Annexe : Autobiographie de Charles Patin
(Lyceum Patavinum, 1682)
Note [55]

La lettre qui scandalisait Charles Patin est imprimée à la suite du Tractatus de Arboribus coniferis et Pice conficienda aliisque ex illis Arboribus provenientibus, Opera Iohannis Conradi Axtii Med. l<icentia>ti. Accessit in fine Epistola de Antimonio [Traité sur les Arbres conifères et la manière de fabriquer la poix (v. note [75], lettre latine 351), et d’autres produits venant de ces arbres, par Johann Conrad Axt, licencié de médecine. Une lettre sur l’antimoine a été ajoutée à la fin] (Iéna, Johann Bielcken, 1679, in‑12).

Johann Conrad Axt (1638-1714) a dédié son livre, en date d’Arnstadt (Thuringe) le 30 avril 1679, à ses deux maîtres de l’Academia Julia (Helmstedt, v. note [19], lettre 340), Hermann Conring et Heinrich Meibomius, qui ont tous deux correspondu avec Guy Patin. La thèse inaugurale [Dissertatio inauguralis] d’Axt, de Paracentesis in hydrope [sur la ponction péritonéale dans l’hydropisie] a été imprimée à Helmstedt en 1670. Il a aussi publié Dialogus de partu semestri [Dialogue sur l’accouchement à six mois] (Iéna, 1679, in‑12) et Abortus in morbis acutis lethalis, oder Frage ob einem christlichen Medico zugelassen, bey einer schwangern Frauen welche an einer schweren kranckheit darnieder lieget die Frucht abzutreiben… [L’avortement est létal dans les maladies aiguës, ou la question d’extraire l’enfant que le médecin chrétien se pose sereinement en présence d’une femme enceinte alitée pour grave maladie…] (Iéna, Johann Nisius, 1681, in‑12).

Axt conclut son salut Benevolo Lectori [Au bienveillant lecteur] du Tractatus de Arboribus par cette phrase sibylline (page A4 ro) :

Quid sibi epistola subnexa velit, ex ipsa intelliges.

[Tu comprendras ce qu’elle dissimule en lisant la lettre qui a été ajoutée à la fin] (en prenant velit, « elle voudrait », pour une coquille, à la place de velat, « elle dissimule »).

On peut seulement présumer qu’Axt est l’auteur de l’Epistola ad amicum de antimonio [Lettre à un ami sur l’antimoine] (pages 119‑131), sans du tout s’interdire d’orienter les soupçons vers l’un de ses deux dédicataires, Conring ou Meibomius, qui connaissaient Guy Patin bien mieux que lui, et étaient de tout-puissants professeurs d’Helmstedt, si bien que ce traité et sa lettre n’auraient jamais pu être imprimés sans leur permission : la biographie de Meibomius laisse notamment penser qu’il avait pu se lier d’amitié avec les fils Patin lors de son séjour à Paris, au début des années 1660. En maigre indice qui peut plaider pour ma déduction, je note que, dans sa longue liste des médecins qu’il a rencontrés, Charles a cité Conring (v. supra note [38]) mais a omis Meibomius, qu’il avait pourtant connu à Paris et aussi probablement revu quand il est passé à Helmstedt.

L’Epistola s’ouvre sur ces deux vers d’Ovide :

Temporibus medicina valet : data tempore prosunt,
Et data non apto tempore vina nocent
. {a}


  1. Ovide (Les Remèdes à l’amour, vers 131‑132) :

    Temporis ars medicina fere est : data tempore prosunt,
    Et data non apto tempore vina nocent

    [La médecine n’est presque que l’art de la circonstance : {i} l’utile est ce qu’on donne quand il faut, et les potions sont néfastes si on ne les donne pas au moment opportun].

    1. « La médecine tire sa valeur des circonstances » dans la version citée (Temporibus medicina valet).

On y lit (pages 123‑125) cette attaque d’une virulence inouïe contre Guy Patin et les ennemis de l’antimoine (antistibiaux) :

Sed mitto alios, qui antimonium summis afficiunt laudibus, ut Crollium, Libavium, Poppium, Agricolam, Rulandos, Codronchium, Gesnerum, Pedemontanum, Bovium, etc. Nec curo Iacobum Grevinum, Lucam Strengelium, Bernardum Dessenium, Ioannem Cratonem, Thomam Erastum, Iohannem Baptistam Gemmam et alios, qui contra stibium scripserunt, neque etiam Casparum Hoffmannum, qui plura non sine præiudicio carpsit, multo minus Guidonem Patinum, medicum Parisiensem, et Carolum Sponium, medicum Lugdunensem, omnium minime sententiam Collegii Medicorum Parisiensium ante annos centum et decem de antimonio latam, hi enim omnes aut usum et vires antimonii nescierunt, aut ex nimia perversitate hoc fecerunt. Audi, quid hodierni medici Parisienses de antimonio sentiant. Cum enim lites inter medicos quosdam de antimonio valde incaluerint, tandem ad easdem componendas Supremæ Curiæ autoritatem accersi oportuit, quæ etiam conclusit, ut Facultas Medica deliberationis circa hanc materiam instituendæ gratia conventum iniret. Huius igitur sententiæ exequendæ ergo Doctores Medici convenerunt, et numero quidem 102. die videlicet 29. mensis Martii, ubi 92. fuerunt, quorum constans fuit sententia, poni debere inter medicamenta purgantia vinum emeticum, quod ex vitro antimonii præparatur. Secundum horum vota etiam Facultas decretum fecit, in quo antimonii usum approbavit, uti videre est ex Ephemerid. Eruditor. tom. 2. ephem. 24. Narrabo historiam de iam nominato Guidone Patino, quam a viro fide dignissimo accepi. Ille habebat filium ægrotantem, quem ex medio tollere volebat, (terrorem mihi incutit tale nefandum Patris in filium facinus, quod tamen ille non curavit) huic propinavit antimonium, et optavit, ut illud filium interficeret : sed suum venenum hominem egregie purgavit, et omnem saburram extra corpus eliminavit, ita ut præter spem ægrotans pristinam sanitatem recuperaverit. Hoc tamen nullo modo effecit, ut Patinus ad saniorem mentem redierit.

[Je renvoie à bien d’autres qui ont couvert l’antimoine des plus hautes louanges, tels Crollius, Libavius, Poppius, Agricola, les deux Rulandus, Codronchius, Gesnerus, Pedemontanus, Bovius, etc. ; et ne me soucie guère de Grevinius, Stengelius, Dessenius, Crato, Erastus, Iohannes Baptista Gemma, {a} et autres, qui ont écrit contre l’antimoine ; non plus même que de Caspar Hofmann, qui a recueilli plusieurs faits non dénués de préjugés, et encore moins de Guy Patin, médecin de Paris, et de Charles Spon, médecin de Lyon ; et pas le moins du monde, de la sentence du Collège des médecins de Paris prononcée il y a 110 ans. {b} Tous ceux-là n’ont en effet pas connu l’emploi et les vertus de l’antimoine, ou n’en ont eu que des notions profondément erronées. Écoutez donc ce que pensent les médecins parisiens d’aujourd’hui : les litiges se sont fort échauffés entre certains des leurs à propos de ce remède, mais il a fallu l’autorité de la Grand’Chambre pour les réconcilier ; elle a conclu qu’on parviendrait à un accord en imposant d’entreprendre une délibération sur cette matière. Les docteurs en médecine s’assemblèrent donc alors pour exécuter cette sentence, à savoir au nombre de 102, le 29e de mars < 1666 >, et 92 d’entre eux furent d’avis que le vin émétique, qui est extrait du verre d’antimoine, serait rangé parmi les médicaments purgatifs. La Faculté fit un décret selon leurs votes, approuvant l’emploi de l’antimoine, et on peut en prendre connaissance dans le tome 2 du Journal des Sçavans (no 24). {c} À propos du susdit Guy Patin, je relaterai cette histoire que j’ai reçue d’un homme tout à fait digne de foi : il avait un fils malade qu’il voulait éliminer (ce crime d’un père contre son fils me terrifie, mais lui ne s’en souciait guère) ; il lui fit boire de l’antimoine dans l’espérance que cela le tuerait ; mais son poison le purgea heureusement et élimina toute l’ordure qu’il avait dans le corps ; si bien que, contre l’espérance du père, le malade récupéra une pleine santé ; mais pour autant, Patin n’en devint pas plus sage]. {d}


  1. V. notes :

    • [9], lettre 181, pour Oswald Crollius ;

    • [2], lettre latine 279, pour Andreas Libavius ;

    • [16], lettre latine 763, pour les Ruland, père et fils, médecins allemands paracelsistes, tous deux prénommés Martin ;

    • [3], lettre 460, pour Codronchius (Battista Codronchi) ;

    • [7], lettre 9, pour Conrad Gesner (Gesnerus) ;

    • [5], lettre 359, pour Grevinius (Jacques Grévin) ;

    • [16], lettre 516, pour Lucas Stengelius (Stengel) et son « Apologie contre l’éponge d’antimoine » (Augsbourg, 1565 et 1569) ;

    • [2], lettre 845, pour Johann Crato ;

    • [31], lettre 6, pour Thomas Lieber, dit Erastus (Éraste) ;

    • [17] de l’Observation xi de Guy Patin et Charles Guillemeau pour Bernardus Dessenius (Cronenburgius) et son livre « sur la Composition des médicaments » ; il a aussi publié une Medicinæ veteris et rationalis, adversus oberronis cuiusdam mendacissimi atque et impudentissimi Georgij Fedronis, ac universæ Sectæ Paracelsicæ imposturas, defensio… [Défense de la médecine antique et dogmatique contre les impostures d’un certain hobereau fort menteur et impudent dénommé Georgius Fredo, et de toute la secte paracelsiste…] (Cologne, Ioannes Gymnicus, 1573, in‑4o).

    Les cinq autres auteurs cités apparaissent ici pour la première fois dans notre édition.

    • Hamer Poppius est un médecin chimiste balte, natif de Tallin (Estonie), auteur d’une Basilica antimonii… [Basilique de l’antimoine…] (Francfort, Antonius Hummius, 1618, in‑4o, v. note [1], lettre latine 279).

    • Georgius Agricola (Georg Bauer, Zwickau 1490-Chemnitz 1555), médecin et chimiste allemand, fut l’un des premiers à introduire les métaux en thérapeutique. Ses recherches ont été réunies dans les De Re metallica libri xii. Quibus officia, instrumenta, machinæ, ac omnia denique ad Metallicam spectantia, non modo luculentissime, sed et per effigies, suis locis insertas, adjunctis Latinis, Germanicisque appellationibus ita ob oculos ponuntur, ut clarius tradi non possint. Eiusdem De Animantibus subterraneis liber, ab autore recognitus : cum indicibus, quicquid in opere tractatum est, pulchre demonstrantibus, atque omnibus nunc iterum ad archetypum diligenter restitutis et castigatis [Douze livres de la Métallurgie, où sont mis sous les yeux, avec une clarté qui ne pourrait être égalée, les emplois, instruments, machines et enfin tout ce qui concerne les métaux, non seulement avec la plus grande splendeur, mais surtout à l’aide d’images. On y a ajouté : les appellations latines et allemandes ; le livre des Animaux souterrains, revu par l’auteur ; des index recensant utilement tout ce que contient l’ouvrage. Le tout a été revu et corrigé en conformité avec les éditions originales] (Bâle, Froben, 1556, in‑fo).

    • Alexius Pedemontanus (Alesso Piemontese, probable pseudonyme de Girolamo Ruscelli) a laissé six livres De’ Secreti [Des secrets], publiés en italien pour la première fois en 1555 à Venise (multiples rééditions en latin et en allemand).

    • Bovius (Thomas Bovio, mort en 1609), médecin de Vérone, fut un fervent adepte de l’or potable (v. note [6], lettre 155).

    • Sans parenté avec le médecin antistibial flamand Cornelius Gemma, {i} Johannes Baptista Gemma, natif de Venise, a été médecin de Sigismond iii Vasa, roi de Pologne de 1587 à 1632, {ii} et lui a dédié le seul livre qu’il a publié, intitulé De vera ratione curandi bubonis atque carbunculi pestilentis, deque eorundem præcautione Commentarius [Commentaire sur la véritable manière de soigner et de prévenir le bubon et le charbon pesteux]. {ii} On y lit pages F3 vo et suivante ce jugement, plus critique à l’égard des chimistes qu’à celui de leur pharmacopée :

      Chymistæ vero qui hoc potissimum tempore novam quandam medicinam quam a præceptore Theophrasto Paracelso didicerunt, varijs remedijs chymica arte paratis, et hunc morbum curare satis superciliose profitentur, quorum nonnulla hic in medium afferam, ut medicinæ studiosi, et de ijs aliquando periculum facere possint. In morbo enim adeo sævo et rebelli extrema quoque experiri licet, in primis vero gloriantur de suo Antimonij vitro seu floribus illius, mirum immodum quoque extollunt Mercurium præcipitatum adeo præparatum, ut sine ulla noxa per os sumi possit ad varios et pernitiosissimos morbos profligandos, cui sententiæ se subscripsit Mathiolus Senensis simplicium medicamentorum optimus indagator, hic enim tractatu de morbo gallico scriptum reliquit, pulverem Mercurij præcipitati cum succo cardui benedicti, vel electuaro de gemmis exhibitum, pestem priusquam in corpore sese offirmarit, abigere, vomitu, deiectione, et sudore provocatis. Idem Antimonium præparatum præstare testatus est. Chirurgum cognovi qui securius ut ille dicebat hoc modo exhibebat. Accipiebat unc. ij. vitri antimonij, vini malvatici ℔ ij. per diem et noctem relinquebat in infusione in calidis cineribus, deinde in balneo mariæ coquebat ad tertiæ partis consumptionem, huius liquoris propinabat coclear unum vel alterum peste correptis fœlici cum successu. Idem præstare nonnulli aiunt si drag. unam accipiamus vitrioli Romani in aqua rosarum dissoluti, vel spiritus vitrioli drag. i. cum aqua acetosæ, modus vero præparandi chymica hæc medicamenta, medicinæ studiosi, cum apud Weccherum, tum vero apud Iosephum Quærcetanum in suo antidotario spagirico, ut non videatur necessarium velle ea hoc in loco ambitiose transcribere, unicum tantum describere decrevi, cum apud eos authores non facile inveniatur, et pro summo secreto a chymicis haberi soleat, pro præservatione potissimum ipsius pestis.

      [Les chimistes affirment assez péremptoirement qu’ils préparent divers remèdes chimiques capables de guérir cette maladie, grâce à leur nouvelle médecine, qu’ils ont aujourd’hui principalement apprise de leur maître Théophraste Paracelse. {iv} J’en exposerai ici quelques principes car leur emploi peut être parfois périlleux pour le médecin. De fait, il arrive que tout un chacun se permette d’essayer les remèdes extrêmes dans une maladie si cruelle et rebelle. Ils tirent par-dessus tout gloire du verre d’antimoine ou de ses fleurs. {v} Ils s’émerveillent aussi sans réserve du mercure si bien préparé qu’on peut l’administrer par la bouche sans causer aucun tort pour terrasser diverses maladies des plus pernicieuses. Matthiole de Sienne, le meilleur investigateur des médicaments simples, s’est rangé à leur avis, ainsi qu’il l’a écrit dans son traité sur le mal français : {vi} par le vomissement, le flux de ventre et la sudation qu’elle provoque, la poudre de précipité mercuriel, prise avec du suc de chardon bénit ou de l’électuaire de pierres précieuses, {vii} chasse la peste avant qu’elle ne soit solidement établie. Il a été prouvé que l’antimoine préparé exerce le même effet. J’ai connu un chirurgien qui l’administrait sans danger, disait-il, en le préparant comme suit : il mêlait deux onces de verre d’antimoine à deux livres de vin de mauve et laissait le tout infuser pendant un jour et une nuit, posé sur des cendres chaudes ; il cuisait ensuite la solution au bain-marie jusqu’à la réduire au tiers de son volume, puis en administrait une ou deux cuillerées aux malades atteints de peste, avec heureux résultat. Certains disent obtenir le même effet en donnant une drachme de vitriol romain dissous dans de l’eau de rose, ou une drachme d’esprit de vitriol avec de l’eau vinaigrée. Il me semble néanmoins inutile de transcrire ici complaisamment ce que le médecin intéressé trouvera sur la manière de préparer ces médicaments chimiques dans Wecker ou dans l’antidotaire spagirique de Joseph Duchesne. {viii} Je veux n’en décrire qu’un seul car on ne le trouve pas facilement chez ces auteurs, puisque les chimistes ont pour habitude de le tenir absolument secret, tout particulièrement pour sa vertu à prévenir la peste]. {ix}

      1. V. note [25] de l’Observation ii de Patin et Guillemeau.

      2. V. notule {f}, note [31], lettre 211.

      3. Dantzig, Iacobus Rhodus, 1599, in‑4o de 9 feuilles, pour la deuxième de trois éditions.

      4. V. note [7], lettre 7.

      5. V. notes [4], lettre 538, pour le verre, et [9] de l’Observation ii de Guy Patin et Charles Guillemeau pour les fleurs d’antimoine.

      6. V. note [15], lettre 1020, pour les Opera omnia [Œuvres complètes] d’Andrea Mattioli (André Matthiole, Bâle, 1598), dont le dernier traité est consacré au mal français (syphilis).

      7. V. note [7], lettre 99, pour le chardon bénit, et l’Observation vi de Patin et Gillemeau pour les discutables vertus médicinales des pierres précieuses.

      8. V. notes [20], lettre 1033, pour Johann Jakob Wecker, et [11], lettre 211, pour Joseph Duchesne (Quercetanus).

      9. Suit la formule de la préparation à base de fleur de soufre (v. note [28], lettre 503) que, dans son Liber de febribus [Livre des fièvres] (Leyde, 1598), Jan i van Heurne (v. note [3], lettre 139) a appelée Eleusinium chymistarum sacrum [Éleusis sacré des chimistes].

  2. V. notes :

    • [7], lettre 228, pour la condamnation de l’antimoine dans les deux livres De Medicamentis officinalibus [Sur les Médicaments officinaux] de Caspar Hofmann (Paris, 1646) ;

    • [10] de la Préface de la première édition des Lettres (1683) et ses auteurs pour le Chymica Appendix [Appendice chimique] de Charles Spon (Lyon, 1664), seul ouvrage qu’il ait publié sur la médecine chimique, où il a néanmoins recommandé l’emploi raisonné des préparations antimoniales dans de nombreuses indications ;

    • [8], lettre 122, pour le décret de la Faculté de médecine de Paris qualifiant l’antimoine de poison, le 30 juillet 1566.

  3. V. note [8], lettre 54, pour ce long article du Journal des Sçavans (7 juin 1666), intitulé Décret de la Faculté de médecine et arrêt du Parlement touchant l’usage de l’antimoine.

  4. Charles Patin et Jacob Spon ont largement cité cet extrait dans la Préface de la première édition des Lettres (1683) et ses auteurs : v. ses notes [8], [9] et [10].

    Aucun indice biographique ne permet d’identifier sûrement celui des fils de Guy Patin qui aurait pu être la victime de cette aberrante tentative d’assassinat stibial ; mais le seul dont il pouvait vouloir se venger si cruellement était son aîné, Robert (vComment le mariage et la mort de Robert Patin ont causé la ruine de Guy), bel et bien mort de maladie en 1670. La malignité du clan antimonial contre le pire de ses défunts ennemis (mort en 1672) ne connaissait décidément aucune limite.


Je n’ai trouvé aucune information crédible sur une réédition du traité d’Axt. L’éclaboussure qui y souillait hideusement la mémoire de Guy Patin n’a donc jamais été lavée par la censure qu’exigeait Charles.

Avec Jacob Spon, Charles a néanmoins exhumé, et largement cité et diffusé, la calomnie de l’Epistola de Antimonio dans leur Préface de la première édition des Lettres (1683). Elle a été reprise dans toutes celles qui ont paru aux xviie et xviiie s., et dans L’Esprit de Guy Patin, continuant de projeter un sombre doute sur l’ignominie de leur auteur, quoi qu’on en puisse croire.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Annexe : Autobiographie de Charles Patin
(Lyceum Patavinum, 1682). Note 55

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(Consulté le 15.08.2022)

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