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À Charles Spon, le 10 juin 1653

Monsieur, [a][1]

Je vous envoyai le 23e de mai ma dernière par la voie de M. Huguetan le libraire qui, deux jours auparavant, m’avait délivré la vôtre. On ne parle ici maintenant que d’une querelle qui est au Palais entre le corps des avocats et le président Le Coigneux [2] qui, présidant à la Chambre de l’édit, [3] menaça un avocat nommé Amonin [4] de l’envoyer prisonnier. Tous les avocats se sont rassemblés et ont renvoyé leurs sacs aux procureurs avec protestation de ne plaider jamais devant ce président s’il ne fait réparation à leur compagnon de l’affront qu’il lui a voulu faire. [1] Voilà procès et querelle entre gens du métier, c’est comme quand un chirurgien [5] a la vérole, [6] il se guérit quand il veut, il est lui-même maître de son mal et de sa marchandise. [2]

Ce 27e de mai. Toute la cour est ici. L’armée du roi, [7] pour aller en Champagne, a son rendez-vous à Dormans près de Château-Thierry. [3][8][9] Le prince de Condé [10] est encore à Bruxelles. [11] On ne sait point encore quelle réponse les Anglais ont faite aux Bordelais [12] qui leur demandent du secours. Le comte de Grancey [13] s’en va commander pour le roi en Piémont. [4][14] M. l’abbé d’Aisnay [15] a l’archevêché de Lyon en quittant l’abbaye de Lagny [16] et donnant 6 000 livres de rente à un particulier. M. Dupleix, [17] âgé de 84 ans, m’a écrit de Condom, [18] sa ville natale, que leur province de Guyenne [19] est affligée de guerre, de peste [20] et de famine. Sa lettre est si fort lugubre qu’il m’a fait pleurer, il y a 33 ans que nous sommes bons amis. Tous nos désordres publics me font grande pitié, c’est un misérable animal que l’homme, en tant qu’il est sujet à tant de malheurs, combien qu’il n’y ait point de sa faute le plus souvent.

On dit ici qu’il y a deux nouveaux maréchaux de France, savoir M. de Miossens [21] et le comte de Palluau [22] qui a pris Montrond en Berry, [23] que l’on nomme ici le maréchal de Clérambault. [5]

Je suis bien en peine si vous n’avez pas encore reçu la Vie de feu M. Dupuy[6][24]conseiller au parlement de Metz et érudit">[25] que M. de Caimis [26] vous devait faire rendre dès que sa valise serait arrivée à Lyon ; comme aussi le paquet de livres de M. Devenet, [27] lequel depuis son départ, mais plutôt depuis son arrivée à Lyon, m’a fait l’honneur de m’écrire ; c’est un honnête homme, nous n’avons point de ces libraires-là de deçà. Si vous le rencontrez à propos, obligez-moi de lui faire mes recommandations et que je lui écrirai bientôt.

On n’a point ici bonne opinion des forces et des efforts de M. le Prince pour cette année. On dit qu’il n’a que 12 000 hommes, ce n’est point pour faire un grand siège ni pour entreprendre d’approcher de Paris.

Je traite ici un honnête homme de Lyon nommé M. Paquet [28] que l’on dit être fort riche. [7] C’est un autre Lyonnais, nommé M. Le Dru, [29] qui m’en a donné la pratique. Il m’a parlé de M. Falconet, je lui ai parlé de vous, de M. Gras et de M. Garnier ; il m’a dit qu’il vous connaissait bien tous trois et qu’il vous témoignerait, de retour à Lyon, la joie qu’il avait d’être tombé entre mes mains. Il n’aime pas M. Guillemin, [30] il dit que son médecin ordinaire est M. de Rhodes [31] qui est un bon homme ; mais après lui avoir dit que nous étions vous et moi fort particulièrement amis et que je vous écrivais souvent, il m’a dit qu’il s’adresserait à vous pour savoir de mes nouvelles.

Ce 9e de juin. Je suis bien aise qu’ayez reçu la Vie de M. Dupuy, comme je reconnais par la vôtre datée du 3e de juin, laquelle j’ai reçue ce matin. Ce M. Feramus [32] était un homme de 60 ans, avocat qui ne plaidait point, mais savant dans les humanités et dans la politique. Il était natif de Boulogne sur la mer, [33] c’est-à-dire Picard, mais bien déniaisé. Il était ultra modum [8] mazarin enragé et en ce point ridicule. Il y a tantôt un an qu’il mourut ici subitement, [34] on le trouva mort dans son lit. La chronique scandaleuse, et même un de ses plus particuliers amis, m’a dit que in complexu meretricis animam eiaculatus fuerat, quæ quamvis turpis, tamen est migratio dulcis[9] comme l’on a dit du pape Paul iv[35] Il allait au Palais tous les jours et se mettait au pilier des nouvelles, [10] où depuis quelque temps, il défendait si puamment et si impudemment le parti du Mazarin que l’on soupçonna qu’il avait pension pour ce faire, et je pense qu’il était vrai.

Pour Bourdelot, [36] c’est chose certaine qu’il est disgracié en Suède et hors de la cour. Il s’est fait tant d’ennemis à Stockholm, [37] et même des plus grands, que si la reine [38] n’eût eu pitié de lui, il était perdu. Il avait entre autres offensé M. Magnus de La Gardie [39] qui est un des grands et principaux seigneurs de la cour, surintendant des finances qui multa gratia pollet apud Reginam[11] lequel j’ai vu et entretenu à Paris il y a environ six ans. Je ne doute point que le sieur Du Rietz [40] ne haïsse bien fort Bourdelot et qu’il ne lui ait même suscité des ennemis ; mais Du Rietz n’était pas en Suède quand tout le désordre est arrivé, il n’était qu’à Hambourg, [41] où il est encore s’il n’en est parti du mois de mai. La disgrâce de Bourdelot a des causes internes bien plus puissantes et plus pressantes que la haine de telles gens que Du Rietz. Néanmoins, à les bien priser tous deux, je les tiens pour grands fourbes, courtisans intéressés et qui tous deux voudraient bien payer de mines, faute de bon fonds. [12] Je les connais tous deux si bien que je ne me fierais ni à l’un, ni à l’autre : uterque enim πολυτροπος εσι, et cælum hausit Aventinum[13][42] N’oubliez point, s’il vous plaît, de me faire participant de votre belle thèse chirurgicale, à quoi je m’attends. [14]

J’ai grand regret de la mort de votre bon parrain, mais je vous prie de me mander où est Vlius et en quelle province. [15] Je suis très aise que le paquet de M. Musnier [43] soit enfin arrivé de Marseille à Lyon, [16] je vous remercie du soin que vous en avez pris ; mais d’autant que M. Ravaud [44] en veut prendre le soin de me le faire tenir, Dieu soit loué de tout. Laissez-le faire, il le mettra dans les balles de livres qu’il envoie de deçà à M. Huguetan. Je vous prie de le remercier pour moi et pareillement M. Devenet, lequel je remercierai par écrit aussitôt que j’aurai reçu ses livres, et en ferai de même à M. Ravaud. On dit ici que Bellegarde [45] est rendue au roi et que le prince de Condé est en fort mauvais état. [17] Outre le gros paquet que M. Devenet vous doit rendre, n’oubliez pas de lui demander le Paul Éginète [46] tout grec qui fait un autre petit paquet à part, d’autant que le gros était fait. Pour la Pharmacopée d’Augsbourg[47][48] ce n’est pas grand’chose, c’est de beau papier mal employé ; ni les Animadversiones non plus. O miseram Germaniam qui sub tam lentis maxillis edit ! [18][49] Ces bonnes gens font grand état de peu de chose, un bon médecin n’a que faire de remèdes composés, il les compose quand il veut et sur-le-champ. C’est l’avarice des apothicaires [50] qui a inventé et fomenté toutes ces boîtes, et la stupidité des médecins l’a souffert. Du séné [51] et du sirop de roses pâles [52] valent mieux que tout cela : optima illa medicina, quæ paucis constat medicamentis, sed probatis et selectis[19]

Je ne sais non plus que vous ce que doit être Quæstiones Medicæ Hofmanni[20][53] le temps nous le découvrira quand M. Volckamer [54] les aura fait imprimer. Pour les Post. Curæ du même auteur je ne les ai point, nec unquam habui ; [21] et même l’auteur, peu de temps avant sa mort, m’a écrit que c’était un ouvrage qui n’était qu’à moitié fait. J’ai cru qu’il entendait par ce titre ses notes sur son Galien. Vous me pouvez bien croire et je me persuade que vous me croyez aisément, nec mentior ; [22] aussi n’y a-t-il point de quoi.

Puisse bien heureusement venir à bon port le Sebizius, [55] de cur. ratione per sangu. missionem ; [23] comme aussi tout ce que vous avez envie de m’envoyer. Mariana [56] dans son Histoire d’Espagne a fait deux Avicenne. [24][57] Je ne verrai point M. Gassendi [58] que je ne lui parle de vous. Bellegarde s’est rendue faute de poudre et de vin. Le prince de Condé est encore à Bruxelles où il n’avance guère ses affaires ni les nôtres. Je vous baise les mains et suis de toute mon affection, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce mardi 10e de juin 1653.

On ne parle ici que de la belle procession [59] qui se fera ici après demain dans toutes les paroisses de Paris pour la fête du Saint-Sacrement ; [60] et le roi, qui est de notre paroisse, [25][61] s’y fera voir, et puis s’en ira à Saint-Germain [62] et delà à Compiègne [63] pour voir passer son armée conduite par le maréchal de Turenne [64] jusque sur la frontière et en cas que les Espagnols ne l’empêchent, jusque dans le pays ennemi où on a dessein d’entrer cette année.


1.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 226 ro et vo, Paris, 27 mai 1653) :

« Le 21 du courant, M. le président Le Coigneux, qui préside à la Chambre de l’édit, ayant voulu faire taire un avocat qui en interrompit un autre, pour faire quelques remontrances sur l’affaire qui se plaidait, cet avocat ne laissa pas de continuer ses remontrances ; ce qui obligea ce président à s’emporter et à le menacer de l’envoyer en prison, ayant même appelé un huissier pour lui en faire le commandement ; dont cet avocat s’étant ensuite plaint à ses compagnons, ils en furent tous scandalisés, et s’assemblèrent sur ce sujet au Palais, où ils résolurent de ne plaider plus à l’Édit, jusqu’à ce que ce président leur eût fait raison sur cette violence, dont ils avertirent Messieurs les Gens du roi. M. le premier président en ayant eu avis, envoya quérir les principaux avocats, auxquels ayant parlé fort civilement, et les ayant pris en sa protection, leur témoigna qu’il souhaitait d’accommoder cette affaire ; ce qui n’empêcha pas qu’ils n’exécutassent, le 23, la résolution qu’ils avaient prise, de n’aller point plaider à l’Édit, où pas un ne se trouva. Le 24 ils se rassemblèrent au Palais, où le rapport ayant été fait de ce qu’avait dit M. le premier président, ils arrêtèrent de le remercier et de le supplier de leur vouloir continuer sa protection, de lui remettre leurs intérêts entre les mains ; et que néanmoins, ils ne retourneraient point à l’Édit jusqu’à ce que le président Le Coigneux leur aurait fait la satisfaction qu’il serait ordonné. Sur cela, M. le premier président, ayant conféré avec les autres présidents, envoya quérir les députés des avocats et après leur avoir parlé avec la même civilité qu’auparavant, leur promit que M. Le Coigneux ne les traiterait plus de la sorte, qu’il les considérerait comme il doit, et qu’il leur en était caution, les priant de retourner, après cette parole, plaider à l’Édit ; dont ils se sont contentés. »

Jacques ii Le Coigneux (mort en 1686) fils de Jacques i (v. note [5], lettre 84), marquis de Montméliand, Pailly, etc., avait été reçu conseiller au Parlement en 1644, puis président de la deuxième Chambre des requêtes en 1648. À la mort de son père, en 1651, Jacques ii devint à son tour président au mortier (Popoff, no 83).

Nicolas Hamonin est le seul avocat parisien de cette époque dont on ait trouvé trace et qui puisse correspondre à l’Amonin dont parlait ici Guy Patin ; il demeurait rue Baubourg, paroisse Saint-Merri.

2.

Le parallèle ironique de Guy Patin s’entend par le fait qu’il considérait que la saignée, apanage du chirurgien (sa marchandise), était le remède de la syphilis (vérole, son mal), contre laquelle il considérait les médicaments d’alors (mercure sudorifique) comme inopérants.

3.

Dormans (Marne) se situe au bord de la Marne, à une vingtaine de kilomètres en amont de Château-Thierry.

4.

Les Espagnols avaient repris leurs attaques dans le Piémont où le comte de Quincé (v. note [27], lettre 292), commandant pour la France, se trouvait assez isolé, la plus grande partie des troupes étant retournée en Guyenne. Aussitôt la paix de Bordeaux signée (27 juillet 1653), le maréchal de Grancey allait recevoir l’ordre de partir pour le Piémont. Le combat le plus important, dit de La Roquette parce qu’il se passa non loin du château de ce nom, eut lieu le 23 septembre. Une rencontre entre Grancey et le marquis de Caracène, gouverneur espagnol de Milan, eut lieu le 9 octobre « dans une plaine proche de Felizzano, où ils se firent beaucoup de civilités ». À quelque temps de là, le maréchal ayant appris la maladie de la marquise de Caracène, offrit une trêve à son époux : « Il accepta son offre et les officiers des deux armées se festinèrent durant ce temps-là les uns chez les autres, et cette campagne finit en courtoisies et compliments de part et d’autre » (Montglat, Mémoires, page 294).

5.

César-Phébus d’Albret, comte de Miossens, fut nommé gouverneur de Guyenne en 1654 ; à sa mort, en 1676, s’éteignit la descendance mâle de la Maison d’Albret. V. note [44], lettre 293, pour la prise de Montrond, forteresse condéenne, par le comte de Palluau, le 1er septembre 1652.

6.

V. note [7], lettre 307, pour cette biographie écrite par Nicolas Rigault.

7.

Jean-Baptiste Paquet avait été nommé échevin de Lyon en 1648. Guy Patin a plusieurs fois parlé de lui à Charles Spon et à André Falconet.

8.

« outre mesure ».

9.

« il s’était jeté corps et âme dans les bras d’une courtisane, ce qui, bien qu’infâme, est cependant une bien douce distraction ». Gian Pietro Caraffa (Capriglia, Campanie 1476-Rome 1559) fut élu pape en 1555 sous le nom de Paul iv. Intolérant et sévère jusqu’à la cruauté, il se singularisa par un zèle disciplinaire outrancier, dont le bras armé était une inquisition féroce, particulièrement acharnée contre les protestants et les juifs. À en croire ici Guy Patin, ce pape rigoriste ne pratiqua pas tout à fait la discipline qu’il prêcha.

10.

« On dit au Palais, le pilier des consultations, pour dire, le premier pilier de la grande salle où se rangent les anciens avocats consultants. Il faut aller au pilier, il faut consulter le pilier ; c’est l’avis du pilier pour dire c’est l’avis des anciens avocats » (Furetière).

Charles Feramus n’a guère laissé de trace dans les biographies ; il appartenait à l’Académie putéane des frères Dupuy et René Pintard l’a rattaché au cercle des libertins érudits.

11.

« qui tient le pouvoir de sa grande faveur auprès de la reine ».

Magnus Gabriel de La Gardie (1622-1686), comte d’Avensbourg, jouissait alors de la plus haute faveur auprès de la reine Christine. Il avait été ambassadeur extraordinaire de Suède à Paris en 1646 et nommé en 1652 Riksskattmästare (équivalent suédois du surintendant des finances). Après l’abdication de Christine, il ne retrouva jamais une place enviable à la cour de Stockholm malgré son mariage avec la sœur du prince Charles-Gustave qui devint roi de Suède sous le nom de Charles x.

12.

Payer de bon fonds, c’est, spirituellement, ne rien emprunter à autrui ; payer de mines, c’est, au contraire, jouer sur les apparences.

13.

« L’un comme l’autre est fourbe (polytropos) et s’est gorgé les yeux du ciel aventin » ; Juvénal (Satire iii, vers 84-85) :

Usque adeo nihil est quod nostra infantia cælum
Hausit Aventini baca nutrita Sabina ?

[N’est-ce donc plus rien que d’avoir empli du ciel de l’Aventin ses regards d’enfant, que d’avoir été nourri avec les olives de la Sabine ?]

Ce furent les débauches libertines où Bourdelot et ses compères attiraient de plus en plus profondément la reine qui exaspérèrent le Parlement suédois et déterminèrent leur expulsion, prélude à l’abdication de Christine.

14.

V. note [8], lettre 324.

15.

La famille de Charles Spon était originaire d’Ulm (Bade-Wurtember) ; il y avait lui-même passé une partie de sa jeunesse, auprès d’un oncle de même prénom que lui, qui pouvait avoir été son parrain. On n’est cependant parvenu à identifier avec certitude la ville de Vlius ou Ulius. Elle n’est pas répertoriée dans la Synonymia geographica d’Abraham Ortellius. Il existe en Bavière, à une centaine de kilomètres au sud d’Ulm, sur l’actuelle frontière austro-allemande, une ville nommée Vils, au bord d’une rivière de même nom ; mais cette explication est bien improbable.

16.

V. note [10], lettre 312.

17.

Journal de la Fronde (volume ii, fo 228 ro, Paris, 13 juin 1653) :

« Aussitôt que la nouvelle de la capitulation de Bellegarde fut arrivée, {a} l’évêque de Rennes {b} demanda le gouvernement de cette place pour M. le maréchal de La Mothe, son frère, à qui elle avait appartenu avant que M. le Prince l’eût et à qui l’on l’avait ôté lorsqu’on le mit prisonnier à Lyon, {c} sans que, depuis, il en ait pu tirer récompense ; mais on répondit à ce prélat qu’on avait promis à la province de Bourgogne de raser cette place et qu’on aurait soin des intérêts de ce maréchal en une autre occasion ; et d’effet, le 10 on envoya les ordres pour la faire raser. »


  1. Bellegarde (Seurre en Bourgogne) s’était rendue le 7 juin.

  2. L’abbé de Souillac (v. note [31], lettre 310), frère du maréchal Philippe de La Mothe-Houdancourt.

  3. V. note [10], lettre 115.

18.

« ô pauvre Allemagne que mastiquent de si lentes mâchoires ! » Imitation fautive (edit pour erit, ce qui rend la traduction délicate) de Suétone : Miserum populum R., qui sub tam lentis maxillis erit [Misérable peuple romain, qui va tomber sous des mâchoires si lentes] (paroles d’Auguste mourant après une entrevue avec son successeur, le cruel Tibère ; Vie des 12 Césars, livre iii, Tibère, chapitre xxi).

V. notes [35], lettre 307, pour les éditions grecques de Paul Éginète et [2], lettre 312, pour La Pharmacopée d’Augsbourg et les Observations [Animadversiones] sur la Pharmacopée d’Augsbourg de Johann Zwelfer.

19.

« la meilleure médecine est celle qui s’en tient à peu de médicaments, mais éprouvés et choisis. »

20.

« Questions de médecine d’Hofmann » : v. note [4], lettre 312.

21.

« et ne les ai jamais eus ». Il n’existe en effet aucun traité imprimé de Caspar Hofmann dont le titre évoque les « Révisions » (Post-curæ).

Sebastian Scheffer en a parlé dans l’épître dédicatoire à Guy Patin de sa réédition des Caspari Hofmanni Tractatus tres [Trois traité de Caspar Hofmann (sur l’utilité de la rate et du cerveau, et sur les ichors)] (Francfort, 1664, v. note [9], lettre latine 125) :

Quantum boni verò continebunt ejusdem Auctoris cæteri latentes adhuc libri ? videlicet Galenus Græco-Latinus, Variæ lectiones in Plinium, In Theophrasti Historiam, et de Causis Plantarum libros animadversiones, una cum nova utriusque operis versione, item Post-Curarum libri quatuor, quibus explicavit et correxit loca quædam Hippocratis, Aristotelis, et Galeni, quæ rem Medicam et Philosophicam valde obscurarunt, et curandi rationem haud parum difficilem reddiderunt.

[Combien de bonnes choses les autres livres encore cachés de cet auteur (Hofmann) contiendront-ils véritablement ? à savoir le Galien grec-latin, les Diverses leçons sur Pline, les Remarques sur l’Histoire naturelle et sur les livres concernant les principes des plantes de Théophraste, avec nouvelle traduction de ces deux ouvrages ; de même que les quatre livres de Révisions, où il a expliqué et corrigé certains passages d’Hippocrate, d’Aristote et de Galien, qui ont fort obscurci la médecine et la philosophie, et n’ont pas peu compliqué la manière de remédier].

22.

« et je ne mens pas ».

23.

« sur la raison de soigner par la saignée » (v. note [11], lettre 273).

24.

Le P. Juan Mariana, (v. note [30], lettre 307) est l’auteur de Historiæ de rebus Hispaniæ libir xxx. Cum indice copioso, et explicatione vocum obscuriorum [Trente livres sur les faits de l’histoire de l’Espagne. Avec un riche index et l’explication des mots obscurs] (Mayence, héritiers d’Andreas Wechel, 1605, 2 volumes in‑fo ; première édition à Tolède en 1592 avec les vingt premiers livres seulement).

Bayle sur l’Histoire de Mariana :

« Elle est divisée en xxx livres suivis d’un appendix. Les xx premiers furent imprimés à Tolède in‑fo l’an 1592. Il y ajouta les dix autres quelque temps après. Il la traduisit lui-même de latin en espagnol et publia cette version à Tolède l’an 1601. Elle a été réimprimée souvent. Il s’écarta quelquefois de l’original, tout comme s’il eût composé non pas une traduction, mais un nouveau livre. L’appendix ne contient qu’un petit sommaire de quelques événements depuis l’an 1515 jusqu’au temps qu’il fut fait car l’auteur ayant fini son grand ouvrage à la mort de Ferdinand d’Aragon en 1516, trouva mieux son compte à un simple indice historique depuis ce temps-là qu’à des narrations exactes, qu’il n’eût pu faire sans s’écarter de la bonne foi qu’il avait suivie ou sans offenser des personnes encore vivantes. C’est pourquoi il prit le parti le plus sûr et le plus honnête, et celui que les gens sages ont toujours le plus approuvé : il ne voulut point écrire sur les choses qui s’étaient passées de son temps ou un peu auparavant. »

V. note [26], lettre 312, pour une précédente allusion de Guy Patin aux « deux Avicenne » ; il a éclairci son propos à la fin de sa lettre du 27 juillet 1656 à Vopiscus Fortunatus Plempius.

Dans une note de son Histoire de la médecine (tome 2, page 308), Sprengel remarque :

« Quelques littérateurs espagnols ont soutenu qu’Avicenne n’était pas l’auteur du Canon, et que ce livre avait été composé par trente philosophes et médecins […]. J’ignore sur quelle autorité est fondée cette opinion ; je ne connais au moins aucun argument contre l’authenticité du Canon. »

25.

Saint-Germain-l’Auxerrois, splendide édifice gothique qu’on peut toujours admirer, face à la colonnade du Louvre, était la paroisse du roi quand il résidait dans ce palais, et celle de Guy Patin.

a.

Ms BnF no 9357, fos 114‑115, « À Monsieur/ Monsieur Spon,/ Docteur en médecine,/ À Lyon » ; Jestaz no 93 (tome ii, pages 1084‑1088). Note de Charles Spon en marge de l’adresse : « 1653./ Paris, adi 10 juin./ Lyon, adi 16 dud./ Rispost./ Adi 24 juin. »


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Charles Spon à Guy Patin, le 10 juin 1653.
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(Consulté le 16.09.2019)

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