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Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 1A. Novembre 1650-novembre 1651, Actes de la Faculté de médecine  >

[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 438 ro | LAT | IMG]

Au nom de la sacro-sainte et indivisible Trinité, à qui louange, honneur et gloire sont éternellement dus, pour qu’elle la rende prospère, heureuse et fortunée, commence le commentaire de la première année du décanat de Maître Guy Patin, natif du Beauvaisis, allant du samedi 5e de novembre 1650 au samedi 4e de novembre 1651[1]


Actes de la Faculté de médecine de Paris

L’an 1650e du Christ Rédempteur, le 5e de novembre, premier samedi suivant la fête de la Toussaint, comme veut la coutume, Maître Jean Piètre, [2] doyen, a réuni la Compagnie, sur convocation écrite que Louis de La Roche, premier appariteur, [3][4] a fait porter à chacun des docteurs. [1] Après célébration de la messe rituelle, [5] quasiment tous les docteurs se sont réunis dans les hautes salles de l’École pour délibérer sur l’élection du doyen [6] et des professeurs de médecine, de pharmacie et de botanique. [7] D’abord, un tirage au sort a désigné les cinq régents qui choisiraient le doyen et les professeurs : trois du grand banc, Maîtres Robert Tullouë, [8] Claude Liénard [9] et François Des François ; [10] et deux du petit banc, Claude Guérin [11] et Toussaint Fontaine. [2][12] Après avoir juré au dit Maître Jean Piètre, doyen sortant, ne désigner personne qui ne soit parfaitement digne de remplir une si importante charge, ni à qui s’opposerait un décret contenu dans les Commentaires de la Faculté, suivant la conclusion énoncée le 24e de janvier 1643, [3] ils se sont retirés dans la chapelle pour prier chrétiennement Dieu tout-puissant, afin qu’il leur permette de procurer à la Faculté un homme honnête, expérimenté et éminent. [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 438 vo | LAT | IMG] Après avoir discuté et mûrement pesé cette affaire, ils sont enfin revenus et ont donné les noms de trois docteurs parfaitement aptes à exercer de si hautes fonctions : du grand banc, Maître Charles Le Clerc [13] et Maître Guy Patin, et du petit banc, Maître Nicolas Richard. [14] Le très distingué M. Jean Riolan, [15] le plus ancien maître de l’École, [16] a jeté dans un bonnet, l’un après l’autre, leurs noms écrits sur un billet de papier, puis la main du doyen sortant en a tiré, au hasard, celui de Guy Patin. Sortes in urnam mittuntur sed temperantur a Domino[4] Et c’est ainsi que j’ai été nommé doyen, sous les acclamations et les applaudissements nourris de tous les honnêtes gens. Aussitôt après avoir prêté serment, j’ai reçu de l’ex-doyen, Maître Jean Piètre, le recueil manuscrit des antiques statuts, [17] deux petits sceaux en argent attachés l’un à l’autre par une chaîne de même métal, une clé de notre coffre et quatre autres qui sont celles < des nations qui composent > la Faculté des arts de l’Université de Paris.

Lors de la même assemblée et selon le même mode d’élection, ont été choisis les professeurs : pour la prochaine année Maître François Boujonnier [18] enseignera la physiologie, [19] et Maître Jacques Thévart, [20] la chirurgie ; [21] pour la présente année, Maître François Blondel [22] enseignera la botanique [23] et Maître Martin Akakia, [24] la pharmacie. [5][25][26] Les mêmes électeurs ont nommé Maître Nicolas Richard censeur des Écoles, [27] quoique, [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 439 ro | LAT | IMG] dans une faculté dont la coutume est d’élire son doyen, il lui appartienne de désigner qui il veut pour ce genre de charge, en soumettant son choix à la pluralité des voix. Le nouveau doyen s’est alors parfaitement souvenu que voilà huit ans, le très éminent Maître Michel de La Vigne, [28] juste après son élection, avait demandé qu’il fût nommé censeur et que la Faculté avait approuvé sa requête. [29] Le doyen demanda donc avec insistance que, pour la durée de son mandat, l’excellent et très savant maître Paul Courtois, [30] natif de Meaux, fût nommé censeur ; ce qu’il obtint facilement. [6]

Le mardi 8e de novembre 1650, quatre chirurgiens jurés[31][32] Maîtres Claquenelle, Turbier, Turpin et Bérard, [7][33][34][35] sont venus à mon domicile pour me féliciter de ma nouvelle dignité. Quelques jours après, deux pharmaciens jurés de Paris, Maîtres Mathurin Lafontaine et Jacques Tartarin, m’ont de même présenté leurs devoirs. [8][36][37][38]

Le mardi 15e de novembre 1650, pendant toute la journée, s’est déroulé l’examen de botanique qui aurait dû avoir lieu en juin dernier, mais qui avait été reporté en raison du petit nombre de bacheliers. [9][39]

Le vendredi 18e de novembre à dix heures du matin, en la chapelle des Écoles, a été célébrée la messe anniversaire en souvenir [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 439 vo | LAT | IMG] de Maître Guillaume Lusson, docteur en médecine de Paris, qui mourut à cette même date en l’an 1610 ; [10][40] et j’ai distribué aux docteurs présents la somme de 25 livres tournois, que, de son vivant, il avait léguée dans cette intention à notre École.


Thèses quodlibétaires [la première du cycle annuel] [11][41]

Le jeudi 24e de novembre 1650, Maître Pierre de Beaurains, [42] docteur en médecine, a présidé, à son tour ordinaire, la soutenance de la quodlibétaire à laquelle répondait Maître François Landrieu, [43] natif de Laon, sur la question :

An sanguis sit animatus ? [12][44][45]

Mon prédécesseur avait, il est vrai, rejeté cette thèse à maintes reprises, en refusant de l’approuver pour deux raisons : primo, elle était presque toute pathologique et thérapeutique, quand elle ne doit être que physiologique durant la première année du cursus médical des bacheliers ; secundo, délibérément et dans un mauvais esprit, elle semblait écrite contre l’emploi de la phlébotomie, ce suprême et éminent secours dans la guérison des maladies, que les médecins de Paris emploient chaque jour, tel un souverain remède, au plus grand bénéfice des patients et avec immense [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 440 ro | LAT | IMG] succès, pour écarter quasiment tous les maux. Néanmoins, comme aucune autre thèse n’était prête, afin que nos Écoles ne demeurent pas plus longtemps vides et muettes, j’ai, en tant que doyen, discuté avec le président, qui est homme entêté et obstiné, et fini par souffrir qu’elle soit imprimée, mais après avoir été raccourcie, atténuée et amputée de nombreux passages, en particulier ceux où elle blâmait ouvertement la saignée. [13][46]


Le même jour, suivant la louable coutume de la Compagnie, Louis de La Roche, premier appariteur, a proclamé les noms et prénoms des docteurs régents de la très salubre Faculté de médecine de l’Université de Paris, dans l’ordre qui suit.

Liste des noms et prénoms de nos honorables maîtres régents en la très salubre Faculté de médecine de Paris, le jeudi 24e de novembre, l’an mille six cent cinquantième de la rédemption du salut humain [47]

  1. Maître Jean Riolan, plus ancien maître de l’École et doyen des professeurs royaux. [48]
  2. Maître Denis Guérin. [49]
  3. Maître Charles Bouvard. [50]
  4. M. René Chartier, médecin du roi. [51]
  5. M. Jean des Gorris. [52]
    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 440 vo | LAT | IMG]
  6. M. Nicolas Hénault. [53]
  7. M. Jacques Perreau. [54]
  8. M. Jean Merlet. [55]
  9. M. François Guénault. [56]
  10. M. Guillaume de Vailli. [57]
  11. M. Pierre Le Conte. [58]
  12. M. Claude de Poix. [59]
  13. M. Jean Bourgeois. [60]
  14. M. Charles Le Clerc.
  15. M. Bathélemy Barralis, médecin du roi. [61]
  16. M. Denis Le Soubs. [62]
  17. M. Robert Tullouë.
  18. M. Pierre de Beaurains.
  19. M. Denis Allain. [63]
  20. M. René Moreau, professeur royal. [64]
  21. M. Claude Liénard.
  22. M. François Mandat. [65]
  23. M. François Boujonnier.
  24. M. Jean de Bourges, professeur de l’École. [66]
  25. M. François Pijart. [67]
  26. M. Antoine Charpentier. [68]
  27. {M. Thomas Gamare.} [69] Mort le 17e d’avril 1651.
  28. M. Claude Quiquebœuf. [70]
  29. M. Jean Du Clédat. [71]
  30. M. François Des François.
  31. M. Élie Béda. [72]
    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 441 ro | LAT | IMG]
  32. M. Philippe Hardouin de Saint-Jacques. [73]
  33. M. Hermant de Launay. [74]
  34. M. Jacques Jouvin. [75]
  35. M. Charles Guillemeau. [76]
  36. {M. Jacques Cornuti.} [77] Mort le 23e d’août 1651.
  37. M. Philibert Morisset. [78]
  38. M. Urbain Bodineau, médecin du roi. [79]
  39. M. Jacques Thévart.
  40. M. Guy Patin, doyen.
  41. M. Cyprien Hubault. [80]
  42. M. Nicolas Brayer. [81]
  43. M. Sébastien Rainssant. [82]
  44. M. Claude Seguin, [83] premier médecin de la reine très-chrétienne Anne d’Autriche. [84]
  45. M. Jean Vacherot. [85]
  46. M. Hugues Chasles. [86]
  47. M. Gilbert Puilon. [87]
  48. M. Nicolas Langlois. [88]
  49. M. Jacques Regnault. [89]
  50. M. Pierre Hommetz. [90]
  51. M. Charles Dupré. [91]
  52. M. Nicolas Matthieu. [92]
  53. M. Jacques Mentel. [93]
  54. M. Lancelot de Frades. [94]
  55. M. François Blondel, professeur de botanique.
    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 441 vo | LAT | IMG]
  56. M. Pierre Le Conte. [95]
  57. M. Germain Préaux, professeur de chirurgie. [96]
  58. M. Claude Germain. [97]
  59. M. Jean Piètre.
  60. M. Jean Chartier, professeur royal. [98]
  61. M. Pierre Legier. [99]
  62. M. François Le Vignon. [100]
  63. M. Mathurin Denyau. [101]
  64. M. Pierre Yvelin, médecin du roi. [102]
  65. M. Claude Guérin.
  66. M. Pierre Le Mercier. [103]
  67. M. Nicolas Richard.
  68. M. Nicolas Cappon. [104]
  69. M. Léon Le Tourneurs. [105]
  70. {M. Durand-François Yon.} [106] Mort le 25e d’août 1651.
  71. M. Martin Akakia.
  72. M. Claude Breget. [107]
  73. M. Michel Marès. [108]
  74. M. Jacques Gavois. [109]
  75. M. Denis Joncquet. [110]
  76. M. Claude Le Vasseur. [111]
  77. M. Florimond Langlois. [112]
  78. M. François Pajot. [113]
  79. M. Toussaint Fontaine.
  80. M. Claude Perrault. [114]
    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 442 ro | LAT | IMG]
  81. M. Charles Le Breton. [115]
  82. M. Quentin Thévenin. [116]
  83. M. Pierre Bourdelot. [117]
  84. M. Étienne Le Gagneur. [118]
  85. M. Roland Merlet. [119]
  86. M. Jean Cousin. [120]
  87. M. Jean Le Prévôt. [121]
  88. M. Guillaume Petit. [122]
  89. M. Pierre Moriau. [123]
  90. M. Paul Courtois, censeur.
  91. M. Jean Garbe. [124]
  92. M. André Guyet. [125]
  93. M. Pierre de Mersenne. [126]
  94. M. Michel Du Pont [127]
  95. M. Jean Forestier. [128]
  96. M. Claude Tardy. [129]
  97. M. Simon Boulot. [130]
  98. M. Jean Maurin. [131]
  99. M. Jean Hamon. [132]
  100. M. Pierre Régnier. [133]
  101. M. Jean de Saint-Yon. [134]
  102. M. Antoine Morand. [135]
  103. M. Isaac Renaudot. [136]
  104. M. Eusèbe Renaudot. [137]
  105. M. Jean-Baptiste Moreau. [138]
    [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 442 vo | LAT | IMG]
  106. M. Étienne Bachot. [139]
  107. M. Jean de Montigny. [140]
  108. M. Bertin Dieuxivoye. [141]
  109. M. Jacques Gamare. [142]
  110. Armand-Jean de Mauvillain. [143]
  111. M. Pierre Perreau. [144]
  112. M. Michel de La Vigne. [14][145]

Il est à remarquer que, bien qu’encore en vie, M. Lazare Pena [146] ne figure pas dans cette liste car il s’est lui-même, sciemment et volontairement, soustrait du nombre des docteurs régents : le 5e de novembre 1650, jour même de ma nomination au décanat de la Faculté, je l’avais prévenu par billet écrit de se préparer à présider, à son tour ordinaire, au premier acte à venir, qui allait être la première quodlibétaire d’un bachelier ; il a refusé cette tâche et renvoyé le messager de notre École, comme il ressort clairement de la lettre ci-dessous, que notre bedeau m’a remise le dimanche 6e de novembre.

« Monsieur,

Outre mon indisposition ordinaire, depuis deux nuits en çà, il m’est tombé une goutte sur le pied gauche, [147] compliquée avec un rhume sur la poitrine, [148] qui a rompu tout à fait ma résolution. C’est pourquoi je vous supplie de m’excuser, et faire trouver mon excuse légitime à [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 443 ro | LAT | IMG] l’assemblée, dont vous êtes à présent le directeur, Dieu merci. C’est votre très humble confrère

L. Pena.

Ce dimanche, 6e de novembre, 1650.

À Monsieur Patin, doyen de la Faculté. » [15]


<Thèses quodlibétaires (suite)>

Le jeudi 22e de décembre 1650, M. Pierre Perreau, docteur en médecine, a disputé hors tour sur une question quodlibétaire à laquelle répondait M. François Lopès, [149] bachelier de médecine natif de Bordeaux, et qui fut :

An a sterililitate tarda senectus ? [16][150]

Le jeudi 19e de janvier 1651, M. Robert Patin, [151] docteur en médecine, a disputé hors tour sur une question quodlibétaire à laquelle répondait M. Charles Barralis, [152] bachelier de médecine natif de Paris, et qui fut :

An fortes creantur fortibus ? [17][153]

Le jeudi 9e de février, M. Michel de La Vigne, docteur en médecine, a disputé hors tour sur une question quodlibétaire à laquelle répondait M. Daniel Arbinet, [154] bachelier de médecine natif de Beaune, et qui fut :

An Principes aliis generosiores ? [18][155]

Le jeudi 16e de février, M. Jean de Bourges, le fils, [156] docteur en médecine, a disputé hors tour sur une question quodlibétaire à laquelle répondait M. Antoine de Sarte, [157] [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 443 vo | LAT | IMG] bachelier de médecine natif de Paris, et qui fut :

An certus unus graviditatis index motus ? [19][158]


Thèses cardinales [159]

Le jeudi 2e de mars 1651, Maître François Landrieu, bachelier de médecine natif de Laon, a disputé sa cardinale, sous la présidence de Maître Thomas Gamare, et la question fut :

An cæna prandio salubrior ? [20][160]

Le jeudi 23e de mars 1651, Maître François Lopès, bachelier de médecine natif de Bordeaux, a disputé sa cardinale, sous la présidence de Maître Antoine Charpentier, et la question fut :

An tuendæ valetudini frequens balneum ? [21][161]


Vespéries [162]

Le jeudi 10e de novembre 1650, Maître Michel de La Vigne, natif de Paris, a disputé sa vespérie sous la présidence de Maître Jacques Gavois, docteur en médecine, en proposant à un candidat [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 444 ro | LAT | IMG] de médecine d’examiner cette question :

An aquæ calidæ potus ex usu ?

Maître Michel Marès, docteur en médecine, a ensuite soumis au dit M. Michel de La Vigne, licencié, la seconde question :

An aquæ gelidæ potus ex usu ? [22]

Le jeudi 1er de décembre 1650, Maître Robert Patin, natif de Paris, a disputé sa vespérie sous la présidence de Maître Denis Joncquet, docteur en médecine, en proposant à un candidat de médecine d’examiner cette question :

Estne in Medico vultus index improbitatis ?

Maître Jacques Gavois, docteur en médecine, a ensuite soumis au dit Maître Robert Patin, licencié, la seconde question :

Estne in Medico vultus index inscitiæ ? [23][163]

Le lundi 2e de janvier 1651, Maître Jean de Bourges, natif de Paris, a disputé sa vespérie sous la présidence de Maître Claude Le Vasseur, docteur en médecine, en proposant à un candidat de médecine d’examiner cette question :

An Medici senioris auxilium ægris optabilius ?

Maître Denis Joncquet, docteur en médecine, a ensuite soumis au dit Maître Jean de Bourges, licencié, la seconde question :

An Chirurgi junioris auxilium ægris optabilius ? [24]

Le lundi 11e de septembre 1651, Maître Germain Hureau, [164] natif de Paris, a disputé sa vespérie [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 444 vo | LAT | IMG] sous la présidence de Maître Florimond Langlois, en proposant à un candidat de médecine, dénommé <Pierre> Le Large, [165] d’examiner cette question :

An a recento menstruo melancholia ?

Maître Claude Le Vasseur, docteur en médecine, a ensuite soumis au dit Maître Germain Hureau, licencié, la seconde question :

An a recento semine mania ? [25]


Doctorats [166]

Le mercredi 23e de novembre 1650, Maître Michel de La Vigne est reçu docteur en médecine, sous la présidence de Maître Jacques Gavois, docteur en médecine. Le nouveau docteur a proposé à Maître Jean Piètre, docteur en médecine, de discuter cette question :

An saccharata medicamenta non conditis præstantiora ?

Maître Jacques Gavois a proposé à Maître Michel Marès la seconde question :

An saccharata medicamenta mellitis præstantiora ? [26]

Le lundi 19e de décembre 1650, Maître Robert Patin est reçu docteur en médecine, sous la présidence de Maître Denis Joncquet, docteur en médecine. [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 445 ro | LAT | IMG] Le nouveau docteur, Maître Robert Patin, a proposé à Maître Jean Chartier, docteur en médecine, de discuter cette question :

Facitne Medici famam aura popularis ?

Maître Denis Joncquet, président, a proposé à Maître Jacques Gavois de discuter la seconde question :

Facitne Medici Magnatum favor ? [27]

Le mercredi 18e de janvier 1651, Maître Jean de Bourges, le fils, est reçu docteur en médecine, sous la présidence de Maître Claude Le Vasseur, docteur en médecine. Le nouveau docteur a proposé à Maître Pierre Legier de discuter cette question :

An serum sanguinis lacteum in febribus malignitatis indicium ?

Maître Claude Le Vasseur, président, a proposé à Maître Denis Joncquet, docteur en médecine, de discuter la seconde question :

An serum sanguinis lacteum in febribus putredinis soboles ? [28]


Actes antéquodlibétaires,
vulgairement dites pastillaires [167]

Le mardi 20e de décembre 1650, Maître Pierre Perreau, docteur en médecine, a disputé son acte pastillaire ; il a proposé à un candidat de médecine de discuter cette question :

An arctati propius dentes vitæ diuturnioris indicium ?

[BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 445 vo | LAT | IMG] Maître Claude Germain a proposé à Maître Michel Marès de discuter la seconde question :

An proceritas corporis vitæ diuturnioris indicium ? [29]

Le lundi 26e de janvier 1651, Maître Robert Patin, docteur en médecine, a disputé son acte pastillaire ; il a proposé à un candidat de médecine de discuter cette question :

An epileptici epilepticos progenerent ?

Maître Denis Joncquet a proposé à Maître Jean Chartier, docteur en médecine, de discuter la seconde question :

An calculosi calculosos progenerent ? [30]

Le mercredi 8e de février 1651, Maître Michel de La Vigne, docteur en médecine, a disputé son acte pastillaire ; il a proposé à un candidat de médecine de discuter cette question :

An homo μοιραν πεπρωμενην devitare possit ?

Maître Jean Piètre a proposé à Maître Jacques Gavois, docteur en médecine, de discuter la seconde question :

An homo parentum vitia devitare possit ? [31]

Le mercredi 15e de février 1651, Maître Jean de Bourges, le fils, docteur en médecine, a disputé son acte pastillaire ; il a proposé [BIU Santé Comm. F.M.P., vol. xiii, fo 446 ro | LAT | IMG] à un candidat de médecine de discuter cette question :

An fœtus in utero tantum generetur ?

Maître Claude Le Vasseur a proposé à Maître Pierre Legier, docteur en médecine, de discuter la seconde question :

An fœtus in utero vivat more plantæ ? [32]

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1.

Jean Piètre, fils de Nicolas (v. note [5], lettre 15), avait été élu doyen pour une année le 7 novembre 1648, puis, comme il était habituel, renouvelé pour une seconde année le 6 novembre 1649.

Pour que les assemblées de la Compagnie soient valides, la coutume exigeait que chacun des docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris ait reçu à son domicile une convocation imprimée, portant son nom manuscrit, qui lui était portée par un bedeau (bidellus en latin). Tel était le nom qu’on donnait anciennement aux sergents dans les juridictions subalternes. On les appelait aussi appariteurs (apparitores) : ils « servent d’huissiers et de porte-masses dans les universités, qui marchent devant le recteur et les facultés » (Furetière).

Louis de La Roche était alors premier ou grand appariteur de la Faculté. Placé sous les ordres du doyen, il veillait au bon déroulement de tous les actes, réunions et cérémonies de la Faculté ; il était assisté d’un adjoint. Les deux autres facultés (théologie et droit canonique) et les quatre nations (Faculté des arts) qui composaient l’Université de Paris possédaient chacune leurs bedeaux ; v. note [15] des Affaires de l’Université en 1651‑1652 pour ces 14 appariteurs qui escortaient le recteur dans ses processions solennelles.

Le serment que devaient prêter les bedeaux de la Faculté de médecine est transcrit dans les Comment. F.M.P. (préambules du tome xiv) :

Formula jusjurandi quod dari debet ab apparitoribus coram universa Facultate, cum ad apparitoris munus asciscuntur. Debet a Decano proponi [Formule du serment que doivent prêter les appariteurs, en présence de toute la Faculté, quand il accèdent à leur charge. À prononcer par le doyen].

« Vous jurez que vous n’avez rien baillé à personne pour être admis à la charge de bedeau.
Que vous servirez la Faculté en cette qualité avec tout le respect, la soumission et fidélité qu’on peut désirer.
Que si vous apprenez ou découvrez quelque chose qui regarde l’intérêt ou de la Faculté en particulier ou de l’Université, vous lui révélerez fidèlement.
Vous le jurez et promettez, la main sur l’Évangile. »

Le doyen Piètre a transcrit la Formula fideiussionis vel satisdationis pro Maiore Apparitore [Formule de garantie ou caution pour le grand bedeau], Louis de La Roche (Comment. F.M.P., tome  xiii, fo cccxci ro) :

« Par devant les notaires garde-notes du roi, notre Sire, au Châtelet de Paris, soussignés, fut présent honorable homme Jean Guichard, barbier, valet de chambre de Son Altesse Royale, {a} demeurant à Paris, fue Galante, paroisse Saint-Séverin, {b} lequel s’est rendu caution envers MM. les doyen et docteurs régents de la Faculté de médecine à Paris de la personne de Louis de La Roche, bourgeois de Paris, et de Marie Huart, sa femme, ses père et mère, qui est entré cejourd’hui au service des dits sieurs, en qualité de grand bedeau de ladite Faculté, promettant ledit Guichard qu’en cas que ledit Louis de La Roche fasse aucun tort, perte et dommage aux dits sieurs dans le maniement qu’il pourra avoir en ladite Faculté, de le réparer et amender incontinent le cas advenu et à leur volonté ; et pour l’exécution des présentes, ledit Guichard élit son domicile irrévocable en cette ville de Paris, en la maison où il est demeurant, < ci->devant déclarée ; auquel lieu, promettant obligeance et renonçant corps et biens. Fait et passé aux études des notaires soussignés, l’an mil six cent quarante-neuf, le cinquième jour d’août après-midi, et a signé la minute des présentes, demeurée en l’escarcelle des notaires soussignés. »


  1. Le duc Gaston d’Orléans, frère du roi.

  2. V. note [11], lettre 96.

2.

V. notes :

  • [20], lettre 17 pour le classement chronologique des docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris qui les répartissait en deux groupes à peu près égaux, les anciens (dits du grand banc) et les jeunes (dits du petit banc) ;

  • [7], lettre 418, pour Robert Tullouë (reçu docteur régent en 1618) ;

  • [8], lettre 579, pour Claude Liénard (1620) ;

  • [43], lettre 223, pour François Des François (1622) ;

  • [12] du Procès opposant Jean Chartier à Guy Patin en juillet 1653, pour Claude Guérin (1636) ;

  • [6], lettre 698, pour Toussaint Fontaine (1642).

Le tirage au sort avait été très chanceux pour Guy Patin (reçu docteur en 1627) : aucun des cinq désignés ne figurait parmi ses ennemis du clan antimonial, soit les 61 futurs « signeurs » du manifeste en faveur de ce médicament publié en 1652 (v. note [3], lettre 333).

3.

Quatrième point de la délibération du 24 janvier 1643 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris (tome xiii, fo 164 vo), en regard de l’annotation marginale Nullus obligatur Decanus in quem Facultas animadverterit [Nul (docteur) contre qui la Faculté aura adressé une remarque n’est à choisir comme doyen], de la plume du doyen Michel i de La Vigne :

Codices, commentaria, acta, instrumenta etc. Facultatis exquirenda essent a decanis superioribus, cum pauca in manibus decani venerint hactenus. Tum et data occasione delibatum a plurimis, condendum deinceps decretum, quo sedulo et religiose cantatur, ne doctor ullus medicus unquam eligatur in decanatum, adversus quem Facultas decreverit, aut cui graviore pœna quadam inflecta fuerit ; ne videlicet quæ extare in actis suis jubet Facultas, et a posteris quoque observari par est, intactæ id est vetustæ et optimæ disciplinæ monimenta, Consciorum maleficio deleantur ac pereant.

[Il eût fallu examiner là-dessus les manuscrits, commentaires, actes, témoignages, etc., laissés par mes prédécesseurs, mais j’en ai aujourd’hui fort peu entre les mains. Bien des gens l’ont délaissé à maintes occasions, mais il faut de nouveau observer le décret prescrivant instamment et scrupuleusement de ne jamais élire doyen quelque docteur en médecine que ce soit contre qui la Compagnie a prononcé un arrêt, ou à qui elle a infligé quelque sérieuse punition. La Faculté ordonne que cela figure dans ses actes et soit pareillement observé par nos successeurs, de façon que les fondements de sa discipline intègre, c’est-à-dire héritée des Anciens et la meilleure de toutes, ne soient détruits et anéantis par la malfaisance de comploteurs].

4.

« Les sorts sont jetés dans l’urne, mais c’est le Seigneur qui en dispose » (v. note [35], lettre 209).

V. notes [6], lettre 328, pour Charles Le Clerc (reçu docteur en 1617), et [28], lettre 293, pour Nicolas Richard (1637).

5.

V. notes :

  • [3], lettre 12, pour François i Boujonnier (reçu docteur régent en 1620), qui se désista le 30 janvier 1651 (v. note [3] des Décrets et assemblées de la Faculté en 1650‑1651) pour être remplacé par Claude Perrault (reçu en 1642, v. note [6], lettre 698) ;

  • [23], lettre 146, pour Jacques Thévart (1627) ;

  • [30], lettre 392, pour Martin iv Akakia (1638), qui était alors professeur royal de chirurgie.

L’article liii des Statuta F.M.P. (1660, pages 50‑53) détaille la désignation, les fonctions et l’historique des professeurs de la Faculté de médecine de Paris :

Singulis annis duo Medicinæ Doctores, in Scholis inferioribus, Madicinam, Collegij Medici stipendiis, publice doceant : Quorum unus a Remigialibus ad Pascha hora septima, et a Paschale ad Remigalia hora sexta matituna Res naturales, et non naturales explicte : alter vero hora prima pomeridiana Res præter naturam interpreteretur, morborumque curandorum rationem, et materiam Medicam explicet : ita ut qui mane anno primo de Rebus naturalibus, et non naturalibus disseriterit, idem anno secundo, de Rebus præter naturam disputet, morborumque curandorum rationem, et materiam Medicam doceat, et bienno Cursum Medicum conficiat : sicque singulis annis post Festum Omnium Sanctorum Lector unus eligatur, qui Lectori bienni succedat.

Tertius his additus Chirurgiæ in Scholis Professor, Comitiis habitis die Sabatthi 4a Novembris 163. quibus more solito, electo in Decanum M. Carolo Guillemeau viva omnium voce primus renuntiatus qui Chirurgiam doceret M. Antonius Charpentier. Exinde dortito eligi cœpit Chirurgiæ Professor, Comitiis de more indictis die Sabbathi 8a Novembris 1636. quibus Decanus renuntiatus fuerat M. Philippus Harduinus de S. Jacques. Quartus denique accessit privatim destinatus Rei Herbariæ in Scholis Professor, Comitiis octava Iunij 1646. a Decano M. Iacobo Perreau pro solemni Formula, indictis et habitis, primusque non sorte, sed omnium voto quæsitus M. Franciscus Blondel, qui statim ab his Comitiis docendarum in Scholis Stirpium ac demonstrandum provinciam susciperet, in qua jubente Universo Ordine ad exactum usque annum 1655. perseveravit. Visum tandem Facultati, die Martis 19a Ianuarij ejusdem anni convocate a Decano M. Ioanne de Bourges, ut deinceps Professor Botanicus aliorum more eligeretur.

[Que tous les ans deux docteurs enseignent publiquement la médecine dans les basses salles des Écoles, aux dépens du Collège de médecine : que l’un d’eux, à sept heures du matin, depuis la Saint-Rémy {a} jusqu’à Pâques, et à six heures du matin, depuis Pâques jusqu’à la Saint-Rémy, explique les choses naturelles et non naturelles ; que l’autre, mais à une heure de l’après-midi, expose les matières contre nature et la manière de soigner les maladies, et explique la matière médicale ; {b} de sorte que celui qui aura discouru le matin sur les matières naturelles et non naturelles durant la première année, disputera, pendant la seconde année, des choses contre nature, et enseignera la manière de soigner les maladies, et que le cours de médecine s’achève tous les deux ans ; et qu’ainsi, chaque année après la Toussaint, un lecteur soit élu, qui succédera au lecteur qui a servi pendant deux ans. {c}

Un troisième professeur de chirurgie leur a été adjoint dans les Écoles, lors de l’assemblée tenue le 4e de novembre 1634, durant laquelle, un doyen ayant été élu, suivant la coutume, en la personne de M. Charles Guillemeau, M. Antoine Charpentier a été déclaré par acclamation unanime premier régent à enseigner la chirurgie. {d} Ensuite, on a commencé à élire le professeur de chirurgie par tirage au sort, lors de l’assemblée coutumière du samedi 8e de novembre 1636, au cours de laquelle M. Philippe Hardouin de Saint-Jacques a été déclaré doyen. {e} Enfin, a été ajouté dans les Écoles un quatrième professeur particulièrement chargé de la matière botanique, lors de l’assemblée annoncée et tenue, suivant la règle ordinaire, par M. Jacques Perreau, doyen, le 8e de juin 1646 ; et M. François Blondel a été nommé, {f} non par par tirage au sort, mais par vote de tous les docteurs ; l’assemblée lui a confié la charge d’enseigner et démontrer les plantes, fonction dans laquelle il a persévéré avec diligence, à la satisfaction du Collège tout entier, jusqu’à l’an 1655. Lors de l’assemblée convoquée par le doyen, M. Jean de Bourges, le mardi 19e de janvier de la même année, il a cependant semblé à la Faculté que le professeur de botanique devait être désormais élu à la manière des autres professeurs]. {g}


  1. Le 1er octobre.

  2. V. note [13] des Pièces liminaires du Traité de conservation de la santé pour la distinction des choses ou qualités du corps humain en trois catégories : naturelles (physiologie et anatomie), non naturelles (hygiène) et contre nature (pathologie).

  3. Autrement dit, élus pour deux ans, les professeurs de médecine (autrement nommés professeurs des Écoles, professores Scholarum, v. notule {c}, note [70] des Décrets et assemblées de la Faculté de médecine en 1651‑1652) enseignaient en alternance la physiologie (incluant l’anatomie et l’hygiène) le matin pendant la première année de leur mandat, puis la pathologie pendant la seconde ; si bien que, durant leurs quatre années préparatoires au baccalauréat (v. note [2], lettre 39), les étudiants suivaient successivement les cours de cinq professeurs différents (désignés par les lettres A à E) : 1ère année, B le matin et A l’après-midi ; 2e année, C et B ; 3e année, D et C ; 4e année, E et D. En toute logique, un nouveau régent de physiologie était désigné chaque année (dans l’ordre B à E) en novembre pour remplacer celui qui avait achevé sa seconde année consacrée à la pathologie (A à D). Cette élection se faisait nécessairement un an à l’avance parce que le cours commençait juste après la Saint-Rémy (1er octobre), c’est-à-dire un mois avant les désignations suivantes des professeurs, qui avaient lieu au début du mois de novembre. Cela permettait aussi au futur professeur de préparer ses cours pour les deux années d’enseignement qui l’attendaient et pour organiser sa pratique en vue de disposer des nombreuses demi-journées requises pour lire ses leçons aux étudiants.

  4. V. note [5], lettre 3, pour Charles Guillemeau (nommé docteur en 1626) ; Antoine ii Charpentier (1623) a été correspondant de Patin. Le professeur de chirurgie exerçait sa charge pendant une année. V. note [71] des Décrets et assemblées de 1651‑1652 pour de plus amples détails sur la création de cette chaire.

  5. V. note [15], lettre 54, pour Philippe ii Hardouin de Saint-Jacques (1625).

  6. V. notes [14], lettre 146, pour Jacques Perreau (1614), et [11], lettre 342, pour François Blondel (1632).

    Il existait en outre deux professeurs de pharmacie (v. note [5], lettre 21).

  7. François Blondel a enseigné la botanique sans discontinuer de 1646 à 1655, et ce sans doute très volontiers, étant donné sa passion pour cette matière (v. note [7] des Actes de 1651‑1652).

La note [70] des Décrets et assemblées de la Faculté de médecine en 1651‑1652 donne une instructive leçon pratique sur l’élection des professeurs de la Faculté (en novembre 1645), sur la durée de leurs mandats et sur leurs subtiles alternances.

6.

V. note [69] de L’ultime procès de Théophraste Renaudot… pour la désignation et les attributions du censeur de la Faculté.

Le doyen Michel i de La Vigne a consigné la nomination de Guy Patin pour cette charge dans les Comment. F.M.P., en date du 8 novembre 1642 (tome xiii, fo 157 vo, 6e paragraphe) :

Ea ipsa concione postulavit Decanus recens creatus, ut Vir fortis M. Guido Patin censoris officio fungatur {a} hocce triennio, quod et facile a Facultate impetravit.

[Lors de cette même assemblée, le doyen récemment élu a demandé que le courageux M. Guy Patin remplisse les fonctions de censeur pendant les trois prochaines années, {b} ce qu’il a très facilement obtenu de la Faculté].


  1. Avec correction du fungeatur qui se lit (difficilement) dans le manuscrit.

  2. Dans le sens de millésimes (1642 à 1644), soit deux années entières. Jacques Regnault succéda à Guy Patin dans la charge de censeur le 5 novembre 1644 (début du décanat de Jean Merlet).

En 1650, la préférence du nouveau doyen n’était pas neutre : tandis que Paul Courtois (dont Guy Patin avait présidé en 1643 la mémorable thèse L’homme n’est que maladie) lui était entièrement dévoué, Nicolas Richard faisait partie du clan antimonial, dont il allait signer le manifeste du 26 mars 1652 (v. note [3], lettre 333).

7.

Bien qu’il s’agît ici de quatre barbiers chirurgiens, et non de chirurgiens de Saint-Côme, la Liste funèbre des chirurgiens de Paris renseigne sur les deux premiers :

  • page 103, « M. Jacques Claquenelle, chirurgien du roi, né à Paris, mourut le 6e de novembre de l’année 1661 » ;

  • page 116, « M. Jean Turpin mourut le 13 mars de l’année 1675. »

  • Les deux autres n’y figurent pas car ils restèrent sans doute chirurgiens barbiers, sans être admis à porter la longue robe de Saint-Côme. Julien Bénard (ou Besnard) était parmi les maîtres chirurgiens barbiers qui signèrent le contrat d’union avec les chirurgiens de Saint-Côme en 1655 (v. note [14], lettre 411).

8.

Mathurin Lafontaine : « reçu maître apothicaire en 1623, fut garde en 1649, 1650 et 1651. Cet apothicaire-épicier, dont le véritable nom était Coucou, l’avait troqué pour celui de Lafontaine. Bien qu’il ait toujours signé “ Mathurin Lafontaine ”, il a pris la particule sur son portrait dans l’inscription suivante, Mathurinus de La Fontaine, Pharmacopœorum Præfectus annis 1649, 1650, 1651. Ætatis 66 [garde des pharmaciens en 1649, 1650, 1651. En son âge de 66 ans] » (Centenaire de l’École supérieure de pharmacie de l’Université de Paris…, Paris, 1904, page 381, notice 24).

V. note [4], lettre 770, pour Jacques Tartarin (et sa banqueroute de 1664).

Les convocations adressées aux deux corporations qui devaient faire tous les ans allégeance à la Faculté de médecine de Paris sont ainsi transcrites dans les Comment. F.M.P. (préambules du tome xiv) :

  • Formula moniti quod a decano per Majorem Scholæ apparitorem mittitur ad Barbitonsores Chirurgicos triduo aut quatrid. ante festum Sti Lucæ [Formule de la convocation que le doyen fait parvenir par le premier appariteur de l’École aux barbiers chirurgiens trois ou quatre jours avant la fête de saint Luc] {a}

    « De la part du doyen de la Faculté de médecine, les lieutenant du premier barbier de Sa Majesté et maîtres jurés de la Communauté des maîtres barbiers chirurgiens de la ville et faubourg de Paris, sont avertis de se trouver, avec plusieurs de leurs anciens maîtres,                                prochain, dix-neuvième du présent mois, à dix heures du matin, au bureau des Écoles de médecine, afin de prêter serment, rendre à ladite Faculté les redevances accoutumées et faire ce que de raison donné {b} aux Écoles de médecine.
    Le                                  au matin du mois d’octobre 16…
    N.N. Doyen » ;

  • Formula moniti quod a decano per majorem Scholæ apparitorem mittitur ad Pharmacopœos Magni Regiæ familiæ præfecti paulo ante festum Sti Lucæ [Formule de la convocation que le doyen fait parvenir par le premier appariteur de l’École aux pharmaciens du grand prévôt de l’hôtel de la Maison royale, un peu avant la fête de saint Luc] {a}

    « De la part du doyen de la Faculté de médecine, les apothicaires servant le roi, sous la charge et aveu de Monsieur le grand prévôt de l’hôtel, sont avertis de se trouver                               prochain, dix-neuvième du présent mois, à dix heures du matin, au bureau des Écoles de médecine, afin de prêter serment, rendre à ladite Faculté les redevances accoutumées, et faire ce que de raison donné {b} aux Écoles de médecine.
    Le                                  au matin du mois d’octobre 16… »


    1. Le 18 octobre.

    2. Rendre compte.

9.

Sous le précédent décanat (Jean Piètre), étant donné la médiocrité des candidats, seuls trois bacheliers avaient été reçus le 29 mars 1650 (Comment. F.M.P., tome xiii, fo ccccxiv/420 vo) :

  • François Lopès (natif de Bordeaux),

  • Antoine de Sarte (Paris),

  • René Brochard (Amiens), qui ne poursuivit pas ses études à Paris.

Après nouvel examen, trois ajournés avaient été déclarés admis le 29 octobre suivant (ibid. fo ccccxviii/424 ro) :

  • Charles Barralis (Paris),

  • François Landrieu (Laon),

  • Daniel Arbinet (Beaune).

V. notes [4], lettre 528, pour l’examen de botanique auquel étaient soumis les bacheliers, et [67] des Décrets et assemblées de la Faculté en 1651‑1652 pour l’article des statuts qui en fixait la règle.

10.

Guillaume Lusson, natif de Luxeuil en Franche-Comté, avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1574 (Baron). Son fils, de même prénom, avait été nommé premier président en la Cour des monnaies en 1610.

11.

Les cinq thèses quodlibétaires (v. note [1], lettre 1) disputées pendant l’hiver 1650-1651 étaient les premières de cette catégorie que disputaient les bacheliers reçus en 1650 (v. supra note [9]).

Celle qui ouvrait la série occupait une place à part car elle était rituellement suivie de la lecture à haute voix, par le grand appariteur (premier bedeau), de la liste (ou tableau) des docteurs régents en exercice.

Divisé en deux parties à peu près égales (v. note [20], lettre 17), les anciens (seniores ou grand banc) et les jeunes (juniores ou petit banc), ce tableau revêtait une extrême importance dans la vie de la Faculté car il en réglait tous les rituels : préséances ; tirage au sort des électeurs qui proposaient le doyen, les professeurs et les examinateurs du baccalauréat ; roulements des docteurs qui présidaient les thèses et participaient aux trois actes du doctorat ; signalement des décès de l’année ; etc.

12.

« Le sang est-il vital ? » : première quodlibétaire de François Landrieu reçu bachelier en octobre 1650 (et déjà adhérent au clan antimonial, v. note [15], lettre 426) ; la question mettait en doute la toute-puissance et même le bien-fondé de la saignée, comme le montrent son introduction et sa conclusion (dont la pertinence n’est pas contestable aujourd’hui).

  • Premier article :

    Sanguis est viventis et partis elementum, naturam nostram integrat, nulla pars similaris aut organica quæ sanguine non constet ; indesinens ipsi effluvium, et resolubilis substantia, nisi pabulo reparetur : potentiam habet nutritivam, et principium animæ vegetativæ activum et transmutativum alimenti in naturam suam, ad restaurationem partis deperditæ : nisi assumpto cibo restauretur, brevi animal intereat necesse est : subiectum in quo est vivens, obiectum circa quod versatur alimentum, terminus est conservatio individui.

    [Le sang est un élément du vivant et de chaque partie du corps, il régénère notre nature. Il n’existe aucune partie similaire ou organique {a} qui ne contienne de sang. Son écoulement est ininterrompu et sa substance peut se désagréger si elle n’est pas restaurée par les aliments. Il a un pouvoir nutritif car, en sa propre nature, il contient le principe de l’âme nourricière et le transforme en aliment, pour la restauration de chaque partie qui s’en trouve dépourvue. S’il n’est régénéré par ce qu’il mange, un animal cesse nécessairement et promptement de vivre. Ce qui est vivant lui est assujetti ; il est l’objet qui véhicule l’aliment ; sa fonction est la conservation de l’individu].


    1. V. note [7], lettre 270.

  • Cinquième et dernier article :

    Quicquid est sanitati et morbo obnoxium est animatum, sanitas et morbus in viventibus tantum reperiuntur : sanguis, gratiosus hic humor, thesaurus vitæ, dilectissimus naturæ filius cuius rationibus omni studio consulere, atque providere debemus ; vires, aut si mavis naturæ robur conservare, est animam conservare : quamdiu vita servatur, sanguis una animatur, et viget ; ne indiscriminatim et temere sanguinem profluere sinas : impensius refrigerato calore nativo humidoque primigenio imminuto viscera languescunt, ac in senectutem immaturam et mortbis gravibus obnoxiam præcipitat. Evacuato nimio sanguine anima deficit ; interitus est inopia sanguinis, anima impotens proprio instrumento destituta non est perfectus actus corporis, uno verbo sanguis est animæ professio, si plus æquo detrahatur, animam ages.

    Ergo sanguis animatus.

    [Tout être animé est susceptible de bien-être et de mal-être ; bonne santé et mauvaise santé ne s’observent que chez les créatures vivantes. Le sang, cette humeur admirable, est le trésor de la vie, le fils très chéri de la nature, et nous devons mettre tout notre soin à veiller et pourvoir à ses intérêts : préserver ses forces ou, si vous préférez, sa solidité, c’est conserver l’âme ; la vie dure aussi longtemps que le sang est animé et vigoureux. Gardez-vous bien d’évacuer le sang hardiment et indistinctement, car la dissipation de la chaleur et la diminution de l’humide radical {a} plongent les viscères dans une profonde défaillance : cela hâte la survenue d’une caducité prématurée et favorise de graves maladies. La soustraction excessive de sang débilite l’esprit vital ; le défaut de sang est mortel, l’esprit vital est rendu impuissant quand il est privé de ses ressources propres, et les fonctions du corps ne s’accomplissent plus. En un mot, le sang est la manifestation de l’esprit vital, en en retirant plus qu’il ne faut, vous dissiperez la vie.

    Le sang est donc vital].


    1. V. note [8], lettre 544.

13.

En dépit de sa conclusion litigieuse, cette première quodlibétaire de François Landrieu, reçu bachelier en octobre 1650 (v. supra note [9]), était la seule prête à être disputée. Pierre de Beaurains (v. note [15], lettre 336) la présidait « à son tour ordinaire » (suo ordine, établi par son ancienneté, v. note [18], lettre 459), pour pallier la défection de Lazare Pena (v. infra note [15]). De Beaurains disposait de l’audace et des appuis requis pour attaquer les « saigneurs » de la Faculté : reçu régent en 1618 (v. note [15], lettre 336), il occupait alors le 18e rang du tableau qui suit.

C’est l’occasion de vérifier que les présidences au tour ordinaire en suivaient effectivement l’ordre ascendant :

14.

Pour faciliter la consultation de ce tableau, je l’ai entièrement numéroté de 1 à 112 ; mais dans son manuscrit, Guy Patin ne l’a fait que de cinq en cinq, de 10 à 112. Il a rayé les noms des morts de 1650-1651 (ici mis entre accolades), avec la date de leur décès.

Seuls 12 de ces docteurs régents n’ont jamais été cités dans la correspondance de Guy Patin :

  • Denis Le Soubs (reçu docteur régent en 1617), natif de Paris ;

  • Claude Quiquebœuf (1624), natif de Paris, frère de François, dit l’aîné (v. note [11], lettre 7) ;

  • Jacques Regnault, ou Renaut (1631), natif de Paris ;

  • Pierre Legier (1635), natif de Bourbon ;

  • Jacques Gavois (1639), natif de Paris ;

  • François Pajot (1640), natif de Paris, médecin de la princesse d’Orléans ;

  • André Guyet (1645), natif de Paris ;

  • Michel Du Pont (1645), natif de Blois ;

  • Jean Forestier (1645), natif de Paris ;

  • Simon Boulot (1646), natif de Bayeux.

Pierre Perreau (v. note [44], lettre 223) et Michel ii de La Vigne (v. note [22], lettre 237), les deux premiers classés de la licence de 1650 (devant Robert Patin, troisième), figurent en fin de liste car ils avaient disputé leur acte de doctorat (et donc « reçu le bonnet ») avant la date du recensement des docteurs par le doyen (24 novembre 1650) ; Patin a omis de répertorier celui de Perreau dans ses Commentaires, mais il avait nécessairement précédé celui de La Vigne, qui avait eu lieu le 23 novembre.

15.

Lazare Pena, natif de Marseille, avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en décembre 1618. Dans le Minutier central des Archives nationales (transactions datées de janvier et avril 1649), il apparaît comme « médecin du roi et de la défunte reine Marie de Médicis, demeurant près de la Porte Saint-Bernard ». Achille Chéreau (Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre) le dit mort le 4 avril 1653.

Pena était 19e, entre Pierre de Beaurains (18e) et Denis Allain (20e) sur le tableau des docteurs établi le 24 novembre 1649 (Comm. F.M.P., tome xiii, fo xxxci/417 vo) ; c’est donc bien à Pena, et non à de Beaurains, que revenait le tour de présider la thèse du 24 novembre 1650 (v. supra note [13]).

Pena fut ainsi la première victime de la rigoureuse discipline imposée par le doyen Guy Patin, en vertu du strict respect des statuts et règlements de la Compagnie. Le nom de Pena n’est pas réapparu dans les tableaux ultérieurs des docteurs régents (novembre 1651 et 1652), ce qui laisse penser que personne ne fit jamais appel de la rude sanction que le doyen lui avait infligée.

L’animosité de Patin se comprend encore mieux si on donne foi au Borboniana 4 manuscrit (v. sa note [27]), qu’il avait lui-même colligé, disant que Lazare Pena était neveu du botaniste Pierre Pena (v. note [3], lettre 42), et que, de juif, il s’était converti au calvinisme, puis au catholicisme.

16.

Les sept bacheliers reçus en avril 1648 (v. note [11], lettre 155) avaient été admis à la licence le 18 juillet 1650 (Comment. F.M.P., tome xiii, fo ccccxvi / 422 vo) dans cet ordre de classement :

  1. Pierre Perreau,
  2. Michel ii de La Vigne,
  3. Robert Patin, fils aîné de Guy,
  4. Jean de Bourges,
  5. Germain Hureau,
  6. Michel Langlois,
  7. Jean-Antoine Bourgaud.

Le moment était venu pour chacun d’eux de se soumettre aux quatre actes successifs marquant la fin de leur cursus médical : vespérie, doctorat, régence (antéquodlibétaire ou pastillaire) et première présidence, dite hors tour (extra ordine, v. note [18], lettre 459), de la quodlibétaire d’un bachelier (v. note [14], lettre 54). En commençant par les premières présidences, les Commentaires inversaient l’ordre des actes mais respectaient leur immuable tradition.

Classé premier de sa licence, Perreau (v. note [44], lettre 223) entamait la série : il accédait à la régence en présidant la première quodlibétaire de François Lopès (v. note [46], lettre 442), reçu bachelier en mars 1650 ; elle portait sur la question « La stérilité retarde-t-elle la vieillesse ? » (conclusion affirmative).

17.

« Les êtres vigoureux engendrent-ils des êtres vigoureux ? » (affirmative).

Deux irrégularités inexpliquées attirent l’attention sur la date de cette thèse (dont la version imprimée porte bel et bien celle du 19 janvier 1651) car Robert Patin présidait pour la première fois :

  1. trois semaines avant son collègue Michel ii de La Vigne qui ne présida que le 9 février 1651 (v. infra note [18]), bien que classé devant lui à la licence (v. supra note [16]) ;

  2. et une semaine avant d’avoir disputé (le 26 janvier) son acte pastillaire, autrement dit antéquodlibétaire, parce qu’il précédait (anté), en principe, la première présidence d’une quodlibétaire.

18.

« Les princes sont-ils de meilleure race que les autres ? » (affirmative) : première présidence de Michel ii de La Vigne.

Daniel Arbinet, natif de Beaune en Bourgogne, mort le 15 août 1668, a été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en janvier 1653. V. note [19], lettre 277, et la suite des Commentaires de Guy Patin, pour la vive querelle survenue au sein de la Faculté sur la présidence de sa seconde thèse quodlibétaire.

19.

« Un unique mouvement (fœtal) est-il à lui seul un signe certain de grossesse ? » (affirmative). V. notes [26], lettre 237, pour le président, Jean ii de Bourges, fils de Jean i, et [4], lettre 975, pour Antoine de Sarte.

Les cinq bacheliers de 1650 ont disputé leur seconde thèse quodlibétaire durant la seconde année du décanat de Guy Patin, entre novembre 1651 et février 1652 (v. les Actes de la Faculté correspondants).

20.

« Le repas du soir est-il plus salubre que celui de midi ? » (affirmative).

À la suite de leur première quodlibétaire, dès qu’ils y étaient prêts, les bacheliers disputaient leur (unique) thèse cardinale (v. note [1], lettre 1). Les présidences reprenaient leur séquence ordinaire, mais le tour des cardinales (Thomas Gamare était alors 27e du tableau, précédé par Antoine Charpentier, 26e) était distinct de celui des quodlibétaire (qui en était au 18e, v. supra note [13]).

V. note [21] des Actes de 1651‑1652 pour la succession des présidences de cardinale qui continua, l’année suivante, à remonter régulièrement le tableau.

21.

« Le bain fréquent protège-t-il la santé ? » (affirmative).

Les trois autres bacheliers de 1650 disputèrent leur cardinale en 1652.

22.

Remontant le calendrier par rapport aux premières présidences de quodlibétaires qui ont précédé, commençait ici la série des trois épreuves successives (vespérie, doctorat, pastillaire ou antéquodlibétaire, v. note [13], lettre 22) qui aboutissaient à la remise du bonnet doctoral et à la régence (consacrée par la première présidence). Leur principe commun était d’aborder une question puis sa contraire (ou sa variante). Aucun de ces débats contradictoires n’était imprimé. L’ensemble de la Faculté, étudiants comme docteurs, était invité à y participer. On devait souvent s’y amuser car les sujets abordés étaient généralement futiles voire hautement saugrenus.

Les deux questions débattues lors de la vespérie de Michel ii de La Vigne étaient :

  1. « Doit-on exclure la boisson d’eau chaude ? »

  2. « Doit-on exclure la boisson d’eau glacée ? »

Deux docteurs régents participaient aux vespéries : le président posait la première question à un philiatre (futur candidat au baccalauréat) anonyme, puis l’autre docteur posait la seconde question au postulant. Comme montrent les quatre vespéries ici disputées l’intervention des deux docteurs suivait l’ordre descendant du tableau. La paire était formée par deux régents qui s’y suivaient :

  • le plus jeune (ici Jacques Gavois, 74e) présidait et son prédécesseur (Michel Marès, 73e) posait la seconde question ;

  • lors de l’acte suivant (v. infra note [23]), s’opérait un décalage d’un rang vers le bas, si bien que Denis Joncquet (75e) présidait et que Gavois, son prédécesseur, posait la seconde question ;

  • et ainsi de suite en allant vers le bas de la liste, avec les interventions successives de Claude Le Vasseur (76e), puis de Florimond Langlois (77e).

Seuls les docteurs ayant au moins dix ans exactement révolus d’ancienneté pouvaient présider à l’un des trois actes du doctorat (v. notes [14], lettre 54, et [59] des Décrets et assemblées de la Faculté en 1651‑1652). En novembre 1650, la barre se situait entre François Pajot (19 décembre 1639, 78e du tableau) et Toussaint Fontaine (15 janvier 1641, 79e), qui était le tout dernier à pouvoir présider en 1651 car Claude Perrault (80e) avait reçu le bonnet le 19 décembre 1641.

23.

Les deux questions débattues lors de la vespérie de Robert Patin étaient :

  1. « La mine du médecin ne trahit-elle pas sa malhonnêteté ? »

  2. « La mine du médecin ne trahit-elle pas son ignorance ? »

24.

Les deux questions débattues lors de la vespérie de Jean ii de Bourges étaient :

  1. « Le secours d’un vieux médecin est-il plus souhaitable pour les malades ? »

  2. « Le secours d’un jeune chirurgien est-il plus souhaitable pour les malades ? »

25.

Les deux questions débattues lors de la vespérie de Germain Hureau étaient :

  1. « La menstruation récente engendre-t-elle la mélancolie ? », à laquelle répondit un candidat que le doyen faisait curieusement sortir de l’anonymat – Pierre Le Large (v. note [34], lettre 504) fut reçu au baccalauréat de 1656 et devait donc alors en être au tout début de ses (longues) études médicales (s’il s’agissait bien de lui, car Guy Patin a laissé un blanc à la place de son prénom) ;

  2. « L’émission récente de semence engendre-t-elle la folie ? »

26.

Les deux questions débattues lors du doctorat de Michel ii de La Vigne étaient :

  1. « Les médicaments sucrés sont-ils meilleurs que ceux qui n’ont pas été confits ? »

  2. « Les médicaments sucrés sont-ils meilleurs que ceux qui ont été miellés ? »

Outre le postulant, trois docteurs régents participaient aux doctorats (A, B et C, par ordre d’intervention) : A présidait ; le postulant posait la première question à B, puis A posait la seconde question à C. Comme montrent les trois doctorats ici disputés, les régents étaient issus du tableau selon un roulement similaire à celui les vespéries (v. supra note [22]), mais en intervenant par trio et non plus par paire, et avec un décalage de séquence pour B, que je ne suis pas parvenu à expliquer.

  • Pour ce doctorat de La Vigne, A (Jacques Gavois, 74e du tableau) présidait et posait la seconde question à C, son prédécesseur (Michel Marès, 73e), après que le postulant, La Vigne, eut posé la première question à C, le moins ancien des trois docteurs (Denis Joncquet, 75e).

  • Lors de l’acte suivant (v. infra note [27]), les rôles se décalaient d’un rang vers le bas, Joncquet (75e) devenait A et Gavois (74e) devenait C ; pour compléter le trio, avec B, on attendait le 76e du tableau, Claude Le Vasseur, mais, pour une raison indéterminée, son tour passait à Jean Chartier (60e).

  • Pour le 3e doctorat de cette session (v. infra note [28]), bien que précédemment éclipsé, Le Vasseur venait logiquement jouer le rôle A, Joncquet était C et Pierre Legier (61e) succédait à Chartier dans le rôle B.

27.

Les deux questions débattues lors du doctorat de Robert Patin étaient :

  1. « La rumeur populaire ne fait-elle pas la réputation du médecin ? »

  2. « La faveur des princes ne fait-elle pas la réputation du médecin ? »

28.

Les deux questions débattues lors du doctorat de Jean ii de Bourges étaient :

  1. « Dans les fièvres, une apparence laiteuse du sérum sanguin est-elle un indice de malignité ? »

  2. « Dans les fièvres, une apparence laiteuse du sérum sanguin est-elle fille d’une putréfaction ? »

29.

Les deux questions débattues lors de la pastillaire de Pierre Perreau étaient :

  1. « Des dents serrées les unes contre les autres sont-elles un indice de longue vie ? »

  2. « La haute taille du corps est-elle un indice de longue vie ? »

Trois docteurs régents intervenaient pour les pastillaires : le nouveau, tout récemment reçu, présidait et posait la première question à un philiatre (futur candidat au baccalauréat), puis le deuxième docteur posait la seconde question au troisième. Comme montrent les quatre pastillaires ici disputées, les deuxième et troisième docteurs étaient issus des mêmes zones du tableau que pour les vespéries et les doctorats (v. supra notes [22] et [26]), mais suivant un ordre défiant apparemment toute logique (qui pouvait tout simplement dépendre de leur disponibilité ce jour-là) :

  • Claude Germain (58e du tableau) et Michel Marès (73e), pour cette pastillaire de Perreau ;

  • Denis Joncquet (75e) et Jean Chartier (60e), pour celle de Robert Patin (v. infra note [30]) ;

  • Jean Piètre (59e) et Jacques Gavois (74e), pour celle de Michel ii de La Vigne (v. infra note [31]) ;

  • et Claude Le Vasseur (76e) et Pierre Legier (61e) pour celle de Jean de Bourges (v. infra note [32]).

30.

Les deux questions débattues lors de la pastillaire de Robert Patin, le jeudi et non lundi 26 janvier 1651, étaient :

  1. « Les épileptiques engendreraient-ils des épileptiques ? »

  2. « Les calculeux [lithiasiques urinaires (v. note [11], lettre 33)] engendreraient-ils des calculeux ? »

31.

Les deux questions débattues lors de la pastillaire de Michel ii de La Vigne étaient :

  1. « Un homme pourrait-il éviter le destin de ses géniteurs ? »

  2. « Un homme pourrait-il éviter les défauts de ses géniteurs ? »

32.

Les deux questions débattues lors de la pastillaire de Jean ii de Bourges étaient :

  1. « Le fœtus n’est-il engendré que dans l’utérus ? »

  2. « Le fœtus vit-il dans l’utérus à la manière d’une plante ? »

Ces quatre pastillaires des nouveaux docteurs qui concluent la série des actes de 1650-1651 furent suivis de peu par leurs premières présidences de thèse quodlibétaire ; v. supra notes :

  • [16], pour celle de Pierre Perreau le 22 décembre 1650 ;

  • [17], pour celle de Robert Patin le 19 janvier 1651 ;

  • [18], pour celle de Michel ii de La Vigne le 9 février 1651 ;

  • [19], pour celle de Jean ii de Bourges  le 16 février 1651.

En somme, des sept licenciés du 18 juillet 1650 (v. supra note [16]) :

  • les quatre premiers classés, Pierre Perreau (dont la vespérie et le doctorat n’ont pas laissé de trace dans les Commentaires de Guy Patin), Michel ii de La Vigne, Robert Patin et Jean ii de Bourges, avaient accédé à la régence avant mars 1651 ;

  • les trois derniers, Germain Hureau, Michel Langlois et Jean-Antoine Bourgaud, allaient satisfaire à tous les actes doctoraux entre novembre 1651 et février 1652, durant la seconde année du décanat de Patin (v. note [33] des Actes de 1651‑1652).

a.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
Ms BIU Santé, tome xiii, fo 438 ro.

In nomine sacrosanctæ et individuæ Trinitatis,
Cui laus, honor et gloria in æternum maneat :
Quod faustum, felix, fortunatumq. sit, incipit
Commentarius primi Decanatus Mag.
Guidonis Patin, Bellovaci, Doctoris Medici Paris.
à die Sabbathi, quinto Novembris, anni millesimi
sexcentesimi quinquagesimi, ad diem Sabbathi,
quartum Novembris anni millesimi sexcentesimi
quinquagesimi primi.


Acta, Comitia, Decreta Facultatis Medicinæ Paris.

    Anno Christi Salvatoris millesimo sexcentesimo quin-
quagesimo, die Sabbathi quinto Novembris, festum
omnium Sanctorum proximè sequente, indicta à Magistro
Ioanne Pietre, Decano, ut moris est per schedulam, ad
singulos Doctores latam per Ludovicum de la Roche, majorem
apparitorem, concione, post sacrum celebrari solitum,
convenere Doctores fere omnes in Scholas superiores, deliberaturi
de eligendo Decano et Professoribus, tum Medicinæ, tum
Pharmaciæ, Chirurgiæ et rei Botanicæ. Primùm
igitur quinque viri sorte creati sunt, qui Decanum et
Professores eligerent ; nempe tres ex majori ordine, Magistri
Robertus Tulloüe, Claudius Lienard, et Franciscus des
François : ex minori verò, Claudius Guerin, et Tussanus
Fontaine : qui, præstito priùs juramento in manibus dicti Mag.
Ioannis Pietre, decanatu abeuntis, se neminem ad tantum
munus administrandum nominaturos, nisi dignissimum,
et in quem nullum exstaret in Commentarijs Facultatis
Decretum, juxta conclusionem latam die 24. Ianuarij, 1643.
pro more Christiano in sacellum secesserunt, Dei Optimi
Maximi gratiam imploraturi, ut virum bonum, peritum ac

b.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 438 vo.

eximium sufficerent Facultati : unde tandem
re discussa et maturè perpensa, redeuntes,
tres viros qui tantam provinciam obtinerent,
dignissimos renuntiarunt, ex maj majori
ordine Mag. Carolum le Clerc, et Magistrum
Guidonem Patin : ex minori verò Mag. Nicol.
Richard : quorum nomina papyraceis tabellis
seorsim descripta, in pileum conjecit Vir clariss.
Mag. Ioannes Riolanus Antiquior Scholæ
magister, ex quo, sorte, abeuntis Decani

Sortes in urnam
mittuntur sed temperantur à
Domino

manu, depromptum est nomen Guidonis
Patin, sicque Decanus fui renuntiatus,
manifesto omnium bonorum plausu et
acclamatione : qui statim data fide accepi
à Mag. Ioanne Pietre, Ex-Decano, veterum
Statutorum Codicem, duo sigilla minora
argentea, sibi invicem cohærentia per
catenulam argenteam, clavem unam arcæ,
et alias quatuor quæ sunt Facultatis
Artium Universitatis Parisiensis.

    In ijsdem comitijs, eadémq. electionis
forma, eliguntur in annum proximum,
Physiologiæ professor, Magister Franc.
Boujonier, et Chirurgiæ Mag. Iacobus
Thevart : in annum verò præsentem, rei
herbariæ, Mag. Franciscus Blondel, et
pharmaciiæ, Mag. Martinus Akakia.
Fuerat quoque ab ijsdem Electoribus in
Scholarum Censorem nominatus Mag.
Nicolaus Richard, quamvis proprium sit

c.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 439 ro.

Universæ Scholæ ad eligendum Decanum commoratæ,
quem voluerit ad id muneris, ex suffragiorum
pluralitate renuntiare : sed probè memor novus
Decanus, ante octennium à viro clarissimo Mag.
Michaele de la Vigne, tunc novo Decano, se
postulatum fuisse in Censorem, cujus petitioni
Facultas annuerat : supplex petijt, ut pro suo
decanatu in Censorem renuntiaretur vir
optimus ac eruditissimus, Magister Paulus
Courtois, Meldensis, quod facilè obtinuit.

    Die Martis, 8. Novembris, 1650. convenerunt
me in ædes meas, ac pro nova dignitate sunt congratulati
quatuor Chirurgi jurati, nempe Magistri Claquenel,
Turbier, Turpin et Berard. Paucis pòst diebus,
idem mihi officium præstiterunt jurati duo phar-
macopœi Parisienses, Magistri Mathur. La Fontaine,
et Jacobus Tartarin.

    Die Martis xv. Novembris 1650. in Scholis
superioribus celebratum fuit examen botanicum
per diem integrum, quod Iunio nempe postremo
celebrari debuisset, et in id tempus fuerat
rejectum, propter paucitatem Baccalaureorum.

    Die Veneris 18. Novembris, 1650. hora
decima matutina celebratum fuit in Scholarum
sacello, sacrum anniversarium pro manibus

d.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 439 vo.

Mag. Gulielmi Lusson, Doctoris Medici Paris.
qui obijt eo ipso die, 18. Novembris, anno 1610 :
et præsentibus Doctoribus distribui viginti
quinque libellas Turonenses, quas ipse
dum viveret, in eam rem, testamento, Scholæ
nostræ legaverat.

Disputationes Quodlibetariæ.

    Die Iovis, 24. Nov. anni 1650. Mag.
Petrus de Beaurains, Doctor Medicus,
præfuit ordine suo, disputationi quod-
libetariæ, respondente Mag. Francisco
Landrieu, Laudunensi, Medicinæ
Baccalaureo, et fuit quæstio.

An sanguis sit animatus ?

    Quæ quidem Thesis per multos dies
rejecta fuit à Decano, qui nolebat eam
probare duabus de causis : primò, quod
tota esset penè Pathologica et Therapeu-
tica, quæ merè Physiologica esse debebat,
hoc primo anno curriculi Medici Baccalau-
reorum ; secundò, quod ex industria malóque
animo facta videretur adversus usum phlebo-
tomiæ, summi et eximij in morborum curatione
præsidij ; quóque, tanquam çãåìïíéêù remedio,
quotidie, optimis ægrorum rebus, et admodum

e.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 440 ro.

feliciter utuntur Medici Parisienses, ad omnium penè
morborum depulsionem : sed quoniam nulla alia
parata Thesis prostabat, ne diutius Scholæ nostræ
vacuæ ac mutæ remanerent ; resque mihi Decano,
erat cum Præside, viro cervicoso et præfracti ingenij,
passus sum tandem ut typis mandaretur, sed resecta,
ac in multis locis mutilata, et imminuta, atque
immutat, ijs præsertim quibus ipsam phlebotomiam apertè vituperabat.

    Eodem autem die, pro laudabili Facultatis
consuetudine, recitata fuere nomina et cognomina
Doctorum regentium saluberrimæ facultatis
Medicinæ in Academia Parisiensi, per Ludovicum
de la Roche, majorem apparitorem, eo nempe
qui sequitur ordine.

    Sequuntur nomina et cognomia
honorandorum Magistrorum nostrorum
regentium saluberrimæ Facultatis
Medicinæ Parisiensis, anno redemptæ
salutis humanæ millesimo sexcentesimo
quinquagesimo, die Iovis, 24. Novembris.

Magister Ioannes Riolan, Antiquior Scholæ
    magister, et regiorum professorum
    Decanus.
Magister Dionysius Guerin.
Mag. Carolus Bouvard.
M. Renatus Chartier. Med. regius.
M. Ioannes de Gorris.

f.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 440 vo.

M. Iacobus Perreau.
M. Ioannes Merlet.
M. Franciscus Guenaut.
10. M. Guilielmus de Vailly.
M. Petrus le Comte.
M. Claudius de Pois.
M. Ioannes Bourgeois.
M. Carolus le Clerc.
xv. M. Bartholomeus Baralis. Med. regius.
M. Dionysius le Soubs.
M. Robertus Tulloüe.
M. Petrus de Beaurains.
M. Dionysius Alain.
20. M. Renatus Moreau. Prof. regius.
M. Claudius Lienard.
M. Franciscus Mandat.
M. Franciscus Boujonier.
M. Ioannes de Bourges. Pof. Schol.
25. M. Franciscus Pijart.
M. Anthonius Charpentier.
Obijt 17. Aprilis, 1651. M. Thomas Gamare.
M. Claudius Quiquebeuf.
M. Ioannes du Cledat. 30. M. Franciscus des François.
M. Helias Beda.

g.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 441 ro.

M. Philippus Harduinus de S. Iacques.
M. Hermannus de Launay.
M. Iacobus Iouvin.
35. M. Carolus Guillemeau.
Obijt 23. Aug. 1651. M. Iacobus Cornuti.
M. Philibert Morisset.
M. Urbanus Bodineau. med. regius.
M. Iacobus Thevart.
40. M. Guido Patin. Decanus.
M. Cyprianus Hubaut.
M. Nicolaus Brayer.
M. Sebastianus Rainssant.
M. Claudius Seguin, Christianissimæ reginæ
      Annæ Austriacæ Medicus primarius.
45. M. Ioannis Vacherot.
M. Hugo Chasles.
M. Gilbertus Puylon.
M. Nicolaus Langlois.
M. Iacobus Renaut.
50. M. Petrus Hommets.
M. Carolus du Pré.
M. Nicolaus Matthieu.
M. Iacobus Mentel.
M. Lancelotus de Frades.
55. M. Franciscus Blondel. Profess. botanicus.

h.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 441 vo.

M. Petrus le Comte.
M. Germanus Preaux. Chir. prof.
M. Claudius Germain.
M. Ioannes Pietre.
60. M. Ioannes Chartier. prof. regius.
M. Petrus Legier.
M. Franciscus le Vignon.
M. Mathurinus Denyau.
M. Petrus Yvelin. Med. regius.
65. M. Claudius Guerin.
M. Petrus le Mercier.
M. Nicolaus Richard.
M. Nicolaus Capon.
M. Leo le Tourneurs.
70. Obijt 25. Aug. 1651. M. Durandus Franciscus Yon.
M. Martinus Akakia.
M. Claudius Breget.
M. Michaël Marés.
M. Iacobus Gavois.
75. M. Dionysius Joncquet.
M. Claudius le Vasseur.
M. Florimondus Langlois.
M. Franciscus Pajot.
M. Tussanus Fontaine.
80. M. Claudius Peraut.

i.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 442 ro.

M. Carolus le Breton.
M. Quintinus Thevenin.
M. Petrus Bourdelot.
M. Stephanus le Gagneur.
85. M. Rolandus Merlet
M. Ioannes Cousin.
M. Ioannes le Prevost.
M. Gulielmus Petit.
M. Petrus Moriau.
90. M. Paulus Courtois, Censor.
M. Ioannes Garbe.
M. Andreas Guyet.
M. Petrus de Mercenne.
M. Michael du Pont.
95. M. Ioannes Forestier.
M. Claudius Tardi.
M. Simon Boulot.
M. Ioannes Maurin.
M. Ioannes Hamon.
100. M. Petrus Regnier.
M. Ioannes de Saint-Yon.
M. Anthonius Morant.
M. Isaacus Renaudot.
M. Eusebius Renaudot.
105. M. Ioannes-Baptista Moreau.

j.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 442 vo.

M. Stephanus Bachot.
M. Ioannes de Montigny.
M. Bertinus Dieuxivoye.
M. Iacobus Gamare.
110. M. Ioannes-Armandus de Mauvilain.
M. Petrus Perreau.
112. M. Michael de la Vigne.

    Est autem notandum in hoc nomenclatore
inter Doctores regentes non recenseri M. Laz.
Pena, licèt adhuc esset in vivis, p<ro>pterea quod
sciens et volens seipsum subtraxisset è numero
Doctorum : cùm enim eo ipso die Sabbathi
quinto Novembris, quo fueram renuntiatus
Decanus Facultatis, eum monuissem per
Schedulum, ut se accingeret ad primum actum
Quodlibetarium, cui debebat ex ordine
præesse, primò responsuro Baccalaureo,
hoc officium à se rejecit, Scholæq. nostræ
nuntium remisit, ut liquet ex sequenti
epistolâ, ad me per bidellum nostrum
allatâ, die Dominico, 6. Novembris, 1650.

Monsieur,

    Outre mon indisposition ordinaire,
depuis deux nuits en çà, il m’est tombé
une goutte sur le pied gauche, compliquée
avec un rhume sur la poitrine, qui a
rompu tout à fait ma resolution : c’est
pourquoy je vous supplie de m’excuser, et
faire trouver mon excuse legitime à

k.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 443 ro.

l’assemblée, dont vous estes à present le Directeur,
Dieu merci. C’est vostre tres humble confrere
    L. Pena.
Ce Dimanche, 6. de Novembre, 1650.
    A Monsieur Patin, Doyen de la Faculté.


    Die Iovis 22. Dec. 1650. disputavit extraordinem
de quodlibetaria quæstione, M. Petrus Perreau,
Doctor Medicus, respondente M. Fancisco Lopes,
Burdegalensi, Medicinæ baccalaureo. Fuit autem quæstio.

An à sterililitate tarda senectus ?


    Die Iovis 19. Ianuarij, 1651. disputavit
extra ordinem de quodlibetaria quæstione, M.
Robertus Patin, Doctor Medicus, respondente
M. Carolo Baralis, Parisino, Medicinæ
Baccalaureo. Fuit autem quæstio.

An fortes creantur fortibus ?


    Die Iovis 9. Februarij disputavit extra
ordinem de quodlibetaria quæstione, M. Mich.
de la Vigne, Doctor Medicus, respondente M.
Daniele Arbinet, Belnensi, Medicinæ Bacca-
laureo. Fuit autem quæstio.

An Principes alijs generosiores ?


    Die Iovis 16. Februarij, disputavit
extra ordinem de quod libetaria quæstione,
Mag. Ioannes de Bourges, filius Doctor
Medicus, respondente Mag. Antonio de

l.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 443 vo.

Sarte, Parisinus, Medicinæ Bacca-
laureo. Fuit autem quæstio.

An certus unus graviditatis index motus ?


Disputationes cardinalitiæ.

    Die Iovis 2. Martij, 1651. disputavit
de cardinalitia quæstione Mag.
Franciscus Landrieu, Lauduneus,
Medicinæ Baccalaureus, præside
Mag. Thoma Gamare, Doctore
Medico. Quaestio fuit.

An cæna prandio salubrior ?

    Die Iovis 23. Martij, 1651. dispu-
tavit de cardinalitia quæstione M.
Franciscus Lopes, Burdegalensis,
Medicinæ Baccalaureus, præside Mag.
Anthonio Charpentier, Doctore Medico.
Quæstio fuit.

An tuendæ valedudini frequens balneum ?


Vesperiæ.

    Die Iovis 10. Nov. 1650. Magister
Michael de la Vigne, Parisinus,
disputavit de Vesperiarum quæs-
tione, præside Magistro Iacobo
Gavois, Doctore Medico, qui Medicinæ

m.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 444 ro.

Candidato, examinandam proposuit hanc quæstionem,

An aquæ calidæ potus ex usu ?

Alteram quæstionem Mag. Michaël Marés,
Doctor Medicus, eidem M. Michaeli de la Vigne
Licentiato proposuit,

An aquæ gelidæ potus ex usu ?

    Die Iovis 1. Dec. 1650 Mag. Robertus Patin,
Parisinus, disputavit de Vesperiarum quæstione,
præside Mag. Dionysio Ioncquet, Doctore Medico,
qui Medicinæ Candidato, examinandam proposuit
hanc quæstionem,

Estne in Medico vultus index improbitatis ?

Alteram quæstionem Magister Iacobus Gavois,
Doctor Medicus, eidem Mag. Roberto Patin, Licen-
ciato proposuit,

Estne in Medico vultus index inscitiæ ?

    Die Lunæ 2. Ianuarij, 1651. Mag. Ioannes
de Bourges, Parisinus, disputavit de Vesperiarum
quæstione, præside Mag. Claudio le Vasseur,
Doctore Medico, qui Medicinæ Candidato hanc exami-
nandam proposuit quæstionem,

An Medici senioris auxilium ægris optabilius ?

Alteram quæstionem Magister Dionysius Ioncquet
Doctor Medicus, eidem Mag. Ioanni de Bourges,
Licentiato, proposuit,

An Chirurgi junioris auxilium ægris optabilius ?

    Die Lunæ xi. Sept. 1651. Magister Germanus
Hureau, Parisinus, disputavit de quæstione

n.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 444 vo.

Vesperiarum, præside Magistro Flori-
mundo Langlois, qui Medicinæ Candidato
dicto < Petro > Le large, hanc quæstionem
proposuit discutiendam.

An à recento menstruo melancholia ?

Alteram quæstionem Magister Claudius
Le Vasseur, Doctor Medicus, eidem Mag.
Germano Hureau, Licentiato, proposuit,

An à recento semine mania ?


Doctoratus.

    Die Mercurij 23. Novembris, anni
1650. Magister Michael de la Vigne
Doctor Medicus renuntiatur, præside
Mag. Iacobo Gavois, Doctore Medico.
Proposuit quæstionem novus Doctor
Magistro Ioanni Pietre, Doctori Medico
discutiendam,

An saccharata medicamenta
non condîtis præstantiora ?

Alteram quæstionem proposuit Mag.
Iacobus Gavois discutiendam Magistro
Michaeli Marés, quæ sequitur,

An saccharata medicamenta
mellitis præstantiora ?

    Die Lunæ 19. Decembris, 1650.
Mag. Robertus Patin, Doctor Medicus
renuntiatur, præside Mag. Dionysio
Ioncquet, Doctore Medico. Proposuit

o.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 445 ro.

novus Doctor Mag. Robertus Patin, quæstionem discutien-
dam Mag. Ioanni Chartier,

Facitne Medici famam aura popularis ?

Alteram quæstionem proposuit Mag. Dionysius Ioncquet,
Præses, discutiendam Mag. Iacobo Gavois,

Facitne Medici Magnatum favor ?

    Die Mercurij 18. Ianuarij, anni 1651. Magister
Ioannes de Bourges, filius renuntiatur Doctor
Medicus, præside Magistro Claudio le Vasseur,
Doctore Medico. Proposuit novus Doctor quæs-
tionem discutiendam Mag. Petro Legier,

An serum sanguinis lacteum in febribus
malignitatis indicium ?

Alteram quæstionem proposuit Mag. Claudius
le Vasseur, Præses, discutiendam Magistro
Dionysio Ioncquet, Doctori Medico,

An serum sanguinis lacteum in febribus
putredinis soboles ?


Antiquodlibetariæ Quæstiones,
quæ vulgò Pastillariæ nuncupantur.

    Die Martis, 20. Decembris, 1650. Magister
Petrus Perreau, Doctor Medicus, disputat
de pastillaria quæstione, proponitq. Med<icin>æ
Candidato hanc quæstionem discutiendam,

An arctati propiùs dentes vitæ diutur-
nioris indicium ?

Alte

p.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 445 vo.

Alteram verò quæstionem Mag. Michael
Marés proposuit Mag. Claudio Germain,
Doctori Medico discutiendam,

An proceritas corporis vitæ
diuturnioris indicium ?

    Die Lunæ 26. Ianuarij, 1651. Mag.
Robertus Patin, Doctor Medicus, dispu-
tavit de pastilloria quæstione, pro-
posuitque Medinæ Candidato hanc
quæstionem discutiendam,

An epileptici epilepticos progenerent ?

Alteram verò quæstionem Mag. Dionysius
Ioncquet proposuit Mag. Ioanni Chartier,
Doctori Medico discutiendam,

An calculosi calculosos progenerent ?

    Die Mercurii 8. Febr. 1651. Mag.
Michael de la Vigne, Doctor Medicus,
disputavit de pastillaria quæstione,
proposuitque Medicinæ Candidato hanc
quæstionem discutiendam,

An homo μοιραν πεπρωμενην
devitare possit ?

Alteram verò quæstionem Mag. Iac.
Gavois proposuit Mag. Io. Pietre,
Doctori Medico discutiendam,

An homo parentum vitia
devitare possit ?

    Die Mercurij xv. Febr. 1651.
Magister Ioannes de Bourges,
filius, Doctor Medicus, disputavit de
pastillaria quæstione, proposuitque

q.

Commentaires de la Faculté de médecine de Paris
BIU Santé, tome xiii, fo 446 ro.

Medicinæ Candidato, hanc quæstionem discutiendam,

An fœtus in utero tantùm generetur ?

Alteram verò quæstionem Mag. Claudius le Vasseur
proposuit Mag. Petro Legier, Doctori Medico,
discutiendam,

An fœtus in utero vivat more plantæ ?


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Commentaires de la Faculté rédigés par le doyen Guy Patin (1650-1652) : 1A. Novembre 1650-novembre 1651, Actes de la Faculté de médecine.
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(Consulté le 05.07.2022)

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