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À Claude II Belin, les 18 et 22 août 1647

Monsieur, [a][1]

Il y a longtemps que je vous dois réponse. Mes leçons publiques [2] m’en ont empêché jusqu’à présent ; maintenant, je m’en acquitte et le tout, s’il vous plaît, sous vos bonnes grâces. J’ai reçu de M. Galien, [3] conseiller de votre ville, le Salmasius fort bien conditionné, dont je vous remercie. [4] Vous pouviez le garder plus longtemps. [1] Quand M. de Blampignon [5] s’en retournera, je lui donnerai de mes dernières thèses à vous rendre. Mon plaidoyer [6] contre le Gazetier [7] n’est pas écrit, depuis cinq ans passés je n’en ai eu aucun loisir. [2] Je le fis sur-le-champ, sans l’avoir médité et sans en avoir jamais écrit une ligne. Deux avocats qui venaient de plaider contre moi, l’un au nom du Gazetier et l’autre au nom de La Brosse, [8] me mirent en humeur de faire mieux qu’eux et de dire de meilleures choses. L’un ni l’autre ne purent prouver que nebulo et blatero fussent termes injurieux. [3] Ils me donnèrent si beau champ que leurs faibles raisons servirent à me justifier aussi bien que toute l’éloquence du monde, [4] et mon innocence me fit obtenir si favorable audience que j’eus tout l’auditoire et tous les juges pour moi, et Censorem, et Curiam, et Quirites[5][9] Depuis ce temps-là, j’avais commencé à le décrire, et en suis environ à la moitié. [6] J’ai bonne envie de l’achever, mais le loisir me manque. [10] Je m’en vais travailler à quelque chose contre la cabale des apothicaires [11] afin de l’avoir tout prêt pour le faire imprimer si jamais ils m’attaquent ; et puis je travaillerai à une Méthode particulière in gratiam Neophytorum[7] en laquelle sont réfutés le bézoard, [12] les eaux cordiales, [13] la corne de licorne, [14] la thériaque, [15] les confections d’hyacinthe [16] et d’alkermès, [17] les fragments précieux et autres bagatelles arabesques, [8][18] quæ sunt meræ nugæ, solis ditandis pharmacopœis idoneæ[9] Et pour cela, il me faut trois ou quatre ans de loisir ; outre que je prends soin particulier des études de mon fils aîné [19] que je veux présenter à l’examen le carême prochain. De quibus singulis faventem Deum expectamus[10] Quelqu’un avait écrit un livret du parti de M. Arnauld, [20] de saint Pierre et saint Paul ; [21][22] après beaucoup de bruit et grande poursuite des loyolites, [23] on a vu ici produite, sourdement néanmoins, une censure de l’Inquisition [24] de Rome contre ledit livre. [11] Les juges de l’Inquisition sont des moines ignorants et des jésuites passionnés pour leur cabale. Il a ici couru contre cette censure des remarques par lesquelles est fort bien prouvé et démontré que ce décret de l’Inquisition n’est de nulle valeur en France. Ces notes furent condamnées au Châtelet [25] par le lieutenant civil sur le mémoire et l’ordre qui lui fut envoyé par M. le chancelier [26] qui fait ce que veulent les jésuites. Le nonce là-dessus fit publier en quelques églises, où les curés étaient loyolitiques, ce prétendu décret de l’Inquisition. La Cour avertie de ce désordre, après avoir ouï M. Talon, [27] pour le procureur général, [28] a cassé tout ce qui s’était fait au Châtelet, a fait défense au nonce de rien faire imprimer ni publier ici de l’Inquisition romaine qui n’ait auparavant été vérifié en Parlement, etc. On dit que la remontrance de M. Talon et l’arrêt aussi, s’imprimeront ; si cela est, je tâcherai de vous en envoyer. [12] On a imprimé ici ma thèse [29] pour la troisième fois. [13] Tout le Parlement et tout Paris se moquent des apothicaires et de leur imprudente impudence avec laquelle ils m’ont voulu attaquer. Il n’est pas jusqu’à notre doyen [30] qui n’ait voulu mettre trois grandes pages de mon plaidoyer dans son doyenné, in Commentariis Facultatis[14] comme M. Du Val [31] y mit il y a cinq ans mon affaire contre le Gazetier. [32] On n’a rien fait contre le livre de M. de Saumaise de Primatu Petri qui est autant que condamné quia auctorem habet Calvinistam[15][33] ni contre deux autres livres que nous avons de lui in‑8o contre feu M. Grotius [34] de Eucharistia et Transsubstantiatione[16][35] On ne les censure point, d’autant qu’ils sont autant et pis que censurés puisqu’ils sont huguenots ; [36] mais personne n’en attaque l’auteur, qui se défend si bien que même le P. Petau, [37] doctissimus Loyolitarum[17] ne produit rien contre lui, combien qu’il y ait longtemps qu’on l’attende. M. Blondel, [38] ministre de Charenton, [18][39] a mis en lumière il y a environ dix ans un gros in‑fode la Primauté de l’Église contre Baronius, [19][40] Duperron [41] et autres. [20] Ce livre est admiré ici comme un grand et horrible travail, mais on n’y a pas répondu. Un évêque m’a dit autrefois qu’on ne répondait point à ces livres-là parce qu’ils ne se pouvaient réfuter. Le même Blondel a mis au jour depuis trois mois, imprimé en Hollande, un petit livret in‑8o de dix feuilles d’impression, contre la papesse Jeanne, [42] où il montre qu’elle ne fut jamais. [21] Je ne sais ce qu’en diront les directeurs de Charenton qui lui paient sa pension de ministre, mais il est certain que ce Blondel est un homme qui cherche maître ou parti en matière de religion, qu’il n’est pas si fort huguenot que les autres ministres, qu’il est papiste en quelque chose. Il hante fort en Sorbonne, [43] il est historiographe de France et est suspect aux siens propres. Feu MM. Casaubon [44] et Grotius ont autrefois été de même. Il n’y a rien de nouveau en nos Écoles sinon que nous avons perdu cette année deux de nos docteurs, savoir M. Bérault, [45] âgé de 63 ans, et M. Erbaud, [46] vieux huguenot âgé de 83 ans. [22] M. Thévart [47] s’en va faire imprimer un troisième tome des Conseils de M. de Baillou. [23][48] M. Riolan [49] ad multa se accingit[24] savoir : à l’impression de son Anthropographie latine in‑fo, quarta parte adauctam ; [25] à mettre tout en un tome in‑4o, comme le Perdulcis[50] les œuvres de feu Monsieur son père [51] augmentées de divers traités ; à faire un autre tome d’opuscules français, dont il est l’auteur, où il y en aura un qui fera bien du bruit. [26] On commencera l’hiver prochain à imprimer. Nous attendons le mois prochain un nouveau livre de M. de Saumaise qui sera de anno climacterico, adversus vanitates astrologorum[27][52][53] Ses amis l’attendent ici à la Saint-Rémy. On dit qu’il y doit passer l’hiver et qu’après avoir vu ses amis, il veut consulter des manuscrits de la Bibliothèque du roi, [28][54] pour travailler sur le Nouveau Testament après Heinsius [55] et Grotius. Il est plus mal que jamais avec D. Heinsius et c’est pourquoi il veut nous donner ce livre, comme il l’a promis en son traité de Calculo, page 62[29][56] Je voudrais qu’il nous eût donné cela, son Pline, et son Dioscoride[57] et 60 observations qu’il a faites sur Pline, [58] et ipse mihi retulit ; [30] mais tout est à craindre, d’autant qu’il est usé, cassé, sec et goutteux, et prope sexagenarius. Opto tamen illi Nestoreos annos in reipublicæ litterariæ commodum[31][59][60][61] Mon second fils, [62][63] âgé de 14 ans et trois mois, répondit le mois passé de toute la philosophie grecque et latine publiquement, où nous eûmes pour auditeurs un nombre infini d’honnêtes gens ; à la fin de son acte il passa maître ès arts, magna exultatione totius Academiæ[32] Je le remets dans ses humanités pour un an et puis je le ferai étudier en droit afin qu’il puisse quelque jour me défendre si les apothicaires [64] aut similes alii nebulones [33] entreprennent encore de m’attaquer. J’ai bien ici des amis qui veulent me faire croire qu’ils lui donneront de l’emploi et de l’audience. Mes deux autres petits étudient et omnes educabo in eam spem ut tibi tuisque pro virili inserviant[34][65][66][67] M. de Balzac [68] nous a ici donné tout de nouveau deux volumes de lettres choisies, qui font en tout six tomes de lettres, outre son Prince et ses Œuvres diverses in‑4o[35] Pour votre autre lettre que m’a délivrée M. de Blampignon, [69] je vous promets que je le servirai tuo suoque nomine pro virili[36] Il m’a donné un mémoire des livres que désirez recouvrer ici, je vous promets que j’en aurai soin. Les Consultations de Solenander [70] sont fort rares, je n’ai jamais trouvé ce livre à vendre qu’une fois. [37] Je ne sais ce que vous entendez par Penæ et Lobellii stirpium Adversaria nova, pars prima in‑fo[71][72] est-ce que vous avez l’autre volume intitulé Observationes ? [38] Tout le reste qui vous manque se pourra trouver avec le temps. Je vous baise très humblement les mains, à Mme Belin, à Monsieur votre fils aîné, à Messieurs vos frères, à M. Sorel, à MM. Camusat, Allen et Galien, et suis pour toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 18e d’août 1647.

J’avais écrit cette lettre en intention de la donner à M. de Blampignon qui m’avait promis de revenir, faute de quoi je vous l’envoie par le messager. Il n’y a rien ici de nouveau, sinon que l’on a mis en la Bastille [73] M. de Fontrailles, [74] celui qui se sauva de Narbonne [75] lorsqu’on y prit MM. de Cinq-Mars [76] et de Thou. [77] On dit néanmoins que ce dernier fait n’est point capital. [39] On va faire à Grenoble le procès au maréchal de La Mothe-Houdancourt. [78] On dit que la reine [79] ira au Palais la semaine prochaine pour y faire vérifier des offices nouveaux ; Dii meliora[40] Je vous donne le bonjour, Monsieur.

De Paris, ce 22e d’août 1647.


1.

Renvoi du De Primatu Petri de Claude i Saumaise (v. note [6], lettre 62) que Guy Patin avait prêté à Claude ii Belin en mars précédent (v. note [1], lettre 144).

2.

Plaidoyer contre Théophraste Renaudot, le 14 août 1642 (v. note [3], lettre 90), que Guy Patin n’a jamais fait imprimer.

3.

V. note [12], lettre 44, pour ces termes de « vaurien et babillard » qui avaient servi de motifs au procès de 1642.

4.

« Champ se dit figurément des sujets et des matières où les auteurs peuvent s’exercer, discourir et combattre. Les poètes païens avaient un beau champ à s’exercer à cause de la liberté de leurs fictions. Les louanges du roi sont un beau champ pour exercer les historiens » (Furetière).

5.

« et le juge, et la Cour, et les quirites [v. note [19], lettre 222]. »

Quæ si judicio tuo probentur,
Ut classis modo in ultimæ referri
Possint centurias, nihil timebo
Censuram invidiæ, nihil morabor
Senatus critici severitatem,
Nihil grammaticas tribus, mihi unus
Beza est curia, censor et quirites
.

[Si vous jugez bon que me vers puissent être classés dans la plus modeste catégorie, je ne craindrai en rien la censure de la jalousie, et ne ferai aucun cas de la sévérité du sénat critique, ni des hordes de grammairiens, car pour moi, Bèze à lui seul est le juge, la Cour et les quirites].

Sept derniers vers de l’épigramme x, Ad Tehodorum Bezam [À Théodore de Bèze], du Hendecasyllabon liber [Livre d’hendécasyllabes] de Georges Buchanan (Opera omnia… tomus secundus… Pars prima [Œuvres complètes… tome second… Première partie], Leyde, Johannes Arnoldus Langerak, 1725, in‑8o, page 348).

6.

Décrire : mettre au net.

7.

« pour l’agrément des néophytes ».

8.

Les fragments précieux, « en termes de pharmacie, sont les morceaux qui se séparent quand on taille les hyacinthes, les émeraudes, les saphirs, les grenats et la cornaline » (Trévoux).

9.

« qui sont pures balivernes, uniquement propres à combler les desseins des pharmaciens qui veulent s’enrichir. »

10.

« De tout cela, Dieu aidant, nous attendons beaucoup. » L’examen auquel Guy Patin voulait présenter son fils aîné, Robert, au Carême de 1648, était le baccalauréat de médecine. Robert fêtait alors son 18e anniversaire. Il avait dû commencer ses études médicales à l’automne 1646 et profiter d’un cursus écourté de moitié, comme étant fils d’un docteur régent.

11.

L’Inquisition était une « juridiction ecclésiastique établie en Espagne et en Italie pour la recherche de ceux qui ont de mauvais sentiments de la religion, de la foi chrétienne, et pour quelque autre crime. On n’a point voulu recevoir en France l’Inquisition, quoiqu’on ait fait diverses tentatives pour cela. La procédure qu’on garde en l’Inquisition est extraordinaire et différente de celle des autres cours. On appelle aussi l’Inquisition le Saint Office. […] Il faut s’accuser soi-même, et on ne confronte ni on ne voit jamais les témoins ; et on accuse pour la moindre chose qu’on ait dite contre l’Église, ou si on n’a pas parlé avec assez de révérence de l’Inquisition » (Furetière).

12.

Le janséniste Martin de Barcos (1600-1678), neveu de Jean Duvergier de Hauranne et son successeur comme abbé de Saint-Cyran, avait rédigé la préface du livre d’Antoine Arnauld, De la fréquente Communion (v. note [47], lettre 101) et on lui avait reproché d’y avoir écrit que « saint Pierre et saint Paul étaient les deux chefs de l’Église qui n’en faisaient qu’un ». Pour se défendre il avait publié anonymement (avec l’aide d’Antoine Arnauld) De l’Autorité de saint Pierre et de saint Paul, qui réside dans le pape, successeur de ces deux apôtres. Où sont représentés les sentiments des Écritures… Pour servir de réponse aux accusations atroces et injurieuses qu’on a formées contre cette proposition du livre De la fréquente Communion, que saint Pierre et saint Paul sont les deux chefs de l’Église, qui n’en font qu’un (sans lieu ni nom, 1645, in‑4o), puis La Grandeur de l’Église romaine… pour servir de défense à l’écrit De l’Autorité de saint Pierre et de saint Paul et de réponse à trois livres publiés contre cet écrit par Dom Pierre de Saint-Joseph, M. Habert et M. l’évêque de La Vaur (sans lieu ni nom, 1645, in‑4o). Condamnés par le pape Innocent x, ces deux ouvrages avaient été censurés par la Congrégation de l’index en janvier 1647 (Dictionnaire de Port-Royal, pages 143‑145).

13.

Thèse sur la sobriété, v. note [6], lettre 143.

14.

« dans les Commentaires de la Faculté ».

Jacques Perreau, natif de Langres, était fils de Jean, médecin à Tonnerre (v. note [7], lettre 373) ; il avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1614, et en était alors doyen depuis le 3 novembre 1646 (Baron).

Ennemi de l’antimoine, il publia en 1654 le Rabat-joie de l’Antimoine triomphant (v. note [3], lettre 380), dont Guy Patin a beaucoup parlé dans la suite des lettres.

Deux autres Perreau figurent sur la liste des docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris : Pierre (v. note [44], lettre 223), licencié en 1650, était le fils de Jacques ; ce même lien de parenté est fort improbable pour Fabien Perreau (v. note [6], lettre 1004), licencié en 1658.

Jacques Perreau mourut en novembre 1660, âgé de 76 ans.

V. notes [6], lettre 143, pour le résumé du plaidoyer de Guy Patin que Perreau a inséré dans les Comment. F.M.P. (tome xiii, fos cccxxiii / 328 et suivants), et [3], lettre 90, pour la relation par le doyen Du Val du procès de Théophraste Renaudot contre Patin en août 1642.

15.

« parce que son auteur est calviniste » ; v. note [6], lettre 62, pour le livre de Claude i Saumaise « sur la Primauté de Pierre [du pape] ».

16.

« sur l’eucharistie et la transsubstantiation. »

Claude i Saumaise avait publié ces deux ouvrages contre Hugo Grotius sous le pseudonyme de Simplicius Verinus : De Transsubstantiatione liber, Simplicio Verino auctore ad Iustum Pacium contra H. Grotium [Livre sur la Transsubstantiation (v. note [5], lettre 952), par Simplicius Verinus à Justus Pacius, contre H. Grotius] (Heiligenstadt, Th. Eudoxus [pour Leyde, Jean Maire], 1646, in‑8o) ; Simplici Verini ad Iustum Pacium epistola, sive iudicium de libro posthumo H. Grotii [Lettre de Simplicius Verinus à Justus Pacius, ou jugement sur le livre posthume de H. Grotius] (Heilgenstadt, Christianus Catharinus [pour Leyde, Jean Maire], 1646, in‑8o).

Juste Pace (Pacio ou Pacius) était un jurisconsulte et philologue italien (1550-1636) qui épousa la Religion réformée et enseigna à Genève, Padoue, Heidelberg, Sedan, Montpellier et Valence (G.D.U. xixe s.).

17.

« le plus savant des loyolites ».

18.

Charenton (aujourd’hui Charenton-le-Pont, dans le département du Val-de-Marne) se situe à 8 kilomètres à l’est de Paris, sur la rive droite de la Seine un peu en amont du confluent de la Marne. On y avait construit en 1606 le seul temple protestant de la région parisienne. Brûlé en 1621 en représailles de la mort du duc du Maine au siège de Montauban, on le remplaça par un grand sanctuaire qui fut à son tour démoli dans la semaine qui suivit la révocation de l’édit de Nantes (édit de Fontainebleau enregistré par le Parlement le 22 octobre 1685). Avant cela, Charenton a été le lieu de dévotions et de ralliement de la communauté protestante de Paris (estimée à 15 000 âmes, soit près de trois pour cent de la population) qui s’y rendait le plus souvent par le coche d’eau. Par les synodes nationaux qui s’y tinrent (1623, 1631, 1644), par l’éminence de ses ministres et par les livres qu’on y imprimait, Charenton joua, avec Saumur, un rôle essentiel dans le rayonnement du calvinisme par toute la France au cours du xviie s. (B. Vogler in D.G.S.).

19.

David Blondel (v. note [13], lettre 96) : De la Primauté en l’Église, traité où sont confrontées avec la réponse du sérénissime roi de la Grande-Bretagne les Annales du card. Baronius, les Controverses du cardinal Bellarmin, la République du card. Duperron, etc. (Genève, Jacques Chouët, 1641, in‑fo).

Le P. François Véron, très fécond polémiste jésuite, avait réfuté cet ouvrage : De la Primauté dans l’Église, ou de la hiérarchie d’icelle, pour réponse… au gros volume du sieur Blondel… de même titre… (sans lieu, ni nom, ni date, in‑8o).

20.

Jacques Davy Duperron (Saint-Lô 1556, Bagnolet 1618) était le fils d’un médecin dénommé Julien Davy ou David, « mais quand il fut grand seigneur, il signa d’Avit pour se dépayser et faire croire qu’il était d’une Maison qui s’appelait Avit » (Tallemant des Réaux, Historiettes, tome i, page 41).

Julien s’étant converti au calvinisme, la famille avait dû s’exiler à Berne en Suisse. Venu à Paris pour y chercher fortune, Duperron fut présenté à Henri iii par le poète Des Portes (v. note [14], lettre 748), qui le détermina à abjurer le protestantisme en 1577 et lui fit obtenir la charge de lecteur du roi. Bientôt Duperron entra dans les ordres et prêcha avec succès devant la cour. À la mort d’Henri iii, il s’attacha au cardinal de Bourbon et entra dans l’entourage d’Henri iv qui le nomma évêque d’Évreux en 1591, le mettant au nombre des prélats et des docteurs qu’il choisit pour jouer la comédie de l’instruire dans la religion catholique. Envoyé à Rome, Duperron parvint, avec le cardinal d’Ossat et au prix de quelques humiliations, à faire lever l’interdit lancé sur le royaume par le pape. En 1600, il fit partie de la conférence de Fontainebleau où il combattit Duplessis-Mornay et les protestants.

Cardinal en 1604, Duperron fut ensuite successivement archevêque de Sens, grand aumônier et commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit. Aux états généraux de 1614, ce fut lui qui fit écarter le Cahier général du tiers état, réclamant que le pouvoir du roi de France, monarque de droit divin, fût reconnu indépendant de l’autorité papale . Il y eut peu de querelles théologiques à cette époque où il ne jouât un rôle important, soit par sa parole, soit par ses écrits. Il a laissé quantité d’ouvrages de controverse ou de théologie, de poésie, de négociations, etc. (G.D.U. xixe s.).

21.

Dans son Familier éclaircissement de la question : Si une femme a été assise au Siège papal de Rome entre Léon iv et Benoît iii (Amsterdam, Jan Blaeu, 1647, in‑8o), David Blondel a totalement ruiné l’histoire de la papesse Jeanne ; mais longtemps avant lui, les critiques catholiques avaient démontré cette imposture historique et le P. Sirmond qualifia Blondel d’« enfonceur de portes ouvertes ». La légende de la papesse Jeanne fut longtemps répandue dans le monde chrétien, admettant qu’au ixe s., une femme, parvenue à dissimuler son sexe, aurait occupé le siège de saint Pierre. Cette fable a été particulièrement soutenue par Barthélemy Sacchi (surnommé Platina) dans son livre In vitas summorum pontificum opus [Ouvrage sur les vies des plus grands pontifes] (Venise, 1479, in‑fo) : la papesse Jeanne aurait été d’après lui le pape Jean viii (872-882).

22.

Jean Bérault (Paris 1584-ibid. 1647) avait été reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1620. On a de lui, entre autres travaux, La Satire d’Euphormion composée par Jean Barclay [v. note [20], lettre 80] et mise nouvellement en français, avec les observations qui expliquent toutes les difficultés… (Paris, J. Guignard, 1640, in‑8o ; réédition, en 2000 par Alain Cullière, Paris, Klincksieck).

Celui que Guy Patin appelait ici Erbaud ne pouvait être que Georges Arbaut, Provencialis Alpensis [originaire des Alpes de Provence], docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1607 : il était huitième de la liste de novembre 1646 et ne figure plus sur celle de novembre 1647 (Comment. F.M.P., tome xiii, fos 322 vo et 359 ro).

23.

Jacques Thévart (Paris 1600-ibid. 14 décembre 1674), dit le Camus, reçu docteur régent de la Faculté de médecine de Paris en 1627, était compagnon de licence de Guy Patin, mais devint ensuite son ennemi car il adhéra au parti antimonial. Thévart fut médecin ordinaire de Marie de Médicis et de Louis xiv. À la fin de sa lettre à André Falconet du 10 septembre 1670, Patin a signalé une grave maladie de Thévart, mais dont il ne mourut pas.

Thévart avait alors édité les deux premiers tomes des Conseils médicaux (1635, v. notes [19], lettre 17, et [8], lettre 24), les Opuscules (1640, v. note [3], lettre 48), ainsi que les traités sur la goutte et sur les maladies des femmes (1643, v. notes [12], lettre 71 et [1], lettre 98) de Guillaume de Baillou, son grand-oncle qui lui avait légué ses manuscrits ; il préparait le troisième tome des Conseils (v. note [47], lettre 152). Ses autres ouvrages sont des apologies de l’antimoine dont Patin a parlé dans la suite de ses lettres.

24.

« se consacre à beaucoup de choses ».

25.

« augmentée d’une quatrième partie ».

L’Anthropographie [description de l’homme (anatomique, physiologique et pathologique)] est le premier grand ouvrage anatomique de Jean ii Riolan, qui avait alors connu deux éditions :

  1. Ioannis Riolani filii, Doctoris Medici, ordine et origine Parisiensis, Anatomes et Pharmaciæ Professoris Regii, Anthropographia. Ex propriis et novis Observationibus collecta, concinnata. In qua facilis, ac fidelis, et accurata Manuductio. Ad Anatomen traditur, prout ab ipso quotannis publice, et privatim, docetur, administratur, et demonstratur. In celeberrima Parisiensi Academia [Anthropographie de Jean Riolan le fils, natif de Paris et docteur en médecine de sa Faculté, professeur royal d’anatomie et de pharmacie. Réunie et préparée à partir d’observations personnelles et nouvelles. Elle contient un guide aisé, fidèle et soigneux pour étudier l’anatomie, puisqu’il l’a lui-même quotidiennement enseignée, dirigée et démontrée, tant en privé qu’en public, dans la très célèbre Université de Paris] (Paris, Hadrien Perier, 1618, in‑8o) ;

  2. Ioannis Riolani filii, origine et ordine Parisiensis, consilarii medici regis, et eiusdem in Academia Parisiensi, Anatomes et Pharmaciæ professoris, Anthropographia et osteologia, omnia recognita, triplo auctiora, et emendatiora, ex propriis, ac novis cogitationibus, et observationibus. Cum duplici indice, uno capitum, et præcipuorum articulorum, altero rerum et verborum insigniorum copiosissimo [Anthropographie et ostéologie de Jean Riolan le fils, natif de Paris et appartenant à sa Faculté, conseiller médecin du roi et son professeur d’anatomie et pharmacie. Entièrement révue, augmentée du triple, et encore plus irréprochable, grâce à des réflexions et des observations nouvelles et personnelles. Avec deux index : le premier, donnant la liste des chapitres et des principaux articles ; le second, très complet, répertoriant les matières et les mots les plus remarquables] (Paris, Denis Moreau, et Francfort, Officina Bryana, 1626, in‑4o).

En 1629 avaient paru les Œuvres anatomiques de Me Jean Riolan… traduites en français par Pierre Constant (v. note [8], lettre 307) et contenant bien sûr l’Anthropographie.

La 3e édition, dont Guy Patin allait beaucoup parler car il en suivait tous les progrès et allait en dresser lui-même l’index, ne porte pas le titre d’Anthropographia, mais celui de :

Ioannis Riolani filii, origine et ordine Parisiensis, Doctoris Medicinæ in Academia Parisiensi, Anatomes et Herbariæ Professoris Regii, atque decani, Reginæ, matris Regis Ludovici xiii, Primarii Medici per decennium, et postremi, Opera Anatomica vetera, recognita et auctiora, quam plura nova, quorum seriem dabit sequens pagina [Œuvres anatomiques anciennes de Jean Riolan, né et exerçant à Paris, docteur en médecine de l’Université de Paris, doyen et professeur d’anatomie et botanique du Collège royal de France, premier médecin de la reine, mère du roi Louis xiii pendant dix ans et jusqu’à son décès ; révisées et fort augmentées, avec de très nombreux opuscules nouveaux, dont la page suivante donnera la liste] (Paris, Gaspard Meturas, 1649 et 1650, in‑6o, Biblioteca patrimonial digital, Université de Barcelone).

L’Anthropographia proprement dite occupe les pages 1 à 425 du volume. Cette page suivante donne le titre et le contenu de la 4e partie dont parlait ici Patin :

Opuscula anatomica nova, quæ nunc primum in lucem prodeunt. De Motu circulatorio sanguinis in corde, nova doctrina. Accessere notæ in Ioannis Vallæi duas epistolas de circulatione sanguinis, authore Ioanne Riolano, professorum Regiorum decano. Eiusdem Animadversiones : in Historiam anatomicam Andreæ Laurentii ; in Theatrum Anatomicum Caspari Bauhini ; in Librum Anatomicum de Fabrica humana Andreæ Spigelii ; ad Institutiones anatomicas Caspari Bartholini ; ad Anatomica Caspari Hofmanni ; In Syntagma anatomicum Ioannis Weslingii ; De Monstro nato Lutetiæ ; in Tractatum de Diaphragmate Æmilii Parisani.

[Opuscules anatomiques nouveaux, qui n’ont encore jamais été publiés. Nouvelle doctrine sur le Mouvement circulatoire du sang dans le cœur. Y ont été ajoutées des notes sur deux lettres de Jan de Wale à propos de la circulation du sang, par Jean Riolan, doyen des professeurs royaux (v. note [18], lettre 192). Ses remarques : sur l’Histoire anatomique d’André Du Laurens ; sur l’Amphithéâtre anatomique de Caspar Bauhin ; sur le livre anatomique d’Adriaan van de Spiegel, La Structure du corps humain ; contre les Institutions anatomiques de Caspar i Bartholin ; contre les travaux anatomiques de Caspar Hofmann ; sur le Fondement de l’anatomie de Johann Vesling ; sur le monstre né à Paris ; sur le Traité du diaphragme d’Emilio Parisano].

Cette première série d’Opuscula anatomica nova (qui ont aussi été édités à part, v. note [11], lettre 177) est précédée dans cette édition par :

  1. les 7 livres de l’Anthropographie (v. ci-dessus) ;

  2. l’In Librum Galeni de ossibus, ad tyrones Commentarius didacticus, et apologeticus, pro Galeno, adversus novitios et novatores anatomicos. Simiæ osteologia, ut discrimen ossium hominis et simiæ innotescat. Osteologia ex Hippocraticis libris eruta, collecta, et in ordinem digesta [Commentaire didactique et justificatif sur le livre de Galien au sujet des os, à l’intention des débutants, en faveur de Galien, contre les anatomistes nouveaux et rénovateurs. Ostéologie du singe pour faire connaître la différence entre les os du singe et de l’homme. Ostéologie extraite des livres d’Hippocrate, rassemblée et mise en ordre] (2e partie, pages 427‑533) ;

  3. le Liber de Circulatione sanguinis [Livre sur la circulation du sang] (3e partie, pages 543‑603 ; v. note [18], lettre 192).

26.

Les Opera de Jean i Riolan, le père, n’ont pas été rééditées après 1638 (Paris, L. Boullenger, in‑8o).

Guy Patin annonçait de manière fort anticipée le seul ouvrage que Jean ii Riolan a publié en français (et anonymement) : les Curieuses recherches sur les écoles en médecine de Paris et de Montpellier… contre la harangue de Siméon Courtaud en 1644, ne parurent qu’en 1651 (v. note [13], lettre 177) et firent en effet bien du bruit ; Patin devait probablement déjà y travailler avec lui.

27.

« Sur l’année climatérique, contre les mensonges des astrologues » : Cl. Salamasii de Annis climactericis et antiqua astrologia diatribæ [Discussions de Claude i Saumaise sur les Années climatériques et sur l’astrologie ancienne] (Leyde, Elsevier, 1648, in‑8o de 844 pages avec Index verborum et rerum).

Klimatêr (de klimax, escalier, échelle, instrument de torture) est en grec « l’échelon, le degré d’une échelle » et surtout, le « degré de la vie (difficile à franchir) c’est-à-dire année climatérique, qui passe pour décider de la vie des hommes » (Bailly). En a dérivé, en français, l’adjectif climatérique, « par lequel on a désigné certaines périodes de la vie qu’on regardait comme critiques. Les années climatériques étaient, suivant les uns, toutes les années de la vie de l’homme qui sont des multiples du nombre sept ; d’autres n’ont donné ce nom qu’aux années qui résultent de la multiplication de sept par un nombre impair ; il en est qui n’ont admis que trois climatériques ; quelques-uns enfin ont étendu ce nom aux multiples de neuf ; mais tous ont reconnu pour climatérique la 63e année, qu’on a nommée la grande climatérique, parce que 63 est le produit de sept multiplié par neuf. Les uns et les autres pensaient que la période de trois, ou de sept, ou de neuf, qu’ils avaient adoptées, était nécessaire pour l’entier renouvellement des parties constituantes du corps, de manière qu’il ne restât plus dans l’économie aucune des parties dont elle était formée auparavant. Toute cette théorie se lie à la doctrine des nombres de Pythagore » (Nysten, 1824).

La première page de la Præfatio ad lectorem [Préface au lecteur] de son De Annis climactericis… ne laisse planer aucun doute sur l’opinion de Saumaise (traduite du latin) :

« Tout le calcul climatérique des années, des mois, des jours et des heures ressortit entièrement à l’astrologie et doit être considéré comme absolument sans valeur si la théorie de l’horoscope des Chaldéens est fausse. J’avais donc apprêté une préface assez longue sur son origine et son progrès, et sur ses diverses sectes ; mais sa taille a tant débordé qu’elle n’a pu être facilement placée en tête d’un volume sur les années climatériques, en lui-même déjà fort grand. Nous en avons fait une monographie séparée où, à partir des querelles entre les auteurs, nous avons montré à quel point la science qu’on tire de l’observation des étoiles est entachée de mensonge et d’incohérence ; et aussi comment la science moderne diffère de l’ancienne, qu’on ignore aujourd’hui, tout comme les anciens ont ignoré celle qu’on professe à présent. Nous y expliquons aussi les erreurs qu’ont commises les Arabes en traduisant les Grecs, et les méprises des Arabes sur les écrits astrologiques des Latins. En attendant, nous avons cependant décidé de dénoncer ici en quelques mots la fausseté de ce savoir pour clairement dire que le climatère n’est rien et qu’il ne faut accorder aucune foi aux années climatériques, parce que l’art qui les a produites n’est d’aucun fruit pour l’intelligence de la vie humaine et pour la prédiction qu’il promet du futur. »

28.

La Bibliothèque du roi avait été fondée par François ier en 1537, à partir de la Librairie de Charles v. La source principale de ses acquisitions imprimées était le dépôt légal des ouvrages publiés dans le royaume, mais sa richesse essentielle provenait des manuscrits collectés par les diplomates et de legs prestigieux ou de confiscations au bénéfice de la Couronne. Établie rue de la Harpe, elle fut transférée par Colbert, en 1666, rue Vivienne. Ancêtre de la Bibliothèque nationale, elle ne s’ouvrit au public qu’en 1692.

29.

À la page 62 de son livre du « Calcul urinaire » (v. note [9], lettre 76), Claude i Saumaise n’a consacré qu’une courte phrase à son projet sur le Nouveau testament ; il n’y est autrement question que de la maladie engendrée par les poux (phtiriase) :

Morbus præterea est φθειριασις, quo qui laborat, multi in eo per totum corpus ebulliunt pediculi. Non unus aut alter in corpore vel in carne pediculus φθειριωντα fecerit, sed infinita eorum copia qua corpus eroditur. Hoc malo periit Pherecydes ex Græcis, ex Romanis Sylla, ex Iudæis Herodes. Parentum ætate rex etiam quidam in Europa sic vitam finivit. Hos pediculos, non de facie vulgaribus similes, per totam cutem magna vi erumpentes, nonnulli σκωληκας vocant, et ευλας. Unde σκωληκοβρωτον apud Lucam in Herode Agrippa, de hac phtiriasi non male interpretati sunt. De quo nos ad Novum Testamentum plura. Ευλας etiam quidam nominarunt, qui sunt σκωληκες.
[La phtiriase est en outre cette maladie où les poux grouillent par tout le corps de celui qui est atteint. Ce ne sont pas un ou deux poux sur le corps ou dans la chair qui provoqueront la mort, mais leur nombre immense qui rongera le corps. De ce mal ont péri Pherecydes de Syros chez les Grecs, Sylla chez les Romains, Hérode chez les Juifs. Du temps de nos pères, en Europe, un certain roi a aussi péri de la sorte. {a} Quelques-uns appellent scolex et eulas {b} ces poux qui n’ont pas le même aspect que les poux communs et qui font irruption avec grande force au travers de toute la peau. De là vient que dans Luc, sur Hérode Agrippa, l’expression “ mangé des vers ” {c} n’est pas mal choisie pour parler de cette phtiriase. J’en dirai plus dans mon commentaire sur le Nouveau Testament. Il y en a même qui appellent eulas les scolex].


  1. Philippe ii, roi d’Espagne : v. note [4], lettre 831.

  2. Scolex et eulas sont deux synonymes grecs signifiant ver.

  3. L’expression n’est pas dans l’Évangile de Luc, mais dans les Actes des apôtres : v. note [5], lettre 831.

30.

« et lui-même me l’a rapporté. »

V. note [14], lettre latine 170, pour les commentaires de Saumaise sur Pline (de homonymis Hyles iatricæ… [sur les homonymies d’Hylès, le centaure médecin…]) parus en 1688 ; ses annotations sur Dioscoride sont demeurées inédites (v. note [7], lettre 103).

31.

« et presque sexagénaire. Je lui souhaite encore pourtant les années de Nestor au bénéfice de la république des lettres. »

Nestorei anni [les années de Nestor], c’est-à-dire la longévité de Nestor, était une expression en vogue depuis le xvie s.

Nestor, roi de Pylos, le plus vieux des héros de l’armée grecque à Troie, dans Homère (L’Iliade), régna sur trois générations d’hommes.

  • Ovide (Métamorphoses, livre xii, vers 187‑188) lui fait dire :

    .................................... vix
    bis centum, nunc tertia vivitus ætas
    .

    [j’ai vécu deux siècles, et maintenant je vais en vivre un troisième].

    Nestor dut sa longue vie au bienfait d’Apollon (v. note [8], lettre 997) qui voulait transporter sur lui toutes les années dont avaient été privés les enfants de Niobé, frères et sœurs de sa mère, Chloris (Fr. Noël).

  • Martial (Épigrammes, livre ix, xxix, vers 1‑2) :

    Sæcula Nestoreæ permensa, Philæni, senectæ
    rapta es ad infernas tam cito Ditis aquas ?

    [Après avoir, comme Nestor, vécu des siècles, te voilà donc entraînée, Philénis, à toute allure vers les eaux infernales de Pluton ?]

  • Juvénal (Satire xii, vers 128) :

    Vivat Pacuvius quæso vel Nestora totum.

    [Que Pacuvius vive, je le demande, qu’il vive toute la vie de Nestor].

Nestorea senecta [La Vieillesse de Nestor] est un adage d’Érasme (no 566), mais sa Folie dit beaucoup plus cruellement au sujet des hommes (L’Éloge de la Folie, xxxi) :

Ipsa iam dudum eos relinquit vita, quoque minus sit causae, cur in vita manere debeant, hoc magis iuvet vivere, tantum abest, ut ullo vitæ tædio tangantur. Mei nimirum muneris est, quod passim Nestorea senecta senes videtis, quibus iam ne species quidem hominis superest, balbos, deliros, edentulos, canos, calvos, vel ut magis Aristophanicis eos describam verbis, ρυπωντας, κυφους, αθλιους, ρυσους, μαδοωντας, νωδους και ψολους, usque adeo vita delectari, adeoque νεανιζειν, ut alius tingat canos, alius apposititia coma calvitium dissimulet, alius dentibus utatur mutuo fortassis a se quopiam sumptis, hic puellam aliquam misere depereat, et amatoriis ineptiis quemvis etiam superet adolescentulum. Nam ut capulares iam, meraque silicernia, teneram aliquam iuvenculam ducant uxorem, eamque et indotatam, et aliis usui futuram, id adeo frequens, ut propemodum et laudi detur. Sed multo etiam suavius, si quis animadvertat anus, longo iam senio mortuas, adeoque cadaverosas, ut ab inferis redisse videri possint, tamen illud semper in ore habere, φως αγαθον, adhuc catullire, atque, ut Græci dicere solent, καπρουν et magna mercede conductum aliquem Phaonem inducere, fucis assidue vuItum oblinere, nusquam a speculo discedere, infimæ pubis silvam vellere, vietas ac putres ostentare mammas, tremuloque gannitu languentem sollicitare cupidinem, potitare, misceri puellarum choris, litterulas amatorias scribere. Ridentur hæc ab omnibus, tamquam uti sunt, stultissima : at ipsæ sibi placent, et in summis interim versantur delitiis, totasque sese melle perungunt, meo videlicet beneficio felices.

[La vie ne les ennuie nullement. Moins ils ont de motifs d’y tenir, plus ils s’y cramponnent. Ce sont mes clients, ces vieux qui ont atteint l’âge de Nestor et perdu toute forme humaine, et qu’on voit balbutiant, radotant, les dents cassées, le cheveu blanchi ou absent, ou, pour les mieux peindre avec les mots d’Aristophane, {a} malpropres, voûtés, ridés, chauves et édentés, sans menton, s’acharner à la vie. Aussi se rajeunissent-ils, l’un en se teignant les cheveux, l’autre en portant perruque, celui-ci par de fausses dents peut-être prises à un cochon, celui-ci en s’amourachant d’une pucelle et en faisant pour elle plus de folies qu’un tout jeune homme. Tel moribond, près de rejoindre les ombres, épouse sans dot un jeune tendron, qui fera l’affaire des voisins ; le cas est fréquent et ma foi, l’on s’en fait gloire. Mais le plus charmant est de voir des vieilles, si vieilles et cadavéreuses qu’on les croirait de retour des Enfers, répéter constamment : “ La vie est belle ! ” Elles sont chaudes comme des chiennes ou, comme disent volontiers les Grecs, sentent le bouc. Elles séduisent à prix d’or quelque jeune Phaon, {b} se fardent sans relâche, ont toujours le miroir à la main, s’épilent à l’endroit secret, étalent des mamelles flasques et flétries, sollicitent d’une plainte chevrotante un désir qui languit, veulent boire, danser parmi les jeunes filles, écrire des billets doux. Chacun se moque et les dit ce qu’elles sont, archifolles. En attendant, elles sont contentes d’elles, se repaissent de mille délices, goûtent toutes les douceurs et, par moi, sont heureuses]. {c}


  1. Plutus (v. note [6], lettre 952).

  2. « Phaon de Mityléne, dans l’île de Lesbos, était un fort bel homme qui se fit aimer du sexe. La célèbre Sapho le trouva si insensible qu’elle s’en désespéra, et courut sur la montagne de Leucade, d’où elle se précipita dans la mer » (Trévoux).

  3. Traduction de Pierre de Nolhac (1927).

32.

« à la grande exultation de toute l’Académie. »

Charles Patin (Paris 23 février 1633-Padoue 2 octobre 1693) était le second fils vivant et le préféré de Guy, qui le surnommait Carolus ou Charlot. Son Lyceum Patavinum, sive Icones et vitæ professorum, Patavii, mdclxxxii publice docentium. Pars prior, Theologos, Philosophos et Medicos complectens. Per Carolum Patinum, EQ. [Eques] D.M. doctorem medicum Parisiensem, primarium Chirurgiæ Professorem [L’Université de Padoue, ou les portraits et les vies des professeurs enseignant publiquement à Padoue en 1682. Première partie qui contient les théologiens, philosophes et médecins. Par Charles Patin, chevalier, docteur en médecine de la Faculté de Paris, premier professeur de chirurgie] (Padoue, Petro Maria Frambotti, 1682, in‑4o ; Gallica), contient (pages 77‑104) son autobiographie précédée de son portrait gravé (où l’on retrouve le long nez de son père).

Charles avait passé une partie de son enfance à Roanne auprès du médecin Pierre Gontier, ami et disciple de son père, avant de revenir à Paris en 1644, pensionnaire au Collège de Presles-Beauvais (v. note [2], lettre 143). Il manifestait un talent précoce pour les études. Voici le souvenir qu’il a lui-même conservé de sa maîtrise ès arts (pages 81‑82 du Lyceum Patavinum) :

Ita studijs belle succedentibus, supervenit quod mentem impense turbaret. Conclusiones meas græco-latinas (pro solito Parisiensium more amplissimas, utpote totam continentes philosophiam) typis expressas cum Professori meo Rogerio Omoloy, Hiberno, philosopho non incelebri, censuræ causa detulissem, negavit eas se inspecturum, me monstrum aggredi sinsuperabile, id quod nullo modo comprobare posset. E memoria nunquam excidere poterunt lacrymæ tunc temporis profusæ, actum esse de me (pœnitet me etiamnum puerilis animi) existimabam. Sola Parentis solertia modum tulit : Cum enim ad se R.P. Cyrillum Rhodocanacem Chium studia mea moderantem (quem postea Patriarcham in Oriente renuntiatum fama est) vocasset, una decreverunt me, si animo vires non dessent, etiam absque præside officio fungi debere, difficultate omni in eo posita, quod linguæ græcæ plane ignarus esset Professor. Commisissem me ceto tanto certamini, adeo temeritarium effecerat desperatio, ni prudentiori consilio Professor suam famam agi edoctus fuisset : Itaque iv. Iul. mdcxlvii. post exactum ætatis annum xvi. præsentibus Nuntio Apostolico, xxxiv Episcopis, Aulæ, Senatus, Urbisque Proceribus, post bilingue quinque horarum discrimen, feliciter laurea philosophica decoratus fui, quam modestiori titulo Magisterium artium Parisienses nuncupant.

[Mes études progressant ainsi avec bonheur, survint un accident qui me troubla fortement l’esprit : avant de les faire imprimer, je soumis mes conclusions gréco-latines (qui, à la mode parisienne, étaient fort longues car elles contenaient la philosophie tout entière) au jugement de mon professeur, Roger O’Moloy, Irlandais et philosophe non dénué de quelque célébrité, {a} mais il refusa de les examiner et me rebuta très durement, disant qu’il ne pouvait les approuver en aucune façon. À mon souvenir, jamais larmes ne pourront surpasser celles que je versai alors, pensant que c’en était fait de moi (tant de pusillanimité me donne encore du regret). Le savoir-faire de mon père put seul trouver un accommodement : il rencontra mon gouverneur d’études, le R.P. Cyrille Rhodokanakis, originaire de l’île de Chio (qui est réputé avoir depuis été nommé patriarche en Orient), et ils convinrent que, si la force d’âme ne me faisait pas défaut, je devais m’acquitter de mon devoir, même sans protection et en dépit de toute la difficulté qui s’y rencontrerait, pour la bonne raison que ce professeur n’entendait rien à la langue grecque. Je me serais certainement engagé dans un si rude combat, tant le désespoir m’avait rendu téméraire, si une plus sage réflexion n’avait déterminé mon professeur à sauvegarder sa bonne réputation. Si bien que le 4e de juillet 1647, ayant atteint l’âge exigé de 14 ans, en présence du nonce apostolique, de 34 évêques, d’éminents personnages de la cour, du Parlement et de la Ville, après une dispute de cinq heures dans les deux langues, je fus heureusement honoré du titre de lauréat en philosophie, que les Parisiens intitulent plus modestement magisterium artium. » {b}


  1. V. note [11] des Affaires de l’Université en 1651‑1652 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris

  2. Maîtrise ès arts.

Charles a plus loin confié son destin de cadet (pages 81‑82) :

Medicinam gerebam in oculis, dilectissimæ Philosophiæ sororem, artem vitæ salutisque custodem, cujus amorem Parens meus non vulgarem inspiraverat. Obstabat avunculus quidam meus, et ipse Iurisconsultus, qui cum se sine liberis videret, me fortunarum suarum hæredem scribere et in filium adoptare, simulque pro forensi aliqua dignitate mihi comparanda pecunias suppeditare promiserat : Est hoc nimirum χρυσα ορη υπισχνεισθαι ut aiunt, aureos montes polliceri. Tantæ autem autoitatis viro, ut hic erat in nostra domo, neque ego neque Parens meus quidquam quod tanto beneficio reponeremus habere nobis videbamur. Iurisprudentiam itaque aggredior, tanto cum desiderio, tantaque animi contentione.

« J’avais en vue la médecine, sœur de la très chérie philosophie, art de la vie et garde du salut. Mon père m’avait inspiré pour elle un amour peu commun. Un certain mien oncle s’y opposait pourtant ; il était lui-même juriste et comme il se voyait sans enfants, il avait promis de me déclarer héritier de ses biens et de m’adopter pour fils, tout en pourvoyant à la dépense pour que je devinsse avocat de quelque mérite ; c’était assurément ce qu’on appelle promettre un mont d’or. {a} Il nous sembla, à mon père et à moi, que nous étions dans l’impossibilité de refuser l’offre de cet oncle qui jouissait d’une grande autorité sur notre maison. Je m’attaque donc au droit, autant de gré que de force…]


  1. Adage 815 d’Érasme.

Le généreux oncle ne parla plus jamais de ses belles promesses. Carolus obtint à Poitiers sa licence en l’un et l’autre droits (civil et canonique) au bout de 16 mois, et fut reçu avocat au Parlement de Paris où il étudia la jurisprudence pendant six ans. La suite de sa vie fait partie des lettres de son père : réorientation vers la médecine, docteur régent de la Faculté de Paris en 1655 ; poursuites et condamnation aux galères par contumace pour contrebande de livres interdits en 1668 ; fuite qui le mena à Padoue où il fut nommé professeur de médecine en 1677, puis de chirurgie en 1681. La même année, Louis xiv accorda sa grâce à Charles, mais en dépit de ses requêtes, il ne parvint pas à se faire rétablir parmi les docteurs régents de la Faculté de médecine de Paris (v.  les Déboires de Carolus). De son mariage avec Madeleine Hommetz en 1663 (v. note [1], lettre 744), naquirent deux filles, Charlotte-Catherine et Gabrielle-Charlotte, qui, comme leur mère, furent de savantes lettrées, membres de l’Académie des Ricovrati de Padoue (v. note [175] des Déboires de Carolus).

Charles Patin a laissé de nombreux ouvrages.

  • Le plus attachant est son Lyceum Patavinum…

  • Le plus remarquable aujourd’hui est son édition latine illustrée de Μωριασ Εγκομιον Stultitiæ Laus. Des. Erasmi Rot. Declamatio, cum commentariis Ger. Listrii, et figuris Io. Holbanii. e codice academiæ Basiliensis. Accedunt, Dedicatio illustrissimo Colberto, Præfatio Caroli Patini, Vita Erasmi, Catalogus operum Erasmi, Vita Holbenii pictoris Bas., Opera Holbenii, Epistola Ger. Listrii ad Io. Paludanum, Præfatio Erasmi ad Th. Morum, Epistola Erasmi ad Mart. Dorpium, Epistola Erasmi ad Th. Morum, Epistola Th. Mori ad Mart. Dorpium, Index rerum er vocum [L’Éloge de la Folie (v. note [33], lettre 396), Discours de Désiré Érasme, avec les commentaires de Gerardus Listrius, les dessins de Iohannes (Hans) Holbein, d’après l’exemplaire de l’Université de Bâle. Avec une dédicace au très illustre Colbert, une préface de Charles Patin, une vie d’Érasme, un catalogue de ses œuvres, une vie d’Holbein, peintre de Bâle, les œuvres d’Holbein, une lettre de Gerardus Listrius à Iohannes Paludanus, la préface d’Érasme à Thomas More, une lettre d’Érasme à Martinus Dorpius, une lettre d’Érasme à Thomas More, une lettre de Thomas More à Martinus Dorpius, un index des mots et des choses] (Bâle, Genathian, 1676, in‑8o, Biblioteca Digitale Fondazione Marco Besso). V. note [142] des Déboires de Carolus pour Holbein et pour la genèse de cet ouvrage, expliquée dans la dédicace de Charles Patin à Jean-Baptiste Colbert.

  • Plusieurs autres titres sont cités au fil des lettres de Guy Patin.

  • Certains ont dit que Charles Patin a employé le pseudonyme de Nicolas Venette (alias Salonicus le Vénitien) pour le très fameux Tableau de l’amour conjugal considéré dans l’état du mariage (Parme, Franc d’amour, 1687, in‑16o, pour une des premières d’une foule d’éditions) — traité de physiologie génitale bien fait, mais qui provoqua le scandale : « c’est un vrai roman qui est rempli d’histoires indécentes, plus propres à corrompre la jeunesse qu’à l’instruire » (Éloy). Les biographies comparées de Nicolas Venette (La Rochelle 1633-ibid. 1698) et de Charles Patin contredisent formellement cette hypothèse.

  • Comme en écho à l’obstination rétrograde de son père, Charles a publié à Padoue en 1685 un discours intitulé Circulationem sanguinis a Veteribus cognitam fuisse [Les Anciens ont connu la circulation du sang] (v. note [3] de Thomas Diafoirus et sa thèse), dont Georges Gilles de La Tourette (pages 111‑112) a cité cet extrait :

    « Les Anciens qui connaissaient si bien les fièvres qui prennent naissance dans l’ébullition et la fermentation du sang avaient déjà indiqué la circulation : les artères portaient le sang à travers l’organisme et les veines le ramenaient au cœur. Bien plus, ils connaissaient les lymphatiques. Certainement, nous l’avouons, Realdus Columbus, {a} Daniel Sennert et surtout Guillaume Harvey n’en sont pas les inventeurs, ils méritent qu’on les appelle restitutores. {b} Aussi, étudions donc les Anciens, nous y trouverons la clef de toute science médicale. »


    1. Matteo Realdo Colombo (v. notule {d} de la note [49] du Procès opposant Jean Chartier à Guy Patin en juillet 1653).

    2. Restaurateurs.

V. la fin des Déboires de Carolus, pour un portrait physique et pathologique très expressif de Charles Patin à l’âge de 52 ans.

33.

« ou d’autres semblables vauriens ».

34.

« et je les élèverai tous dans l’espoir qu’ils soient selon leurs moyens à votre service et à celui des vôtres. » Les « deux autres petits » étaient Pierre et François Patin, alors âgés de 13 et 12 ans (v. note [29], lettre 106).

35.

Lettres choisies du sieur de Balzac (Paris, Augustin Courbé, 1647, 2 volumes in‑8o ; v. note [12], lettre 35, pour un précédent recueil publié en 1637). Guy Patin rappelait ici Le Prince (Paris, 1631, Toussaint Du Bray, Pierre Rocolet et Claude Sonnius, in‑4o, pour la première édition) et les Œuvres diverses (v. note [12], lettre 107) de Jean-Louis Guez de Balzac.

36.

« selon mes moyens par égard pour lui et pour vous. »

37.

Consiliorum Medicinalium Reineri Solenandri, Budericensis, Doctoris, Medici Ducis Clivensium, etc. Sectiones quinque [Cinq sections des Consultations médicales de Reinerus Solenander, natif de Büderich (Westphalie), docteur, médecin du duc de Clèves] (Francfort, Andreas Wechel, 1596, in‑6o ; réédition à Hanau, 1609).

C’est le principal ouvrage de Reinerus Solenander (Reiner Gathmann en allemand ; Büderich, duché de Clèves, vers 1524-Dusseldorf 1596) : après avoir étudié la médecine à Louvain puis en Italie, il était devenu premier médecin du duc Guillaume de Clèves (dit le Riche), son protecteur.

38.

V. note [3], lettre 42, pour le Nova stirpium adversaria… [Nouveau répertoire des plantes…] de Mathias de Lobel et Pierre Pena (qui n’est pas divisé en plusieurs parties), et pour les Observationes de Lobel.

39.

Louis d’Astarac, marquis de Marestan, vicomte de Fontrailles (en Gascogne vers 1605-1667), « homme de qualité de Languedoc, bossu devant et derrière, et fort laid de visage, mais qui n’a pas la mine d’un sot ; il est fort petit et gros » (Tallemant des Réaux, Historiettes, tome i, page 277), avait joué un rôle important dans toutes les machinations de cour contre Richelieu. C’était un des familiers de Cinq-Mars qui l’avait attaché à Gaston d’Orléans et fait envoyer en Espagne pour la négociation du fatidique traité secret (v. note [12], lettre 65). Aussi prudent qu’ambitieux et délié, il pressa son protecteur de se mettre en sûreté quand il vit diminuer les chances de la conspiration, et n’ayant pu le décider, il s’enfuit en Angleterre après lui avoir dit (ibid. page 283) :

« Monsieur, vous serez encore d’assez belle taille quand on vous aura ôté la tête de dessus les épaules ; mais en vérité, je suis trop petit pour cela. »

Comme bien d’autres, il était rentré en France après la mort du cardinal ; mais son adhésion à la Cabale des Importants (v. note [15], lettre 93) lui valait la Bastille en 1647. Il se rallia plus tard à Mazarin pour de l’argent (G.D.U. xixe s.).

40.

« Puissent les dieux nous ménager des jours meilleurs ! » (v. note [5], lettre 33).

V. note [10], lettre 115, pour le procès de La Mothe-Houdancourt.

a.

Ms BnF no 9358, fos 111‑112, « À Monsieur/ Monsieur Belin/ docteur en médecine,/ À Troyes » ; Reveillé-Parise no lxxxviii (tome i, pages 137‑140) ; Triaire no cxlix (pages 533‑539).


Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Lettre de Claude II Belin à Guy Patin, les 18 et 22 août 1647.
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(Consulté le 20.09.2019)

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