L. 1020.  >
À Johann Caspar I Bauhin, le 10 février 1633

Monsieur, [a][1]

Je me sens tellement obligé à votre bonne affection de laquelle avez pris la peine de m’écrire, que je voudrais bien pouvoir vous en rendre la pareille. Je vous remercie de la peine qu’en avez prise, et vous dirai pour réponse à la vôtre que quand il vous plaira de m’écrire, il n’y a point de plus sûr chemin que d’envoyer vos lettres à M. Machet à Soleure, [1][2][3] qui me les fera tenir en toute assurance, et je lui enverrai réciproquement les miennes pour vous les faire tenir ; et que cela soit, je vous prie, arrêté une fois pour toutes, jusques à ce que nous ayons vous ou moi trouvé et découvert un autre chemin ou voie plus sûre. Je vous ai l’année passée deux fois écrit, et n’en avez reçu qu’une, donc il y en a eu une de perdue. Et moi, j’ai reçu une fois des vôtres, dans lesquelles étaient enclos deux portraits de feu monsieur votre père, [4] que je chéris beaucoup, et à cause de sa digne mémoire, et à cause que lui ressemblez entièrement, non solum ipsa vultus effigie, sed etiam ipsa indole viri probi et eruditi, adeo ut vere dici possit de utroque Docti patris docta proles[2][5] Quant à ce que me mandez de scripto Frambesarii, ad petitionem Horstii[3][6][7] c’est chose de laquelle je n’ai jamais rien vu ni entendu ; mais je vous dirai adhuc vivit Frambesarius, etsi plusquam septuaginarius, in urbe Rhemensis, a quo frequenter accipio literas[4] Je lui en écrirai exprès à cause de vous et m’assure, pour l’amitié qu’il me porte, de m’en dire la vérité et même de m’en donner copie s’il en a. Ut ut sit[5] je vous en manderai ce que j’en aurai appris et je vous prie d’en assurer M. Horstius de ma part, auquel je baise les mains. On imprime ici toutes les œuvres de Sennertus sur la copie d’Allemagne. [6][8] On a imprimé depuis peu à Lyon les commentaires de Septalius sur les Problèmes d’Aristote. [7][9][10] On nous promet ici bientôt de Genève Le Soldat suédois, contenant la vie et la mort du roi de Suède. Præterea nihil[8][11][12] Pour des lettres à Amsterdam, je vous y en ferai tenir tant qu’il vous plaira, et très sûrement. [9] Je vous prie de ne m’épargner ni à cela, ni à toute autre chose dont me jugerez capable. J’avais par ci-devant envoyé un mémoire de quelques livres que je désirais avoir à M. Zur Matten, qui m’avait promis d’en importuner M. Platerus de Bâle, pour en recouvrer ce qu’on pourrait en votre ville ; [10][13][14] mais je pense que ses voyages sont cause qu’il n’en a rien fait ; à cause de quoi je suis obligé de recourir à vous, à cause de la bonne volonté que me témoignez, vous priant d’en vouloir prendre la peine, et de me faire chercher les livres desquels je vous envoie un catalogue. [11] Pour le prix qu’ils coûteront, je vous prie d’en faire comme je fis l’année passée avec M. Platerus, lequel m’en acheta quelques-uns et les envoya par voie sûre à Soleure chez M. Machet, qui les reçut, en paya le port et en renvoya le prix au dit Sieur Platerus, qui m’obligea bien fort. Depuis, ledit Sieur Machet les envoya à Lyon à un marchand, qui en paya le port et rendit l’argent au dit S. Machet ; puis ledit marchand, nommé Le Roy, qui est fort mon ami, m’envoya lesdits livres par le coche de Lyon, et < je > rendis à son père, qui est pareillement marchand en cette ville, le port et le prix que lui et son fils avaient payé pour moi. [12][15] Si bien que sans presque de peine et sans grands frais, j’eus un petit paquet de bons livres que je désirais fort, dont j’ai la principale obligation à M. Platerus, auquel je vous prie de présenter mes très humbles mains. Si cet ordre vous agrée, Dieu soit loué. Sinon, je vous enverrai l’argent enfermé dans mes lettres bien cachetées, si l’avez agréable ; ou bien de toute telle autre façon que désirerez. Si M. Zur Matten était à Soleure, je l’emploierais pour être le médiateur de cette convention entre vous et moi ; mais en étant absent, j’en aurai recours à votre bonne affection, en échange de laquelle je ferai pour vous tout ce qui me sera possible. Ce qui se trouvera à Bâle du contenu dans mon catalogue, je vous prie de me le retenir, en blanc ou relié, il ne m’importe ; combien que j’aimerais mieux les avoir tous en blanc si faire se pouvait ; joint que les ports n’en coûtent point tant. Si d’aventure M. Platerus m’en avait déjà amassé quelques-uns, suivant les billets que j’ai envoyés par ci-devant à M. Zur Matten, combien qu’ils ne fussent [13] dans le catalogue que je vous envoie de présent, je vous prie de les prendre et les mettre dans votre paquet. Je vous prie particulièrement pour les décades des thèses de Genath, votre imprimeur, que j’ai vues de deçà, et que je désire fort ; et de cela comme de tout autre livre, faites-en tel marché que pourrez, sans vous amuser beaucoup au vil prix. [14][16][17] Si trouvez aussi d’autres recueils de thèses ou de disputes de médecine, combien que je ne les nomme point, je vous prie de les y mettre. Vous m’obligerez aussi de me mander si ne faites rien imprimer de vous ou de feu monsieur votre père, et principalement son Theatrum practicum, ou bien son Pinax ; même son Matthiole ne se trouve ni ne se recouvre plus nullement en ces quartiers. [15][18] Riolan ne fait rien ici ; depuis quatre ans, il ne cesse de solliciter un procès touchant un bénéfice pour son fils. [16][19][20] Audiveram superioribus annis Emilium Parisanum, Medicum Venetum, adversus Riolani scripta censuram parare, quam quidem quotquot hic sumus ipsi Riolano malevoli, (sumus autem quamplurimi, tanta est hominis istius protervia et ferocia) avide expectavimus ; sed spes fallax Medicos delusit hiantes. Verum alium forte Deus suscitabit, qui doctrina sua Riolani insolentiam castigabit et coercebit, antequam à vivis excedat[17][21][22]

On ne dit ici aucune nouvelle de guerre, depuis que M. le maréchal de Monmorency a eu la tête tranchée à Toulouse, le 30e d’octobre 1632. [18][23] M. le cardinal de Richelieu a été fort malade à Bordeaux ; [19][24] depuis sa guérison, il est ici revenu et de présent, est à Saint-Germain avec le roi et toute la cour. [25][26] On dit bien que l’on a tenu Conseil et qu’on y a délibéré de lever trente mille hommes pour envoyer en deux divers endroits, mais on ne dit pas où. Et parce qu’il ne convient pas autrement bien à un médecin de savoir des nouvelles de la guerre, nihil amplius addam[20] Pour notre Faculté, il n’y a rien de nouveau, sinon que comme elle décroît d’un côté par la mort de quelques-uns, aussi elle augmente de l’autre par la réception nouvelle qui s’en fait tous les ans. Depuis que M. Cousinot le père a été doyen, [27] M. Nicolas Piètre a été élu en sa place ; [28] depuis lui, M. Jean Piètre, [29] son cousin, lequel mourut l’année passée ; depuis lui, M. Moreau qui a commenté l’École de Salerne en latin ; [30][31] après lui, M. Boujonnier que nous avons de présent. [21][32] Si vous désirez avoir un catalogue de tous nos docteurs vivants, je vous en enverrai un. [33] Je pense que savez bien la mort de MM. Charles et de Frey. [22][34][35] Si êtes curieux de quelque chose de deçà, je vous prie de me le mander afin que j’en contente votre curiosité et que je puisse vous témoigner que je désire et demeure à jamais, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur, G. Patin, médecin à Paris. Ce 10e février 1633.

Quand me voudrez faire l’honneur de m’écrire, je vous prie d’adresser vos lettres en la rue des Lavandières, près de Sainte-Opportune, à Paris ; [36] et vous servir toujours de la voie de M. Machet, jusques à ce qu’en trouviez quelque autre plus courte ou plus sûre, comme par exemple si trouviez en votre ville quelqu’un qui vînt tout droit à Paris, comme quelques soldats, auxquels je paierai fort bien le port de ce qu’ils m’apporteront, soit lettres ou livres, de votre part ; et en ce cas, mettez-y telle taxe qu’il vous plaira, je n’en appellerai pas. [23][37]

Iulii Alexandrini Salubria, in‑fo[24][38]
Bruno Seidelius de morbis incurabil., in‑4o[25][39]
Aloys. Mundellæ dialogi et epistolæ medicinales, in‑4o[26][40]
Tidicæus de theriaca[27][41][42]
Cardanus de utilitate ex adversis capienda, in‑4o[28][43]
Sim. Simonii quidquid reperitur de Medicina ; non vero de Philosophia[29][44]
Horstii quæstionies et exerc. pharmaceut[30]
Th. Erastus adversus Astrologos, in‑4o.
Idem de strigibus et lamiis, in‑4o.
Eiusd. examen simpl. theriac. Andr[31][45][46]
Alex. Massariæ de abusu vesicant. et theriacæ in febrib. pestil., in‑4o[32][47]
Hippol. Guarinonii quidquid reperitur[33][48]
Selectarum Medicarum disputationum per Genathium, Basil. Typograph. collectarum, decades omnes. Hæc quæso ne omittas[34]
Wierus de ira morbo[35][49]
Cornarius de peste[36][50][51]
Io. Schroteri quid reperitur de Medicina[37][52]
Problemata Garimberti[38][53]
Fortunati Fidelis quidquid reperitur[39][54]
Epistolæ Medicinales Gesneri[40][55]
Hier. Gemusæi quidquid reperitur[41][56]
Melch. Adami vitæ Philosophorum et profess. Germanorum, in‑8o ; habeo ejusdem vitas Medicorum et Theologorum[42][57]
Tandleri decas διασκεψεων χειρουργικων. [43][58]
Archang. Mercenarii elucidationes in Aristotelem, cum tractatib. quatuor de putredine, quorum duo sunt Erasti, in‑4o[44][59]
Physica Neandri[45][60]
Pasquillorum quidquid reperitur : sunt duo vel tres tomi[46][61]
Rhetoricæ Chytræi, Schollii, Siberi Instit. Rhetoricæ[47][62][63][64]
Meurerus de meteoris[48][65]
Simonius de peste.
Ejusdem synopsis de febribus[49][66][67]
Dominici Terilli quiquid reperitur[50][68]
Melch. Sebizii quidquid reperitur præter tractatum de Acidulis, et de Purgatione : hæc enim habeo[51][69][70][71] Il a fait plusieurs autres traités, ensemble des thèses de médecine que je voudrais bien avoir.


1.

Capitale du canton suisse de même nom, Soleure (Solothurn en allemand, Solodurum en latin), sur les rives de l’Aar, se situe à 60 kilomètres au sud de Bâle, aux confins des parties romane et alémanique de la Suisse. La ville étant en majorité peuplée de catholiques, la France l’avait choisie en 1530 pour siège de son ambassade ordinaire dans les Cantons. Elle y était établie dans l’ancien couvent des cordeliers et avait pour une de ses principales fonctions le recrutement de soldats suisses pour servir le roi.

Dans sa lettre du 5 mars 1634 à Johann Caspar i Bauhin, Guy Patin a dit de M. Machet (prénom inconnu), son intermédiaire, qu’il était concierge de l’hôtel de Messieurs les ambassadeurs de France à Soleure.

2.

« non seulement par les traits de votre visage, mais aussi par votre naturel d’honnête et savant homme, à tel point qu’on peut dire de vous deux, docte descendance d’un docte père. » V. note [9], lettre 9, pour le vers de Scévole i de Sainte-Marthe à propos des deux Scaliger : Docti parentis docta proles.

3.

« sur l’écrit de La Framboisière contre l’attaque de Horst ». Dans les œuvres de Nicolas-Abraham de La Framboisière (v. note [17], lettre 7), je n’ai pas non plus trouvé trace d’un écrit (traité ou chapitre) sur un différend qu’il aurait eu avec Gregor ii Horst (v. note [33], lettre 458).

4.

« que, même s’il est plus que septuagénaire, La Framboisière est toujours en vie à Reims, d’où je reçois fréquemment de ses lettres. »

5.

« Quoi qu’il en advienne ».

6.

V. note [4], lettre 18, pour cette annonce très précoce de l’édition parisienne des Opera de Daniel Sennert (parue en 1641, v. note [12], lettre 44), à laquelle Guy Patin travaillait donc alors déjà.

7.

V. note [9], lettre 8, pour les Commentaria de Ludovicus Septalius in Aristotelis Problemata (Lyon, 1632).

8.

« Rien d’autre. »

V. note [11], lettre 16, pour Le Soldat suédois, histoire du roi Gustave-Adolphe écrite par Friedrich i Spanheim, parue en 1633.

9.

Toujours à la recherche de voies plus sûres et moins onéreuses que la poste pour le transport des lettres et des colis, Guy Patin proposait ses services à Johann Caspar i Bauhin pour acheminer ses courriers de Bâle à Amsterdam.

10.

Christoph Zur Matten (1605-1650) était médecin à Soleure. La Bibliothèque universitaire de Bâle conserve une lettre qu’il a écrite à Johann Caspar i Bauhin le 20 septembre 1632 (cote G2 I 12:Bl.120). Elle coïncide exactement avec ce dont Guy Patin parlait ici :

« Monsieur,
Vous excuserez si vous plaît la hardiesse que je prends de vous importuner par la présente, ayant commission de ce faire de la part de M. le Docteur Patin de Paris, votre meilleur ami, qui me mande, dans sa dernière, que j’ai reçue le 10e de ce mois, qu’il vous ait écrit par deux fois sans avoir eu jamais de réponse ; dont il me prie de vous avertir et de tâcher d’obtenir de vous la faveur de vos lettres ; en quoi vous lui feriez un plaisir signalé. Il mande aussi par la susdite quelques livres de M. le docteur Platerus {a} dont je lui ai écrit, vous suppliant d’y contribuer du vôtre pour contenter le plus tôt ledit sieur docteur ; s’il vous peut rendre la pareille tout de même, comme moi aussi, vous ne le trouverez jamais ingrat. M. le Dr Platerus vous pourra communiquer à votre commodité la liste des livres qu’il désire. Cependant, en vous bien humblement baisant les mains, je me recommande en l’honneur de vos bonnes grâces, et demeure de cœur et d’affection, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur,
Zur Matten, Dr en médecine.
De Soleure, ce 20/10 septembre {b} de l’an 1632. »


  1. Felix ii Platter, v. note [12], lettre 363.

  2. Double date, grégorienne (20) et julienne (10).


11.

Cette liste est transcrite à la fin de la lettre.

12.

Au fil de ses lettres, Guy Patin a plusieurs fois parlé des Le Roy père et fils (prénoms inconnus), marchands à Lyon et à Paris qui lui servaient d’intermédiaires pour ses courriers avec Lyon. La dernière mention s’en lit dans sa lettre à André Falconet du 9 avril 1660 : Patin l’y priait de saluer le fils Le Roy, en disant qu’il avait été le médecin de ses défunts père et mère.

13.

Respect de ce subjonctif imparfait (fussent), mais le présent (soient) serait aujourd’hui plus correct.

14.

Sans trop barguigner ou marchander ; « on appelle un larron de marché, un marché donné, ce qu’on a eu à fort vil prix » (Furetière).

Johann Jakob Genath (1582-1654), imprimeur de Bâle, travaillait pour l’Université depuis 1615. Il a publié au moins sept Decades disputationum medicarum selctarum [Décades de thèses médicales choisies], dont la première avait paru en 1618.

15.

Petri Andreæ Matthioli Medici Cæsarei et Ferdinandi Archiducis Austriæ, Opera quæ extant omnia : hoc est Commentarii in vi libros Pedacii Dioscoridis Anazarbei de Medica materia : Ajectis in margine variis Græci textus lectionibus ex antiquissimis Codicibus desumptis, qui Dioscoridis depravatam lectionem restituunt : Nunc a Casparo Bauhino D. Botanico et Anatomico Basiliensi ordinario, post diversarum editionum collationem infinitis locis aucti : synonymiis quoque plantarum et notis illustrati : adjectis plantarum iconibus, supra priores editiones plus quam trecentis (quarum quamplurima nunc primum describuntur) ad vivum delineatis. De Ratione distillandi aquas ex omnibus plantis : et quomodo genuini odores in ipsis aquis conservari possint. Item Apologia in Amatum Lusitanum, cum Censura in ejusdem Enarrationes. Epistolarum medicinalium libri quinque. Dialogus de morbo Gallico. Cum locupletissimis indicibus, tum ad rem Herbariam, tum Medicamentariam pertinentibus.

[Toutes les œuvres qui existent de Pietro Andrea Mattioli, {a} médecin de l’empereur et de l’archiduc Ferdinand d’Autriche : (1) Commentaires sur les cinq livres de Dioscoride Pedacius d’Anazarbe {b} au sujet de la Matière médicale ; avec, ajoutés dans la marge, des extraits divers du texte grec, tirés des manuscrits les plus anciens, qui restituent le texte de Dioscoride qu’on a corrompu ; après en avoir collationné les diverses éditions, Caspar Bauhin, professeur ordinaire de botanique et d’anatomie à Bâle, les a augmentés d’une infinité de passages ; il les a aussi enrichis de notes et des synonymes des noms de plantes, en ajoutant leurs dessins pris sur le vif, au nombre de plus de trois cents par rapport aux précédentes éditions (dont la plupart sont décrites pour la première fois). (2) Manière de distiller les essences de toutes les plantes, et de quelle façon il est possible de conserver leurs odeurs dans ces mêmes essences. (3) Apologie contre Amatus Lusitanus, {c} avec la Censure de ses commentaires. (4) Cinq livres de lettres médicales. (5) Dialogue sur le mal français. {d} Avec de très riches index concernant tant la botanique que la pharmacie]. {e}


  1. Dit Matthiole, v. note [42], lettre 332.

  2. V. note [7], lettre 103.

  3. V. note [2], lettre 232.

  4. La vérole (syphilis).

  5. Bâle, Nicolaus Bassæus, 1598, in‑fo.

Caspar Bauhin n’avait pas publié d’« Amphithéâtre pratique », mais un Theatrum anatomicum (v. notule {b}, note [4], lettre 1024) ; Johann Caspar i, a publié le Theatrum botanicum de son père en 1658 (v. note [11], lettre 234). V. note [17], lettre 544, pour le Pinax theatri botanici… [Planches de l’Amphithéâtre botanique…] de Caspar (publié en 1596 et 1623).

16.

Né en 1615, Philippe Riolan, abbé de Saint-Pierre de Flavigny en Bourgogne (v. note [12], lettre 301), était le fils aîné de Jean ii Riolan, le mentor de Guy Patin (v. note [7], lettre 51). Dans son Histoire de sainte Reine d’Alise et de l’abbaye de Flavigny (Paris, veuve Herissant et Théophile Barrois, 1788, in‑12, pages 422‑425), André-Joseph Ansart a relaté les chicanes qui accompagnèrent l’acquisition de ce bénéfice :

« L’an 1630, Edme de Griselle résigna son abbaye, de l’agrément du roi et de l’autorité du pape, à Philippe de Riolan, qui lui donna deux gros prieurés en échange. […]

Philippe de Riolan […] prit possession de son abbaye le jour de Noël 1630. {a} Ses bulles et le serment de fidélité qu’il prêta devant l’Official de Paris se trouvent encore dans les archives de l’abbaye. Cet abbé, après sa prise de possession, retourna à Paris pour y continuer ses études, sans avoir rien réglé avec les religieux sur leurs prétentions et sans avoir ordonné aucune réparation. Les bénédictins n’ayant eu de lui aucune réponse satisfaisante sur les demandes qu’ils lui avaient faites, dressèrent un mémoire bien détaillé, pour ce qui concernait leurs prébendes, {b} les ornements et les livres de l’église, le chauffage, le droit d’entrée, le banvin, {c} les officiers, etc. Ils députèrent à Paris Dom Millotet et Dom Fillotte, prieur de Saint-Georges, pour traiter de tous ces articles avec l’abbé. Il y eut transaction : elle porte que pour terminer le procès prêt à naître entre l’abbé et les religieux, et vivre en paix, comme ils doivent, on pourvoira aux prébendes de pain et de vin, conformément aux arrêts rendus ci-devant à ce sujet ; que l’abbé livrera six queues de vin {d} pour les pauvres ; qu’il avisera aux moyens de réparer les bâtiments, les ornements et livres de l’église ; que le traité fait avec son prédécesseur pour le chauffage sera exécuté ; que pour son droit d’entrée, il leur accorde 200 francs tournois ; qu’il donnera 30 livres par an pour les malades ; qu’il permet aux religieux l’usage du banvin du mois d’août ; que pour les festins, ils se pourvoiront auprès de ses administrateurs ; que le choix, institution et destitution des officiers de justice appartiendront à l’abbé seul ; mais qu’il recevra l’avis des religieux sur les vies, mœurs et capacité de ceux qui se présenteront, à moins qu’ils n’aient titres à ce contraires ; enfin, qu’il donnera ses soins pour que les étrangers, hôtes, etc. soient bien reçus. N’avait-on pas lieu d’espérer, après toutes ces conventions, de voir bientôt le rétablissement des lieux réguliers {e} et l’exécution des autres conditions de ce traité. Toutes ces belles promesses n’eurent aucun effet, tout demeura dans le même désordre. L’abbé Riolan donna pourtant un calice d’argent, quelques ornements à l’église, et de l’argent pour faire refondre deux cloches et réparer le grand clocher.

Il s’éleva une nouvelle contestation entre les bénédictins et les fermiers de l’abbé sur la qualité du pain, gâteaux salés, etc. qui leur étaient dus pour les prébendes. On convint qu’au lieu de pain et de gâteaux, M. l’abbé leur paierait 300 livres tous les trois mois ; la transaction fut signée dans le chapitre, le 7 juillet 1641. » {f}


  1. Philippe Riolan, dont le patronyme est ici paré d’une particule douteuse, n’était alors âgé que de 15 ans.

  2. V. note [6] du Borboniana 10 manuscrit.

  3. Le banvin était un privilège ou droit qui donnait pouvoir aux seigneurs et aux abbés de vendre le vin de leur cru durant le temps porté par les coutumes ou par leurs titres, à l’exclusion de tous les autres habitants de la paroisse (Furetière).

  4. Queue : futaille contenant environ un muid et demi (autour de 400 litres).

  5. « On appelle les lieux réguliers ceux qui sont dans la clôture du couvent, le cloître, dortoir, chapitre, réfectoire, à la distinction de ceux qui sont pour les hôtes et pour le ménage de la maison, réputés hors la clôture » (Furetière).

  6. On perd trace de Philippe Riolan après 1670, époque où il se démit de son abbaye de Flavigny par permutation en faveur d’Antoine Sabatier, bénéficier du prieuré bénédictin de Cherré dans l’actuel département de la Sarthe.

17.

« Voici quelques années, j’avais entendu dire qu’Emilio Parisano, médecin de Venise, préparait une critique des écrits de Riolan. Autant que nous sommes ici de malveillants à l’encontre de Riolan (et nous sommes nombreux, tant sont grandes la méchanceté et la cruauté de cet homme), nous avons attendu ce livre avec avidité ; mais cette vaine espérance a déçu l’attente des médecins. Peut-être Dieu produira-t-il pourtant autre chose, en corrigeant et réprimant, par son omniscience, l’arrogance de Riolan, avant qu’il ne quitte le monde des vivants. »

V. note [1], lettre 188, pour la Lapis Lydius de diaphragmate [Pierre de touche sur le diaphragme] de Parisano contre Jean ii Riolan, qui parut en 1635.

On éprouve de la peine, et même du dégoût et de la sidération, à lire de tels propos sous la plume de Guy Patin s’adressant à un éminent professeur de Bâle (dont le père, Caspar Bauhin, avait le défaut de n’être pas d’accord avec Riolan, v. note [25], lettre 146). Jean ii Riolan fut toute sa vie durant le maître sans doute despotique, mais au fond bienveillant, de Patin, qui mordait à belles dents, ici et ailleurs (v. note [20], lettre latine 5), la main qui l’avait aidé amicalement pendant ses études et qui l’aiderait encore en l’honorant de toute sa confiance : le faisant contribuer à l’écriture de ses ouvrages et, qui bien plus est, lui cédant, trois ans avant de mourir, sa chaire royale du Collège de France.

18.

V. note [15], lettre 12.

19.

V. note [17], lettre 13.

20.

« je n’en dirai rien de plus. »

21.

Énumération de cinq docteurs régents qui s’étaient succédé depuis dix ans au décanat de la Faculté de médecine de Paris : Jacques ii Cousinot (1624-1626), Nicolas Piètre (1626-1628), Jean Piètre (1628-1630), René Moreau (1630-1632), François i Boujonnier (1632-1634).

22.

Les médecins parisiens Jean-Cécile Frey (v. note [12], lettre 7) et Claude Charles (v. note [10] de la même lettre) étaient tous deux morts en 1631.

23.

La liste qui suit est la liste (mémoire ou catalogue) des livres que Guy Patin demandait à Johann Caspar i Bauhin de lui acheter. Cette lettre (comme d’autres qui la précèdent) montre qu’à l’âge de 31 ans, Patin était déjà si entiché de livres qu’il pratiquait le harcèlement bibliomaniaque, sans vergogne ni retenue.

24.

Iulii Alexandrini, Cæsarei Medici Primarii, Salubrium sive de sanitate tuenda, libri trigintatres… [Trente-trois livres de Salubria (conseils de santé) ou sur la manière de protéger la santé, par Julius Alexandrinus, premier médecin impérial…] (Cologne, Gervinus Calenius et les héritiers de Quentelius, 1575, in‑fo).

Julius Alexandrinus von Neustein (Giulio Alessandrino, Trente 1506-1590), médecin italien, se mit au service personnel de trois empereurs germaniques : Charles-Quint, Ferdinand ier et Maximilien ii. Il a consacré plusieurs ouvrages à la promotion de la médecine galénique.

25.

V. note [7] de la lettre de Claude ii Belin, datée du 31 janvier 1657, pour ce livre de Bruno Seidel « sur les maladies incurables ».

26.

Ce sont deux ouvrages d’Aloysius Mundella (Luigi Mondella ou Louis Mundanella), natif de Brescia (mort en 1530), professeur de médecine à Padoue et directeur de son jardin des plantes (v. notule {e}, note [12] du Naudæana 2) :

  • Dialogi Medicinales decem, nunc primum in lucem editi : in quibus multa et varia tum artis theoremata, tum historiæ et experimenta doctissime explicantur… [Dix Dialogues médicaux publiés pour la première fois, où est très savamment expliquée une grande diversité de démonstrations du métier, et aussi d’observations et d’expériences…] (Zurich, Froschover, 1551, in‑4o).

  • Epistolæ medicinales, variarum quæstionum, et locorum insuper Galeni difficilium expositionem continentes, omnibus qui veram artem exercere volunt apprime utiles. Eiusdem annotationes in Antonii Musæ Brasavolæ simplicium medicamentorum Examen… [Épîtres médicales contenant l’explication de diverses questions et en outre, des passages difficiles de Galien ; fort utiles à tous ceux qui veulent exercer le véritable métier. Avec les annotations du même Mundella sur l’Examen des médicaments simples d’Antonio Musa Brasavola (v. note [15], lettre 409)…] (Bâle, Mich. Isingrinius, 1543, in‑4o).

27.

De Theriaca et eius multiplici utilitate, ac recta conficiendi ratione. In Andromachi Senioris, Medici summi, Carmen Græcum de theriaca ex viperis inscriptum, Commentarius utilis, popularis, dilucidus et iucunda eruditione Physica conditus. In quo habetur Theriacæ illius, quam vulgo Venetam vocant, latissimique usus eius descriptio accurata, plana et solida, lectu et intellectu cuique in literis saltem versato, facilis, ad ipsius Andromachi mentem, ex iustis suis fundamentis primisque principis, addicta etiam quanta fieri potuit, causarum compositionis explicatione, deducta. Omnibus Philiatris, quique rerum naturalium contemplatione delectantur, nec minus Pharmacopœis, lectu apprime utilis et iucundus. Cum Indice eorum, quæ hic continentur et passim tractantur accuratissimo. Authore Francisco Tidicæo, Dantiscano, Phil. et Med. Doctore, Reipublicæ Thoruniensis Physico.

[La Thériaque, {a} ses multiples emplois et la bonne manière de la confectionner. Commentaire utile, mis à la porté de tous, clair et rempli d’une heureuse érudition, sur le Poème du très éminent médecin Andromaque l’Ancien. {b} Il contient la description soigneuse, aisée et solide de cette Thériaque, que certains surnomment Vénitienne. Conforme à l’esprit d’Andromaque, et tiré de ses justes fondements et premiers principes, il est facile à lire et à comprendre pour quiconque est simplement familier des belles-lettres. Autant que faire se pouvait, y a aussi été ajoutée l’explication déduite de ses indications et de sa composition. Sa lecture est extrêmement utile et plaisante pour tous les amateurs de médecine, qui tous se délectent à la contemplation de l’histoire naturelle, ainsi que pour les pharmaciens. Avec un très soigneux index de ce qui est contenu et traité partout dans le livre. Par Franciscus Tidicæus, {c} natif de Dantzig, docteur en médecine et philosophie, médecin de la République de Thorn]. {d}


  1. V. note [9], lettre 5.

  2. Médecin de Néron, v. note [2], lettre 1001.

  3. Franciscus Tidicæus (Franz Tidike), médecin allemand natif de Dantzig (1554-1617).

  4. Thorn, Andrea Cotenius, 1607, in‑4o de 320 pages ; v. note [30], lettre 547, pour Thorn en Poméranie.

28.

V. note [30], lettre 6, pour ce livre de Jérôme Cardan « sur le profit à tirer des infortunes ».

29.

« Tout ce qui se peut trouver de Simone Simoni [v. note [10], lettre 10] en médecine ; mais pas en philosophie » (v. infra note [49]).

30.

Gregor. Horstii, D. Med. Profess. et illmi Hassiæ Princ. Ludovici Archiatri, Decas pharmaceuticarum exercitationum : Additis totidem casibus specialibus, in gratiam studiosæ juventis conscripta et in Academia Giessena proposita [Décade d’essais pharmaceutiques de Gregor ii Horst (v. note [33], lettre 458), professeur de médecine et archiatre de l’illustrissime prince Ludwig de Hesse, avec tout autant de cas spéciaux, écrite à l’intention de la jeunesse studieuse et proposée en l’Université de Giessen] (Giessen, Chemlin, 1611, in‑8o).

31.

Ce sont trois ouvrages de Thomas Éraste (v. note [31], lettre 6) :

  • De Astrologia divinatrice Epistolæ, iam olim ab eodem ad diversos scriptæ, et in duos libros digestæ, ac nunc demum in gratiam veritatis studiosorum in lucem æditæ, opera et studio Iacobi Grynæi [Lettres sur l’Astrologie divinatrice (ou judiciaire), écrites il y a déjà longtemps à divers personnages et recueillies en deux livres ; publiées pour la première fois par les soins de Jacobus Grynæus, à l’intention de ceux qui sont soucieux de la vérité] (Bâle, Petrus Perna, 1580, in‑4o).

  • Repetitio disputationis de lamiis seu strigibus… [Reprise de la discussion sur les lamies ou vampires…] (Bâle, Petrus Perna, 1578, in‑8o).

  • Examen de simplicibus, quæ ad compositionem theriacæ Andromachi requiruntur… [Étude portant sur les simples requis pour la composition de la thériaque d’Andromaque…] (Lyon, sans nom, 1607, in‑8o).

32.

V. note [2], lettre 939, pour la discussion d’Alessàndro Massaria « sur l’abus des médicaments vésicants et de la thériaque dans les fièvres pestilentielles ».

33.

« Tout ce qui se trouve d’Hippolytus Guarinonius. »

Hippolytus Guarinonius (Ippolito Guarinoni, Trente 1571-Hall en Tyrol 1654), médecin, botaniste, architecte et catholique fervent, a publié bon nombre d’ouvrages médicaux et religieux.

34.

« Toutes les décades de thèses médicales choisies, recueillies par Genath, imprimeur de Bâle [v. supra note [14]]. Je vous demande de ne pas les oublier. »

35.

Ioannis Wieri de ira morbo, eiusdem curatione, Philosophica, Medica et Theologica, Liber [Livre de Johann Wier (v. note [19], lettre 97) sur la maladie furieuse, sa guérison philosophique, médicale et théologique] (Bâle, Officina Oporiniana, 1577, in‑8o).

36.

Iani Cornarii medici physici, de peste Libri duo. Pro totius Germaniæ, imo omnium homnum salute… [Deux livres de Janus Cornarius, naturaliste et médecin (v. note [35], lettre 406). Pour le salut de toute l’Allemagne et même de tous les hommes…] (Bâle, Ioannes Hervagius, 1551, in‑8o).

37.

« Ce qui se trouve de Johannes von Schroeter en médecine. »

Johannes von Schroeter (Schroterius, Weimar 1515-Iéna 1593) a été professeur de médecine à l’Université d’Iéna.

38.

Je n’ai pas trouvé d’édition latine des Problemi naturali e morali di Hieronimo Garimberto [Problèmes naturels et moraux de Hieronimo Garimberto (Parme 1506-Rome 1575, antiquaire et érudit qui fut évêque de Gallese dans la province de Viterbe)] (Venise, Erasmo di Vicenzo Valgrisi, 1550, Girolamo Garimberti, in‑8o) ; mais ce livre a été traduit du toscan en français par Jean Louveau d’Orléans : Les problèmes de Jérôme Garimbert… (Lyon, 1559, Guillaume Rouillé [ou Roville, v. note [5], lettre de Charles Spon, datée du 5 mars 1658], in‑8o).

39.

« Ce qui se trouve de Fortunatus Fidelis. »

Médecin italien mort octogénaire en 1630, Fortunatus Fidelis fut un des premiers à écrire sur la médecine légale.

40.

V. note [37], lettre 442, pour les trois livres d’« Épîtres médicales » de Conrad Gesner (parus en 1577).

41.

« Tout ce qui se trouve de Hieronymus Gemusæus. »

Hieronymus Gemusæus, médecin, humaniste, imprimeur et libraire (Jérôme Gémusée ou Geschmauss, Mulhouse 1505-1543) s’était établi à Bâle. Titulaire d’une chaire de physique (histoire naturelle), il y professa la logique aristotélicienne. Il a concouru à la publication des œuvres de plusieurs anciens auteurs grecs, originales ou traduites en latin : Galien, Ptolémée, Théophraste, Strabon, Théocrite, Aristote, Paul Éginète, Plutarque, etc.

42.

« Les vies des philosophes et des professeurs allemands par Melchior Adam, in‑8o ; j’ai ses vies des médecins et des théologiens. »

V. notes [31], lettre 273, pour les « Vies des médecins allemands » de Melchior Adam (Heidelberg, 1620), et [2], lettre de Charles Spon, datée du 15 janvier 1658, pour celles « des philosophes » (ibid. 1615). Les « Vies des jurisconsultes et des hommes politiques » avaient paru en 1611, et celles « des théologiens », en 1620. Il y eut des rééditions ultérieures.

43.

Διασκεψεων χειρουργικων Δεκας, i. De hirudinum usu. ii. De scarificatione felicius adhibenda. iii. De puerorum et prægnantium phlebotomia ; iv. De salvatellæ venæ incisione. v. De hysterocele. vi. De hysterotomia. vii. De matricis extirpatione. viii. De lienis extractione. ix. De commodiore setacei applicatione. x. De cohibenda partis in sphacelo amputatæ hemorrhagia. In illustri Wittebergæ Lyceo placide collationi proposita a Tobia Tandlero D. Anatom. et Chirur. Profes. publ. Respondente Assuero Schmitnero Regiomontano Borusso. Ad diem 22 Junii horis matutinis in Auditorio Medicorum [Décade de questions chirurgicales : i. L’Utilisation des sangsues. ii. Comment il faut employer la scarification avec meilleur succès. iii. La Phlébotomie des enfants et des femmes enceintes. iv. L’Incision de la veine salvatelle (v. note [12], lettre d’Hugues de Salins, datée du 16 décembre 1656). v. L’Hystérocèle (hernie utérine). vi. L’Hystérotomie (ouverture de l’utérus). vii. L’Hystérectomie (ablation de l’utérus). viii. La Splénectomie (ablation de la rate). ix. L’Application très commode de la soie. x. Comment, dans le spacèle (la gangrène), il faut empêcher l’hémorragie de la partie amputée. Proposée ensemble avec bienveillance dans l’illustre Faculté de Wittemberg par Tobias Tandler (Dresde 1571-Wittemberg 1617), professeur public d’anatomie et de chirurgie. Assuérus Schmitner, natif de Königsberg en Prusse, y a répondu le 22 juin au matin dans l’auditorium des médecins] (Wittemberg, Johannes Gormanus, 1610, in‑4o).

44.

« Les éclaircissements d’Archangelus Mercenarius sur Aristote avec quatre traités sur la gangrène, dont d’eux sont d’Éraste, in‑4o. »

Dans les années 1580, au travers de plusieurs livres, Arcangelo Mercenario, natif de Monte Santo (ancien nom de Potenza Picena sur le littoral adriatique des Marches), professeur de philosophie à Padoue, mort en 1585, et Thomas Éraste ont polémiqué sur la gangrène. La querelle est condensée dans les Dilucidationes obscuriorum locorum et quæstionum philosophiae naturalis Aristotelis, extrema Ipsius recognitione emendatæ. Additæ sunt disputationes de Putredine contra Tomam Erastum, et Indices necessarii. Tertia editio [Éclaircissements des passages très obscurs et des questions de philosophie naturelle qu’on trouve dans Aristote par Arcangelo Mercenario ; corrigés suivant la dernière révision qu’il en a lui-même faite. Avec les (deux) discussions sur la gangrène contre Thomas Éraste et les index nécessaires. Troisième édition] (Padoue, Paulus Meietus, 1588, in‑4o ; Venise, Paulus et Antonius Meietus, 1584, in‑4o pour la première édition).

Éraste avait lancé la dispute avec son De putredine Liber [Livre sur la gangrène] (Bâle, 1580) et riposté avec l’Ad Archangeli Mercenarii, Philosophi Patavini Disputationem de putredine Responsio [Réponse à la discussion d’Arcangelo Mercenario, philosophe de Padoue, sur la gangrène] (ibid., 1583).

45.

La Physique de Michael Neander (Neumann ; Joachimsthal en Bohème 1529-Iéna 1581), médecin et philosophe allemand, professeur à Iéna, comprend deux parties :

  • Physice, sive potius Syllogæ physicæ rerum eruditarum, ad omnem vitam utilium, jucundarum et variarum, testimoniorum Græcorum et Latinorum, veterum atque recentium eruditorum Scriptorum, varietate fere conditæ et illustratæ : ac de Prælectionibus atque notationibus variis Michaelis Neandri excerptæ, collectæ, et in gratiam studiosæ juventutis descriptæ et editæ. Pars prima [La Physique, ou plutôt les Assemblages physiques de notions érudites qui sont utiles à toute vie, plaisantes et diverses, presque établies et enrichies par la variété des témoignages grecs et latins, et des savants auteurs anciens et modernes. Tirées des leçons et des observations diverses de Michael Neander, qui les a colligées, écrites et mises au jour pour le bénéfice de la jeunesse studieuse. Première partie] (Leipzig, Defner, 1585, in‑8o) ;

  • Physices, sive Collectionum physicarum, pars altera… [Seconde partie de la physique ou des Assemblages physiques…] (Leipzig, Lamberg, 1591, in‑8o).

46.

« Tout ce qui se trouve de pasquins : ce sont deux ou trois tomes » : Pasquillorum Tomi duo. Quorum primo versibus ac rhytmis, altero soluta oratione conscripta quamplurima continentur, ad exhilarandum, confirmandumque hoc perturbatissimo rerum statu pii lectoris animum, apprime conducentia [Deux tomes (anonymes) de pasquins. Ils en contiennent grande quantité, écrits en vers pour le premier tome et en prose pour le second, rassemblés avant tout pour égayer et affermir l’esprit du lecteur bienveillant, en l’état très agité des affaires présentes] (Eleutheropolis [Bâle], sans nom [Johannes Oporinus], 1544, in‑4o). V. note [5], lettre 127, pour les écrits satiriques qu’on appelait pasquins ou pasquinades.

47.

Ces trois ouvrages sont :

  • Præcepta Rhetoricæ inventionis, illustrata multis et utilibus exemplis, ex Sacra Scriptura et Cicerone, sumptis. A Davide Chytræo… [Principes de la création rhétorique, éclairés par de nombreux et utiles exemples, tirés des Écritures Saintes et de Cicéron. Par David Chytræus (1531-1600, théologien luthérien et historien allemand, professeur de rhétorique à Rostock)…] (Wittemberg, Johannes Crato, 1556, in‑12) ;

  • Praxis rhetorica sive Scholæ et exercitationes eloquentiæ, in quibus concinna Methodo investigationes argumentorum cuiusque generis causarum instituuntur, et variarum rerum quæstiones oratorio artificio tractantur. Authore M. Iohanno Schollio, Hebraicæ linguæ in illustri Academia Marpurgensis quondam Professore [Pratique rhétorique ou Leçons et essais d’éloquence où, par une méthode appropriée, sont établies les recherches des arguments et les motifs de chaque espèce, et par l’art oratoire, sont traitées les questions de diverses affaires. Par Johannes Schollius (Johann Scholl, mort en 1606), jadis professeur d’hébreux en l’illustre Faculté de Marbourg] (Francfort, Wolfgang Richter, 1607, in‑8o) ;

  • Adami Theodori Adami F. Siberi, Eloquentiæ Professoris, Institutio Rhetorica, Epistolica, Elocutoria : Et in M. Tullium Ciceronem Elogium [Institution rhétorique, épistolaire et éloquente d’Adam Theodor Siber (1563-1616), professeur d’éloquence, fils d’Adam (1516-1584). Avec un éloge de Cicéron] (Wittemberg, Laurentius Seuberlicht, 1608, in‑8o).

48.

Wolfgangi Meureri V. Cl. Commentarii Meteorologici, et recondita eruditione referti, et ex solidis Philosophiæ Aristotelicæ fundamentis deducti, ac demum in gratiam utilitatemque Studiosorum Philosophiæ naturalis editi opera et studio Christophori Meureri, Artis Medicæ licenciati, et Mathematum Professoris Academiæ Lips. Præfixa est his quoque vita autoris, descripta a Bartholomæo Walthero, olim ejusdem Academiæ Professore publico [Commentaires météorologiques de Wolfgang Meurer (1513-1585, philosophe et professeur de médecine à Leipzig), qui sont à la fois remplis de science peu accessible et tirés des fondements solides de la philosophie aristotélicienne. Publiés par les soins et l’étude de Christoph Meurer (1558-1616), licencié de médecine et professeur de mathématiques à l’Université de Leipzig. On les a aussi fait précéder par la vie de l’auteur que Bartholomäus Walther, jadis professeur public en la même Université a écrite] (Leipzig, Valentinus Voegelinus, 1592, in‑4o).

49.

Simone Simoni (v. supra note [29]) :

  • Artificiosa curandæ pestis methodus libellis duobus comprehensa… [Méthode pour soigner la peste suivant les règles de l’art, en deux petits livres…] (Leipzig, sans nom, 1576, in‑4o) ;

  • Synopsis brevissima novæ Theoriæ de humoralium febrium natura, periodis, signis et curatione… cuius paulo post copiosissima et accuratissima consequentur Hypomnemata. Annexa quoque affinitate tractationis est, brevis eiusdem de Humorum differentiis disputatio, nec non Examen sententiæ a Brunone Seidelio Erphordiense Medico, latæ, de iis quæ Laurentius Iubertus ad explicandam Febrium humoralium naturam et materiam disputavit [Très court Synopsis d’une nouvelle théorie sur la nature des fièvres humorales, leur périodicité, leurs signes et leur traitement… suivi de notes très nombreuses et très précises. Par affinité de sujet, on y a aussi ajouté une Disputation du même auteur sur les différences des humeurs, ainsi que l’Examen du jugement que Bruno Seidel (v. supra note [25]), médecin d’Erfurt, a porté sur ce que Laurent Joubert (v. note [8], lettre 137) a discuté à leur propos pour expliquer la nature et la matière des fièvres humorales] (Leipzig, Johann Georg von Werdenstein, 1577, in‑8o ; réédition à Bâle 1580).

50.

« Tout ce qui se trouve de Terilli » : deux médecins italiens ont porté le nom de Domenico Terilli, au xvie s. et au début du xviie s. ; l’un était natif de Lucques et l’autre de Venise.

51. « Tout ce qui se trouve de Melchior Sebizius, sauf le traité des Eaux acides [Strasbourg, 1627, v. note [25], lettre 524] et celui de la Purgation, car je les ai déjà. »

Le second titre est Disputationes de recta purgandi ratione, docentes quos, quibus pharmacis, et quo tempore purgare deceat. In inclyta Argentoratensium Academia ingenii exercendi gratia propositæ… [Disputations sur la manière de bien purger, qui enseignent qui on doit purger, avec quels remèdes et à quel moment. Proposées en l’illustre Université de Strasbourg pour inciter au talent…] (Strasbourg, Johannes Reppius, 1621, in‑4o).

a.

Universitätsbibliothek Basel, cote Handschriften. SIGN.: G2 I 9:Bl. 2‑4, référence aimablement communiquée par Mme Monika Studer, responsable du Service des manuscrits et imprimés anciens de la Bibliothèque universitaire de Bâle : « À Monsieur/ M. Bauhin, docteur/ et professeur en médecine/ à Bâle en Suisse,/ À Bâle. » À côté, probablement de la plume de Johann Caspar i Bauhin, cette date, qui pourrait être celle de la réception ou de la réponse : « 11. Maii 1633 » [21 mai dans le calendrier grégorien ou « nouveau style », v. note [12], lettre 440].

La cote Handschriften. SIGN.: G2 I 11:Bl. 27‑29, est une copie manuscrite de cette même lettre, scrupuleusement exacte et de lecture plus aisée.


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Johann Caspar I Bauhin à Guy Patin, le 10 février 1633.
Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1020
(Consulté le 26.07.2021)

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