en trois parties : physiologie, hygiène (ou diététique) et pharmacie (qu’il semblait ici vouloir résumer à l’aloès…).

    4. V. note [7], lettre 1023, pour la correspondance de Jean Calvin (Lausanne, 1576), précédée de sa vie, écrite par Théodore de Bèze. On y lit à l’avant-dernière page (année 1564) :

      Sed et partim ex vocis contentione, partim quod sero nimis animadversum est, ex immodico aloes usu, primum in hæmorroidas easque tandem ulcerosas, deinde quinque ante mortem annis in sanguinis excreationem aliquoties incidit.

      [Toutefois, à cause, en partie, de la contestation de sa parole et, en partie, d’un usage immodéré de l’aloès, contre lequel on l’avait sérieusement mis en garde, il fut d’abord affligé d’hémorroïdes, qui finirent pas s’ulcérer, puis, dans les cinq années qui ont précédé sa mort (en 1564), de crachements intermittents de sang].


  2. Tabacum et ipsum panaceæ loco habetur ; ut infra in Tabacologia docuimus.

    [Le tabac à lui tout seul tient lieu de panacée, comme nous l’avons plus bas enseigné dans la Tabacologie]. {a}


    1. La Sectio trigesima tertia, in qua delineatur Tabacologia [Trente-troisième section, où est décrite la Tabacologie] appartient au livre xxxv du 4e tome de l’Encyclopædia d’Alstedius (pages 410‑412) ; v. note [26], lettre 1019, pour la Tabacologia de Johann Neander (Leyde, 1626).

  3. Terebenthina omnium resinarum mitissima est, et inter omnes resinas principem obtinet locum, ob vim et proprietatem balsamicam : unde et omnibus vulneribus familiarem præbet balsamum. Colligitur autem ex arbore terebenthino, omnes Germaniæ arbores facile superante liquor scilicet pinguis, totus balsamicus, clarus, pellucidus, albus, acris et odorus. Moderate calefacit, mollit, expurgat renes et universum corpus, discutit, urinam ciet, vi sua balsamitica totum corpus ab omni corruptione et putredine vindicat, adeo quidem, ut quæ hoc succo inunguntur cadavera, nunquam putrescant, uti nec lingua, nec plantæ eo illitæ.

    [La térébenthine {a} est la plus douce de toutes les résines ; parmi elles, elle tient le tout premier rang en raison de sa force et de sa vertu balsamique ; ce qui fait d’elle un baume couramment utilisé pour soigner toutes sortes de blessures. On la tire de l’arbre térébinthe, qui surpasse de loin tous les arbres d’Allemagne, car son suc est dense, entièrement balsamique, clair, transparent, blanc, âcre et odorant. Il échauffe modérément, ramollit, purge les reins et tout le corps, il dissout, {b} il incite l’urine ; par sa vertu balsamique, il met tout le corps à l’abri de toute corruption et putréfaction, à tel point que les cadavres qu’on asperge de se suc ne pourrissent jamais, non plus que les toiles de lin {c} et les plantes qu’on en a oints].


    1. V. supra note [4].

    2. Les calculs.

    3. Ma traduction a interprété lingua [la langue] comme une coquille, pour linea [toiles de lin].

  4. Lignum guaiacum, sassafras, salsaparilla, et china ; hæc inquam, vegetabilia possident maximas vires balsamicas : utpote quibus non solum gravissimi morbi curantur, sed et corpus humanum ab humorum corruptionibus liberum, et ad plures annos sartum rectumque servari potest.

    [Le bois de gaïac, le sassafras, la salsepareille et la squine {a} sont, je l’affirme, des végétaux qui possèdent de très grandes vertus balsamiques : non seulement, ils guérissent les maladies les plus graves, mais on peut aussi s’en servir pour préserver le corps humain des corruptions des humeurs, et pour le maintenir droit et sain pendant de nombreuses années].


    1. V. notes [8], lettre 90, pour le gaïac, et [4] et [5] supra, pour le sassafras, la salsepareille et la squine ; tous ces remèdes végétaux étaient employés, entre autres indications, pour traiter les maux vénériens.

  5. Ros solis, sive solaria […] omnes oculorum morbos, omnesque cordis affectus et punctiones curat ; hepar et ventriculum calidiorem contemperat, omnem capitis dolorem a calore ortum mitigat, deliria tollit, cancrum et lupum sanat, venenatorum animalium morsibus medetur, pestem arcet, aliaque secenta commoda præstat. Arnoldus de Villa-nova author est, mirum esse, hominem mori, qui quotidie aliquid de hac planta, etiam in crassa sua substantia degustaverit. Quod si ad suam tenuitatem redigatur, et a fæcibus repurgetur, poculo venenato infusa, vitrum dissilire facit ; parturientis utero alligata, fœtum illico evocat, demortuum vero ac putridum statim excutit ; gestantes, et quotidie de ea gustantes, ab astralibus morbis, epilepsia, apoplexia, paralysi etc. liberati sensus omnes et loquelam vegetam conservat etc.

    [Le rossolis {a} ou solaria (…) soigne toutes les maladies des yeux, et toutes les affection et élancements du cœur ; il rafraîchit l’estomac et le foie, apaise tous les maux de tête provoqués par la chaleur, supprime les délires, guérit le lupus {b} et le chancre, remédie aux piqûres d’animaux venimeux, chasse la peste, et rend six cents autres services. Arnauld de Villeneuve {c} a écrit être surpris de voir mourir un homme qui a consommé tous les jours quelque fragment de cette plante, même sous sa forme brute. Si elle est réduite à sa subtilité et débarassée de sa lie, puis infusée dans une potion empoisonnée, elle fait éclater le verre. Liée au col utérin d’une parturiente, elle fait venir son fœtus, qui est aussitôt expulsé, mort et putréfié ; {d} les femmes enceintes qui en absorbent quotidiennement mettent tous leurs enfants à l’abri des maladies astrales, épilepsie, apoplexie, paralysie, etc. ; {e} elle a aussi la vertu de conserver la parole alerte, etc.]


    1. V. supra note [6].

    2. On appelait lupus tout ulcère rongeant la peau (à la manière d’un loup dévorant sa proie). Ce mot a subi un curieux glissement de sens en médecine : il désigne désormais une maladie disséminée d’origine immuno-inflammatoire, dont l’atteinte cutanée peut se caractériser par une éruption du visage ayant la forme d’un loup (masque) de carnaval, autrement et plus proprement appelée vespertilio (chauve-souris en latin).

    3. V. note [1], lettre 62.

    4. Il était rarissime alors de décrire ainsi, sans détour, un remède abortif, et donc homicide (ce qui fut sa qualification jusqu’à la loi Veil de 1975) : dans mes travaux sur cette édition, je n’en ai vu aucun autre exemple imprimé.

    5. Maladies qu’on croyait placées sous l’influence des astres.

  6. Opium est succus, qui ex nigri papaveris capitibus vulneratis, vel etiam sponte sua effluit. […] Qualitas ergo illius narcotica, et soporifera, non a frigiditate oritur, sed a sulphure inflammabili, quo abundat. Non igitur mirum, si opium crudum, indigestum, minusque præparatum, multis veneni loco habeatur, eo quod paucorum granorum pondere sumptum, vitæ spiritus suffocet, mortemque adferat. At si rite præparatum, excoctum, et a suo sulphure narcotico liberatum fuerit, utile, vivifcumque anodynum evadit, quod instaurat et sedat spiritus perturbatos, ipsique dulcem et placidam quietem conciliat. Pauci profecto sunt morbi, ad quorum ferociam in ardoribus inflammationibus, languoribus, oppressionibus, vigilis, deliriis, defluxionibus, doloribus capitis, pectoris, ventriculi, ventris, uteri, vel cuiuscunque alterius partis, compescendam, opium non habeat specificam et peculiarem proprietatem, qua vel unum ex his symptomatibus seorsim, vel plura cum morbo coniuncta simul, cum admiratione adstantium, ipsorumque ægrorum vincat et subigat.

    [L’opium {a} est le suc qui s’écoule des têtes de pavot noir, spontanément ou après qu’on les a incisées. […] Sa qualité narcotique et soporifique ne vient pas de sa froideur, mais du soufre inflammable qui y abonde. {b} Il n’y a donc pas à s’étonner si beaucoup tiennent l’opium cru, non digéré et fort peu préparé, pour un poison, parce que la prise de quelques grains étouffe les esprits vitaux et entraîne la mort ; mais s’il a été correctement préparé, purifié et débarrassé de son soufre narcotique, il devient utile, vivifiant et anodin, parce qu’il rétablit et apaise les esprits perturbés, en leur procurant un repos doux et paisible. Il y a alors fort peu de maladies dont l’opium ne réduit pas la violence, qu’il s’agisse d’inflammations {c} ardentes, de langueurs, d’oppressions, d’insomnies, de délires, de défluxions, {d} de douleurs de la tête, de la poitrine, de l’estomac, du ventre, de l’utérus ou de n’importe quelle autre partie du corps. Sa seule propriété spécifique et particulière est de vaincre et dompter tous ces symptômes, qu’ils surviennent isolément ou s’associent au cours de la maladie, ce qui provoque l’admiration des malades et de leur entourage].


    1. V. la Leçon de Guy Patin au Collège de France sur le laudanum et l’opium.

    2. V. première notule {a}, note [9] de l’Observation ii de Guy Patin et Charles Guillemeau, pour la distinction que faisaient les chimistes entre le « soufre » (partie huileuse et inflammable) et le « mercure » (partie liquide) des minéraux et des végétaux.

    3. V. note [6], lettre latine 412.

    4. V. note [6], lettre 603.

  7. Lapis bezoar […] ad omnium animalium venenatorum ictus morsusque valet, si vulneri applicetur. Idem præstat in vulneribus, quæ infliguntur armis toxico et quocunque veneno tinctis. Si pulvis eius a granis 4. ad 7. aut 10. cum liquore idoneo propinetur, omnibus cordis affectibus mire opitulatur : cor a venenis, aereque pestifero et contagioso tuetur. Ad syncopen mire iuvat, tum in paroxysmo, tum paulo ante, si ex aqua cordiali, puta borraginis, buglossæ, melissæ, vel cardui benedicti ad grana 4. 7. vel 10. exhibeatur. Sic ad cordis palpitationem quotidie mane 2. grana cum aqua melissæ plurimum prosunt. Ad melancholicos humores domandos, miris præstat facultatibus. Elephantiasin, malam scabiem, pruritum, impetiginem, erysipelas, et cætera corporis vitia, tanquam præsens remedium sanat. Febris quartanæ symptomata, ut animi mœrores, cordis anxietates, et similes affectus aufert, vel saltem lenit mitigatque. Morbo sacro, seu epilepsiæ infantum, puerorum, et adultorum medetur, si illis quidem grana 2. in lacte materno, istis autem et his grana 6. vel 10. in aqua pœoniæ, tiliæ, aut lilij convallium exhibeatur.

    [La pierre de bézoard {a} (…) guérit toutes piqûres ou morsures d’animaux venimeux, si on l’applique sur la plaie. Elle agit de même dans les blessures provoquées par des armes imprégnées de poison ou d’un quelconque venin. Si on fait prendre entre 4 et 7 ou 10 grains mêlés à un brevage adéquat, elle est admirablement efficace dans toutes les affections du cœur, et elle le protège contre les poisons, et contre l’air pestilentiel et contagieux. Elle remédie merveilleusement à la syncope, tant en l’attaque qu’un peu avant, si on en mélange 4, 7 ou 10 grains à une eau cordiale, comme par exemple de bourrache, de buglose ou de chardon bénit. {b} Pareillement, 2 grains tous les matins, dans de l’eau de mélisse sont fort utiles contre la palpitation du cœur. Elle est d’une efficacité remarquable pour dompter les humeurs mélancoliques. C’est un prompt remède qui guérit l’éléphantiasis, la gale maligne, le prurit, l’impétigo, les érysipèles et d’autres vices corporels. {c} Elle supprime, ou du moins adoucit et atténue, les symptômes de la fièvre quarte, ainsi que les tristesses de l’esprit, les angines de poitrine et autres affections semblables. Elle remédie au mal sacré, ou épilepsie, des nourrissons, des enfants et des adultes, si on en donne aux premiers 2 grains dilués dans le lait maternel, et aux autres, 6 ou 10 grains dans de l’eau de pivoine, de tilleul ou de muguet]. {d}


    1. V. l’Observation vii de Patin et Guillemeau.

    2. V. notes [14], lettre 554, pour la syncope, [31], lettre 101, pour les eaux cordiales, [2] de l’Observation ix de Patin et Guillemeau, pour la bourrache et la buglose, et [7], lettre 99, pour le chardon bénit.

    3. V. note [28], lettre 402, pour l’éléphantiasis (lèpre), [5], lettre 100, pour la gale, [54] de L’homme n’est que maladie, pour l’impétigo (achores), et [16], lettre 41, pour l’érysipèle.

    4. V. note [5], lettre 796, pour les prétendues vertus thérapeutiques de la pivoine, et [83], lettre latine 351, pour le muguet.

      La suite allonge la liste des maladies où le bézoard était censé faire miracle : vers intestinaux, peste, toutes sortes d’autres fièvres, maladies chroniques et, pour finir en apothéose, vie longue et saine.


  8. Oleum Olivæ reluctatur quibusvis corruptionibus et putredinibus, veneni acrimoniam retundit, et per vomitum exturbat, butyrum bonitate et salubritate longissime præcellit.

    [L’huile d’olive {a} remédie à toutes sortes de corruptions et de putréfactions ; elle réprime l’âpreté du poison et l’expulse par le vomissement ; elle surpasse de très loin le beurre en bonté et en salubrité].


    1. V. supra note [7].

  9. Acetum scylliticum in vitæ propagatione, valetudinisque conservatione magnam apud veteres et neotericos habet laudem : nominatim apud Galenum. Salubre, inquit, et optimum est hoc acetum scylliticum. Ab ipsius enim authore fertur, quicunque hoc utatur, longæ vitæ fore, et eius extrema ad finem usque permansura. […] Hoc aceto qui utitur, in victu quantumvis licentiosus esto : omnia enim cibaria conficiet, et a nullo nunquam offensam patietur, neque valde implebitur, sed in melius proficere videbitur ; nec supervacui quidquam in corpore residebit, non flatus, non bilis, non stercas, non urina, sed omnia facile excernit et educit. Alvus lubrica omnino est, totiusque corporis purgantivum medicamentum, etiamsi ossibus excrementa inhæreant. Phtisicos item ab omnibus deploratos, hoc medicamento sanitati restitutos novimus. Morbo comitiali diuturno efficaciter profuit, ut nisi post longa temporis intervalla non redierit : incipientem vero ac novum perfecte discutit, neque de integro hunc redire permittit. Ad podagras præterea, et articulorum morbos, iecoris lienisque durities, vehementer facit.

    [Les anciens et les moderne ont hautement loué le vinaigre scillitique, {a} pour sa vertu à prolonger l’existence et à conserver la santé. Galien, notamment, a grandement vanté son excellence, disant que quiconque en use vivra longtemps et conservera se facultés jusqu’à la fin. (…) Qui en consomme régulièrement pourra se permettre de manger autant qu’il voudra car ce vinaigre consume tous les aliments : aucune victuaille ne lui fera jamais de mal ni ne lui pèsera ; il digérera tout bien mieux ; rien de superflu ne lui restera dans le corps, ni flatulence, ni bile, ni excrément, ni urine ; il évacuera et se débarrassera sans peine de tout cela. C’est un remède purgatif qui lubrifie entièrement l’intestin, quand bien même les excréments contiendraient des os. Nous avons vu des phtisiques, {b} dont tous déploraient l’état, recouvrer la santé grâce à ce médicament. Il s’est montré efficace dans l’épilepsie chronique, empêchant le retour des crises pendant de longs intervalles de temps ; il dissipe l’épilepsie nouvelle et débutante, sans permettre à une autre crise de se produire. En outre, il agit puissamment contre la goutte et les maladies articulaires, et contre les indurations du foie et de la rate].


    1. V. supra note [7].

    2. V. note [3], lettre 66, pour la phtisie, ancien nom de la tuberculose pulmonaire.

  10. Theriaca merito accesetur compositis polychrestis qua de re vide passim libros Medicorum.

    [La Thériaque est mise au nombre des panacées souveraines, voyez à ce sujet les livres des médecins en maints endroits].


    1. V.  l’Observation xi de Patin et Guillemeau.

  11. Oleum laterinum ; quod ob præstantiam suam appellatur oleum philosophorum.

    [L’huile de briques est appelée l’huile des philosophes en raison de son excellence].


    1. V. supra note [8].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 6 mars 1650. Note 9

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(Consulté le 06.12.2022)

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