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À Hugues de Salins, le 3 mars 1656

Monsieur, [a][1]

Ce 29e de février. J’ai reçu votre dernière aujourd’hui, des mains de M. de La Place qui m’a trouvé comme je composais une leçon de ileo et colico dolore ; [1][2][3] et voilà que je quitte ce travail pour vous répondre. Premièrement, je vous supplie de faire mes recommandations à mademoiselle votre femme, à Monsieur votre père et à Monsieur votre frère aîné, et de les assurer de mes très humbles services.

Pour vos questions, voilà que j’y réponds. Revera nullum datur in natura medicamentum hæmagogum, id est quod elective trahat sanguinem, ut rheum dictum est purgare bilem[2][4][5][6] dans les termes de l’École ; mais bien y a-t-il des remèdes qui ouvrent le chemin au sang, et par lequel il s’écoule ; et voilà ce qu’entend M. Riolan le père. [7] Igitur per medicamenta hæmagoga sunt intelligenda menses moventia, et uterum reserantia, ut depleatur et liberatur ab iis quæ in eius cavitate continentur : qualia sunt syrupus de artemisia, borax, crocus, trochisci de myrrha, saphenæ sectio, balneum, valida purgantia, ut syrupi de rosis solutivus, vel de florib. mali persicæ, cum sena, rheo, diapruno solut., diaphœnico, hiera diacolocynthidos, elaterio, et aliis acrioribus[3][8][9][10][11][12][13][14][15][16] qui valent tout autrement mieux que la décoction apéritive de Rabelais, [4][17][18][19] quia nupturienti sanguini viam faciunt, meatus aperiendo[5]

Phthisis a cerebro in pulmones raro conspicitur[6][20] et tenez pour certain que tous ces topiques [21] ne servent presque de rien car, en ce cas, il faut avoir recours à de petites saignées, [22] à une fréquente et douce purgation[23] et à un grand régime de vivre. [24] Tous ces emplâtres de tant de façons sentent l’Arabie [25] et l’intérêt de l’apothicaire, [26] et même l’ignorance de la cause de la maladie, quod apud Gal. solemne est Empiricis, qui sunt πολυφαρμακοι. [7][27] Nec in tali phthisi vellem inurere pyroticum suturæ coronali[8][28][29] il n’y servirait de rien, mais ferait force mal au malade. L’emplâtre de thapsie [30] de Galien, [31] et plutôt dans Galien que de Galien, n’y fera pas grande chose. [9] Multa retulit Galenus remedia quæ non probat ; ea dumtaxat refert ut improbet, vel ut ostendat inanem veterum Medicorum πολυφαρμακιαν, quam passim reprehendit[10]

Si in hydrope ascite supra modum tumeat umbilicus, ipse poterit acu perforari ; sin minus, erit pungendum abdomen [11][32] à deux doigts de l’ombilic, vers la rate [33] et le côté gauche. Iugularis externa tuto aperitur in morbis cerebri a multo sanguine, aphonia, apoplexia, lethargo ; in dolorib. inveteratis capitis et in phrenitide[12][34][35][36] il faut ouvrir l’artère. J’ai fait ouvrir la jugulaire quatre fois cette année cum prospero successu[13] j’entends la jugulaire externe car l’interne est cachée sous le mastoïde, sed maxime peritus ad hoc requiritur chirurgus[14][37] Quand une femme est morte, on ne saurait manquer de l’enterrer et elle n’est plus bonne qu’à cela ; sed ubi nondum constat de morte[15] il la faut garder quelque temps, mais trois jours sont beaucoup, et trop. La scarification des jambes aux hydropiques [38][39] (elle se fait ici souvent, mais ce doit être au commencement, et nondum provecto morbo[16] ab ascite [17] est fort bonne et est dans les anciens ; mais il en faut bien prendre son temps car si le mal est incurable de soi, la gangrène [40] s’y mettra, et vous en serez accusé ; il vaut donc mieux ne leur rien faire, idcirco deserendi, et fato suo relinquendi[18]

Les signes d’une hydropisie formée sont le foie squirreux, [19][41][42] ou la rate, [43] le corps exténué, adaucta febris, gravior dyspnœa, frequens tussis, lingua sicca et scabra, sitis inexhausta, prostrata appetentia, urinæ paucæ, quarum sedimentum sit rubrum, etc. [20]

Votre chirurgien est venu céans, mais il ne m’a point trouvé. J’ai délivré à M. de La Place ce que j’avais apprêté pour lui afin de vous être envoyé, savoir quelques thèses [44] et le livre de M. Perreau [45] contre l’antimoine, [46] avec les deux derniers livres de M. Guillemeau [47] contre Courtaud [48] de Montpellier [49] et un petit traité de M. Merlet [50] en latin, contra stibium. Pour son livre en français, je ne vous l’envoie point car il parle de le faire réimprimer, augmenté et enrichi de la moitié ; la première édition était trop sèche, secundæ cogitationes erunt meliores[21] Vous lui rendrez un écu qu’il m’a donné. En attendant que la seconde édition de M. Merlet nous vienne, vous trouverez dans M. Perreau de quoi assouvir votre soif : il y a là-dedans bien de très bonnes choses contre l’antimoine, lisez-le d’un bout à l’autre.

Notre bonhomme M. Riolan [51] se porte fort bien, Dieu merci. N’avez-vous pas lu son livre tout entier qu’il fit l’an passé, adversus Pecquetum et Pecquetianos [52] qui sont Mentel [53] et Mersenne ? [22][54]

Mme de Guise, [55] fort âgée, mourut ici la semaine passée. Elle a laissé à son fils [56] qui lui restait unique tout ce qu’elle ne lui pouvait ôter et a laissé à Mlle de Guise, [57] sa fille, tout ce qu’elle lui pouvait donner. [23]

Nous avons ici perdu un de nos anciens collègues nommé M. Le Soubz, [58] âgé de 67 ans. Il avait négligé son métier et était si peu employé que je crois qu’il n’y a personne qui perd ni qui gagne à sa mort. Nous en avons deux autres qui ingrediuntur viam universæ carnis[24] qui sont MM. Allain [59] et Cousin, [60] tous deux malades de paralysie et d’hydropisie depuis six mois.

On tient ici la Pologne prise et perdue par le roi de Suède, [61] et croit-on que si de grandes forces ne lui sont opposées, il entrera très fort en Allemagne le mois de mai prochain. [62]

Pour nous, on dit que nous porterons la grande guerre en Italie par terre, et Cromwell [63] par mer ; que nous en avons ainsi fait l’accord avec lui ; de quoi le pape [64] est en grosse colère contre nous, laquelle éclatera bientôt si nous ne l’amendons. Quelques-uns disent ici que le pape menace le Mazarin, et les jésuites ; ce qui n’est pas vrai, semble-t-il. [25] Les pauvres jansénistes sont fort houspillés en Sorbonne [65] par les molinistes, [66] cordeliers [67] et alia dæmonia[26] M. de Sainte-Beuve [68] a reçu défense du roi de plus enseigner, il a promis d’obéir. Je vous baise les mains de toute mon affection, et à Mlle Louise de Bonamour, [27][69] et suis de pur et bon amour, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 3e de mars 1656.

Les marchands ne veulent pas ici recevoir les nouveaux lis, c’est la nouvelle monnaie ; [28][70] cela empêchera l’exécution de l’édit et par conséquent, il le faudra révoquer. Notre ambassadeur, M. de Bordeaux, [71] maître des requêtes, fils de l’intendant des finances, [72] qui a fait notre paix d’Angleterre, était ici depuis trois mois ; il a reçu commandement de s’y en retourner vite, il y a quelque chose qui presse. Le roi et le Mazarin sont allés à Saint-Germain-en-Laye [73] pour en revenir la semaine qui vient. On parle ici d’un nouveau jubilé [74] pour la mi-carême, pour la paix générale et pour l’extirpation des hérésies ; nous la demandons d’un côté et nous l’empêchons de l’autre. Sicque nolumus et volumus[29]

Il y a ici un livre nouveau in‑4o du P. Yves de Paris, [75] capucin[76] intitulé Le Nouvel agent de Dieu dans le monde ; mais ce n’est que du galimatias et de la crème fouettée, selon la coutume de ce père qui ne fait que badiner avec sa plume : opus est hominis otio et literis infeliciter abutentis[30]

Je viens d’apprendre que M. Chicot, [77] médecin par quartier, fait imprimer un petit in‑4o, lequel contiendra divers traités de purgandi Ratione, de Rheumatismo, de Variolis et morbillis, etc., [31][78] et que l’impression en sera achevée dans 15 jours. C’est un homme que je n’ai jamais vu, mais j’ai toujours ouï parler de lui comme d’un homme d’esprit ; joint que voilà des chapitres bien choisis et des matières illustres. Je souhaite fort que pour le bien du public, il y ait réussi.


1.

« sur l’iléus (occlusion intestinale) et la douleur colique ».

2.

« En réalité, on ne trouve dans la nature aucun médicament hémagogue, c’est-à-dire qui attire électivement le sang, comme on dit que la rhubarbe purge la bile ».

Un hémagogue (du grec haima, le sang, et agôgein, faire sortir) est un médicament qui provoque le flux menstruel ou le flux hémorroïdal (Littré DLF).

3.

« Il faut donc entendre par médicaments hémagogues ceux qui déclenchent les règles et ceux qui ouvrent l’utérus pour le vider et libérer de tout ce que contient sa cavité : ce sont le sirop d’armoise, le borax, le safran, le trochisque [v. note [7], lettre latine 341] de myrrhe, la saignée de la saphène [v. note [22], lettre 544], le bain, les purgatifs puissants, comme le solutif [laxatif] de sirop de roses pâles [v. note [1], lettre 68] ou de fleurs de pêcher [v. note [4], lettre 167], avec le séné [v. note [6], lettre 15], la rhubarbe [v. note [2], lettre 69], le diaprun [v. note [38], lettre 150] solutif, le diaphénic [v. note [5], lettre 167], l’extrait de coloquinte [v. note [9], lettre 260], l’élatérium [v. note [5], lettre 882], et d’autres plus violents ».

Tout cet arsenal purgatif donne l’occasion de rappeler que la purge ne servait pas à soulager la constipation, mais à chasser les humeurs peccantes du ventre (bile et atrabile) quand elles avaient atteint le bon degré de coction. Les autres médicaments que Guy Patin introduisait ici n’étaient pas purgatifs, mais hémagogues.

  • L’armoise, ou herbe de la Saint-Jean, procure un sirop qu’on recommandait pour les maladies des femmes (d’où lui est venu son autre nom de matricaire).

  • On a donné au sous-borate de soude le nom de borax médicinal, en le tenant pour un emménagogue (médicament qui provoque les règles) ; Furetière le dit « fait avec de l’urine de jeunes garçons buvant vin, laquelle on bat avec un pilon dans un mortier de bronze jusqu’à consistance d’onguent et on y ajoute de la rouille d’airain, et quelquefois du nitre ».

  • Le safran, ordinairement frelaté en le mêlant à d’autres plantes moins onéreuses comme le carthame (v. notule {b}, note [10], lettre de Caspar Hofmann au printemps 1646), était un autre emménagogue.

  • La myrrhe était une gomme résine qu’on extrayait d’un arbre d’Arabie ressemblant au mimosa. On en faisait un médicament tonique et stimulant : « la myrrhe ouvre, désopile [évacue], ramollit, consolide et resserre. Non seulement elle provoque les mois [règles], mais elle ouvre la matrice de telle sorte qu’elle fait sortir promptement l’enfant hors du ventre de la mère. Elle rend l’haleine fort agréable si on la mâche et on en fait une huile excellente pour conserver le teint, et effacer les taches et les rides du visage, et pour conglutiner les plaies » (Thomas Corneille) ; « mais la myrrhe ordinaire des apothicaires est bien différente, et c’est le plus souvent du bdellium [gommes extraites de divers arbres d’Arabie], et quelquefois une drogue sophistiquée qui est du poison » (Furetière).

4.

Un apéritif (du latin apertus, ouvert) est un médicament qui ouvre les voies naturelles (urinaires, biliaires, intestinales, etc.) pour aider à évacuer les humeurs des cavités qu’elles drainent.

La décoction apéritive de Rabelais fait allusion à une facétie de l’« auteur François » rapportée par François Béroalde de Verville (François Brouard, Brovardus, 1556-1626, écrivain libertin) dans son Moyen de parvenir, œuvre contenant tout ce qui a été, est et sera (paru vers 1617), au chapitre xii, Vidimus [Nous avons vu] (pages 30‑31 de l’édition de Paris, Garnier frères, 1879) :

« Ne parlez plus de clavicules ou clavifesses, ni d’arts apéritifs, canons et artillerie, qui sont engins grandement ouvrants, puisque vous avez ces cahiers de vérité, ce bon volume, qui est la grosse clef d’ordonnance, à laquelle pend le trousseau de toutes clefs. Pour le prouver, j’ai le père Rabelais le docte, qui fut médecin de Monsieur le cardinal Du Bellay ; et je le mets ici en avant parce que les substances de ce présent ouvrage et enseignements de ce livre furent trouvés entre les menues besognes de la fille de l’auteur. Ce cardinal étant au lit malade d’une humeur hypocondriaque, fit assembler les médecins pour consulter un remède à son mal. Il fut avisé par la docte conférence des docteurs qu’il fallait faire à Monsieur une décoction apéritive qui, réduite en sirop, serait accommodée à son usage ordinaire. Rabelais ayant recueilli cette résolution, sort et laisse Messieurs achever de caqueter pour mieux employer l’argent ; et fait ledit sieur mettre au milieu de la cour un trépied sur un grand feu, un chaudron dessus plein d’eau où il mit le plus de clefs qu’il put trouver ; et en pourpoint comme ménager, remuait ces clefs avec un bâton pour les faire prendre cuisson. Les docteurs descendus voyant cet appareil et s’en enquêtant, il leur dit : “ Messieurs, j’accomplis votre ordonnance, d’autant qu’il n’y a rien tant apéritif que des clefs ; et si vous n’en êtes contents, j’enverrai à l’arsenal quérir quelques pièces de canon ; ce sera pour faire la dernière ouverture, après l’exhibition de ces apozèmes. ” »

5.

« parce qu’ils créent un passage au sang qui a envie de féconder, en lui ouvrant un orifice » (selon l’idée du temps, le sang contenu dans l’utérus était fécondant, v. note [7], lettre 99).

6.

« La phtisie dans les poumons a rarement des manifestations dans le cerveau ». Hugues de Salins avait probablement interrogé Guy Patin sur un cas d’épilepsie chez un phtisique.

7.

« ce qui, selon Galien, est habituel aux empiriques, qui sont des polypharmaques » ; v. note [22], lettre 601, pour l’assimilation des empiriques aux polypharmaques, douteusement attribuée à Galien.

8.

« Et dans une telle phtisie je ne voudrais pas un pyrotique à la suture coronale pour la brûler ».

La suture coronale du crâne (suture fronto-pariétale dans la nomenclature moderne) est la ligne de jonction entre l’os frontal, médian, et les os pariétaux droit et gauche : « parce que c’est en cet endroit où on pose les couronnes ; elle part des tempes et prend son chemin vers le sommet de la tête » (Furetière).

« Il y a des remèdes caustiques et corrosifs, qu’on appelle aussi pyrotiques, qui par leur substance âcre, mordante et terrestre corrodent, brûlent et mangent la peau et la chair pour pénétrer au-dedans des corps durs et calleux, et fondent et liquéfient les humeurs, comme alun brûlé, éponges, cantharides [v. note [9], lettre 515] et autres vésicatoires. Les caustiques qui font escarre sont appelés ruptoires ou cautères [v. note [3], lettre 375]. Les cristaux de lune et pierre infernale, qu’on fait avec l’argent et l’esprit de nitre, sont caustiques par cette union » (Furetière).

9.

Thapsie : nom d’un genre d’ombellifères ; la racine de la thapsie velue, thapsia villosa, contient une essence âcre et corrosive dont on faisait des rubéfiants, c’est-à-dire un médicament dont l’application sur la peau détermine une rougeur et une inflammation (Littré DLF).

Galien a parlé de l’emplâtre de thapsie (θαψιας επαλειφθεισης, illita thapsia en latin) dans le chapitre xxi du livre i du traité De Simplicium medicamentorum temperamentis ac faculatatibus [Des mélanges et facultés des médicaments simples] (Kühn, volume 11, page 418, traduit du grec) :

Ergo si quis ab illa thapsia uratur, ardor aceto restinguitur ; id quod cui libitum est experientia discere licet, velut nos profecto fecimus in nobis ipsis, quo accurate medicamenti potentiam experimur.

[L’application de vinaigre éteint la chaleur excessive que provoque l’emplâtre de thapsie ; chacun en pourra faire l’expérience, comme je l’ai parfaitement constaté sur ma propre personne, quand j’ai soigneusement éprouvé les pouvoirs de ce médicament].

10.

« Galien a parlé de beaucoup de remèdes qu’il n’approuve pas ; il en parle seulement pour les condamner ou pour montrer l’inepte polypharmacie des anciens médecins qu’il blâme partout. »

11.

« Si dans l’hydropisie avec ascite l’ombilic enfle à l’excès, on pourra le percer avec une aiguille ; sinon il faudra ponctionner l’abdomen ».

La ponction d’ascite se pratique encore de nos jours, toujours en piquant l’abdomen à gauche de l’ombilic. Jacques Houiller a proposé un autre recours :

« C’est une chose merveilleuse que ce qui ensuit : une couleuvre de rivière pendue par la queue avec une cordelette dessus un vaisseau plein d’eau dedans lequel elle puisse ouvrir la gueule, après quelque espace de temps vomit et jette une pierre, laquelle reçue dedans ledit vase, boit et consume toute l’eau ; icelle pierre liée au ventre des hydropiques les délivre de leurs eaux » (Trois livres de la matière de chirurgie, par Jacques Houllier Estempain [d’Étampes], médecin à Paris ; translatés de latin en français par un homme savant et expert en ladite matière, Paris, Chrétien Wechel, 1544, livre i, chapitre iii, Des Résolutifs, page 62).

12.

« La veine jugulaire externe est à saigner abondamment et sans crainte, en cas d’aphonie [perte plus ou moins complète de la voix (Littré DLF)], d’apoplexie, de léthargie ; dans les maux de tête invétérés et dans la frénésie ».

La saignée de la veine jugulaire comme celle de l’artère carotide sont tombées dans l’oubli, mais la jugulaire externe demeure un abord courant pour les perfusions intraveineuses.

13.

« avec plein succès ».

14.

« mais il y faut employer un chirurgien extrêmement habile. » La mastoïde (substantif que Guy Patin employait ici au masculin) est la saillie (apophyse) osseuse du crâne qui se palpe derrière chaque oreille.

15.

« mais quand la mort n’est pas encore un fait établi ».

16.

« et pour une maladie qui n’est pas encore avancée ». Guy Patin a ajouté cette parenthèse dans la marge.

17.

« par ascite ».

18.

« pour cette raison il faut les délaisser et les abandonner à leur propre sort. » Dans l’hydropisie, la scarification des jambes pour résoudre leur œdème s’est pratiquée jusqu’à l’invention des médicaments diurétiques (au milieu du xxe s.).

19.

Du grec skirros, dur, squirre et l’adjectif qui en dérive, squirreux, ont presque entièrement disparu de la langue médicale. Le squirre « est une espèce de dureté sans douleur qui se forme sur les parties molles du corps humain » (Furetière) ; on s’en servait pour désigner généralement les indurations des tissus « criant sous le scalpel » (Robin), et particulièrement les cancers et, dans le foie, ce qu’on appelle depuis Laennec (1819) une cirrhose (du grec kirros, jaunâtre, roussâtre).

20.

« une fièvre qui va croissant, une gêne respiratoire plus pesante, une toux fréquente, une langue sèche et râpeuse, une soif inextinguible, une ardeur abattue, des urines peu abondantes qui forment un sédiment rouge, etc. »

21.

« les secondes pensées seront meilleures. » Secundæ cogitationes [semper] sunt meliores [sapientores], les secondes pensées sont [toujours] meilleurs [plus sages], est un adage de l’Antiquité.

Les deux ouvrages de Jean Merlet « contre l’antimoine » sont, pour le latin, Parænesis ad medicos antimoniales… (v. note [54], lettre 420), et pour le français, Remarques sur le livre de l’antimoine de Me Eusèbe Renaudot… (v. note [3], lettre 346).

V. notes [3], lettre 380, pour Le Rabat-joie de l’Antimoine triomphant de Jacques Perreau, et [14], lettre 358, et [3], lettre 390, pour Cani iniurio… et Defensio altera… de Charles Guillemeau contre Siméon Courtaud.

22.

V. note [1], lettre 414, pour les Responsiones duæ… de Jean ii Riolan « contre Pecquet et les pecquétiens ».

23.

V. note [2], lettre 435, pour un paragraphe presque identique dans la lettre à Charles Spon qui précède.

24.

« qui s’engagent sur le chemin que toute chair doit suivre un jour ». Viam universæ carnis demigravit est une litote commune en latin moyen pour dire « il est mort ».

25.

Phrase ajoutée dans la marge, en regard du paragraphe.

26.

« et autres démons » ; Guy Patin a ici corrigé l’ablatif pluriel, aliis dæmoniis, bien que grammaticalement plus correct, en accusatif pluriel.

27.

Hugues De Salins allait faire remarquer à Guy Patin que le prénom de son épouse était Marguerite, et non Louise ; v. note [3], lettre 435, pour Jacques de Sainte-Beuve.

28.

V. note [31], lettre 432, pour les lis d’or et d’argent.

29.

« Et ainsi, nous la voulons [la paix] sans la vouloir. »

30.

« c’est l’ouvrage d’un homme qui abuse de l’oisiveté et de l’écriture » : L’Agent de Dieu dans le monde, par le R.P. Yves de Paris [v. note [25], lettre 415], capucin (Paris, Denis Thierry, 1656, in‑4o).

Ce paragraphe de l’Avant-propos donne une idée de l’ouvrage :

« Quand donc, je représente ici l’Agent de Dieu dans le monde, je décris une ambassade de paix qui vient présenter aux hommes des lumières pour les tirer de l’ignorance ; des forces et des expédients pour triompher de leurs ennemis ; des mouvements sacrés pour les porter à cette félicité qu’ils prétendent et qu’ils ne peuvent obtenir par tous les efforts de la prudence mondaine. Savoir les desseins de Dieu dessus nous, apprendre ses volontés, ce qu’il nous demande pour lui être plus agréables, c’est un sujet tellement avantageux et même si nécessaire à toutes sortes de conditions publiques ou particulières que s’il était traité selon son mérite, je ne doute point qu’il ne fût reçu avec cet applaudissement qu’on donne à ce qui porte beaucoup d’honneur, avec beaucoup de profit. »

Le livre (520 pages) comprend trois parties :

  1. Où il est traité de la religion ;

  2. Où les intérêts de Dieu sont représentés dans le gouvernement civil ;

  3. Où il est traité des intérêts de Dieu en la conduite particulière des chrétiens.
31.

Jean Chicot, natif d’Avranches, avait été reçu docteur en médecine de l’Université de Montpellier en 1614 (Dulieu). Guy Patin mentionnait ici ses Epistolæ et dissertationes medicæ… [Lettre et dissertations médicales…] (Paris, Ch. Du Mesnil, 1656, in‑4o), en en citant les traités intitulés : « sur la Raison de purger, sur le Rhumatisme, sur la Variole et la rougeole, etc. »

a.

Ms BnF no 9357, fos 205‑206, « À Monsieur/ Monsieur Hugues de Salins,/ le puîné, Docteur en médecine,/ À Beaune ».


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Hugues de Salins à Guy Patin, le 3 mars 1656.
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(Consulté le 12.07.2020)

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